L'évolution du conflit entre le Clan atlantiste et la Russie montre qu'il n'est pas conjoncturel, mais fondamental. Dans le sens où ce conflit touche les fondements de ce Clan, lui-même éloigné des valeurs occidentales. L'hystérie qui se dégage de ces manoeuvres en rase campagne n'est que le résultat de cette distance croissante entre le comportement destructeur de ces pays et les valeurs occidentales, dont la Russie est aujourd'hui plus proche. Ce qui contribue à provoquer une montée de haine, accompagnant l'impasse dans laquelle le Bloc atlantiste s'enfonce.
Je vous souhaite la bienvenue sur ce blog où nous allons tenter de décrypter l'actualité politique russe, donner la dimension de toute sa richesse et sa complexité. Sans clichés et sans partis pris. Sans vouloir plaire à tout le monde.
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vendredi 4 mai 2018
mardi 26 décembre 2017
Russie: bilan géopolitique 2017
2017 est une année très contrastée pour la Russie à l'international, tout en excès. Brillante victoire militaire en Syrie, s'accompagnant d'une détérioration sans précédent de ses rapports avec les Etats- Unis et leurs pays satellites et d'une réactivation du conflit en Ukraine. Cette ambigüité s'explique par l'hésitation constante de la Russie à se positionner idéologiquement, sa ligne rouge étant le refus de reconnaissance de l'atlantisme, sans remise en cause du globalisme. Ces hésitations furent interprétées comme la faiblesse et ont entraîné toute une série de mesures internationales contre le pays. Autrement dit, si la Russie a pris sa place sur la scène internationale, elle a encore du mal à capitaliser ses victoires sur le champ politique.
samedi 4 février 2017
Russie / Etats Unis 2: l'heure de la gouvernance
Comme nous l'avions écrit, il n'est pas évident que les Etats Unis considèrent la Russie comme un allié, leur combat et leurs attentes sont différénts. D. Trump se lance dans une attaque féroce du système néolibéral (et post-moderniste) et de ses composantes, alors que la Russie attendait le retour à une nouvelle répartition du Monde. Gratuitement. Si la Russie ne se ressaisit pas, elle risque de perdre sa place.
lundi 22 août 2016
Les JO de Rio ont sonné le réveil de la Russie

Equipe russe de handball
Les JO de Rio sont (enfin) terminés. Et il semble possible d'affirmer que depuis 1936, ils furent les pires de l'histoire olympique, pour peu qu'ils aient le moindre lien avec l'olympisme. Lors de la guerre froide et du boycott, les choses étaient claires. Ici, elles sont simplement sales et minables. Les JO sont en fait un excellent miroir de la société dans laquelle nous vivons. Mais dans cette guerre des nerfs et des images, la Russie a marqué des points tant à l'intérieur, qu'à l'extérieur.
mardi 29 décembre 2015
Bilan géopolitique russe 2015: vers la fin d'un monde unipolaire
L'année 2015 est avant tout une année géopolitique. Car l'évènement qui a modifié la grille d'analyse globale est la sortie de la Russie sur la scène internationale, non pas en tant qu'acteur régional, mais en tant que joueur global. Autrement dit, l'année 2015 est avant tout la remise en cause du monde unipolaire américano-centré. Et pour cela, la Russie a le soutient implacable de sa population.
mercredi 18 novembre 2015
Le rêve d'une coalition élargie contre l'état islamique et la réalité de la géopolitique
En invoquant hier le recours à l'article 51 de la Charte des Nations Unies autorisant les Etats à utiliser la force pour se défendre lorsqu'ils sont attaqués, le Président russe a, d'une certaine manière, déclaré la guerre. Au terrorisme, mais également à ceux qui le soutiennent et le financent. Peut-on comparer l'effet produit par cet attentat avec celui du 11 septembre? D'une certaine manière, mais la comparaison ne peut être totale. La réaction y fait également penser: l'union totale contre un ennemi total. Pour autant les paramètres diffèrent. Dans ce contexte, le Président français se voit en missionnaire de la paix, organisant une coalition tripartite US/France/Russie qui dirigerait les opérations en Syrie contre l'état islamique. Le projet, théoriquement louable, va peiner à être réalisé, les deux grands joueurs ayant en l'occurence des intérêts divergents.
mardi 29 septembre 2015
La nouvelle stratégie internationale russe révélée à l'ONU
L'Assemblée générale de l'ONU n' a pas permis de grandes révélations. Les relations entre les Etats Unis et la Russie sont tendues, mais "ouvertes au dialogue". C'est connu. L'Ukraine fait la claque pour son maître et les pays européens suient le mouvement de leur clan, Hollande répétant que, en Syrie, Bachar Al-Assad étant un élément du problème ne peut faire partie de la solution. Rien ne change, mais les cartes sont plus claires. Notamment en ce qui concerne la stratégie internationale de la Russie, qui déconcerte ces derniers temps. Un pas en avant, deux pas en arrière. Pour le Donbass, l'Ukraine. Et c'est annoncé pour la Syrie. La Russie ne cherche pas à gagner le combat, elle empêche son adversaire de gagner.
vendredi 10 juillet 2015
Russie: les limites de la politique du compromis
Rostislav Ishchenko, ancien analyste еt conseiller ukrainien réfugié en Russie où il écrit maintenant pour l'agence d'information RIA Novosti, vient de sortir un article plus que surprenant. Analysant la politique russe, sur fond de conflit en Ukraine, il tire l'étrange conclusion que la politique du patriotisme aujourd'hui en Russie produirait le Maïdan d'hier à Kiev. Son argumentation est fort intéressante, même si cela sent l'article de commande. Une certaine manipulation intellectuelle, parfois naïve, fait sourire et est révélatrice du malaise d'une partie de la population russe qui se sent libérale, comprend qu'elle ne peut pas ne pas aimer son pays (l'on n'est plus dans les années 90), mais qui ne partage pas la politique menée qui tend à compliquer son quotidien et génère une haine viscérale pour les patriotes, dont I. Strelkov est devenu pour eux l'homme à abattre. Alors ils se cherchent des explications alambiquées et des excuses crédibles. Voyons un peu le texte avant de l'analyser.
mardi 30 juin 2015
Comment comprendre la politique internationale russe aujourd'hui: entre fermeté et normalisation

La position russe à l'international est parfois surprenante. On voit accorder une réduction sur le prix du gaz à l'Ukraine tout en rappelant avec fermeté que la souveraineté russe dépendra de son potentiel nucléaire. A côté de cela, l'on entend le Président ukrainien Poroshenko, alors que son Gouvernement demande des remises, affirmer que cette Russie voisine est le pays agresseur dans cette guerre civile qui n'en finit pas. Quand l'OTAN parle de la menace russe pour justifier l'envoie de chars américains dans les pays baltes, Obama et Poutine ont une discussion téléphonique "constructive". Drôle d'époque. C'est peut être ce que pensait aussi nos ancêtres. En tout cas, à chaque époque sa politique et ses hommes, la politique russe aujourd'hui est le fruit de ces contingences.
lundi 23 décembre 2013
Les controverses de l'amnistie: entre attentes et faiblesses
La loi d'amnistie proposée par le Président russe V. Poutine et adoptée par la Douma en l'honneur des 20 ans de la Constitution russe commence à produire ses effets.
Ne pas lier la grâce de M. Khodorkovsky, mesure individuelle, à cette amnistie, mesure impersonnelle, serait une erreur. Ce processus se pose dans un projet politique d'ensemble, car il s'agit de mesures hautement politiques.
En France, historiquement, sous l'Ancien régime, le nouveau Roi lançait une grande amnistie lors des fêtes accompagnant le début de son règne. La monarchie se faisait ainsi peau neuve. Dans une période plus récente, on retiendra dans les années 50 une amnistie concernant les faits de collaboration pendant la Seconde Guerre Mondiale, dans les années 60 ce sont les faits liés à la guerre d'Algérie qui sont pardonnés. Mais à partir des années 80, les infractions suceptibles d'êtres amnistiées sont de plus en plus réduites. L'on en exclue tout d'abord les crimes et délits indélébiles, puis la classe politique se prononce même contre l'amnistie des infractions au Code de la route. Finalement en 2012, les deux candidats aux présidentielles annoncent qu'aucune loi d'amnistie ne sera adoptée lors de leur prise de fonction. La pratique monarchique semble avoir pris fin de facto.
En effet, l'amnistie revêt principalement deux fonction: favoriser la réconciliation nationale et rappeler le bon vouloir du Souverain, ce qui se rapproche très souvent du populisme. Comment analyser à travers ce prisme la loi d'amnistie qui vient d'être adoptée en Russie?
Elle semble totalement décalée. Décalée, car elle ne remplira pas le rôle de réconcialiation nationale et son côté populiste sera justement écrasé par ce premier caractère.
La réconciliation nationale, si réellement elle est nécessaire, ne sera pas le fait de cette loi. Certes, Maria Alekhina (Pussy Riot) a été mise à la gare la plus proche par les services pénitentiaires. Mais il y a peu de chance que cela appaise la société. Parallèlement, de grandes discussions creuses sont lancées autour de la possibilité juridique d'amnistier ou non l'ancien ministre Serdiukov impliqué dans des détournements de fonds à grande échelle. Et cela ne va certainement pas redorer l'image de l'Etat. Pour faire passer la pillule du pardon, M. Khodorkovsky a été libéré, mais par la grâce, autrement dit par une mesure individuelle, qui elle fut une grande réussite politique. L'on attend encore la libération des membres de Greenpeace, qui sait. En fait, dans ce projet d'amnistie, tout le monde se moque des inconnus qui pourront en bénéficier, toutes les discussions ont tournées autour de certaines affaires, comme Bolotnaya et Greenpeace par exemple. ce qui montre le côté totalement artificiel de la mesure.
D'une manière générale, il est possible de penser que le message politique lancé est celui de la fin d'une période. On tourne la page et on recommence. Pour autant, il n'est pas certain que ce message soit suivi par toutes les individualités remises en liberté, ni qu'il soit compris et accepté par la société.
L'on a déjà vu la publication sur Itar-Tass, juste au moment de la conférence de presse de Khodorkovsky en Allemagne, d'un appel de la veuve de l'ancien maire de Nefteiugansk, assassiné selon un certain nombre de personnes par le clan Yukos, demandant à M. Khodorkovsky de profiter de sa grâce pour se repentir de ses crimes.
Bref, l'effet politique bénéfique de la grâce peut être réduit tant à l'intérieur par les personnes qui ne sont pas prêtes à pardonner sans condition et à l'extérieur par une utilisation géopolitique de la décision. Par ailleurs, l'amnistie, qui ne pourra que faire des mécontants, car elle fonctionne par cétégories juridiques quand les attentes sont très concrètes, et risque de ternir le bénéfice politique qu'il eût été possible de tirer du recours à une grâce individuelle ciblée.
D'un manière générale, pour terminer, il n'est pas certain que le recours à l'amnistie, en temps de paix, soit très judicieux. Mais c'est une décision politique, voyons donc dans le temps les effets qu'elle produira.
vendredi 13 décembre 2013
Message du Président au Parlement russe: un espace de stabilité au milieu de la tempête
Voir: http://izvestia.ru/news/562416
Hier, le Président Poutine a adressé son message annuel aux membres des Chambres hautes et basses du Parlement, réunis à cette occasion, avec le Gouvernement. En ces temps troublés, d'aucuns attendaient du sensationnel, ils ont trouvé un homme d'Etat.
Il est possible de lire un peu partout que la Russie est isolée ou s'isole, qu'elle est rétrograde, ne suit pas les mouvements, bonds et rebonds de la société internationale, ne s'aligne pas ... et ne se résigne pas. Non, ça ont ne le lit pas.
En effet, contre le mariage homosexuel, elle prône la famille traditionnelle. Contre l'adoption internationale, elle renforce l'adoption nationale. Contre l'uniformisation culturelle, elle avance un particularisme historique. Contre les démocratisations à coup de révolution, de sang et de chaire humaine qui laissent les pays exsanguent, elle prône l'évolution.
Et du coup elle est accusée. Accusée d'homophobie étatique. Accusée d'ostracisme. Accusée d'autoritarisme. C'est une manière de présenter les choses. mais il y en a d'autres.
On peut aussi dire que la Russie cherche un compromis entre modernité et tradition, un compromis qui respecte l'héritage national, dans sa complexité et sa richesse, tout en s'ouvrant sur le monde extérieur. Mais s'ouvrir sur le monde extérieur n'implique pas un suivisme aveugle. Moderniser ne veut pas dire se couler dans un moule unique creusé en dehors de ses frontières. Moderniser n'est pas un but en soi. Le but de l'Etat est de renforcer l'efficacité de ses mécanismes de gestion du pays dont il a la charge, d'y garantir la stabilité, de protéger la volonté de la majorité en tenant compte des aspirations de la minorité. Nous sommes dès lors très loin des diktats qui conduisent au renoncement. Car comment respecter l'autre si l'on ne se respecte plus soi-même?
Dans ce contexte politiquement, socialement et économiquement perturbé, certains attendaient du Président qu'il annonce une réforme profonde de la Constitution ou la dissolution de la Douma. Dans ce contexte justement, le rôle d'un Président, garant des institutions, est de défendre une conception constructive et positive de l'évolution du pays. Il ne s'agit plus de se prononcer "contre", mais d'avancer des étapes techniques, concrètes, pour réaliser les buts affichés.
Autrement dit, l'heure n'est plus aux déclarations idéologiques, l'heure est à la réalisation du consenssus national, l'heure est pragmatique. Renforcement de l'enseignement par le retour aux rédactions, afin de faire réfléchir et écrire les élèves. Renforcement de l'armée par une meilleure formation des soldats, une formation qui tienne compte des nouveaux enjeux, plus technologiques, et la modernisation de l'équippement. Renforcement de l'économie nationale par le blocage de l'accès aux off-shores pour les compagnies russes: soient elles rapatrient leurs actifs, soient elles ne peuvent plus participer aux programmes d'Etat. Retour sur la médecine aussi, les salaires etc.
D'une manière générale, pas de réformes populistes, mais des évolutions. La Constitution peut être amendée, pour être corrigée, améliorée, mais pas de révisions fondamentales en vue. Le contrôle exercé par la société doit être organisé pour que les ONG participent, pour que la société civile nationale soit écoutée, car c'est elle qui a droit de parole.
Bref, tout un ensemble de mesures concrètes que le Gouvernement et le Parlement devront mettre en oeuvre. Tout un ensemble de mesures très loin des grands discours patriotiques. Le ton est donné: la Russie n'est pas isolée, la Russie défend une vision du monde qui est présente également dans les populations d'autres pays, même si elle ne l'est plus dans leurs gouvernements.
Et cette position non seulement déplait, mais elle dérange. L'exemple de l'Ukraine en est une belle illustration. Si l'on y voit se promener, haranguer les foules, distribuer du pain et des vêtements, des représentants de l'Union européenne et du Département d'Etat américain, si les autorités politiques de ce bloc uni affirment leur soutien inconditionnel au peuple ukrainien, à celui qui veut l'entrée dans l'UE en tout cas, appellent le Président ukrainien à suivre cette partie de ce peuple, c'est la Russie qui est coupable. Elle exerce des pressions sur l'Ukraine et bloque son évolution démocratique, c'est-à-dire son accès au paradis européen, ce qui peut entraîner des sanctions et contre le Président ukrainien et contre la Russie. La logique du raisonnement est incontestable.
En dehors de nous, point de Salut. Pourtant la Russie tient le cap. Mais dans le temps, il ne suffit pas d'un homme à la barre, l'équipage doit être solide.
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