Face à la crise de l'Eglise orthodoxe en Ukraine et aux attaques incessantes et renforcées menées par la nouvelle Eglise orthodoxe d'Ukraine contre l'Eglise orthodoxe ukrainienne du Patriarcat de Moscou, le monde orthodoxe se rassemble et veut utiliser les moyens juridiques à sa disposition, pour mettre un terme à cette montée de violence, qui se traduit par une prise de possession illégale des biens de l'Eglise canonique avec l'aide des extrémistes. Le droit arrête rarement la violence, lorsqu'elle est soutenue par le pouvoir politique, mais cela permet au moins de faire connaître ce qui se passe dans cette Ukraine "pro-européenne". Ainsi, l'Eglise orthodoxe de Chypre lance une action auprès des autres Eglises orthodoxes pour porter l'affaire devant la CEDH. Il serait surprenant que cette institution examine l'affaire, alors autant en parler.
Je vous souhaite la bienvenue sur ce blog où nous allons tenter de décrypter l'actualité politique russe, donner la dimension de toute sa richesse et sa complexité. Sans clichés et sans partis pris. Sans vouloir plaire à tout le monde.
Affichage des articles dont le libellé est Eglise orthodoxe. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Eglise orthodoxe. Afficher tous les articles
mercredi 26 juin 2019
mardi 22 janvier 2019
Ukraine : tentative de légalisation de l'appropriation des biens de l'Eglise ukrainienne orthodoxe du Patriarcat de Moscou
Dans l'indifférence totale de la communauté internationale, et avec le soutien réitéré des Etats-Unis, l'Ukraine met en place un processus d'expropriation des églises orthodoxes ukrainiennes du Patriarcat de Moscou, par la force, en recourant à des méthodes de bandit. Pour cela, deux textes de loi sont instrumentalisés et appliqués avec l'aide des extrémistes : l'un sur le changement de juridiction des églises et l'autre sur le changement de nom de l'Eglise ukrainienne orthodoxe du Patriarcat de Moscou.
mercredi 19 décembre 2018
Poroshenko poursuit la dérussification de l'Ukraine, quitte à vider le pays de lui-même
A quelques mois des élections présidentielles, dans lesquelles Poroshenko est donné perdant quelle que soit la configuration, et en pleine loi martiale, l'Ukraine sombre avec son Président en plein chaos. La guerre est déclarée, la déclaration vaut la guerre, la communication cache la profondeur de la déstructuration de la société. Finalement, c'est bien contre son peuple, et contre lui-même, que Poroshenko se lance, fossoyeur désenchanté d'un pays en perdition.
jeudi 6 décembre 2018
L'Ukraine offre son Eglise à Constantinople et lance une vague sans précédent de répression contre le Patriarcat de Moscou
![]() |
| Photo des prêtes convoqués par le SBU (KGB ukrainien) |
Nous avions parlé des tentatives conjointes de l'Ukraine, sous impulsion américaine, et du Patriarcat de Constantinople pour provoquer un schisme dans l'Eglise orthodoxe, en faisant sortir l'Eglise orthodoxe canonique d'Ukraine du Patriarcat de Moscou, dont il dépend depuis le 17e siècle (voir notre texte ici). Il semblerait que les choses se passent assez mal et finalement une Eglise ukrainienne sera artificiellement créée et rattachée à Constantinople. Au lieu de l'autocéphalie, Poroshenko reçoit encore une subordination. Cela devient une habitude ...
jeudi 8 novembre 2018
Ukraine: l'impasse de l'autocéphalie de l'Eglise orthodoxe augmente les risques de violence
Le combat contre l'Eglise orthodoxe, pilier du Monde russe, entre dans une phase décisive qui oblige ses acteurs à sortir d'une posture soi-disant rationnelle et formaliste: si un accord a bien été conclu entre le Patriarche de Constantinople et Porochenko, l'obtention de l'autocéphalie dépend de la réunion et de l'accord de toutes Eglises ukrainiennes orthodoxes. Face à cette impasse, Porochenko assume son véritable visage : celui de l'intimidation et de la violence. Conduisant l'Ukraine, déjà à genoux, aux portes de la guerre de religion. Avec le soutien des Etats-Unis et dans l'indifférence de l'Europe, obnubilée par son anti-russisme primaire et ses poussées néo-trotskystes.
mercredi 17 octobre 2018
L'Eglise orthodoxe turque porte plainte contre le Patriarche de Constantinople devant la justice
Un rebondissement vient de se produire hier, alors que le Patriarche de Constantinople, Bartholomée, poursuit la procédure d'attribution de l'autocéphalie à l'Eglise orthodoxe d'Ukraine, après l'avoir unilatéralement sortie du Patriarcat de Moscou, auquel elle est attachée depuis le 17e siècle. Dans ce conflit plus politique que religieux, vient d'entrer en scène la méconnue Eglise orthodoxe turque, qui s'est adressée à la justice turque contre les agissements du Patriarcat de Constantinople, outrepassant ses compétences et les limites très précises dans lesquelles sa présence en Turquie est tout juste tolérée. Les Etats-Unis sembleraient avoir oublié le facteur "Constantinople", qui n'entre pas du tout dans les intérêts de la Turquie moderne.
vendredi 12 octobre 2018
Le Patriarcat de Constantinople entre dans la guerre contre la Russie
La question des liens entre l'Eglise et l'Etat est rhétorique: s'il est de coutume d'en appeler à la séparation de l'Eglise et de l'Etat, organiquement, il est soit hypocrite, soit naïf d'en déduire la séparation des Eglises de la politique. Elles furent de tout temps un élément de la politique des Etats, elles en furent même les acteurs depuis leur émergence. Car tout groupement humain organisé représente un pouvoir - abouti ou potentiel. Le schisme en cours dans l'Eglise orthodoxe est le résultat d'un changement brutal géopolitique, il est la suite logique de la guerre, certes sans les chars mais ils n'en ont pas le monopole, qui se joue aujourd'hui entre le clan atlantiste et la Russie, pour la question fondamentale, dans le sens premier du terme - fondement, du modèle de gouvernance qui va régir les rapports internationaux. Et à la guerre tous les coups sont permis. Le Patriarcat de Contantinople s'est vu confier la mission du combat contre l'influence du Patriarcat de Moscou, le point faible a été trouvé: la division de l'Eglise orthodoxe en Ukraine.
samedi 29 septembre 2018
L'Ukraine au bord d'une guerre de religion qui semble servir certains intérêts
![]() |
| Ukraine, région de Ternopol, septembre 2015 |
Le rythme des agressions contre l'Eglise orthodoxe ukrainienne du Patriarcat de Moscou s'est accéléré depuis le Maïdan en 2014. En 4 ans, 50 églises ont été transférées par la violence et en toute illégalité du Patriarcat de Moscou à l'Eglise renégate de Filaret. En ce sens, les démarches du Patriarche de Constantinople ne peuvent qu'aggraver la situation, ce que vient de démontrer cette dernière prise par la violence, hier, de l'église orthodoxe de la région de Ivano-Frankovsk, faisant plusieurs blessés au passage. Dans tous les cas de ce genre, l'on note une collusion entre le groupe extrémiste Secteur droit, les forces de l'ordre et les renégats. Et aucune réaction sérieuse de la communauté internationale, qui laisse ces crimes se dérouler dans la plus grande indifférence. A moins que cela ne corresponde à certains intérêts.
jeudi 27 septembre 2018
Ukraine: le Métropolite orthodoxe Onufrii menacé de mort
L'Ukraine et la Russie étaient deux éléments d'une même culture, d'une même histoire, d'une même religion. Le nouveau pouvoir ukrainien post-Maïdan s'est attaqué à la désoviétisation, à la "dérussification" totale du pays, non seulement à travers la langue, mais aussi les films, les livres, la réécriture de l'histoire, laissant une terre blessée, un peuple déchiré, épuisé. Mais peu importe, tout a un prix, au peuple de le payer. Il ne restait que la religion à abattre, ce lien presque physique qui relie le monde russe. Après la chute de l'URSS, une Eglise orthodoxe renégate est créée en 1992, qui n'est pas reconnue en dehors des frontières, l'Eglise orthodoxe ukrainienne du Patriarcat de Moscou depuis l'an 1030 étant historiquement la seule légitime. Attaquer l'unité de ces Eglises, c'est faire d'une pierre deux coups: à la fois attaquer une Eglise qui reste très fervente, à une époque où la religion chrétienne doit être une caricature au service de l'idéologie ou disparaître, et servir les intérêts géopolitiques dans la région.
vendredi 13 janvier 2012
L'Eglise orthodoxe soutient la création d'un parti politique orthodoxe russe
Христианство с политическим уклоном
РПЦ выступает за создание православной политической партии
РПЦ выступает за создание православной политической партии
Voir également:
Le prêtre Vsevolod Tchapline, responsable des relations de l'Eglise orthodoxe avec la société, a proposé la création en Russie un parti orthodoxe, sur le blog "Pravoslavnaya politika" (politique orthodoxe).
Selon ses propres termes, cette proposition vient de l'introduction du projet de loi présidentiel sur la simplification de la procédure d'enregistrement des partis politiques et de l'ouverture de la vie politique. Créer un parti sur un fondement religieux est interdit par la loi, mais personne n'interdit de créer un parti "orthodoxe" ou "chrétien" sans que le mot n'apparaisse dans l'appellation du parti.
L'Eglise orthodoxe perçoit positivement la création de partis orthodoxes ou chrétiens, ou même de fractions à l'intérieur des partis politiques, mais n'envisage pas de leur apporter un soutien exclusif ou même de les bénir. "L'Eglise est pour tous, pas uniquement pour certains partisans politiques", rappelle le père Tchapline.
Le prêtre appelle les lecteurs à exprimer leur opinion quant à l'opportunité pour la Russie actuelle de créer un parti ayant une idéologie orthodoxe. Selon lui, l'expérience des années 90 a été particulièrement mauvaise, même si des personnes honnêtes l'ont initiée. Les problèmes les plus importants étaient le parcellèlement de la société, l'apparition de petits chefs, le rejet de l'autre allant même jusqu'à le considérer comme un ennemi. Et aujourd'hui, que se passe-t-il? Il est évident que des mouvements comme le Congrès des ethnies russes (конгресс русских общин), l'Union populaire (народный союз) ou la Russie prospère (благодатная россия) essaient de faire entendre les idées orthodoxes/chrétiennes. Et le prêtre prévoit encore l'apparition d'autres initiatives de ce genre. Mais cela ne conduira-t-il pas à nouveau au morcellement de la société et finalement le soutien ne représentera que de 0,1% à 1% des électeurs?
Il indique encore que les valeurs principales de ce type de parti doivent être l'inacceptabilité de la corruption et la lutte contre l'immoralité dans les médias.
L'Eglise apparaît de plus en plus comme la valeur refuge pour une société qui semble fatiguée par le cynisme ambiant. Mais de là à créer un parti politique, il y a un pas dangereux qu'il serait peut être préférable de ne pas franchir.
Tout d'abord, les références avancées par le père Tchapline renvoient à des mouvements nationalistes, voire ultranationalistes. Les donner en expemple dans un pays multiethnique peut sembler dangereux, surtout à l'époque où les tensions interethniques et la focalisation de l'attention sur le Caucase sont déjà cause de débats particulièrment émotionnels.
Ensuite, l'Eglise orthodoxe s'implique de plus en plus dans la vie politique du pays, ce qui risque de la mettre dans une position délicate. Pour l'instant encore arbitre, elle a du poids, mais en tant qu'acteur du jeu politique elle peut se décrédibiliser.
Enfin, la création d'un parti politique orthodoxe/chrétien, s'il vient à exister, doit absolument être distinct de l'Eglise en tant qu'institution. Plus concrètement, défendre et soutenir une idéologie chrétienne n'implique pas forcément de conduire les prêtres devant les électeurs. Ce qui affaiblirait profondément la position de l'Eglise orthodoxe.
Marginalement, comment réagira et le pouvoir et l'Eglise orthodoxe si des représentants d'autres religions fortes en Russie, comme les musulmans par exemple, décident de suivre la même voie?
Inscription à :
Articles (Atom)








