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mercredi 16 mai 2018

Russie: Structure du nouveau Gouvernement et virage anti-néolibéral?



Hier le 15 mai, le président russe Vladimir Poutine a adopté un oukase (décret présidentiel) posant la structure du Gouvernement, qui laisse soupçonner un intéressant virage idéologique. En effet, certains fétiches de l'idéologie néolibérale, essentiellement l'enseignement, semblent remis en cause pour aller vers une politique plus détachée des recommandations internationales, dont nous voyons les effets dévastateurs en France. La Russie prend-elle un virage idéologique anti-néolibéral?

lundi 11 avril 2016

Ukraine: Le départ de Yatséniuk et le tournant politique


Hier 10 avril, le premier ministre ukrainien A. Yatséniuk a annoncé sa démission. Il est difficile de dire que la surprise est de taille, sa popularité est au plus bas, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur. L'inconnu réside plutôt dans les conséquences politiques de ce changement de phase.

mercredi 17 février 2016

Ukraine: la destitution manquée de Yatséniuk et le chaos politique


Hier, le 16 février, les députés ukrainiens n'ont pu destituer un Gouvernement auquel ils ont refusé leur confiance et un Premier ministre qui ne satisfait plus personne, sauf encore l'ambassadeur américain qui hésite de plus en plus bruyamment. Que s'est-il passé finalement?

jeudi 5 février 2015

Quand V. Poutine recadre le Gouvernement

A. Dvorkovitch

Une épidémie sélective de grippe semble toucher le Gouvernement russe. Ainsi, le Premier ministre D. Medvedev et le sauveur de l'économie russe I. Shuvalov furent déclarés "malades" et donc absents de la réunion du conseil des ministres hier. Le Président V. Poutine a pris la direction des opérations le recadrage, ce qui n'est pas passé inaperçu.

mercredi 3 décembre 2014

Le nouveau Gouvernement ukrainien: entre compromis et allégeance



Après de nombreuses discussions, et avec l'aide du vice-président américain J. Biden, l'Ukraine a enfin pu constituer son nouveau Gouvernement. Seuls 5 ministres ont gardé leur poste, le Bloc Poroshenko a obtenu la majorité et 3 ministres étrangers ont été nommé aux postes clés des finances, de l'économie et de la santé publique.

vendredi 21 novembre 2014

Quand Biden entre en scène à Kiev, on revisite Ubu Roi


Poroshenko et Yatséniuk vont pouvoir présenter à leur chef la version provisoire de l'accord de gouvernance. Après appréciation, celui-ci sera soumis au vote à la Rada et l'Ukraine aura un nouveau Gouvernement légitime. Enfin, il parait. Le fait que le vice-Président américain débarque avant l'annonce de cet accord pour la constitution du Gouvernement n'a pas l'air de choqué grand monde. Comment peut-on encore parler d'un pays indépendant? Comment peut-on encore parler de l'Etat ukrainien? On se croirait dans le monde ubuesque d'Alfred Jarry.

jeudi 30 octobre 2014

Ukraine: une coalition de la paix a peu de chances

Выборы на Украине, проходившие под лозунгом «единая страна», вновь страну раскололи

Les élections parlementaires terminées, l'Ukraine doit maintenant former un Gouvernement tenant compte de la répartition des forces à la Rada. Et même avant la fin du décompte, les négociations ont commencé et les luttes également. Le Président Poroshenko annonce tout de suite son plan de coalition, plan que Yatséniuk rejette par principe: c'est lui le vainqueur des élections parlementaires, c'est à lui de constituer la coalition pour le Gouvernement. Or sa position est encore plus radicale que celle de Poroshenko. La paix a peu d'avenir en Ukraine, car les élus sont arrivés à la Rada en surfant sur la vague agressive du nationalisme guerrier. Ils ont plus un plan contre la Russie et pour l'UE, qu'une politique socio-économique pour l'Ukraine.

Plusieurs questions viennent à l'esprit lorsque l'on regarde ce qui se passe dans cette phase incertaine de négociations. Tout d'abord, pourquoi Yatséniuk s'annonce-t-il vainqueur alors qu'il a moins de députés que le Bloc Poroshenko? Ensuite que contiennent les accords de coalition des deux grands prétendants ? La composition de la Rada laisse-t-elle encore une chance à un Gouvernement "pacifiste"?

vendredi 17 janvier 2014

Primakov condamne la politique néolibérale du Gouvernement et souligne la crise des modèles

Voir: http://www.mk.ru/economics/article/2014/01/15/970710-sozidatelnoe-razrushenie-medvedeva.html
http://www.rg.ru/2014/01/13/primakov.html
http://vz.ru/politics/2014/1/15/668058.html

Le fait qu'il existe une rupture idéologique entre la présidence et le Gouvernement n'est pas une nouveauté. Beaucoup d'encre a déjà coulé sur le sujet. En revanche, ce qui surprend, c'est qu'une personnalité comme Primakov fasse devant des personnalités de haut rang comme par exemple V. Matvienko (présidente du Conseil de la Fédération), de telles critiques lors de sa conférence annuelle au Club Mercury, juste la veille de la grande messe néolibérale du Forum Gaïdar.

En substance, Primakov officialise la rupture idéologique de la gouvernance en Russie. D'une part, le clan Medvedev-Chuvalov-Dvarkovitch prônant et mettant envers et contre tout en oeuvre une politique néolibérale, qui entraîne une réduction de la place de l'Etat dans l'économie, le renforcement du bisness et l'autorégulation du marché, même dans les sphères sociales. Tout cela reprenant l'idée bien connue que la gestion étatique est inefficace, les oligarques ont donc besoin de plus d'espace pour que puisse s'épanouir d'elle-même l'économie russe, comme ce fut le cas dans les années 90, avec les conséquences que nous connaissons tous.

Plus concrètement, les néolibraux se fixent comme but l'horizon 2018 pour que l'Etat ne puisse contrôler plus d'un quart de l'économie. Par ailleurs, ils proposent de passer directement à la phase post-industrielle, sans passer par la case de réindustrialisation, pourtant nécessaire après la destruction industrielle du pays dans les années 90, ce qu'illustre parfaitement Skolkovo. Sans oublier une grande vague de privatisation qui doit toucher les entreprises publiques clées, comme Rosneft, des enreprises rentables qui doivent être getillement remises entre les mains de quelques oligarques. Bref, on prend les mêmes et on recommence. Les mêmes personnes n'ont pu générer de nouvelles idées. Juste encore un détail pour illustrer le besoin d'oxygène du bisness: 110 oligarques contrôlent 35% des actifs russes. Il serit peut urgent justement de s'y attaquer, pour que l'économie dans son ensemble et non son oligarchie puisse respirer.

Face à ce déferlement néolibérale, qui a déjà frappé la Russie à la chute de l'Union soviétique dans une euphorie, alors compréhensible, pour une économie de marché dérégulée, libérée de l'emprise de l'Etat, les contraintes intérieures et internationales devraient faire réfléchir. Ce que souligne Prmakov, en opposant le cours politique choisi par le Président Poutine, dont le retour n'avait pas été prévu par ses opposants néolibéraux, à la politique de Medvedev. 

Du côté présidentiel, avec par ailleurs le soutien d'une grande partie de l'élite et de la population, l'accent est mis sur la nécessité de réindustrialisation du pays, avec l'aide et l'impulsion de l'Etat. Une vision structurée de développement qui s'oppose à la destruction créatrice encore soutenue par Medvedev. Car, selon Primakov, à l'exemple des Etats Unis ou de l'Europe, où le rôle de l'Etat s'est renforcé sous l'effet de la crise afin de ne pas aboutir à un suicide économique collectif, l'Etat russe est le seul organe à même de lancer de grands projets d'ampleur nationale, qui auront pour effet de relancer l'économie intérieure du pays en ces temps difficile.

Et la présidence se trouve aujourd'hui dans la situation difficile, où il est nécessaire de réparer les erreurs stratégiques commises sous la présidence Medvedev, tout en incitant le Gouvernement à comprendre qu'en dehors de la pensée néolibérale, il existe d'autres modes de pensée. Concrètement, le Président va renforcer la régularité de sa présidence de la réunion du Conseil des ministres. Mais est-il toujours possible de trouver un compromis?

Car cette période trouble n'est pas prête de finir. Il ne s'agit pas que d'une crise financière ou économique circonstancielle, il s'agit d'une crise de modèle. Le modèle libérale, poussé à ses extrêmes, conduit à la chute des systèmes politico-économiques, comme l'avait fait en son temps le modèle soviétique. 

Notre conception extrême du libéralisme, jusqu'auboutiste, est particulièrement destructrice, que cela concerne l'économie, le social ou la politique. Le rejet a priori de l'Etat, le renforcement de structures para-étatiques, est un luxe que l'on peut se permettre avec modération en période de croissance, mais qui risque de coûter cher en période de crise. Et je ne parle pas que de la Russie.

jeudi 31 octobre 2013

Le miracle Skolkovo: la découverte de la poule aux oeufs d'or est confirmée

Voir: http://izvestia.ru/news/559834

Quel est l'apport de Skolkovo, la Sillicon Valley russe, dans le développement de la science, de l'innovation, le grand public ne le sait pas. En revanche, ce qui est connu, c'est l'ampleur des malversations. Pendant ce temps, la réputée inefficace Académie des sciences de Russie, pas assez moderne, vient peut être de mettre au point un vaccin contre le cancer.
La procurature générale est très inquiète pour l'emploi à venir des millions de roubles qui doivent être versés par le budget fédéral à Skolkovo. En effet, jusque là, la manière dont les fonds furent attribués laisse rêveur. Sans contrôle sur leur utilisation et parfois sans appel d'offre.
Les principaux bénéficiaires des financements redistribués par Skolkovo sont des entreprises de consulting, situées à l'étranger, voire dans des zones off shore, certaines ayant même pour activité principale l'aide à l'ouverture de comptes bancaires en Suisse. Sans oublier que les dirigeants de certaines de ces entreprises font parti de la direction de Skolkovo. Bref, l'on n'est jamais aussi bien servi que par soi même... L'on oubliera pas non plus les contrats frauduleux surévalués de plusieurs millions de roubles, notamment en matière publicitaire.
Parallèlement, le fond a développé une autre activité très lucrative: la négociation de titres boursiers et l'achat de part de capital dans différentes entreprises qui n'ont strictement rien à voir avec l'investissement.
Dans l'ensemble on parle de milliards de roubles. De financement public. Mais ne vous inquiétez pas, tout va bien pour les dirigeants de Skolkovo, un petit avertissement leur a été adressé, ils s'en remettront rapidement. Etonnant? Non. Les intérêts de ce fond magique sont merveilleusement bien défendus et représentés au sein même du Gouvernement. Il y a donc des chances pour que cette farce innovante, qui a au moins le mérite d'avoir découvert l'existence de la poule aux oeufs d'or, ne verra le rideau tomber ... qu'avec la chute du Gouvernement.

mercredi 25 septembre 2013

2 millions de citoyens russes et une bonne centaine de députés veulent le départ du Gouvernement

Voir: http://izvestia.ru/news/557575

Les jours du Gouvernement sont-ils comptés? C'est à en douter, mais ils seront difficiles. Les communistes, avec le soutien d'autres députés, veulent initier un vote de confiance au Gouvernment. Ils peuvent obtenir le vote, mais pourront-ils provoquer la démission du Gouvernement, la question reste ouverte.
 
Même si certains analystes politiques estiment que la démarche du Parti communiste est uniquement une opération de communication, il faut rappeler que 2 millions de citoyens russes ont signé la pétition demandant le départ du Gouvernement (et les signatures continuent à affluer). Nous sommes dès lors très loin de faux-problèmes médiatisés.
 
Au départ, les communistes ne voulaient demander que le départ du ministre de l'enseignement et de la recherche, mais suite à la manière dont l'Académie des sciences a été traitée et face au projet de budget préparé par le Gouvernement, ils se sont décidés pour demander la démission du Gouvernement dans son ensemble.
 
Formellement, il suffit de 90 députés pour pouvoir inscrire ce vote à l'ordre du jour. A ce jour, 101 députés sont prêts à agir (92 communistes et 9 députés du parti Spravedlivaya Rossiya). Mais certains députés, même appartenant à Edinaya Rossiya (surtout les membres du Front populaire de Poutine) sont prêts à se joindre au mouvement, si le PC développe un programme d'action convainquant pour "l'après-Gouvernement". Dans l'ensemble, 120-130 signatures sont attendues, une grande partie des députés, toutes franctions confondues, étant d'accord sur le fait que le Gouvernement, dans sa composition actuelle, n'arrive pas à remplir correctement ses fonctions.
 
Il y a effectivement peu de chances que le vote aboutisse au départ du Gouvernement, mais si ce vote a lieu, ce sera un signal politique très fort, d'autant plus que le Gouvernement est souvent critiqué par la présidence. Serait-ce là le fondement tant attendu?

mercredi 17 juillet 2013

Le Front populaire veut apprécier l'efficacité du Gouvernement, mais comment?

Voir: http://izvestia.ru/news/553811

Le Front populaire se déclare disposé à apprécier l'efficacité du Gouvernement. Il leur est donc nécessaire de prévoir des critères objectifs d'appréciation. L'un d'entre eux va être l'exécution des actes présidentiels.
 
Pourtant cela soulève deux questions. Celle de la logique des institutions politiques et administratives et celle du rôle grandissant de structures informelles para-politiques.
 
L'appréciation de l'efficacité du travail des différents niveaux de l'administration du pays est très à la mode. Pourtant, la confusion qui s'opère entre le politique et l'administratif n'est en soi pas un signe de bonne santé de l'Etat. Apprécier, par exemple, l'efficacité du travail de fonctionnaires est normal, puisque ceux-ci se trouvent dans une chaîne d'exécution, sont soumis au principe hiérarchique. Ils n'ont pas de rôle politique. Maintenant apprécier le travail des Gouverneurs, surtout quand ceux-ci sont à nouveaux élus, est plus délicat, car quelles peuvent en être les conséquences? Normalement, un parallélisme des formes doit exister. S'ils sont arrivés au pouvoir suite à des élections, seuls les électeurs - et les administrés - sont en droit d'apprécier l'efficacité de leur Gouverneur et ils le montrent lors des élections.
 
Mais la position institutionnelle du Gouvernement est plus complexe. Car il s'agit d'un organe politique d'exécution. Donc, l'appréciation doit avant tout être politique, comme leur responsabilité. Mais ils sont aussi, dans le système parlementaire comme celui de la Russie, soumis soit au Président en situation de fait majoritaire, soit au Parlement en situation de cohabitation (qui n'a pas existé formellement encore dans ce sens, sauf sous Eltsine mais les modes de gouvernance étaient différents). D'où la surprise du porte parole du Gouvernement face à la déclaration du Front populaire. Rappelons que ce Front est un simple mouvement, pas un parti politique, pas un organe d'Etat. Il est évidemment en droit d'apprécier l'effectivité du travail du Gouvernement, comme vous et moi le sommes. Et juridiquement ses conclusions n'auront pas plus de poids que les votres ou les miennes. De plus, l'établissement de l'exécution des actes présidentiels comme critère principal est un appel à la technicisation du Gouvernement.
 
Pourtant, politiquement, ses conclusions auront plus de poids que les votres ou les miennes, en tout cas que les miennes. Ce mouvement lancé par V. Poutine est un de ces nombreux éléments para-politiques, qui font de la politique de manière informelle, l'influent sans être des lobbys, présentent des députés sans être des partis politiques. Il fait parti de tout ce nouvel attirail anti-institutionnel, mis en place pour lutter contre les autres organes d'opposition, tout également anti-institutionnels, et qui s'est par ailleurs largement fait phagocyté par le clan libéral ces derniers mois.
 
Le problème que pose ce type d'analyse est somme toute procédural. Imaginons. Une analyse est produite, en dehors de toute procédure prévue à cet effet. Elle va produire des conséquences qui elles-mêmes ne sont pas prévisibles car elles ne sont pas prévues. Elle ne pourra pas non plus être contestée, elle ne donnera pas un droit de réponse. Nous sommes donc ici dans le domaine du non droit. Ce n'est pas de l'anarchie, c'est de la négation du droit au profit des mécanismes politiques informels.
 

mardi 18 juin 2013

Le lobby de la grande distribution provoque un conflit entre le Gouvernement et la Douma

Voir: http://izvestia.ru/news/552053

Le Gouvernement vient d'introduire à la Douma un projet de loi qui a fait grincer les dents des députés. Il s'agit de donner un avantage fiscal concernant l'impôt sur les bénéfices à la grande distribution afin de compenser ses pertes. Donc le budget devrait assurer la stabilité des bénéfices de la grande distribution ... Sachant que ce projet intervient après quelques autres surprenant allant toujours dans le sens d'un soutien inconditionnel de la grande distribution contre les intérêts des PME nationales, Edinaya Rossiya veut lancer un débat public sur la question.
 
En effet, dans le projet de loi, il est prévu que, la grande distribution étant contrainte à des pertes liées, notamment, à la durée limite de vente des produit périssables, elle doit, en compensation, percevoir une remise d'impôt sur les bénéfices. Or, comme le souligne la député Irina Iarovaya, cette mesure semble étrange à plusieurs niveaux.
 
Tout d'abord, elle intervient alors que, par exemple, les boulangers qui livrent à la grande distribution se sont plaint d'une discrimination dans le traitement des pertes qu'ils endurent par rapport aux fournisseurs étrangers, puisqu'ils doivent eux prendre à leur charge les invendus. De plus, cette mesure devrait coûter au bas mot la bagatelle de 15 milliards de rouble au budget fédéral et aux budgets locaux, alors que le Gouvernement refuse toujours toute mesure complémentaire financière pour soutenir les PME nationales, se fondant sur le manque de fonds. Ici, ils les trouveraient pourtant sans difficultés.
 
Ensuite, il faut mettre ce projet en regard avec d'autres mesures, prises récemment ou encore en attente. La grande distribution a été attaquée pour ses infractions récurrentes au droit du travail, surtout par le recours aux immigrés en situation irrégulière, comme l'a montré la grande vague de contrôle lancée par le Service fédéral de l'immigration en été dernier. Le quotat d'emploi de travailleurs immigrés était de 0% alors, selon le règlement du Gouvernement à ce sujet. En octobre 2012, afin de lutter contre l'emploi de travailleurs clandestins, la Douma adopte le principe de la responsabilité de l'employeur pour l'emploi de chaque immigré non déclaré. Or, justement après cela, le Gouvernement modifie les règles et accorde à compter du 1er janvier un quotat de 25% pour l'emploi des immigrés ...
 
Autre démarche étrange, cette fois en ce qui concerne la concurrence directement. Dans la loi sur la régulation étatique du commerce, une disposition prévoit qu'aucune entreprise ne peut être en situation de monopole supérieure à 25% du marché. Maintenant, la question a été posée de monter la barrière à 35%.
 
Tous ces éléments montrent le caractère plus qu'étrange de la proposition faite par le Gouvernement. C'est pour cela que trois Comités de la Douma concernés par le projet de loi ont demandé à ce qu'il soit retiré de l'examen en séance pour être renvoyé pour discussion au représentant du Gouvernement. Parallèlement, Edinaya Rossiya est prêt à organiser une discussion sur la question du lobby de la grande distribution avec les ministres concernés, des entrepreneurs russes et des représentants de la grande distribution.
 
Etrange ... vous avez dit étrange?

mercredi 8 mai 2013

Poutine recadre le Gouvernement, mais quand se décidera-t-il à gouverner?

Voir: http://top.rbc.ru/politics/07/05/2013/856850.shtml

Les relations entre la présidence et le Gouvernement continuent à se détériorer. Lors de la réunion des ministres hier, sur convocation du Président, le ton fut assez sec.
 
Le ministère de la santé attaqué pour l'incompétence de sa réforme du système de santé, notamment en ce qui concerne l'augmentation des salaires des médecins. L'argent a été envoyé par le budget fédéral aux régions, qui ont confirmé l'avoir reçu. Les régions ont envoyés tous les documents confirmant l'utilisation des fonds. Les médecins n'ont pas vu l'argent.
 
Questions au ministre de l'enseignement sur la réforme de l'enseignement, questions également sur l'état d'avancement de la réforme des retraites. Le texte serait prêt, mais le Gouvernement ne le met toujours pas en discussion, ni au Parlement, ni auprès de la population.
 
Le Président souligne que de cette manière, en se contentant d'une mise en oeuvre strictement formelle des oukases présidentiels fixant les grandes lignes de la politique publique et des buts à atteindre d'ici quelques années, le Gouvernement se discrédite, ne tient pas compte des attentes de la population.
 
Jusque là, on ne peut que soutenir cette position. Mais alors, le Président dit que chaque ministre devrait être personnellement responsable pour son domaine. Et ici surprise...
 
Puisque, justement, les ministres sont responsables. Bien sûr, il ne s'agit pas d'une responsabilité pénale. Leur responsabilité n'a pas à être engagée uniquement devant les tribunaux lorsqu'ils détournent des fonds publics.
 
Ils ont une responsabilité politique. Le Premier ministre aussi. Il sert d'ailleurs à cela, un fusible de sécurité du système politique. Le Président doit s'en souvenir. Et doit avoir le courage politique de l'utiliser. Mais pour ça il faut de la politique. Il faut gouverner.
 
L'on a envie de rappeler cette phrase prononcée au futur Empereur Alexandre 1er pour le pousser à gouverner à la mort de son père:
 
«Хватит ребячиться, ступайте царствовать!» (Arrêter de faire l'enfant, il est temps de gouverner!)
 
 

mercredi 17 avril 2013

Le bilan de Medvedev remis en cause par Jirinovsky

Voir: http://izvestia.ru/news/548898

Medvedev présente le bilan du Gouvernement et la fracture entre le Kemlin (Poutine) et la Maison blanche (Medvedev) s'exprime par la voix de Jirinovsky.

Dans le jeu politique russe, Jirinovsky est plus qu'un clown, il est le fou du roi. Et le roi c'est Poutine. Quand il ne peut directement faire passer un message, Jirinovsky entre en scène. Ce qu'il vient de faire suite au discours de Medvedev devant la Douma.

Sans avoir voulu entrer dans les détails, Jirinovsky s'est attaqué aux problèmes systémiques d'inefficcité et de corruption. L'inefficacité en raison d'un manque de professionalisme des cadres dirigeants et des hauts fonctionnaires qui, s'il était négligeable lors de la période soviétique, ne permet pas au pays de répondre aux défis contemporains. Ces cadres doivent être formés et préparés. La corruption est également un des effets du manque de professionalisme, il n'y a qu'à voir ce qui se passe avec la préparation des Jeux Olympiques: un grouffre financier, une manne de détournement de fonds publics.

Jirinovsky en a profité pour soulever une question sensible, celle de l'augmentation de la responsabilité des fonctionnaires et des cadres.

Bref, le mal est parfaitement identifié. Des solutions réalistes sont envisagées. Il ne reste que la volonté politique ...

mardi 19 mars 2013

L'ébauche d'une régulation des relations entre l'Etat et les entreprises

Voir: http://правительство.рф/depdocs/2013/3/#news-23363
http://www.duma.gov.ru/news/273/243311/

Sous différents angles, il semble se mettre en place un système de régulation des relations entre l'Etat et les entreprises. Cela concerne deux blocs fondamentaux de questions. Celles d'un régime juridique du partenariat entre les sphères publiques et privées. Et celles du statut des entreprises, pour l'instant uniquement de droit privé, dans lesquelles l'Etat participe. Ce bloc d'initiatives législatives est à l'origine du Gouvernement, qui met en place les instructions du Président en la matière.
 
Ainsi, le 13 mars, le Gouvernement a déposé un projet de loi visant à instaurer les règles de bases du partenariat public-privé. L'idée est d'intéresser le bisness à participer et investir dans les secteurs clés pour l'Etat, des secteurs qui revêtent un intérêt stratégique particulier. Mais, les acteurs économiques restent libres d'intervenir ou non, l'Etat ne peut les y contraindre.
 
Parallèlement, le Gouvernement va discuter de la formalisation d'un projet de loi visant à reconnaître la création d'un nouveau type de personnes morales, les personnes morales de droit public dans le domaine économique. Il s'agirait de prévoir un régime unique pour les différentes personnes morales intervenant en matière économique avec l'implication de l'Etat en ce qui concerne l'utilisation des actifs, les passations de contrats, les comptes-rendus d'ulisation d'actifs ... Le régime des personnes y travaillant pourrait également être unifié, en ce qui concerne les interdicitons et incompatibilités, avec celui des entreprises d'Etats et des holding publics. Mais, ce type de personne morale ne peut concerner que des activités non commerciales.
 
Dans tous les cas, il semble y avoir une prise de conscience de la nécessité de réguler les relations entre l'Etat et les acteurs économiques, mais également de revoir, en y introduisant une dose de droit public, le régime de ces acteurs économiques, lorsque l'Etat y participe. Serait-ce enfin l'émergence d'un début de droit public économique?

vendredi 7 décembre 2012

Le changement de cap politique semble se confirmer

Voir: http://izvestia.ru/news/541034
http://izvestia.ru/news/541055

Le message présidentiel à l'Assemblée fédérale, prévu pour le 12 décembre, semble pour beaucoup annoncer un changement de cap dans la politique intérieure russe. Et parallèlement, les annonces d'un départ anticipé de D. Medvedev reprennent.
 
L'administration présidentielle termine la préparation du message présidentiel à l'Assemblée fédérale. Il semblerait que celui-ci contienne un certain nombre de points qui deviennent incompatibles avec le positionnement politique du Gouvernement actuel.
 
Le Président veut relancer la conception de la Nation en Russie, une Nation russe qui ne soit pas ethnique, mais englobe la diversité ethnique et culturelle du pays. La compréhension que seule la Nation permet de garantir l'unité du pays, de limiter et déligitimer les poussées séparatistes semble apparaître dans le discours officiel. Les autres points du discours présidentiel, selon le journal Izvestia, vont concerner la restauration d'un "contrat" avec la société civile et le renforcement de son rôle dans les mécanismes de pouvoir, la question de l'indépendance des médias et la nécessité d'une présentation plus objective des évènements indépendamment des convictions politiques de chacun. Un des points les plus sensibles concerne la question de l'état spirituel, moral et psychologique de la société russe actuelle.
 
En d'autres termes, la politique intérieure prend un virage, vers un renforcement des valeurs nationales - et leur réhabilitation. Cette orientation va à l'encontre du mondialisme bon ton mené et soutenu à bout de bras par le Gouvernement et D. Medvedev. Cette incompatibilité de voies, qui dans n'importe quel pays normalement organisé autour de partis politiques proposant justement des voies différentes de développement, n'aurait rien d'anormal ni de grave. Mais en Russie, l'absence d'un clivage politique formalisé autour des questions de société, son existence informelle et pourtant réel, met en danger la gouvernance du pays.
 
Ces constatations, qui n'ont pas grand chose d'original, conduisent à la fin naturelle du tandem. L'un des deux est de trop. A la suite des scandales répétés autour du Gouvernement Medvedev, révélés par les affaires de corruption tant dans l'armée que dans l'agriculture, le clan libéral, tel qu'incarné ici, s'affaiblie, notamment dans l'opinion publique, de plus en plus ouvertement critique. Ainsi, l'hypothèse d'un départ de Medvedev est remise à l'ordre du jour.
 
Sur cette question les avis divergent. Pour les uns, on peut l'attendre dès le printemps, pour d'autres il faut attendre l'apparition d'une raison sérieuse pour justifier le départ du Premier ministre, comme des erreurs graves commises par des ministres clefs. Selon certains experts, ce n'est pas encore le cas et sans cela rien ne se passera.
 
Comment interpréter cette position, notamment défendue par le célèbre expert libéral Yurgens? Pour lui, rien ne peut se passer de radical. Tout va bien puisque le baril de pétrole est au-dessus de 100 dollars et il faudrait une raison sérieuse pour conduire Poutine à démettre le Gouvernement. Donc les scandales que l'on a connu ces derniers jours ne sont pas importants. Est-ce cela une analyse objective? Ou n'est-ce pas une réaction de clan? Elle aussi .... Rappelons juste pour la forme, que dans tout pays de système parlementaire - même dans le cas d'un domination du président dans l'équilibre des pouvoirs - le Gouvernement sert toujours de fusible de sécurité. Le Premier ministre saute pour préserver l'image de l'Etat et du pouvoir. Il sert justement à cela. Il faudrait peut être y revenir en Russie.

mercredi 19 septembre 2012

La crise autour de l'adoption du budget ... de crise

Voir: http://www.kommersant.ru/doc/2025478

A la surprise générale, le projet de budget 2013 et le projet de budget prévisionnel pour 2014 et 2015 sont apparus sur la page internet du ministère des finances, avant la réunion du Gouvernement prévue pour leur adoption.
 
V. Poutine, à Sotchi, a tenu une réunion devant la presse avec la plupart des ministres - mais sans la présence de D. Medvedev qui était occupé à Skolkovo - quelques heures après la parution inédite du document. Et le conflit a ainsi pu être porté au public par la presse. Car le problème principal est que le budget ne prévoit pas l'intégration de la réalisation des oukases présidentiels de mai, concernant la hausse des salaires, la réforme du système de retraite, le développement de l'investissement en Extrême Orient et en Sibérie etc. Cela ressemble un peu à une mise en scène.
 
Bref, les oukases sont restés lettre morte. Il semblerait qu'il y ait eu un manque de temps pour les intégrer dans le budget, qui doit et couvrir une hausse des dépenses publiques, et assurer un équilibre des finances de l'Etat, et lutter contre l'inflation, et développer le pouvoir d'achat. Il s'agit donc a priori d'un budget impossible à mettre en oeuvre.
 
Mais deux ministres vont formellement payer le crime de lèse majesté et recevront un avertissement. Les choses vraissemblablement en resteront là. De toute manière, les modifications demandées par le Président ne sont pas techniques mais structurelles et le Gouvernement n'aura pas le temps de les intégrer. Il y a donc de fortes chances pour que le texte définitif du projet reste celui publié par le ministère des finances.
 
N'y a-t-il pas une certaine hypocrisie dans ce "conflit"? Le Président, comme le note la presse, semblait très bien au courant du projet de budget. Donc, il aurait pu y faire introduire ses promesses électorales s'il y en avait eu réellement une volonté. N'est-ce pas un moyen un peu facile de faire passer des promesses finalement populistes à la trappe de la réalité des rigueurs budgétaires actuelles. Un peu comme en France, la faute est reportée sur Bruxelles dès qu'il y a un problème, ici c'est le Gouvernement qui paie la note des promesses faites et des oukases non accomplis.

mercredi 23 mai 2012

Poutine/Medvedev: l'affirmation d'un style de gouvernance différent

Voir: http://www.gazeta.ru/financial/2012/05/22/4597269.shtml
et http://www.gazeta.ru/comments/2012/05/22_e_4597105.shtml

La formation de l'exécutif, dans le sens très large du terme se poursuit. Très large, car il comprend tout autant l'Administration présidentielle autour d'un Président gouvernant, que le gouvernement autour d'un premier ministre exécutant.

Le style Medvedev s'affirme. Il reste sur la ligne de ce "gouvernement ouvert" dont les compétences ne peuvent être que consultatives et le rôle purement théorique d'influence. Consultatif, car il n'a pas d'existence constitutionnelle et ne peut donc avoir de compétences juridiques. Un rôle théorique, car il ne peut qu'influer indirectement sur la prise de décision d'un organe - le gouvernement - qui se trouve aujourd'hui en position de faiblesse et de soumission par rapport à l'appareil présidentiel.

Mais Medvedev reste dans sa logique d'ouverture et de consultation - qui ne lui a pas pour autant permis de prendre de grandes décisions lors de sa présidence - avec la mise en place d'un Conseil consultatif d'experts auprès du Gouvernement, qui doit rendre des conclusions sur les décisions qui reviennent au Gouvernement. Il peut ainsi être composé de personnalités plus "contestées" par le pouvoir, permettant de maintenir à peu de frais une illusion d'ouverture et de libéralisme bon ton. De toute manière, les décisions sont prises ailleurs.

Dans le même temps, V. Poutine, après avoir consacré un Gouvernement technique - donc faible politiquement - a récupéré au sein de l'Administration présidentielle et dans certains organes clefs de la politique intérieure, les personnalités phares de son mandat de premier ministre. Par exemple, le tant contesté ancien ministre de l'intérieur R. Nurgaliev se retrouve propulsé au Conseil de sécurité, I. Setchine récupère la compagnie étatique de pétrole Rosneft (qui sort en même temps du plan prévisionnel de privatisation), ainsi que par exemple les anciens ministres de la santé ou de l'économie.

Bref, le schéma de prise de décision devient plus obscure, même s'il est évident que la prise de décision politique en tant que telle est transférée à l'Administration présidentielle, laissant au Gouvernement la charge de la mise en oeuvre.

De plus, alors que certains se réjouissaient - un peu vite - du départ de certains ministres contestés, ils ont simplement été "transférés" vers le nouveau centre de pouvoir. Il faudra encore voir comment techniquement des deux "gouvernements" parallèles pourront fonctionner.

mardi 22 mai 2012

Le gouvernement Medvedev: un gouvernement technique, sans poids politique

Voir: http://www.gazeta.ru/comments/2012/05/21_e_4595757.shtml

Hier, la composition du nouveau Gouvernement a enfin été annoncée. Dans l'ensemble, de nombreuses nouvelles têtes absolument inconnues du grand public (souvent occupant des fonctions de second rang dans les gouvernements précédents), des figures de remerciements et quelques survivants. Poutine a clairement ainsi fait savoir que le pouvoir se trouvait au Kremlin et à l'Administration présidentielle, le Gouvernement et la Maison Blanche n'ayant qu'une fonction d'exécution.

Le seul premier vice-premier ministre a avoir gardé son poste est I. Chuvalov, qui occupe la même fonction. Mais comme il l'a déjà démontré précédemment, il n'a jamais pu réaliser sur le plan politique les idées qu'il avançait. Donc son poids réel pour rénover le système laisse perplexe.

D'autres personnalités, classées comme réformateurs libéraux, vont également se confronter à des difficultés, il s'agit du vice-premier ministre A. Dvorkovitch (gaz et pétrole, agriculture et industrie) et du ministre spécialement mis en place pour les relations avec le "gouvernement ouvert" M. Abyzov. Dvorkovitch va se trouver confronté à Gazprom et Abyzov n'a pas de protefeuille déterminé.

Il est en revanche appréciable de noter le maintien de A. Siluanov au ministère des finances (après le départ de Koudrine) et l'arrivée de A. Beluossov au ministère du développement économique, ayant une bonne réputation professionnelle. Toutefois, ces deux personnages, bons "techniciens" dans leur domaine, n'ont pas de poids politique.

Il faut également noter que Poutine et Medvedev se sont défaits des ministres ayant une mauvaise réputation. C'est le cas de A. Furcenko (ministère de l'enseignement et de la recherche), T. Golikova (ministère de la santé) et R. Nurgalev (ministère de l'Intérieur). En effet, après l'échec de la réforme de la police et le nombre croissant de scandales, Nurgalev ne pouvait rester en place. Il a été remplacé par le chef de la police de Moscou, qui a une très bonne réputation - même dans la société civile ce qui est rare - V. Kolokoltsev.

Un autre point appréciable est la nomination d'un ministre pour le développement de la Sibérie et de l'Extrême Orient russe, ce qui semble être le signe du refus du Gouvernement de mettre en place cette énorme machine à corruption et à détournement de fonds publics que pouvait être l'Agence pour le développement des territoires de Sibérie et d'Extrême Orient.

Mais il y a aussi des nominations qui ressemblent à des cadeaux personnels. C'est le cas notamment de l'attribution du poste de ministre de l'agriculture à N. Fedorov, qui s'était occupé de cette question en Tchouvachie, mais surtout qui a joué un rôle non négligeable dans le Front populaire de Poutine. Le poste de la culture également surprend un peu, attribué à V. Medinsky, réputé pour sa vision un peu particulière de l'histoire et de la culture.

Comme l'a souligné Koudrine, c'est un Gouvernement technique, qui n'est pas appelé à jouer de rôle politique majeur. Or, le pays est appelé à être confronté à une crise politico-économique importante, pourront-ils être à la hauteur du défi?

La question reste ouverte.


jeudi 8 mars 2012

Le premier pas politique du futur Président Poutine: l'ouverture avec Prokhrov et la distance avec l'opposition

Voir: http://www.kommersant.ru/doc/1889174

Lors de sa rencontre hier 7 mars avec les journalistes femmes en l'honneur de la fête du 8 mars, V. Poutine a donné quelques signaux politiques.

En ce qui concerne l'opposition politique, le futur Président a précisé qu'il n'avait rien contre elle, mais qu'elle ne pourrait devenir une réelle force politique que lorsque ses leaders seront en mesure de proposer un programme constructif pour la Russie. Si la critique est un argument porteur lors des manifestations, la vie politique exige également des propositions d'avenir.

Et là réside effectivement la faiblesse de l'opposition actuelle. Mais la faute est partagée. D'une part, il s'agit d'une faiblesse intérieure, puisque les leaders n'ont pu mettre en place un projet d'avenir et restent dans la critique ponctuelle ou systémique, mais sans réelles propositions. La libération des prisonniers écoomiques/politiques ne peut être un programme. D'autre part, le système politique russe a été suffisamment fermé et depuis suffisamment longtemps pour ne pas laisser la place à l'émergence d'une autre voie, que celle représentée par les partis officiels. La facilitation de l'enregistrement des partis politiques permettra peut être de dépasser cet écueil.

V. Poutine a également donné des indications sur la composition possible du nouveau Gouvernement. Sans être vraiment une surprise, mais il est toujours bon que les choses soient dites, il envisage la participation de M. Prokhorov. Ceci reste à l'appréciation de ce dernier. Cet appel du pied officiel renforce les doutes sur l'indépendance de cette nouvelle figure politique. Si pendant toute la campagne, M. Prokhorov a affirmé sans faille son indépendance par rapport au Kremlin, les contingences de la vie politiques russes nuancent ces dires. Le parti Pravoe delo servit sur un plateau. Aucunes difficultés à présenter - sans parti - sa candidature aux élections ... De toute manière, cette proposition place Prokhorov dans une situation délicate, face à un choix. Sans parti, sans mandats parlementaires au niveau fédéral, il va lui être difficile de tenir les 6 ans à venir avant les prochaines présidentielles. Mais accepter la proposition, sans avoir déjà un parti, va le lier dans l'opinion publique encore plus au Kremlin. Et il lui sera plus difficile de créer un parti en étant déjà membre du Gouvernement. Ministre d'ouverture ou fin du jeu? Soit il deviendra alors le candidat du pouvoir aux prochaines élections, soit il aura l'image d'un candidat factice. Comme l'a été Jirinovsky toutes ces années, mais dans un autre style. Pour se défaire de cette image, une rupture brutale serait alors nécessaire. Mais pourrait-il y survivre politiquement?

En tout cas, la composition du nouveau Gouvernement va donner l'accent sur la réelle volonté de changement du pouvoir en place.