Juncker signe et persiste. Déjà mi-septembre son "plan" était irréaliste. Et n'a aboutie à rien. Comme nous l'écrivions déjà ici. Et pourtant il continue. A forcer les pays. A contraindre les souveraintés. A noyer les peuples. Au nom d'obligations dites morales, pour couvrir des choix politiques suicidaires fait au nom d'une Europe à laquelle on n'a pas demandé son avis. Et des chiffres ronds, glissants, lisses, 100 000, sont lancés en l'air, tournicotent, font trois tours et puis s'en vont. Et rien n'est réglé.
Je vous souhaite la bienvenue sur ce blog où nous allons tenter de décrypter l'actualité politique russe, donner la dimension de toute sa richesse et sa complexité. Sans clichés et sans partis pris. Sans vouloir plaire à tout le monde.
Affichage des articles dont le libellé est crise. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est crise. Afficher tous les articles
lundi 26 octobre 2015
mercredi 23 avril 2014
Les accords de Genève: un nouveau Yalta compromis par Timochenko?
Voir: http://www.versii.com/news/302020/
http://itar-tass.com/mezhdunarodnaya-panorama/1140168
http://itar-tass.com/mezhdunarodnaya-panorama/1127686
http://ukrafoto.com/reportages.php?id=20662

Rencontre du Vice-Président américain avec les députés ukrainiens, hier à Kiev
http://itar-tass.com/mezhdunarodnaya-panorama/1140168
http://itar-tass.com/mezhdunarodnaya-panorama/1127686
http://ukrafoto.com/reportages.php?id=20662
Rencontre du Vice-Président américain avec les députés ukrainiens, hier à Kiev
Perdre une bataille, n'est pas perdre la guerre. Timochenko en a fait depuis longtemps sa devise, surtout que les victoires et les défaites en politique s'oublient vite, seul le présent compte. Et sa situation, dans le présent, n'est pas très enviable: même si "ses" hommes contrôlent officiellement le pouvoir à Kiev, elle ne contrôle pas grand chose et son avenir est compromis. Si elle perd cette bataille, elle aura très peu de chance de revenir sur la scène politique. Il lui faut une victoire à tout prix, à n'importe quel prix, même au prix de l'Ukraine. Car selon les sondages actuels, elle est donnée perdante aux élections présidentielles de mai.
Pour cela, sa première tentative est de se rapprocher des extrémistes, appeler à l'écrasement par la force des séparatistes-terroristes à l'Est de l'Ukraine. Elle pense ainsi revenir sur le devant de la scène, faire oublier que c'est elle qui a négocié et signé le contrat de gaz avec la Russie qui va de 2009 à 2020, ce même contrat, avec toutes les clauses prévoyant les variations de prix, que Kiev ne veut plus exécuter. Elle doit se poser comme l'Ange salvateur qui va réunir l'Ukraine, qui plane au-dessus des divergences et peut apporter la paix. Amen.
Mais elle a besoin de l'onction divine pour que sa mission aboutisse. Elle annonce donc un voyage aux Etats Unis. Et quelle horreur, personne ne veut la rencontrer. Bref, elle annule, mais ne rend pas les armes. Après l'absolution poutinienne lors de la dernière conférence de presse pour ses paroles anti-russes qui, selon lui, furent prononcées sous le coup de l'émotion - mais non, elle n'est pas comme ça, je la connais, je vous l'assure - elle peut finalement retourner dans l'Est contestataire sans risquer de grandes mésaventures et "parlementer" avec les "séparatistes-terroristes-, qui entre temps sont devenus de braves citoyens que le pouvoir à Kiev et le pouvoir local ne prennent pas la peine d'écouter. Re-Amen. Le problème est qu'elle n'est pas mandatée pour parlementer, elle ne le fait donc qu'en son nom.
Au Diable l'avarice, elle propose une grande table ronde, avec tous les hommes politiques, de toutes les régions, de tous les bords - rien n'est précisé en ce qui concerne la presque centaine de prisonniers politiques qui justement s'opposent au régime de Kiev mais c'est un détail de l'histoire, et elle en a beaucoup de détails. Donc elle veut organiser une grand messe post-Genève, Alléluia. De cette manière, elle se pose au-dessus des politiques empêtrés dans une situation dont ils ne savent comment sortir, donne de l'espoir à l'Est et reprend l'Ouest et Kiev sous sa coupole. Enfin, elle l'entend de cette manière.
Pendant ce temps, Secteur droit assassine des hommes désarmés, c'est plus simple, au bloc post à Slaviansk la nuit de Pâques. Le chef de l'Etat proclamé par un Parlement dont il s'est autoproclamé également le président en "dissolvant" la Cour constitutionnelle pour ne pas prendre de risque, j'entend Tourchinov, annonce que l'opération anti-terroriste n'est pas finie, elle a juste été suspendue pendant les fêtes.
Toutefois, l'Histoire crispe un peu aux encornures. Dans la foulée de cet accord genevois lui aussi historique - on ne badine pas avec l'Histoire en ce moment - le pouvoir à Kiev annonce qu'ils ne vont pas libérer la place Maïdan car elle est légalement occupée par les manifestants. Comme cela fait rire sous cape, les Etats Unis viennent à leur aide et ajoutent une dose au ridicule ambiant: les bâtiments et les places à Kiev n'ont pas à être libérés, car ils sont occupés par autorisation du Parlement. Au fait, l'autorisation a été donnée avant ou après la prise de ces bâtiments par la force et l'occupation violente de la place? Sous quelle forme cette "autorisation" a-t-elle été donnée? Quel acte et donc quelle procédure de contestation? Non, désolée, chicane de juristes, et nous sommes ici dans le royaume du non-droit et l'empire de l'absurde.
Donc, continuons notre voyage en Absurdie, pays officiellement souverain, rappelons-le pour la suite. Afin de remettre un peu d'ordre après la visite secrète du chef de la CIA qui a débouchée sur la défection de l'armée ukrainienne refusant de toucher à la population locale, il a bien fallu envoyer l'artillerie lourde, autrement dit le vice-Président américain pour reprendre en main les affaires de cette étrange colonie. Reçu en grande pompe, il dirige la table des négociations, seul en président de séance, les drapeaux derrière lui, l'image du Chef est donnée. Il promet, il décide, les politiciens ukrainiens se sentent mieux, la mère patrie s'est souvenue d'eux, s'occupe de ses enfants. Et va les protéger du grand méchant russe, qui porte la responsabilité médiatique de tout ce qui se passe.
Bref, l'Est ne rend pas les bâtiments, Secteur droit ne veut pas être désarmé, l'armée n'est pas rappelée, les gens restent dans la rue et ... l'on parle de plus en plus de la "Nouvelle Russie"(1), dont la superficie historique recoupe en gros l'espace contestataire est-ukrainien actuel. Le mot est lancé par Poutine lors de sa conférence de presse et repris maintenant par le Gouverneur populaire de Donetsk qui propose de créer une grande fédération autonome de Nouvelle Russie. Ainsi, peut être, tout le monde serait content. Les Etats Unis récupèreraient la nouvelle Ukraine et l'enverraient se faire financer et reconstruire par l'UE, celle-ci ayant besoin d'un nouveau marché mais qui lui coûtera très cher et l'affaiblira, ce qui est parfait dans le jeu concurrentiel des Etats Unis. L'OTAN pourra sauter de joie et mettre plein de bases militaires pour jouer à la guerre et lancer des opérations de paix. De son côté, la Nouvelle Russie devient cette zone tampon entre les Etats Unis / OTAN et la Russie, et elle peut même entrer dans l'Union douanière.
Mais, mais il y a Timochenko. Car dans cette configuration, non seulement elle ne sert à rien, mais elle gène. Avec ses idées de réconciliation nationale, ces tables rondes, cette envie subite de vouloir exécuter les accords de Genève qui ressemblent de plus en plus à des accords de Yalta entre la Russie et les Etats Unis, dont l'UE et l'Ukraine furent informés à la fin (puisqu'ils durent sortir lors des négociations, attendre dehors, pour finalement rappeler C. Ashton à la fin et lui communiquer les résultats - l'Ukraine l'a appris dans les couloirs). Alors, dans ce contexte, les cadavres et autres disparitions reviennent au goût du jour: 2 cadavres mutilés retrouvés dans la région de Donetsk, un fut identifié comme un député local de Gorlovka, appartenant au parti de Timochenko, Vladimir Rybak; le maire populaire de la petite ville de Gorlovka, Alexandre Sapunov disparaît, etc.
Drôles de coïcidences. Mais le monde est plein de coïncidences. Soit. Voyons ce qu'il ressortira réellement de la visite du vice-Président des Etats Unis, Joe Biden. Puisque le nouveau pouvoir ukrainien a décidé de se trouver un nouveau maître.
(1) Le terme de "Nouvelle Russie" n'est pas un néologisme, mais renvoie à l'appellation historique depuis le 18e siècle d'un territoire situé dans le sud de la Russie impériale, au-dessus de la Mer Noire, qui correspond aujourd'hui en Ukraine au Sud et à l'Est et en Russie au Sud frontalier (côté Caucase), pour simplifier. En 1918, l'Ukraine a voulu se l'approprier, mais cela a provoqué une grande vague de contestation et la création - éphémère - des républiques soviétiques d'Odessa et de Donetsk. Finalement, avec la création de la république soviétique d'Ukraine, la Russie soviétique a donné une grande partie des territoires de la Nouvelle Russie à l'Ukraine.
mercredi 19 septembre 2012
La crise autour de l'adoption du budget ... de crise
Voir: http://www.kommersant.ru/doc/2025478
A la surprise générale, le projet de budget 2013 et le projet de budget prévisionnel pour 2014 et 2015 sont apparus sur la page internet du ministère des finances, avant la réunion du Gouvernement prévue pour leur adoption.
V. Poutine, à Sotchi, a tenu une réunion devant la presse avec la plupart des ministres - mais sans la présence de D. Medvedev qui était occupé à Skolkovo - quelques heures après la parution inédite du document. Et le conflit a ainsi pu être porté au public par la presse. Car le problème principal est que le budget ne prévoit pas l'intégration de la réalisation des oukases présidentiels de mai, concernant la hausse des salaires, la réforme du système de retraite, le développement de l'investissement en Extrême Orient et en Sibérie etc. Cela ressemble un peu à une mise en scène.
Bref, les oukases sont restés lettre morte. Il semblerait qu'il y ait eu un manque de temps pour les intégrer dans le budget, qui doit et couvrir une hausse des dépenses publiques, et assurer un équilibre des finances de l'Etat, et lutter contre l'inflation, et développer le pouvoir d'achat. Il s'agit donc a priori d'un budget impossible à mettre en oeuvre.
Mais deux ministres vont formellement payer le crime de lèse majesté et recevront un avertissement. Les choses vraissemblablement en resteront là. De toute manière, les modifications demandées par le Président ne sont pas techniques mais structurelles et le Gouvernement n'aura pas le temps de les intégrer. Il y a donc de fortes chances pour que le texte définitif du projet reste celui publié par le ministère des finances.
N'y a-t-il pas une certaine hypocrisie dans ce "conflit"? Le Président, comme le note la presse, semblait très bien au courant du projet de budget. Donc, il aurait pu y faire introduire ses promesses électorales s'il y en avait eu réellement une volonté. N'est-ce pas un moyen un peu facile de faire passer des promesses finalement populistes à la trappe de la réalité des rigueurs budgétaires actuelles. Un peu comme en France, la faute est reportée sur Bruxelles dès qu'il y a un problème, ici c'est le Gouvernement qui paie la note des promesses faites et des oukases non accomplis.
lundi 7 novembre 2011
Socialisme / capitalisme: la crise des modèles
Капитализм с застывшим лицом
Крушение соцлагеря сделало практически невозможной критику капиталистического мироустройства с социалистических позиций http://www.gazeta.ru/comments/2011/11/07_a_3824426.shtml
Крушение соцлагеря сделало практически невозможной критику капиталистического мироустройства с социалистических позиций http://www.gazeta.ru/comments/2011/11/07_a_3824426.shtml
La chute de l'URSS - et avec elle la chute du modèle socialiste - a laissé le modèle capitaliste sans alternative, bloquant par là même la possiblité de développement d'un modèle alternatif de vision du monde et de l'homme.
Ce mythe de l'échec du modèle socialiste était fondé sur un autre mythe, celui de l'égalité des chances initiales entre les blocs capitalistes à l'Ouest et l'URSS et ses pays satellites à l'Est.
Or, il faut se souvenir que le socialisme, initialement prévu pour les pays industrialisés de l'Ouest s'est implanté en Russie, qui était déjà largement en retard à cette époque, dans l'idée de faire de ce pays un point de départ pour l'expansion de l'idée révolutionnaire socialiste vers l'Ouest. Mais finalement le projet a échoué et la progression du socialisme révolutionnaire s'est arrêtée aux portes de l'Empire et à quelques pays satellites.
Aves les pertes colossales dues à la Première guerre mondiale et à la guerre nationale suite à la Révolution d'Octobre, la Russie/URSS s'est trouvée dès le départ en position perdante dans sa lutte d'influence avec l'Occident.
Pour compenser, d'énormes efforts ont été imposés par le pouvoir en matière d'industrialisation et de collectivisation forcée. Mais la course éperdue pour rattraper le niveau de développement et le niveau de vie occidental était un combat perdu d'avance. Et malgrè les réussites incontestables dans certains domaines, la fatigue de la population de courir derrière un mirage est devenue très forte dans les années 80. A cette époque, les dirigeants communistes n'étaient pen en position de proposer une solution à la population. La suite est connue. A partir de là, s'est développé le sentiment d'inefficacité du modèle socialiste.
En conclusion, il faut rappeler que l'existence même de l'URSS en tant que critique permanente du monde capitaliste donnait à celui-ci sa force et son énergie pour évoluer et trouver toujours d'autres moyens de fédérer le consensus des populations. Il n'est pas possible d'exclure que la chute de cette critique est un des facteurs expliquant la crise actuelle du modèle capitaliste.
En effet, la chute de l'URSS n'a pas seulement eu pour conséquence de discréditer pour une longue période le modèle socialiste, mais elle a également bloqué le développement de tout modèle alternatif acceptable au capitalisme, une autre vision de l'organisation du monde. Même le mouvement antiglobaliste, qui est le mouvement alternatif le plus développé, n'est pas encore capable de fédérer largement, n'a pu présenter une idée de développement.
L'impossible retour au socialisme, et en Russie et dans les autres pays, est un fait acquis. Il serait le signe d'une régression. Et c'est un fait. Le socialisme a apporté tout ce qu'il pouvait. Mais la crise du modèle capitaliste est aussi une crise idéologique. Il n'est plus politiquement correct de parler d'idéologie aujourd'hui. Pourtant sans vision globale et théorisée d'un nouveau mode de développement, il est impossible de faire progresser les valeurs morales qui portent les sociétés. Cette crise est visible en Russie qui tourne autour du problème capitaliste, en essayant de doser l'idée sociale. Cette crise se voit aussi dans d'autres pays, et l'inefficacité des solutions apportées est tout aussi flagrante partout. Replacer l'individu au sein de son groupe culturel et naturel. Remettre en place une hiérarchie des valeurs. Le tout sans repli nationaliste. Ce mécanisme oblige. Pourtant, les dirigeants ne sont pas prêts à prendre leurs responsabilités. Ils ne prennent que des mesures d'urgence. D'une afficacité aussi forte que celle d'apposer un pansement sur une jambe à amputer.
Inscription à :
Articles (Atom)