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jeudi 15 mai 2014

La crise en Ukraine pose la question de la possibilité d'existence d'une politique russe autonome

 
Стену Цоя перенесут в интернет
 
Alors que Kiev annonce la phase finale de l'opération antiterroriste, la défense de Donetsk annonce la formation du premier bataillon de libération de la république indépendante. Kiev annonce la mise en oeuvre rapide de la phase finale, Donetsk donne 24 heures à Kiev pour retirer les forces armées "d'occupation" du territoire de la jeune république indépendante. Il pourrait donc rester 24 heures avant le début d'une guerre civile encore plus meurtrière.
 
Pendant ce temps, la Russie se tait, et quand elle parle, on aurait préféré qu'elle se taise. Du bout des mots, de manière informelle, la Russie reconnaît que le référendum a eu lieu et qu'une décision populaire a été formulée. Pour autant, elle ne reconnaît pas l'autonomie des deux jeunes républiques. Même si elle la soutient mais sans l'affirmer. L'on pourrait presque penser que tout le sens de la politique russe en ce moment réside dans le  non dit.
 
Jusqu'au moment où le Gouvernement, et derrière lui des députés, estime que finalement seulement des élections présidentielles permettraient de sortir de la crise, que oui ce serait bien si les régions de l'Est organisaient également les élections et au fait en ce qui concerne le gaz on peut toujours négocier si vous nous payer au moins un petit dollar, ou le promettait, allez faites un effort, on ne peut pas être plus gentil que cela - on est déjà à la frontière du ridicule.
 
Donc, d'un côté, les forces de Donetsk sont prêtes à libérer leur région de la présence militaire ukrainienne. D'un autre côté, la Russie leur demande d'organiser des élections présidentielles dans lesquelles les candidats de l'Est furent largement dissuadés de participer.
 
Quelle est la politique de la Russie? Elle n'en a pas. En tout cas à long terme, elle n'en a plus sur le sujet. Elle a des impératifs à court terme et des conflits intérieurs.
 
Les impératifs à court terme sont simples:
- valider la Crimée comme un fait acquis : la Russie l'a gagnée, c'est tout ce qu'elle voulait, le reste l'intéresse peu et elle ne sait pas encore sortir d'une crise.
- faire payer le gaz de n'importe quelle manière - et semblerait-il presque à n'importe quel prix pour ne pas devoir réagir brusquement - toujours la peur de perdre la face et le pré-paiement semble faire encore plus peur à la Russie qu'à l'Ukraine.
- ne pas tomber sous le coup d'une nouvelle guerre froide économique, le prochain stade des sanctions, car la Russie et les russes en général (pas seulement l'élite) ont pris l'habitude de bien vivre, de voyager et ne veulent pas y renoncer.
 
Les conflits intérieurs sont tout aussi simples:
- Le mythe de la domination sans partage du conservatisme est avant tout un mythe. Un combat acharné, et bien plus violent que dans nos sociétés qui ont rendues les armes, a lieu entre les tenants de deux groupes: les libéraux atlantistes/mondialistes, les libéraux nationaux. Les uns veulent une politique de destructuration et de désengagement de l'Etat au profit de formes mondialisées de gouvernance, les seconds veulent garder l'Etat comme institution de gestion des affaires publiques.
- Il n'y a pas de conflit entre les tenants d'un retour au soviétisme et des libéraux modernisateurs. Plus personne ne veut sérieusement revenir au mode de gestion soviétique. Mais dans le langage courant, afin de destabiliser le discours nationale, les tenants de la gouvernance étatique sont caractérisés comme soviétisant et passéistes, pour sortir cette modalité de gouvernance du champ du possible et de l'acceptable. Et cela ne concerne pas que la Russie, mais dans la plupart des pays d'Europe les partis politiques ne correspondent plus au partage idéologique de la population, ni au positionnement des questions, puisqu'aucun parti ne pourra dire qu'il est atlantiste et donc que son but n'est pas la défense des intérêts de la population nationale, même si cette politique sera menée par la suite sous un autre nom : le libéralisme.
 
Donc, cette étrange situation autour de l'Ukraine semble traduire le conflit intérieur qui a lieu en Russie entre ces deux forces, quasiment égales. D'une manière assez inattendue, l'évolution de la crise en Russie pourra peut être enfin mettre fin à la cohabitation de fait au sommet de l'Etat russe en faisant finalement émerger un clan. Bien que V. Poutine affirme être le Président de tous les russes, de toutes tendances etc. Refusant donc lui aussi d'assumer un véritable choix de société.
 
Un jour la Russie devra comprendre qu'elle doit le faire ce choix, ne serait-ce que pour garder un équilibre institutionnel. Soit elle se positionne comme modèle alternatif, comme certains l'affirment et l'espèrent, soit elle est intégrée dans le concert des nations et dans l'économie internationale sans conflit.
 
Or, la Russie n'est pas prête à faire ce choix, car elle n'a manifestement pas la force intérieure (politique ou intellectuelle) suffisante pour se poser réellement en modèle alternatif complet, pas seulement concernant le mariage homosexuel ou la femme à barbe, mais en créant un modèle théorique alternatif mêlant valeurs et gouvernance. Pour autant, cette volonté est suffisamment forte pour ne pas pouvoir dire qu'elle y a renoncé. D'où, semble-t-il, le flou de sa politique qui oblige même à poser la question de son existence réelle ou d'une (par ailleurs très bonne) gestion de l'évènement.
 
 
 

vendredi 25 avril 2014

Journalisme: le prix du silence en Ukraine, le prix du sang

Voir: http://www.vesti.ru/doc.html?id=1513982
http://www.vesti.ru/videos?vid=594242

Международная и европейская федерации журналистов созывают встречу с участием союзов журналистов России и Украины
"Presse"


Les chars, les hélicoptères de guerre et l'armée ukrainienne attaquent et encerclent la ville de Slaviansk, on y compte déjà des morts - des civils sans armes; des snippers commencent à semer le trouble selon un scénario que l'on a déjà vu à Odessa; des soldats américains sont débarqués en Pologne et dans les pays baltes (?) et la Russie active des mouvements d'entraînements aux frontières ukrainiennes; la valse des dirigeants américains apportant les cartes de l'OTAN fait couler le sang à l'Est et Obama envisage de prendre des mesures directes contre Poutine.
Bref, pour ceux qui avaient encore un doute, non le monde n'est pas devenu fou, les dirigeants perdent simplement le sens des réalités car ils ont perdu toute responsabilité. A côté de l'armée officielle, des armées non officielles voient le jour et se substituent à l'Etat, les oligarques ukrainiens, au lieu d'investir dans l'économie nationale, lancent chacun leur armée privée et, contrairement à l'armée étatique, paient grassement les soldats. Si cela ne suffit pas, il y a toujours les contractuels étrangers que ces mêmes oligarques annoncent employer pour rétablir l'ordre en Ukraine, ces "soldats" n'ayant aucun risque de pactiser avec une population qu'ils ne comprennent pas.
Dans ce contexte, la politique de Kiev envers les journalistes est claire comme de l'eau de roche: à aucun prix l'information ne doit passer. Et la chasse aux journalistes russes s'intensifie: tout russe étant un espion potentiel.
Hier, des journalistes russes de NTV sont arrêtés. Selon les services de sécurité ukrainiens (SBU), ils tentaient de filmer des lieux stratégiques. Ils ont donc été arrêtés et son considérés comme des espions, comme l'affirment ces services. La preuve en est: lors du tournage, ils utilisaient des appareils camouflés. Voilà, chers concitoyens, votre conscience sera sauve, ce sont bien des espions, des russes.
Il faut dire aussi qu'une réelle chasse à l'espion russe est lancée en Ukraine, sur initiative de ces mêmes oligarques. Selon le cas, vous pouvez toucher jusqu'à 5000 dollars pour remise d'un espion terroriste russe, ce qui est synonyme, et si vous ramener son arme, on vous paie aussi.
Aujourd'hui, des journalistes, toujours russes mais l'OSCE vous dirait que c'est pure coïncidence, de la chaîne russe Life News ont également été arrêtés. Ils furent déportés car, je cite, leur présence sur le territoire de l'Ukraine présente un danger pour son intégrité territoriale et sa sécurité. Quand on vous disait que la parole est une arme, il ne fallait quand même pas prendre l'expression au pied de la lettre...
En d'autres termes, il faut que le pouvoir de Kiev puisse sans trop de bruits et d'images qui risqueraient de finir par passer à l'Ouest et feraient réfléchir la population européenne encore assoupie, il faut donc qu'ils puissent faire la guerre à ces terroristes-fédéralistes. Car oui, le fédéralisme est pénalement incriminée semble-t-il et assimilé au séparatisme. Ce qui permet d'ailleurs à ce même pouvoir d'ouvrir des enquêtes pénales contre les candidats à la présidentielle qui ne partagent pas leur point de vue. Oleg Tsarev en sait quelque chose. Candidat de l'Est à la présidentielle, il en est à sa troisième accusation pénale, la dernière ayant eu lieu après qu'il ait été passé à tabac par les anciens manifestant pacifiques de Maïdan, qui ont refusé de le laisser monter dans l'ambulance et finalement l'ont remis entre les mains du Procureur. Celui-ci, en toute logique, l'a accusé de fédéralisme. Vous ne voyez pas le rapport? Moi non plus. Mais il semblerait que nos voisins ukrainiens aient consommés Le Roi Ubu à excès.
Dans tout ce cirque, reste quand même une interrogation. A quoi sert-il d'aller aussi loin? Des opérations coup de poings ont lieu dans différentes villes de l'Est, le sang est versé, etc. Le pouvoir ukrainien semble s'être acculé dans une impasse: détruire son peuple ou s'autodétruire. Comment envisager des élections présidentielles, même si elles sont vitales pour le processus de légitimation, quand toute une partie du territoire ne veut pas les organiser, car estime que les circonstances ne permettent pas d'assurer la sérénité du scrutin.
 Est-ce de cette manière que le pouvoir compte finalement unifier son peuple? A moins d'imaginer le pire: ce pouvoir ne considère pas la population de l'est, russophone, comme une composante de son peuple, mais comme un groupe terroriste. Ce qui explique peut être cette décision inique d'encercler toute une ville. Prendre une population en otage, une population civile, de toute classe d'âge, de la maternelle à la retraite, rappelle les heures noires d'un autre régime, face à une autre population.
Mais à cette époque-là, la France, l'Angletterre, le Canada, les Etats Unis s'étaient alliés à la Russie soviétique pour combattre un mal plus grand que l'opposition idéologique entre le socialisme et le libéralisme, pour combattre l'extrémisme qui nie la valeur humaine à certaine catégorie d'hommes et de femmes. Aujourd'hui, l'Europe unie sous la banière américaine soutient un régime qui utilise l'armée contre son peuple, le Président américain justifie même cette décision en qualifiant d'action anti-terroriste.
Je ne me reconnais pas dans ces valeurs qui ne sont pas les valeurs européennes, libérales et humanistes. Quelle antinomie existe-t-il entre la Russie et les Etats Unis qui justifient pour ces derniers une politique négationniste?