L'ACTUALITE RUSSE EN FRANCAIS MISE AU POINT PAR RUSSIE POLITICS SUR Facebook ET Twitter!
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mercredi 6 juin 2018

Europe: vers la fin officielle de la liberté de la presse?



L'on a tous entendu parler du 4e pouvoir, celui des médias. A bien y réfléchir, il s'agit d'un abus de langage, car l'existence d'un pouvoir suppose un minimum d'autonomie. Or, le phénomène de concentration des médias que l'on observe en France dépasse largement nos frontières et se révèle être un phénomène global, relevant de la collusion entre le business et le politique. Plus qu'un "pouvoir", les médias, sous leurs différentes formes, sont devenus un instrument du pouvoir. Ce qui est institutionnalisé en Grande-Bretagne avec le reporting restriction, ce que tente d'affirmer en France F. Nyssen avec une maladresse salvatrice.

mardi 18 octobre 2016

Une banque publique britannique va fermer les comptes de Russia Today

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Hier, la rédactrice en chef de Russia Today, M. Simonian, écrivait dans son twitter que les comptes de la chaîne en Grande Bretagne vont être bloqués. Une vague de réaction officielle a suivi, d'autant plus qu'aucun motif n'est évoqué par la banque publique britannique. Aujourd'hui, il semblerait que les comptes ne soient pas bloqués, mais la chaîne russe doit trouver une autre banque ... rapidement. Alors que le raiting de la BBC baisse, c'est effectivement un moyen de régler à la fois les problèmes de concurrence et celui du contrôle de l'information.

lundi 2 mai 2016

Arte censure un film russe d'opposition disant la vérité sur Browder

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Le journaliste russe d'opposition, Andrei Nekrassov, vivant à l'étranger, a décidé, il y a trois ans, de commencer un film sur l'affaire Magnitsky, ce juriste de Hermitage capital (société de fonds d'investissement), société dirigée par B. Browder. La version qui, jusque-là, avait les faveurs médiatiques est que Magnitsky est mort car il a découvert des malversations faites par le pouvoir russe et a été tué en prison sans recevoir de soins. Cette version a servi de fondement à la mise en place de la première "Liste", regroupant les personnalités russes que l'Occident "ne peut fréquenter sans se salir".

C'est dans cet état d'esprit que A. Nekrassov a commencé son reportage, persuadé de l'intégrité de Browder. Mais il le termine en démontant totalement la version "officielle" occidentale, démontre l'impossibilité de la position de B. Browder sur le fond et, en fait, disculpe la Russie. Finalement, son documentaire, trois ans de travail, est interdit de projection au Parlement européen et Arte le déprogramme sine die.

jeudi 17 décembre 2015

Nikita Mikhalkov censuré: silence sur le Monde russe

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Il est courant dans les médias occidentaux de parler, d'insister, de pointer, de chercher la censure en Russie. Mais quand elle est là, quand elle apparaît justement où personne ne l'attend, personne n'est la pour la recueillir. Pour en informer le bon citoyen français, qui serait alors tellement rassuré sur l'efficacité de l'autocensure en France. Qui peut ainsi continuer à baigner dans une onde équilibrée d'harmonie. 

Alors, quand la censure apparaît en Russie là où on ne veut pas la voir, et bien c'est simple, on en parle pas.

Et pour cause. Il s'agit du refus de la chaîne publique d'information continue Rossya 24 de diffuser le programme du plus que célèbre réalisateur Nikita Mikhalkov, "Bessogon TV". Programme d'auteur que la chaîne  a toujours diffusé.

Sauf celui-là. Pourquoi? Pour deux raisons: il montre l'hypocrisie patriotique des milieux néolibéraux qui réellement contrôlent les grands médias en Russie et exige la reconnaissance de l'existence du monde russe et des russes en Russie.

Manifestement, c'en est trop pour une chaîne fédérale. Etatique. Une chaîne "du Kremlin"?

jeudi 2 avril 2015

Les étrangers, silence et dans le rang!

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La folie législative s'empare de la Douma où certains députés semblent confondre patriotisme et populisme. Bref: les étrangers ne devront pas être trop critiques envers la Russie s'ils veulent pouvoir y travailler. Compris? Tous à vos  gommes.

jeudi 8 janvier 2015

Charlie Hebdo : maintenant il faut protéger la République


Ce qui s'est passé hier a surpris, choqué, horrifié chacun d'entre nous. 12 morts, tous les grands caricaturistes de Charlie Hebdo froidement assassinés. Le journal satyrique est décapité. Je ne reprendrai pas pour autant les phrases pompeuses entendues, ce n'est pas forcément le coeur notre pays, qui est touché. 

Charlie Hebdo correspond à une certaine frange de l'idéologie, aujourd'hui au pouvoir, il y en a d'autres. C'est une certaine manière de toucher le liberté d'expression, mais c'est surtout une radicalisation dans le combat entre les tenants radicaux de deux camps: car s'il y a des radicaux religieux, il ne faut pas non plus oublier les libertaires libéraux qui veulent tuer Dieu et surfent sur la vague politique gouvernante contemporaine en Europe. Chacun avec ses armes, ils sont aussi destructeurs, même s'il est ne faut pas le dire. C'est aussi pourquoi il ne faut pas oublier que la liberté d'expression a depuis longtemps déjà et hélas été attaquée en France. 

Mais hier une étape a été franchie: des tueurs armés peuvent mener une opération punitive commanditée - qui fait plutôt penser au grand banditisme ou aux services spéciaux - pour des motifs idéologiques. Nous ne sommes plus dans la logique habituelle du djihad, nous sommes sur un autre mode opératoire. Ce n'est pas une voiture qui explosa et qui tue aveuglément des civils innocents. Ce sont des cibles précises, même protégées par la police, qui peuvent être concrètement touchées. Le but n'est plus la terreur de masse. Cela fait penser à un coup de snipper. Comme l'on a fait exposer la société ukrainienne sur le Maïdan. Mais pour quoi? Là est toute la question.

lundi 5 janvier 2015

2015: Accepter le conflit ou périr


L'impasse intellectuelle dans laquelle se trouve notre société nous oblige à nier l'existence de tout conflit. Il ne peut y avoir de conflit entre la France et l'Union européenne, comme il ne peut y en avoir entre le droit national et le droit européen. Il ne peut y en avoir entre les valeurs historiques européennes et les exigences idéologiques modernes. Sinon tout s'écroule. Mais comme elles persistent à vouloir exister, il ne suffit pas de les nier pour régler le problème. Alors comme l'acceptation du conflit oblige au choix et que ce choix est inavouable, on louvoie et de grands concepts tels que l'harmonie, la tolérance sont vidés de leur sens pour être utilisés comme couvertures d'appoint.

lundi 30 juin 2014

Ukraine: mort du 6e journaliste en 2014 et avenir de la liberté d'expression en Europe

Anatoly Klian
Cette nuit, le caméraman de Pervyi Kanal, Anatoly Klian est mort des suites de blessures par balles, dans le ventre, reçues des mains des militaires ukrainiens. Il a commis le crime de filmer à proximité d'une base militaire ukrainienne, à 15 km de Donetsk. Toutefois, A. Klian n'est pas le seul à avoir payé de sa vie la couverture médiatique des évènements en Ukraine. On compte déjà 6 morts, et la liste des journalistes arrêtés, violentés, voire torturés, augmente régulièrement.

mercredi 9 avril 2014

Les sanctions européennes ou cachez-moi cette Russie que je ne veux pas voir


Voir: http://itar-tass.com/politika/1107306
http://www.attali.com/actualite/blog/geopolitique/sont-ils-tous-devenus-fous
http://hub.coe.int/fr/press/newsroom?p_p_id=pressrelease&p_p_lifecycle=0&p_p_state=maximized&p_p_mode=view&_pressrelease_struts_action=%2Fext%2Fpressrelease%2Fview&_pressrelease_pressreleaseUrl=https%253A%252F%252Fwcd.coe.int%252FViewDoc.jsp%253FRef%253DCM%25282014%252946%2526Language%253DlanFrench%2526Ver%253Doriginal%2526Site%253DCM%2526BackColorInternet%253DDBDCF2%2526BackColorIntranet%253DFDC864%2526BackColorLogged%253DFDC864

 
 


Le Parlement européen (UE), comme l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe, sont des instances, théoriquement politiques, qui ont été mises en place pour défendre les valeurs européennes et non seulement les règles européennes. Les valeurs de ce que l'on appelait, il y a encore quelques années, "le monde libre" à l'opposé du monde soviétique et de sa censure idéologique. La Liberté au coeur de l'homme européen, la liberté au coeur de la civilisation européenne, la liberté au coeur des institutions européennes et en Europe. La liberté, au singulier comme un absolu. Défendue par toutes les constitutions, traités, jurisprudences. La liberté dans tous les esprits. Réchauffe le coeur, échauffe les sens. On prend un étendard au nom de la liberté. On discerne des prix. On reconnaît. On nomme. On qualifie. Nous sommes les hommes libres, on se reconnaît entre soi.
 
Et après tout cela, que reste-t-il? Rentrer chez soi et oublier? C'est ce à quoi me fait penser la position de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe. Une trahison.
 
Une conversation téléphonique qui fuite entre C. Ashton et le ministre des affaires étrangères de l'Estonie montrant que l'UE savait que les snippers étaient recrutés par les opposants actuellement au pouvoir. Il faudrait une enquête. Officielle, peut être. Enfin, on ne se dépêche pas trop. Et, oh miracle, avec le temps on oublie complètement et maintenant Kiev accuse Yanukovych, accusation reprise avec entousiasme par le Conseil de l'Europe.
 
Mais réécoutez cette conversation:
 
L'on s'inquiète de la situation des russophones en Ukraine après l'adoption par la Rada d'une loi annulant le russe comme langue minoritaire officielle. Le Conseil envoie une commission d'enquête et formule un rapport qui vaut son détour (référence en haut de l'article). Après avoir discuté par téléphone avec les représentants des minorités dans l'Ouest du pays (sic), tout va bien. Donc, ils ne sont pas allés sur place réellement chercher, comprendre, voir, sentir la situation dans toutes les régions d'Ukraine. De Kiev, ils ont passé un coup de fil. C'est ce que dit le rapport. En revanche, évidemment, on s'inquiète beaucoup pour la situation des tatares de Crimée, là s'est grave. En effet, maintenant ils sont associés au pouvoir dans cette région désormais russe, leur langue est officiellement reconnue. Une situation terrible. Toujours dans ce rapport, il est indiqué que tout va bien, car les gens ont toujours accès aux informations dans leur langue. Quelques oublis donc. Les chaînes en russes fermées. Les sites officiels en russe fermés. En effet, il vaut mieux oublier. Car comme l'indique le rapport, l'important est que la sitation soit calme, que la population le ressente ainsi avant les élections de mai. Donc, il est dangereux quand les médias parlent des problèmes inter-ethniques. Il vaut mieux ne pas en parler, puisque selon les informations réunies, par téléphone, tout va bien, ces informations sont exagérées ou fausse. Le directeur de la chaîne publique ukraine qui a eu le malheur de diffuser en directe simplement quelques images de la signature du traité d'adhésion de la Crimée à la Russie appréciera. Suite à cela, il a vu débarquer dans son bureau le député de Svoboda, parti maintenant soutenu par les instances internationales, député à la tête du Comité pour la liberté de la presse, qui l'a simplement frappé en l'insultant, jusqu'à ce qu'il signe une lettre de démission. Ce pauvre journaliste n'est plus réapparu dans ses locaux.
 
свобода украина яценюк
 
 
Doit on également parler du député communiste battu hier à la Rada en pleine séance par les députés de la majorité pour avoir critiqué l'extrémisme de ce Gouvernement. Son micro a été bloqué, il a été empoigné et frappé. La démocratie en action.
 
C'est donc pour la défense de ces valeurs européennes, incarnées par le nouveau pouvoir à Kiev, que l'Europe et les Etats Unis font monter la pression sur la Russie. Car la Crimée, quelle horreur, a voulu rentrer dans sa patrie, ses habitants ont voulu être reconnus comme des citoyens à part entière et non de seconde sorte, avec des droits complets. Ils ne pouvaient même pas élire le maire de leur ville Sébastopole.
 
Comme l'écrit magnifiquement J. Attali:
"Les historiens de l’avenir auront à mon sens beaucoup de mal à comprendre pourquoi nous nous sommes lancés dans une escalade aux conséquences potentiellement terrifiantes avec la Russie, pour s’opposer au vote majoritaire d’une province russophone, russe pendant des siècles, et rattachée en 1954 à une autre province de l’Union soviétique par le caprice du secrétaire général du parti communiste d’alors, Nicolaï Krutchev. Un rattachement jamais pleinement reconnu par la majorité des habitants de la Crimée, qui ont toujours voulu conserver leur autonomie à l’égard du gouvernement de Kiev, comme l’affirmait encore la première constitution ukrainienne de 1992.
Aujourd’hui, la Crimée, et la Russie ont choisi de profiter du chaos issu de l’arrivée à Kiev d’un gouvernement fortement antirusse pour se retrouver. En quoi cela nous gêne-t-il ? Pourquoi refuserait-on aux habitants de la Crimée de vouloir choisir leur destin, contre l’avis du pays dont ils sont membres, alors qu’on s’apprête à autoriser les Ecossais à voter sur le sujet, et que les Catalans ont bien l’intention d’en faire autant ? Protestera-t-on contre « l’amputation du territoire de la Grande-Bretagne » si les Ecossais choisissent l’indépendance ? Et que fera-t-on si la Moldavie, la Biélorussie, ou la partie russophone du Kazakhstan réclament leur rattachement à la Russie? Nous nous en mêlerons ? De quels droits ? Au nom de la stabilité de l’idée de nation ? Mais l’a-t-on imposé à la Tchécoslovaquie ? A la Yougoslavie ? Au Kurdistan irakien ? A Gaza ? S’y opposerait-on si le Québec décidait de son indépendance ? Et que ferait-on si la Wallonie demandait son rattachement à la France ?
Il est clair que lorsqu’une minorité ne se sent pas protégée contre les excès d’une majorité, elle a le droit de retrouver la maîtrise de son destin. Il appartient à la majorité d’y veiller.
Alors, pourquoi faisons-nous cela ? Qu’avons-nous à en craindre ?
".
 
Pourtant, l'Europe n'écoute pas Attali et prépare une nouvelle liste, touchant presque tous les hauts fonctionnaires russes et ukrainiens, ce qui va manifestement faciliter le dialogue. Mais, cette liste touche également les journalistes "non alignés". Car voici de quoi l'Europe a peur: des mots. De ces mots qui rappellent la réalité des faits contre les mots qu'elle lance pour créer une réalité alternative, plus confortable à court terme. La guerre de communication est une guerre de langage. Le langage est devenu une arme de pouvoir. Donc non seulement il faut attaquer des journalistes russes, mais également les chaînes qui ont l'audace de montrer des images qui ne correspondent pas au discours européen.
 
Nous sommes très loin des valeurs européennes ... A moins que la censure ne soit devenue le fondement de notre nouvelle société post-moderne, dont la faiblesse structurelle ne lui permet pas d'accepter une alternative. La Russie devient alors ce visage de l'Europe qu'il faut cacher.

vendredi 10 janvier 2014

Liberté et indépendance, justice et politique: et si l'on tirait les conséquences de l'affaire Dieudonné?

Voir: http://www.lepoint.fr/societe/dieudonne-interdit-a-nantes-la-ligue-des-droits-de-l-homme-s-alarme-09-01-2014-1778726_23.php
http://www.lepoint.fr/societe/dieudonne-recours-contre-l-arrete-d-interdiction-de-son-spectacle-a-orleans-10-01-2014-1778860_23.php

Parler de l'indépendance de la justice, surtout en ce qui concerne la Russie, est incontournable. C'est un peu comme, pour un étranger, aller à Paris et ne pas voir la tour Eiffel, il serait passé à côté de la France, de la vrai, de celle que l'on montre aux touristes. S'intéresser à la Russie sans parler de l'indépendance de la justice est un non sens, de quoi encore les touristes pourraient-ils parler sérieusement? On passerait à côté du symbole. Pour le reste il faudrait réfléchir, ça se complique très vite.
 
Mais qui penserait à parler des violations des libertés en France, des problèmes d'indépendance de la justice dans le pays de Voltaire et Diderot? Personne, car cela n'a pas de sens. Pour le pays de Voltaire et Diderot. Mais ils sont bien morts, nous bien vivants. Il va donc bien falloir en parler.
 
E. Valls, notre cher ministre à poigne de fer, en tout cas au discours d'une fermeté incontestable, voulait trouver le moyen d'interdire de scène Dieudonné. Créer une loi peut-être, d'autres le suggéraient, mais à quoi cela sert-il quand il y a la Justice. Celle qui a les yeux bandés, signe d'impartialité. Devenu signe d'une honte contenue peut-être. Tout lien entre les déclarations politiques et les décisions de justices prises récemment serait mal venu.
 
Donc Dieudonné est interdit de scène à Nantes et après la confirmation en urgence du Conseil d'Etat (je ne parle pas du temps de prise de la décision, mais de la procédure), il est également interdit à Orléans par arrêté du député-maire de la ville, qui manifestement se sent libéré de toute responsabilité. Lui aussi, du coup, a le droit.
 
Peut-être y a-t-il effectivement une raison. Sociale, politique, morale, historique. Mais juridiquement, c'est difficile à formuler dans un pays qui respecte la liberté d'expression et la liberté de création artistique. Ah, ces pauvres Pussy Riot, enfermées par décision de justice, après des mois de procès contradictoire, dans la terreur hivernale russe, par le méchant président Poutine qui contrôle la justice. Une fois libérée, ces grandes artistes ... ne font plus de musiques, mais veulent défendre les droits des prisonniers, elles seront certainement mieux financées de ce côté là. Il fallait pourtant défendre - en Russie - la liberté de création de l'artiste.
 
Et en France? Est-il possible de tout faire dès que l'on ne met pas une parsonne en prison? Interdire un artiste de scène est un moyen de l'enfermer. Un moyen beaucoup plus humain pour nos penseurs modernes. Pourtant la différence est faible. Vous couper ses ailes à un oiseau, mais vous lui laisser la possibilité de trouver un autre moyen de voler. C'est vrai, il lui reste Youtube, pas à l'oiseau.
 
A quel moment doit-on limiter la liberté d'expression? Dans le cas Dieudonné, c'est "la répétition des propos qui dérivent de plus en plus" et en plus ces propos se vendent très bien, si l'on regarde la vente des billets. Cela montre l'impasse juridique de la situation.
 
Il est toujours possible d'interdire à un artiste de se produire, mais il est impossible d'interdire à des milliers de personnes de penser comme lui. A moins de glisser imperceptiblement vers un système totalitaire, dans lequel la justice devient le bras armé de la politique de santé morale déterminée par les gouvernants.
 
D'un autre côté, il est tellement plus confortable de vivre dans une société où les normes posent le bien et le mal, ce qu'il est convenu de faire et ce qu'il est mal venu d'imaginer faire, voire ce qu'il est bon de penser et ce à quoi il vaut mieux ne pas penser. C'est tellement plus rassurant de reporter la responsabilité de ses idées sur un législateur abstrait. Mais c'est tellement dégradant pour l'individu qui veut se comporter comme un homme. C'est-à-dire être libre, libre de penser, de faire, de se tromper, de réessayer, de changer, de découvrir. Libre. Et peu importe en somme ce que dit Dieudonné, le problème est que l'on ne nous permet pas de nous faire librement notre propre idée.

mercredi 20 mars 2013

Douma v. Moskovsky Komsomolets: question de principe ou question de pouvoir?

Voir: http://kommersant.ru/doc/2150123?fp=32
http://www.mk.ru/specprojects/free-theme/article/2013/03/15/826727-politicheskaya-prostitutsiya-smenila-pol.html

Le 16 mars, le journal Moskovsky Komsomolets publie un article au vitriol concernant trois députés-femmes, posant la question de la prostitution politique.  Mais de trois députés Edinaya Rossiya. Et là la Douma s'emballe. Issaev, une des figures clés du Parti, prévient que la vengeance sera terrible. Jirinovsky, qui a du oublier que LDPR est indépendant d'Edinaya Rossiya, joue l'esprit de corps et demande presque l'expropriation du journal et le banissement de son rédacteur en chef. Oubliant au passage le droit de propriété et les domaines de compétence.
 
L'article frappe fort. Mais c'est aussi le risque encouru par les personnes publiques, de voir leurs prises de position et leurs propos disséqués, et pas forcément objectivement. Ces trois députés ont eu des parcours politiques atypiques, plein de rebondissements, ont soutenu ou initié les projets de lois les plus contestés ces derniers temps. Le journal les attaque.
 
Mais les députés de poser la question de l'abus du droit de parole. L'article est-il insultant? Non. Satyrique? Oui. En quoi y a-t-il abus alors? La requête a été transmise à l'organe compétent et sa réponse est très attendue.
 
En attendant, le rédacteur en chef, Pavel Gusev devrait quitter le Journal, pour que la politique rédactionnelle puisse être totalement repensée, selon Jirinovsky. Il doit également quitter ses fonctions à la Chambre civique, où il a été nommé par le Président et non par la Douma. Il doit quitter la présidence de l'association des journalistes, mais la décision dépend de l'assemblée générale. Bref, en fait, la Douma n'a pas de moyens d'action légaux, s'énerve, crie fort et veut faire peur.
 
Le porte parole du Président a précisé que Poutine est au courant de la situation, mais qu'il n'intervient pas dans l'affaire.
 
Comme le souligne un autre membre de la Chambre civique, ces députés ont le droit de s'adresser à la justice, si elles estiment que leurs droits ont été bafoués. Par ailleurs, la Cour suprême satisfait plus de 60% des recours visant à la défense de la réputation. Alors, pourquoi attendre?
 
Bref, Edinaya Rossiya ne supporte toujours pas la critique. Il faut dire que les députés se sentent très mal à l'aise ces derniers temps, avec tous les scandales concernant leur étrange richesse. Car personne n'explique d'où vient tout cet argent. Et dans ce contexte, Jirinovsky, très en verve, a déclaré hier qu'il vaudrait mieux annoncer une amnestie générale pour les députés en ce qui concerne la déclaration de leurs biens, sinon le système va s'écrouler. Mais ... l'amnestie doit-elle également concerner les moyens par lesquels ils ont acquis cette richesse?
 
Déclaration révélatrice s'il en fallait. Ainsi, la question ici est effectivement une question de principe: il ne sert à rien de fouiller, car vous allez trouver. Mais comme tout le monde le sait, ça ne sert à rien. Tout le monde est comme ça.
 
En fait, ces charmants députés sembleraient avoir peur. Tous ces individus, arrivistes et résidus des années 90, n'osent pas imaginer que les choses puissent fonctionner autrement. Car quelle serait leur place dans cette nouvelle société?
 
C'est bien une question de principe, car c'est la question du pouvoir.
 

mardi 14 février 2012

Gazprom média contre la radio Les échos de Moscou

Voir: http://www.specletter.com/news/2012-02-14/44772.html et
http://www.kommersant.ru/doc/1873162

Gazprom média est un holding de médias (télé, radio, presse, cinéma, etc.) dirigé par A. Miller (un proche du pouvoir), qui possède notamment la chaîne de télévision NTV, la radio City FM, qui sont reconnues comme "indépendantes". Ce qui est aussi le cas de la radio Les échos de Moscou, dont le principal actionnaire est gazprom média.

En pleine campagne électorale, en pleins discours sur la libéralisation politique, sur la nécessité d'écouter la voix de l'opposition, au beau milieu de tous ces discours bien-pensant, Gazprom média exige la démission anticipée du conseil de direction de la radio Les échos de Moscou.

A. Venedictov et V. Varfolomeev l'ont quitté. Mais Venedictov rappelle que la ligne politique de la radio est déterminée par le rédacteur et non par le comité de direction. Rien ne devrait changer.

Seulement quelque chose a déjà changé. C'est la première attaque récente contre un symbole de liberté et d'opposition. C'est une pression directe. En plus peu de temps après l'altercation entre V. Poutine et V. Venedictov lors de sa rencontre avec les journalistes.

La question n'est pas ici de savoir si l'on est d'accord ou non avec ce qui est dit sur cette radio. L'important est qu'ils aient le droit de le dire en toute liberté. Puisque cela fait partie du dialogue normal dans une société démocratique.

mardi 7 février 2012

La chaîne Rossiya-1 ne diffusera plus d'émissions "trop" politiques jusqu'aux élections

На период до выборов ВГТРК откажется от острых политических передач, чтобы не звучала критика власти


La chaîne de télévision publique Rossiya-1 a pris la surprenante décision de ne plus diffuser d'émissions pouvant provoquer un débat politique trop virulent du 4 février au 4 mars. Ainsi, les émissions de reportages "Correspondant spécial" (Специальный корреспондент) et de débats politiques "Processus historique" (Исторический процесс) seront suspendus. Quant à l'émission de débat "Poedinok", elle n'aura lieu que la dernière semaine avant les élections et ne présentera que les débats officiels de la campagne.

Le directeur de la chaîne explique cette décision comme une nécessité pour ne pas tomber sous le coup d'une critique concernant un engagement pour l'un ou l'autre des candidats, sans oublier que dans cette période des invités peuvent utiliser la plateforme télévisuelle pour déborder le cadre normal d'un débat. Toutefois, la chaîne continuera à couvrir les manifestations et observera le temps d'antenne entre les différents candidats.

Pour certains politologues, cette décision est politique. Le pouvoir est non seulemnt en quête d'une victoire, mais il a également bésoin de légitimité. Il est donc nécessaire que la campagne soit un peu calmée.

Du point de vue de la négation de la critique, cette mesure sera inefficace puisque les autres chaînes continuent à diffuser des émissions politiques où l'opposition est de plus en plus présentes, donc où la critique se renforce. De plus, les critiques les plus virulentes circulent sur internet.

Il est des chance sque ce ne soit qu'un coup d'épée dans l'eau.

samedi 22 octobre 2011

Rencontre de Medvedev avec les étudiants: "Vous avez constulté le Premier ministre avant de venir ici?"

Студентов отчислили от Медведева
Встреча Медведева с молодежью на журфаке сопровождалась задержаниями оппозиционно настроенных студентов
http://www.gazeta.ru/politics/elections2011/2011/10/20_a_3808214.shtml

Dmitri Medvedev rencontre les étudiants à la faculté de journalisme de MGU (L’université d’Etat de Moscou – Lomonossov). Ce jour-là, les étudiants liés d’une quelconque manière à l’opposition se voient interdire l’accès aux cours ou sont envoyés pour « une rééducation » dans les services de police. L’auditoire se compose alors en grande majorité de membres des mouvements « Nachi », « contre Khrioucha » ou de « la jeunesse russe », pro-kremlins.

Deux heures avant le début de la rencontre, un groupe se forme à l’entrée de la faculté, composé essentiellement des étudiants – et professeurs – qui ont oubliés leur sacro-saint laisser-passer et ne peuvent entrer.

Mais il commence à se former également un groupe de certains étudiants munis de ce document, qui ont justement découvert ce jour-là qu’il n’était pas valable. Ainsi en est-il par exemple de trois étudiantes qui travaillent pour payer leurs études dans des structures liées à l’opposition. Elles passent sans problèmes le contrôle de vérification de la faculté, mais sont bloquées à l’intérieur par les forces de sécurité étatiques qui vérifient leurs papiers et leur signifient que ceux-ci ne sont pas valables aujourd’hui. Elles sont donc dirigées vers la sortie. Là, elles rencontrent leur professeur et décident d’entrer tous ensemble pour assister au cours. Mais nouveau blocage à l’intérieur. La troisième fois, elles se plantent devant le bâtiment avec des pancartes où l’on peut lire des questions dérangeantes pour Medvedev : « Et vous avez pris conseil auprès du Premier ministre avant de venir ici ? » ou encore « Pourquoi Khodorkovsky est en prison et vous sur Twitter ? ». Elles sont alors directement encadrées par les forces spéciales et conduites au poste de police.

Avant le début de la rencontre, encore une étudiante a été arrêtée à l’intérieur du bâtiment par les forces de sécurités étatiques parce qu’elle portait un tee-shirt où l’on pouvait lire « Qui a battu Oleg Kachine ? ». Personne ne sait où elle a été emmenée.

Les derniers « opposants » ont été arrêtés cette fois après l’arrivée de Medvedev, quand à son passage un groupe d’étudiants a levé une pancarte où une question intéressante de sémantique était posée au Président : « Presse, ça vient du mot pressurer ? ».

Le groupe d’étudiants qu’a rencontré Medvedev a été composé sur un principe de loyauté très simple. Huit étudiants ont été pris dans chaque groupe, soigneusement choisis, notamment ont été retenus ceux qui s’étaient présentés sur le calendrier pour V. Poutine l’année précédente. Le reste a été constitué par les membres des associations politiques de jeunes pro-kremlins.

Le reste du débat a donc pu se dérouler sans accroc. Sans surprise. Le pouvoir bénéficie donc du soutien de la jeunesse russe. Sans conteste.
On appréciera quand même l’humour des questions qui n’ont pu être posées. Dommage, les réponses auraient pu être intéressantes. Mais il est vrai que là n’est pas le but de ce type de rencontres.