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mercredi 25 juin 2014

Ukraine: la Russie fait-elle le pari de la paix ou le choix de la tranquillité?

A la surprise générale, le Président russe V. Poutine a hier officiellement demandé au Conseil de la Fédération de mettre fin à l'autorisation de recourir aux forces armées sur le territoire ukrainien pour défendre les russes. Je dis bien à la surprise générale, car vous auriez du voir la tête du journaliste qui l'annonçait hier dans l'après-midi sur la chaîne Russia 24. Il avait du mal à lire son texte, ses yeux étaient exhorbités.

mardi 20 mai 2014

Elargissement des pouvoirs présidentiels: un projet de réforme dont la Russie devrait se passer

Voir: http://pravo.ru/news/view/105207/


Un grand moment de solitude ...

La Douma vient d'approuver en deuxième lecture (sur les trois consécutives), un projet permettant au Président de la Fédération de nommer et de démettre de leurs fonctions 10% des membres du Conseil de la Fédération. Sans même insister sur l'absurdité d'une telle mesure sur le plan politique, elle est d'une dangerosité réelle sur le plan institutionnel juridique.
 
Introduire des "surper sénateurs" nommés par le Président au milieu des sénateurs "simples mortels" démontre une incompréhension totale du fonctionnement du système constitutionnel. L'idée avancée par les auteurs du projet de loi est que le Président, lorsqu'il arrive en fonction, doit pouvoir nommer des fidèles à la Chambre haute. C'est vrai qu'il n'y en a pas beaucoup ... Donc politiquement c'est absurde et injustifié. Et en plus, cela renforce l'image négative d'un pouvoir présidentiel omnipotent, ce dont la Russie se passerait bien. Ce projet de réforme est donc politiquement contreproductif.
 
Sur le plan juridique, deux remarques. En premier lieu, le Conseil de la Fédération fait partie du pouvoir représentatif. Or, le pouvoir représentatif représente le peuple, pas les autres organes de pouvoir, dont la présidence. Sinon, pourquoi ne pas laisser encore 10% au Gouvernement, 10% à la Cour suprême, 10% à la Cour des comptes etc. Il est alors possible de laisser ainsi 10% d'élus des régions, ce sera totalement équitable et totalement absurde. Or, même si l'onction populaire est indirecte dans le processus d'élection des représentants, elle seule donne à cet organe sa légitimité, sa représentativité de toutes les divergences et convergences du grand continent-Russie. Il n'est pas là pour donner l'image de la carte politique des organes de pouvoir.
 
En second lieu, on en revient toujours à la place du Président dans la séparation des pouvoirs en Russie. Ce débat doctrinal qui perdure depuis les débats pré-constituants, faisant du Président soit un arbitre en dehors des pouvoirs, soit le chef de l'exécutif. Bien qu'étant garant de la Constitution, le Président a un pouvoir normatif propre, sans contreseing, de nature infra-législative en plus de disposer du droit d'initiative législative. Techniquement donc, le Président est à la tête de l'exécutif, ce que par ailleurs V. Poutine a formalisé l'année dernière en annonçant désormais qu'il présiderait le Conseil des ministres. En ce cas, le pouvoir de nomination de membres du Conseil de la Fédération par le Président est une ingérence illégitime de l'exécutif dans le fonctionnement du législatif, ce qui porte atteinte non seulement à ces deux braches de pouvoir, mais va perturber le système en général car l'équilibre est rompu.
 
Il est dommage que la Russie n'ait pas à l'intérieur le doigté politique qu'elle a pour sa politique internationale. La confusion des pouvoirs n'a jamais permis une gouvernance efficace.

mercredi 5 mars 2014

La Russie ne restera pas sans réagir si les Etats Unis et l'UE prennent des sanctions à son encontre

Voir: http://izvestia.ru/news/566981

Comme l'a souligné le Président russe V. Poutine hier lors d'une conférence de presse, les économies des pays sont interdépendantes, si des sanctions économiques sont prises contre la Russie, elle peut également répondre.
En ce sens, le président du comité pour la législation constitutionnelle du Conseil de la Fédération, A. Klichas, prépare un projet de loi permettant de prendre plusieurs mesures en réponse, si les sanctions sont adoptées.
Il s'agirait, notamment, de geler les actifs des compagnies américaines et européennes en Russie ou des ressortissants de ces pays travaillant en Russie. Cette mesure serait parallèle aux mesures de rétorsions prises contre les entreprises russes à l'étranger.
Il demande également que soit reconnu au Président la possibilité, si de telles mesures sont prises aux Etats Unis et en Europe, de geler les comptes des représentants de ces pays dans les banques russes et de pouvoir aller jusqu'à la confiscation des biens de ces entreprises.
Le but n'est évidemment pas de mettre ces mesures en vigueur, il s'agit d'un signal politique, une sorte de cure préventive devant faire réfléchir les partenaires américains et européens de la Russie de combien ils sont prêts à perdre dans cette escalade. C'est aussi un message clair affirmant que la Russie matient ses positions malgrè les menaces de sanctions.
Et quand J. Kerry déclare que le conflit est entré dans une nouvelle phase pour le combat pour la "liberté", on peut retenir qu'il s'agit effectivement d'une nouvelle phase, mais du combat pour la préservation de l'hégémonie américaine. Jusqu'où les Etats Unis seront-ils prêts à aller?

lundi 3 mars 2014

Ukraine, vers la fin de la Pax Americana?

Voir: http://izvestia.ru/news/566846

A partir du moment où V. Yanukovych s'est réfugié en Russie et l'a appelée à l'aide pour restaurer l'ordre constitutionnel. A partir du moment où les autorités de Crimée ont officiellement demandé la protection de la Russie. A partir du moment où le Conseil de la Fédération a donné son accord de principe au Président russe pour utiliser les forces armées, si nécessaire, afin de restaurer l'ordre constitutionnel ukrainien et garantir son intégrité territoriale, protégeant ainsi la population russe, la situation est devenue hystérique.
B. Obama déclare que la Russie va payer cher pour sa politique. Le Canada et la Grande Bretagne rappellent pour consultation leurs ambassadeurs ou responsables de missions diplomatiques après que le Conseil de la Fédération ait demandé au Président russe de rappeler son ambassadeur aux Etats Unis. Otawa, Paris, Londres et Washington interrompent la préparation du G8 qui doit se tenir à Sotchi. Autrement dit, les Etats Unis bougent leurs pions pour faire pressions sur la Russie, les pions étant le Canada et les pays européens. Ce qui montre encore si nécessaire le degrè d'indépendance de l'UE et les implications que cela peut avoir pour les pays membres.
En effet, la Pax Americana en vigueur depuis la chute de l'Union soviétique suppose, sinon l'obéissane aveugle des pays, du moins leur passivité. Et ces derniers temps, la Russie fait preuve sur la scène internationale d'une trop grande autonomie. Elle ose s'opposer. S'opposer en Syrie et avoir raison de ne pas vouloir provoquer un conflit armé en soutenant des mercenaires et des fanatiques religieux. S'opposer en Ukraine en ne reconnaissant pas la légitimité d'un Gouvernement qui s'impose par la force, instaure immédiatement une confusion des pouvoirs en la personne d'un Président par intérim qui fusionne le législatif (il est le speaker de la Rada) et l'exécutif. Un régime qui met un point d'arrêt à la Cour constitutionnelle et pense même à lancer des enquêtes pénales contre ses membres. Un pouvoir qui s'appuie sur des partis et des groupes extrémistes. Qui annule en conséquences la loi interdisant la propagande extrémiste. Qui remet en cause, dans un pays multiéthnique, la loi sur la diversité des langues. Etc.
Peut importe le fond, peu importe le droit, la Russie a osé s'opposer et elle doit payer. Elle doit payer très cher, elle doit le payer de sa souveraineté. Car accepter l'opposition de la Russie sur la scène internationale, c'est revenir à un ordre bipolaire, ce que les Etats Unis ne veulent à aucun prix.
Pourquoi, effectivement, ne pas garantir les accords signés sous l'égide de nos superbes ministres des affaires étrangères? Pourquoi ne pas condamner la montée extrémiste qui risque de toucher l'Europe en ricochet? Qui va payer pour le soutien de l'économie ukrainienne ? Peu importe. L'enjeu n'est plus l'Ukraine. Que l'on ne se trompe pas. Il n'y a pas de guerre entre la Russie et l'Ukraine, mais un conflit qui peut dégénérer en Ukraine entre la Russie et les Etats Unis. Les dernières mesures prises par la Russie montre qu'elle ne veut plus de la Pax Americana. Les sanctions économiques envisagées par les Etats Unis à l'encontre de la Russie et que l'UE, n'ayons aucuns doutes, s'empressera de recopier en bon élève, n'auront aucune incidence sur l'économie américaine, elles en auront surtout sur l'économie déjà moribonde européenne.
Dans ce conflit pour l'indépendance, la Russie n'aura aucun allié. Chacun retient son souffle et attend de voir qui sera le vainqueur pour choisir son camp. Ni les BRICS avec qui elle développe ses échangent, ni la Chine qui devient un partenaire stratégique. La réaction de B. Obama a montré que c'était un combat à mort. Un combat pour la supprématie. Donc un combat irrationnel. Et l'escalade du conflit ne dépend pas que de la Russie, mais du degrè de radicalisation que sont prêts à atteindre les Etats Unis, à travers leurs pions bien sûr.

lundi 21 octobre 2013

Le Conseil de la Fédération veut un contrôle des mouvements d'extrême droite russes

Voir: http://izvestia.ru/news/559175

Le sénateur Konstantin Dobrinine s'est officiellement adressé au ministère de l'intérieur pour demander une enquête spéciale sur le meurtre de deux immigrants venus d'Asie centrale (Ouzbekistan et Azerbaïdjan) après le pogrom résultant du meurtre de Egor Scherbakov.
 
Parallèlement au pogrom ayant fait suite au meurtre de Egor Scherbakov, lors duquel les forces de police ont arrêté environ 400 personnes, les corps de deux immigrants ont été retouvés, lacérés au couteau. Selon le sénateur K. Dobrinine, de tels actes peuvent se répéter, car la mouvance d'extrême droite devient de plus en plus forte chez les jeunes.
 
Comme le souligne à juste titre le sénateur, la protection doit être identique pour tous les individus vivant sur le sol russe. Les forces de l'ordre ont démontré une réaction rapide,  forte et efficace pour arrêter l'assassin de E. Scherbakov, et si la médiatisation avait moins été poussée cela aurait été encore mieux, mais maintenant l'Etat doit démontrer la même volonté d'arrêter les assassins de migrants.
 
Les réactions provoquées par la requête étaient prévisibles. Les grandes associations nationalistes réfutent leur implication dans les meurtres, ils affirment agir sur la politique intérieure russe et ne pas exister pour tuer les gens. Selon elles, ce doit être le fait de groupuscules marginaux, ou même ce peut ne pas être du tout un meurtre raciste. Selon les associations de migrants, de toute manière la police sympathise avec les mouvements d'extrême droite, ils ont peur maintenant de sortir dans la rue et rien de bon n'est à attendre de ce qui se passe. Quant aux forces de l'ordre, ils affirment évidemment renforcer le contrôle de ces groupuscules car leur priorité est la protection de l'ordre public.
 
Bref un discours convenu. Chacun tient son rôle. Nous verrons avec quelle rapidité et médiatisation les assassins de migrants seront arrêtés. C'est aussi cela l'Etat de droit, la justice pour tous.

vendredi 27 septembre 2013

Possible retour du vote "contre tous" ou la démagogie électorale

Voir: http://www.kommersant.ru/doc/2305856

Créé en 1993, puis annulé en 2005, le "vote contre tous" donnait aux électeurs, qui ne se sentaient pas représentés par les candidats en liste, de l'exprimer en mettant une croix dans la case "contre tous". Avec le bulletin blanc et le bulletin rayé, il constitue une forme de vote protestataire.
 
V. Matvienko, qui préside le Conseil de la Fédération, chambre haute du Parlement, propose de remettre à l'ordre du jour cette possibilité de vote, si populaire dans la population. Il s'agit, selon elle, de garantir les droits électoraux des personnes qui ne veulent pas voter pour un des candidats ou parti en liste, mais également d'affiner le vote pour éviter qu'une personne ne donne sa voix juste pour contrer un autre candidat, alors qu'elle ne partage pas les vues du parti ou du candidat pour lequel elle vote. Les dirigeants des régions sont dans l'ensemble favorables, tout comme les représentants des différents partis politiques. Certains estiment qu'il s'agit là d'un moyen de lutter contre l'abstention, car chacun peut se sentir représenté.
 
Selon une partie des analystes politiques, si le votre contre tous est restauré, il n'aura pas un grand impact sur les résultats électoraux, alors qu'il permettra à moindre frais à Edinaya Rossiya de redorer son image. Par ailleurs, cela devrait encore, avec la démultiplication des partis, disséminer l'électorat contestataire et limiter ainsi les risques d'apparition d'un parti fort d'opposition.
 
Il faut toutefois apporter quelques nuances. Voter contre tous et voter pour un parti d'opposition est une démarche totalement différente:
  •  Tout d'abord, dans ce contexte, le vote contre tous signifie que non seulement l'électeur rejette les partis traditionnels, mais il rejette également les nouveaux partis d'opposition.
  • Ensuite, en votant pour un parti d'opposition, il s'attend à voir des membres de ce parti dans les organes étatiques représentant la population. Or, en votant contre tous, aucun individu ne le représentra lorsqu'il faudra prendre des décisions.
  • Enfin, les voix obtenues sans représentation consécutive directe seront redistribuées. Autrement dit, dans les faits, en votant contre tous, l'électeur favorise les candidats ou partis contre lesquels il a voté.
Pour tenir un discours qui ne soit pas démagogique, il faudrait expliquer cela aux électeurs nostalgiques. L'introduction du vote contre tous était un élément circonstancielle d'une jeune démocratie qui se met en place. Mais c'est un mécanisme qui est dépassé et il ne reste plus que son aspect démagogique.

jeudi 4 octobre 2012

Les sénateurs-hommes d'affaires pourront quitter volontairement le Conseil de la Fédération

Voir: http://izvestia.ru/news/536780

Toujours dans le sillage de l'affaire Gudkov, le Conseil de la Fédération commence un nettoyage de rentrée. Selon la présidente de la Haute chambre, les sénateurs exerçant des activités commerciales sont priés de remettre leur mandat.
 
La semaine prochaine, une séance spéciale de la commission compétente en la matière se tiendra et un certain nombre de sénateurs pourraient y remettre leur mandat, avant que cela ne soit fait dans d'autres formes.
 
Il s'agirait de D. Ananyev (région Iamalo-Nenets), A. Guryev (Murmansk) et de A. Moltchanov (région de Léningrad). Il n'est pas non exclu que les milliardaires S. Kerimov et L. Lebedev quittent le Conseil de la Fédération.
 
Matvienko défend une position rigide sur la question: s'il apparaît qu'un sénateur dirige une activité commerciale, son mandat doit lui être retiré. Et pour l'instant la vérification est en cours. Et sans même attendre les résultats de la Commission, les trois sénateurs pré-cités ont décidé de remettre leur mandat. Il faut souligner que ces personnes entrent dans le haut du classement des personnes les plus riches en Russie selon le journal Forbes. Il est étonnant que personne au Conseil de la Fédération n'en ait entendu parlé jusque là ...
 
Selon un des sénateurs, si la campagne lancée contre les activités commerciales devient sérieuse, nombre de ses collègues sont prêts à choisir leur bisness et partir du Conseil de la Fédération. Il doute du fait que cela servira les intérêts de l'institution.
 
Toutefois, on peut poser la question autrement: des personnes qui sont plus intéressées par leurs intérêts commerciaux très personnels que par l'institution dont ils sont membres, peuvent-ils réellement servir l'intérêt public? On peut sérieusement en douter.

lundi 2 juillet 2012

Comment garantir l'exécution des décisions de la Cour constitutionnelle?

Комитет Совфеда предложил ввести ответственность за саботаж исполнения решений КС

Le ministre de la Justice, au Conseil de la Fédération, a soulevé la question de l'exécution des décisions de la Cour constitutionnelle. Depuis 1992, des 121 décisions prises par la Cour constitutionnelle, 70 ont été exécutées et 51 demandent l'adoption d'actes normatifs.

En principe, le délai d'adoption d'un acte normatif exécutant une décision de la Cour constitutionnelle est de trois mois. Le ministre souligne le caractère irréaliste de ce délai et propose de l'élever à six mois. Un projet de loi en ce sens se prépare déjà.

Mais comme le rappellent certains sénateurs, un délai de six mois risque de ne pas régler le problème, puisque des décisions ne sont pas appliquées depuis le milieu des années 90.

La question de la responsabilité pour non exécution s'approche. Mais, se souvenant que la forme de responsabilité du Gouvernement entraîne son départ collectif, une inquiétude pointe... Il est alors proposé de mettre en place une responsabilité personnelle des fonctionnaires en cas de non exécution. Mais la question de savoit qui doit être responsable est encore loin d'être réglée: qui doit être concrètement responsable pour quoi et sous quelle forme? Pour l'instant c'est l'impasse...

La grande réforme de l'exécution des décisions de la Cour constitutionnelle risque finalement de se terminer par une auglentation de délai ...

jeudi 28 juin 2012

La réforme du Conseil de la Fédération: entre élections et neutralité

Voir: http://pravo.ru/news/view/74252/

Hier, à la surprise des sénateurs qui n'avaient pas vu de Président dans leurs murs depuis 2001, est apparu V. Poutine. L'occasion était belle, il venait de signer et de déposer à la Douma un projet de loi portant réforme de la composition du Conseil de la Fédération.

S'appuyant sur les nouveaux procédés d'élections au suffrage universel direct des gouverneurs, les sénateurs doivent s'inscrire dans ce processus électoral. Ainsi, un candidat au poste de gouverneur présentera, lors de sa campagne électorale, une liste de trois noms de sénateurs potentiels, faisant partie de son équipe, dont il en nommera obligatoirement un en cas de victoire. De cette manière, les sénateurs bénéficieront indirectement de l'onction électorale et la parole sera rendue au bon peuple.

L'idée d'une élection indirecte des sénateurs n'est en soi pas mauvaise. Mais si l'on revient à la réalité politique, les conséquences sont évidentes. La plupart des gouverneurs seront issus du parti Edinaya Rossiya en raison des barrières prévues pour les élections régionales. De cette manière, l'opposition est a priori écartée puisque les assemblée locales, où quelques représentants de l'opposition sont présents, perdront tout pouvoir de s'exprimer. Les sénateurs seront donc le résultat du choix du Parti. Ce qui est amusant quand V. Poutine affirme avec force que les sénateurs ne doivent pas représenter un parti politique, ne doivent donc pas avoir la possibilité de constituer de fraction politique au sein du Conseil de la Fédération. Par le biais du mythe de la représentation strictement régionale, il serait donc possible de poser un voile délicat sur le monopole politique.

Le point positif, toutefois, réside en la mise en place d'un instrument qui pourra réellement servir lorsque, un jour, Edinaya Rossya ne sera plus en position de quasi monopole de fait. Mais il va encore falloir attendre.

Autre modification, leurs fonctions ne pourront plus être suspendues par une décision des assemblées locales - puisqu'elles perdent leurs pouvoirs en matière de nomination, elles le perdent également en matière de sanction - ni sur l'initiative du gouverneur. Ces sénateurs deviennent donc, dans la réalité, totalement incontrôlables. Et l'hypothétique contrôle populaire étant complètement utopique, des dérives sont à attendre.

Sur le plan démagogique, l'âge minimal permettant d'accéder aux fonctions de sénateur est abaissé à 21 ans. Pour que la Chambre haute devienne, selon les mots de Matvienko sa présidente, une Chambre de toutes les possibilités pour la jeunesse.

Non seulement cette réforme risque de rompre un certain équilibre institutionnel "classique" entre la Chambre basse et la Chambre haute, mais elle s'appuie sur des mécanismes électifs qui, pour l'instant, ne fonctionnent pas, ce qui ne permettra que le renforcement de la position de Edinaya Rossiya sous couvert de neutralité politique.  Il faudra de toute manière voir de quelle manière le texte sera modifier lors de son examen.

lundi 3 octobre 2011

La remise en cause de facto de l'élection des sénateurs

Совет федерации избавляют от перевыборов
Сенаторам для продления полномочий избиратели не потребуются

Александр Журавлев


Vendredi, les présidents de la Douma et du Conseil de la Fédération ont d'un commun accord modifiés la loi fédérale sur la formation du Conseil de la Fédération. Désormais, une fois élus, les sénateurs n'auront plus besoin d'être réelus par les organes régionaux en fin de mandat ni lors d'un changement de pouvoir au niveau local. Ceci constitue une violation caractérisée de la Constitution russe.

Dès sa prise de fonction, Valentina Matvienko avait annoncé sa volonté de renforcer le statut du Conseil de la Fédération, notamment de l'autonomiser des aléas électoraux locaux. Elle disait simplement réfléchir sur la forme, ne voulant pas remettre en cause le principe électif. En fait, le projet était déjà prêt.

Selon le nouveau projet de loi, qui n'a pas encore été signé par le Président de la Fédération de Russie, si les sénateurs ont l'accord des organes locaux qui les ont élus, ils peuvent prolonger leur mandat. La législation prévoyait alors l'obligation pour les sénateurs en fin de mandat de repasser par l'épreuve électorale municipale ou régionale. Les modifications concernent également la situation des sénateurs en cas de changement de pouvoir dans les régions. Actuellement, leurs fonctions prennent automatiquement fin et ils doivent de nouveaux être élus. Si le projet de loi entre en vigueur, le nouveau pouvoir peut simplement les réconfirmer dans leurs fonctions, sans qu'ils n'aient besoin de participer à des élections.

Les sénateurs ont favorablement accueillis les nouvelles dispositions les concernant. Selon S. Orlova, "cette nouvelle réglementation permet de ne pas changer de membres du Conseil de la Fédération comme on change de gants".

Selon un des auteurs de l'actuelle constitution, V. Cheïnis, les règles de formation du Conseil de la Fédération violent l'esprit de la Constitution et remettent en cause le principe électif du Parlement.

Nous ne pouvons qu'approuver la position d'un des pères de la constitution russe actuelle, V. Cheïnis. Dans les faits, ce mécanisme permettrait aux membres du Conseil de la Fédération d'être élu une fois pour toute, le paysage politique étant déjà suffisamment moribond pour que leur pérennité soit assurée. Toutefois, ce projet n'est que le reflet de cette tendance généralisée de remise en cause des élections et de la peur qu'elles provoquent pour le pouvoir en place. Il suffit de voir la situations des gouverneurs et des maires. Le pouvoir actuel a un tel besoin de stabilité "personnelle" que tous les moyens sont bons, même l'affaiblissement du système étatique à son propre profit.

vendredi 2 septembre 2011

Medvedev propose l'élection directe des sénateurs

Медведев готов к выборам
Медведев предложил вернуть выборы сенаторов




Le Président Medvedev, de manière non officielle, lors d'une conférence de presse à Sotchi, a proposé de mettre en place l'élection au suffrage universel direct des membres du Conseil de la Fédération.


Comme l'ont remarqués certains sénateurs, cette réforme ne peut se faire sans une modification de la Constitution. Evidemment, les députés sont plus réticents. Les partis politiques pas vraiment très chauds non plus. Mais l'idée est largement soutenue au sein du Conseil de la Fédération, dont les membres apperçoivent ainsi un bout de légitimité et donc de pouvoir potentiel.


Ce système n'a existé que de 1993 à 1995. En 1995, le mode de nomination a changé (présence automatique du Gouverneur et du président de la Chambre locale) sur fond de conflit entre l'administration présidentielle et l'opposition majoritaire à la Douma. En 2000, sous l'influence directe de Vladimir Poutine, le système a été modifié et ce sont des "délégués" du Gouverneur et du président de la Chambre qui sont envoyés par les régions au Conseil de la Fédération.


Plusieurs fois, un projet de loi visant à la restauration des élections au suffrage universel direct a été lancé, mais soit il a été bloqué par le Président (Eltsine en l'occurence), soit par la Douma, soit simplement abandonné.


Pour l'instant la proposition de Dmitri Medvedev n'a pas été formalisée et aucun projet en ce sens n'est à l'examen au sein de l'administration présidentielle.


Plusieurs remarques.


Une élection au suffrage universel direct renforce toujours le poids de son destinataire. Il est intéressant de noter que cela vise le Conseil de la Fédération dont d'étranges propositions ressortent ces derniers temps, comme la restauration du bagne ou l'exception russe en matière d'application des décisions de la Cour de Strasbourg. Propositions choquantes, critiquées et abandonnées. Mais qui ont existés et laissent un goût amer dans la bouche.


D'un point de vue de logique purement constitutionnelle, la double élection au suffrage universel direct et de la chambre basse - ce qui est habituel - et de la chambre haute est un non sens dans les pays de droit continental dont fait partie la Russie. Si les populations ont besoin de sentir que leur intérêt local est représenté, elles ont justement les parlements locaux et leurs députés en plus de la Chambre basse fédérale ... où siègent également des députés. Qui ne doivent pas que représenter les intérêts du pouvoir, mais également des simples gens. Quand les sénateurs sont "élus/nommés" par les exécutifs et législatifs locaux, ne sont-ils pas à même de représenter les intérêts locaux? Cela signifie-t-il qu'une élection directe locale serait plus efficace? Pourquoi dans ce cas ne pas commencer par restaurer l'élection des Gouverneurs, si tout à coup la démocratie locale devient tellement importante?


Tout cela ressemble à une farce de mauvais goût.



lundi 27 juin 2011

Valentina Matvienko va diriger le Conseil de la Fédération

Проект закрыт
Не исполненной миссией Валентины Матвиенко было превратить Петербург в образец для всей страныЧитать полностью:
http://www.gazeta.ru/comments/2011/06/27_e_3677225.shtml


Le départ de Valentina Matvienko de la mairie de la ville de Saint Petersbourg est perçu comme une sanction des résultats de sa gestion. Sanction étonnante, puisque le président du Conseil de la Fédération est quand même le troisième personnage de l'Etat. Mais c'est un personnage sans réel pouvoir, non au regard des textes, mais au regard de la pratique.

Pour beaucoup d'analystes, à l'instar de Moscou avec Lujkov, Saint Petersbourg souffre des mêmes problèmes que la capitale - transport, mauvaises conditions de vie, mauvaises conditions de développement pour les entreprises, etc - et si Lujkov est parti avec fracas, Matvienko préfère une retraite dorée.

C'est pourquoi la question centrale n'est pas de savoir quelle sera sa position dans la direction du Conseil de la fédération, mais bien de savoir qui va reprendre la ville et sa richesse.

Quitter une mairie - même de Saint Petersbourg - pour le Conseil de la Fédération et considérer cela comme une sanction démontre s'il en est encore besoin à quel point le fonctionnement des institutions est dévoyé. Il n'y a pas de logique insitutionnelle. Pas de question d'intérêt public. Le centre vital reste l'intérêt très privé du business ... et l'Etat s'organise autour de cet axiome.

vendredi 17 juin 2011

Quand par erreur Mironov entre dans l'opposition ...




Officiellement, pour ses prises de position répétées contre la gestion de la ville de Saint Pétersbourg par l'équipe Edinaya Rossya, Mironov a perdu non seulement la présidence, mais également son siège au Conseil de la Fédération. Ne nous inquiétons pas trop toutefois, car un député, cette fois-ci de son parti, lui a cédé sa place à la Douma fédérale.

La grande question reste alors de savoir si Mironov, suite à une surprenante révélation de sa conscience, est entré dans l'opposition en se souvenant que s'il a été nommé par Edinaya Rossya, il n'en fait pas - encore - partie ou s'il s'agit d'un jeu préélectoral pour brouiller les cartes de la véritable opposition politique en cette période sensible, opposition qui elle ne peut regarder le jeu que de loin.