Le secrétaire général de l'ONU vient de déclarer qu'une nouvelle guerre froide est en cours, mais que cette fois-ci les structures internationales sont inopérantes. Pour autant, s'agit-il réellement d'une guerre froide, tel que nous l'entendions avant la chute de l'URSS. Il s'agirait plutôt d'un combat pour un monde unipolaire (globalisé et atlantiste) ou multipolaire, duquel pourra résulter un nouvel ordre international et donc de nouvelles structures le représentant.
Je vous souhaite la bienvenue sur ce blog où nous allons tenter de décrypter l'actualité politique russe, donner la dimension de toute sa richesse et sa complexité. Sans clichés et sans partis pris. Sans vouloir plaire à tout le monde.
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lundi 23 avril 2018
jeudi 13 octobre 2016
Guerre froide: les interview Lavrov et Poutine redonnent espoir
Alors que la propagande anti-russe bat son plein et conduit les relations internationales à un niveau de tension digne de celui de la crise de Cuba, étrangement, le ministre russe des affaires étrangères S. Lavrov apparait sur CNN et le Président V. Poutine sur TF1. Les Etats Unis et la France étant à la pointe de la ligue russophobe, c'est un signal encourageant.
lundi 4 mai 2015
Donetsk à nouveau sous le feu, question de symbole
Alors que le cessez-le-feu est formellement toujours en cours, alors que dans le monde les gens fête le 1er mai, l'armée ukrainienne a, depuis deux jours, intensifié l'attaque de Donetsk. Presque une trentaine d'immeubles touchés, uniquement des immeubles d'habitation, non pas des bâtiments stratégiques, une école etc. Le chiffre des personnes touchées est encore difficile à déterminé, mais une bonne dizaine, dont des civils. Cette guerre qui continue sans vouloir en porter le nom n'est que la face visible de l'iceberg géopolitique qui fait tanguer le monde.
lundi 10 novembre 2014
Les murs de la démocratie
L'on vient de fêter la chute du mur de Berlin le 9 novembre 1989. L'on en profite pour en construire un autre, sans briques et sans miradors, qui passe à travers les pays, les esprits et les cœurs. Un nouveau mur qui se moque des frontières. Qui se moque des Etats.
Les murs ne se construisent pas pour se protéger, ils revendiquent. Le pouvoir sur un territoire. Sur les hommes de ce territoire. L'Europe prend doucement fin à l'ombre du mur atlantique. Entraînant avec elle les restes de ses traditions démocratiques.
mardi 4 novembre 2014
Qui a perdu la guerre froide?

En mars, devant des étudiants, J. Kerry affirme que la Russie a perdu la guerre froide et qu'elle doit s'y faire. Il y a peu, S. Power, l'ambassadrice américaine à l'ONU s'en prend à l'ambassadeur russe V. Churkin et lui envoie au visage, vous avez perdu la guerre froide et ne devez pas l'oublier.
Cette affirmation soulève une impasse logique, ou du moins la nécessité d'un choix idéologique. Soit le système soviétique n'était plus viable et a démontré ses limites, ce qui a conduit la population, par referendum et lors d'élections libres, à choisir une nouvelle voie, soit le système était viable - et l'est donc encore théoriquement - mais il est tombé sous la seule force de persuasion et de pression des Etats Unis. Dans le premier cas, c'est une évolution démocratique, dans le deuxième cas les Etats Unis ont détruit un système soutenu par la population, ce qui n'est pas digne d'un Etat démocratique. Il est temps de préciser les concepts et de se méfier de se évidences.
mardi 19 août 2014
Le résultat de la guerre en Ukraine passe par celui des clans russes
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| Anatoly Chubais, à la tête de Rosnano |
Plusieurs guerres simultanées sont menées aujourd'hui autour du conflit ukrainien. En Ukraine elle-même, une guerre chaude et sanglante. On dirait presque entre les putschistes de Kiev contre les loyalistes du Donbass. En Occident, une guerre d'influence et de prise de contrôle des Etats Unis sur l'Europe, qui a tourné à l'avantage des Etats Unis. En générale, une guerre idéologique qui débouche sur une guerre économique et politique entre les Etats Unis, envoyant en tête de proue les Etats inféodés, et la Russie, cela sur fond de conflit ukrainien. Et comme la clé de toutes ces confrontations est la vision du monde qui en découle, l'imbroglio se défera, en grande partie, en fonction de la guerre politique que se mènent les clans russes.
D'une part se trouve le néolibéralisme triomphant, qui ne veut d'aucun conflit pouvant porter atteinte à ses bénéfices et se moque du chef, qu'il soit russe, américain ou chinois, l'importe peu, son mode de fonctionnement est mondialisé. Il fait de l'argent, il est conditionné pour cela. D'autre part, l'on trouve les libéraux classiques, qui fonctionnent dans un cadre étatique national et ont besoin d'un Etat souverain et fort. Ils comprennent que perdre ce cadre conduit à la destruction des repères identitaires de la population.
L'alternative est donc relativement simple: soit la Russie oppose sa souveraineté, rejette le cadre économique mondialisé et doit renforcer son indépendance économique, soit la Russie fait l'impasse sur sa souveraineté et accepte la domination économique étrangère qui se transformera en domination politique à très court terme.
Et tout cela sur fond de conflit ukrainien, qui sert de catalyseur.
mercredi 4 juin 2014
Un dialogue est-il encore possible entre la Russie et cet étrange Occident ?
Représentant de l'Ukraine au Conseil de sécurité de l'ONU
L'aggravation du conflit en Ukraine a obligé les Etats et les instances internationales à se positionner, certainement plus qu'ils ne l'auraient souhaité. Dans les premiers temps de Maïdan, il était de bon ton de soutenir "le peuple" contre le pouvoir corrompu des oligarques. Ensuite, on a pu fermer les yeux sur les "dérives" afin de continuer le combat contre le pouvoir des oligarques. Tous les moyens sont bon, le recours aux mouvements extrémistes notamment. Maintenant le pouvoir est revenu aux oligarques, certes d'autres, et les exactions s'intensifient avec la participation des groupes extrémistes armés.
Pendant un certain, il fut possible de cacher la montée d'un nationalisme radical injecté à dose régulière dans la population, un nationalisme qui faute de contenu positif clairement identifié peut plus facilement se définir par défaut. Donc, contre la Russie. Difficile historiquement de faire la part du russe et de l'ukrainien, qu'à cela ne tienne, il suffit de réécrire l'histoire. Réhabilitons Bandera, pas si fasciste que cela, seulement nationaliste un peu impétueux, rien de grave. De toute manière ça ne dit rien à la plupart des européens, ne parlons même pas des américains. Et nos bons peuples occidentaux ont finalement bien appris la nouvelle leçon: pas si fasciste que cela et d'ailleurs l'extrémisme n'est pas si présent que cela en Ukraine. S'ils apprennent si vite, nos bons peuples, c'est parce qu'ils oublient tout aussi vite.
Et l'occasion est prête pour réactiver le conflit contre la Russie via l'Ukraine dans l'intérêt des Etats Unis et avec la docile parrticipation de l'UE. Surtout que l'UE compte des Etats de l'Est qui n'en finissent pas de régler leurs complexes historiques. Pour l'UE, c'est réglé. Dans la foulée, l'institution on ne peut plus politique qu'est le Conseil de l'Europe, je dirais presque l'organe idéologique européen, s'est avec plaisir positionné dès le début du conflit : sanctions prises contre cette Russie qui dérange les européens post-modernes et enfin elle n'a plus le droit de vote au Parlement, elle ne peut plus participer dans les organes de direction et ne peut plus présider le groupe démocrate. Bref, on se retrouve entre soi, on peut faire de grandes déclarations anti-russes et défendre "nos" valeurs.
Jusque là tout va bien. Mais la situation se durcie de plus en plus en Ukraine. Massacre à Odessa, à Mariupole, à Slaviansk, à Donetsk etc etc etc. Des civils et des bâtiments civils sont pris pour cible. Des zones d'habitation sont touchées chaque jour. Des réfugiés affluent de plus en plus vers la Russie. Le postionnement devient difficile à tenir: la Russie est fautive. De quoi? Peu importe. Quand elle demande une enquête sur les snippers, biens connus de Mme Ashton, c'est uniquement le pouvoir de Kiev, impliqué, qui mène l'enquête. Sans aboutir pour l'instant. Quand la Russie demande une enquête sur le massacre d'Odessa, idem. Sauf que là, les preuves potentielles sont détruites en plus par l'ouverture immédiate du bâtiment au public. Suivez le guide, déposez ce que vous voulez et prenez ce qui vous intéresse dans la boutique souvenir. Quand la Russie demande pour la énième fois au Conseil de sécurité de l'ONU d'intervenir pour que Kiev retire son armée, qu'il ne massacre plus son peuple, les Etats Unis l'accusent d'hypocrisie.
Dans ce contexte où les médias sont totalement contrôlés, où les portes-paroles américains reprennent sans vérification les communiqués officiels ukrainiens, les médias occidentaux font silence ou diffusent la ligne du Parti, comment maintenir un dialogue et quel dialogue? Donc pour maintenir le cautionnement total des faits et crimes du gouvernement ukrainien, l'Occident à dû faire tomber le masque. Il lui est donc tant important de porter des coups à la Russie que cet étrange Occident, autrefois porteur des valeurs d'humanisme, de respect de l'autre, de pluralisme, cet Occident qui portait aux nues la Liberté, a d'un geste d'un seul tout jeté à terre, tout piétiné. Que reste-t-il? Le silence autour du sang qui coule? Car certains seraient plus humains que d'autres? Car certains auraient le droit de vivre et d'autres l'obligation corrélative de mourrir, en silence s'il vous plait.
A. Pushkov, qui préside la délégation russe à l'assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe estime que pour l'instant tout dialogue est impossible. Car il n'est pas possible de discuter avec des gens qui ne veulent pas vous entendre, qui ne veulent pas savoir. Les réponses de cette chère J. Psaki, porte parole du Département d'Etat américain, sont devenues légendaires.
Le problème est que l'information passe, peu, difficilement, mais un blocus informatif total est aujourd'hui impossible. Il devient difficile de continuer à dire que les journalistes disparaissent tout seul ou sont en réalité des espions, que les gens se brûlent tout seul, se finissent au gaz et ensuite se tirent des balles dans la tête (Odessa), que les combattants attaquent eux-mêmes les bâtiments civils avec des avions qu'ils n'ont pas (Slaviansk et Lugansk), que les manifestants se tirent dessus tout seuls sous le regard placide des forces de l'ordre, qui, elles détiennent les armes (Mariupole).
Le culte de l'absurde a des limites. Mais d'un côté Kiev est allé trop loin, ce qui se passe ressort du crime de guerre. Hier encore, des membres de la Garde nationale ont tué tous les blessés d'un hôpital à Krasny Liman. Le mythe selon lequel les terroristes attaquent la population ne fonctionne plus. Toujours à Krasny Liman, hier, un groupe de Secteur droit est entré dans le village. Ils ont donné deux heures aux habitants pour leur livrer les terroristes. Evidemment personne n'a rien fait. Ils sont alors revenus, ont menacé les habitants de les tuer, ont forcé la porte de leur maison et leur ont pris les passeports. Ensuite les combats ont repris.
Quand le discours devient de plus en plus éloigné de la réalité, les réactions se crispent et se radicalisent. L'agressivité que l'on voit dans les échanges "diplomatiques", toute la charge émotionnelle, est encore décuplée dans les réseaux sociaux, où les participants ne sont pas des diplomates de carrière. Pour rétablir le discours entre la Russie et ses interlocuteurs, il faudra beaucoup de temps - pour oublier et enterrer le conflit - ou un choc permettant une prise de consience de masse. La Russie ne veut pas de la guerre froide que lui proposent les Etats Unis, mais pourra-t-elle l'éviter?
vendredi 14 décembre 2012
La guerre des Listes et le piège de la guerre froide
Voir: http://izvestia.ru/news/541528
En annonçant l'adoption prochaine de la Liste Magnitsky, le Congrès américain a ouvert la boîte de Pandorre: l'hostilité politique peut être formalisée par un acte juridique.
Dans la suite logique, la Douma prépare l'adoption d'une réponse adéquate. Comme l'a souligné V. Poutine, la réaction de la Douma est normale, il faut réagir, et en ce sens elle est en droit de préparer un projet de loi. Mais la réponse doit rester adéquate et ne pas sortir des limites.
Or, non contents de prévoir une interdiction du territoire pour les citoyens américains portant atteinte aus droits de ressortissants russes, les députés de la Douma ont proposé de ne pas se limiter aux Etats Unis: la Russie a beaucoup d'ennemis qui veulent sa destruction, il faut interdire à tous l'entrée sur le territoire.
Cela vise évidemment la Géorgie, dont le responsable à l'assemblée géorgienne des questions de sécurité est accusé par le Comité d'enquête non seulement de financer l'opposition russe, mais de la téléguider pour détruire le régime, comme semble l'illuster une vidéo diffusée sur YouTube il y a quelques temps et sur Life News ce 13 décembre. Ainsi, l'étranger proche de la Russie pourrait être touché.
Si la Douma fait ce pas, il y a de fortes chances qu'elle tombe dans un piège. Relancer le discours de la Russie assiégée par ses ennemis est contre-productif, d'autant plus que sur le plan de l'efficacité, le développement de l'Union eurasienne est bien parti pour modifier l'équilibre des forces dans la région en faveur de la Russie. Ce qui explique d'ailleurs l'énervement de H. Clinton sur la question.
Sur un plan plus technique, la guerre froide était marquée par une idéologisation très forte du droit, dans les deux clans. L'utilisation politique du droit est une habitude (le droit étant un instrument au service d'une politique), mais la dénaturation d'actes juridiques en actes politiques est une déformation dangereuse, qui porte atteinte à l'efficacité d'ensemble de l'arsenal juridique.
Bref, le piège est ouvert. Il a touché exactement le point sensible, le point faible, la phobie de l'encerclement. Il est à espérer que la Russie ne s'enfermera pas seule, fournissant ainsi une arme de taille à ses concurrents.
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