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vendredi 14 mars 2014

Regards Croisés Russie-UE, par C. Voos : Avons-nous notre part de responsabilité dans l’intervention militaire russe en Crimée ? Comment en sommes-nous arrivés là ?



Un référendum proposant le rattachement de la Crimée à la Russie ou une plus grande autonomie vis-à-vis de Kiev doit être organisé ce dimanche.

D’un côté les Occidentaux et le nouveau pouvoir ukrainien jugent le scrutin « illégal », de l’autre la Russie, qui ne reconnaît pas les nouvelles autorités de Kiev, considère qu’il s’agit d’une question de « souveraineté nationale ».

Le blocage est donc complet.

 
Les Européens ont-ils fait leur la peur obsessionnelle américaine (Brzezinski) de voir émerger en Eurasie une puissance concurrente et la conviction que, si l’Ukraine parvenait à sortir de l’orbite russe, le modèle impérial moscovite serait détruit à jamais ?
 

En 1990, les Occidentaux n’avaient-ils pas promis à Mikhaël Gorbatchev de ne pas étendre leur alliance militaire aux anciens pays du pacte de Varsovie après la réunification allemande.

 
Dès le début des années 1990, la relation entre l’UE et la Russie a été polluée par la question de l’élargissement de l’OTAN.

Celle-ci suscite le développement des tensions internationales autour d’un triangle complexe UE-Russie-OTAN :

 
En 2004, les élargissements de l’UE et l’adhésion à l’OTAN impliquaient des pays de l’Europe centrale et orientale ayant eu des relations difficiles avec l’URSS et dans le cas de la Pologne, avec l’Empire russe.

 
Le second élargissement en 2007 à la Roumanie et la Bulgarie, a amené sur les rives de la mer Noire l’UE mais également l’OTAN, qui pénètre ainsi directement dans une zone d’intérêt stratégique russe.
 

Par la suite, après l’élargissement de l’Otan et de l’UE, les pays baltes et la Pologne joueront un rôle de premier plan dans le support européen aux révolutions colorées en Géorgie et en Ukraine, qui vont constituer un autre point de friction avec la Russie.
 

Enfin en 2009, l’UE lance le partenariat oriental, sur initiative de la Pologne et de la Suède dont le but est de resserrer les liens avec six pays de la CEI (Arménie, Azerbaïdjan, Biélorussie, Géorgie, Moldavie, Ukraine).

 
Moscou a interprété cette initiative comme une entrée en force, peu amicale, sur ses territoires d’influence traditionnelle cachant, sous le jargon diplomatique de rigueur, une tentative de réduire l’influence russe dans la CEI.

 
Il existe un volet plus particulier du partenariat oriental, celui qui concerne la sécurité des six pays visés et plus particulièrement la résolution  des « conflits gelés » où la méfiance  réciproque domine.

Il s’agit du Transnistrie et de la Gagaouzie en Moldavie, du Nagorno-Karabakh en Azerbaïdjan, de l’Ossétie du Sud et de l’Abkhazie en Géorgie.
 

Concernant ces zones d’instabilité aux portes de l’Europe élargie, Moscou craint que l’UE envisage de réduire l’influence russe dans ces régions (étant donné que l’UE considère que Moscou entretient ces « abcès » de fixation à son encontre) et que l’UE part du principe selon lequel la Russie sabote tout plan qui n’assure pas le maintien de son influence régionale.
 

Dans cette matière de conflits gelés, l’UE est aussi divisée par la question de savoir si le référendum sur l’indépendance du Kosovo représente un précédent ou non.

La position des Européens n’est d’ailleurs pas exempte de contradictions puisqu’ils proclament en même temps leur attachement aux principes d’Helsinki.
 

S’aventure-t-on vers un scénario similaire en Crimée qui donnerait naissance à une nouvelle zone grise entre la Russie et le reste de l’Europe.

 
Et pourtant dès 1999, Vladimir Poutine évoquait déjà à côté d’une zone de libre échange, l’importance pour la Russie de construire un système qui offrirait des garanties de sécurité à l’ensemble du continent européen.

 
Pour les USA, il s’agissait de tentatives pour découpler Washington et Bruxelles en affaiblissant l’OTAN, sous prétexte de créer une nouvelle architecture de sécurité paneuropéenne.
 

Quant à l’UE, loin de saisir l’opportunité de sortir de l’orbite US, elle insiste sur la place prépondérante de l’OTAN dans la sécurité européenne et envoie le signal à Moscou (qui considère cette alliance comme un moyen de conserver l’emprise américaine sur l’Europe) qu’elle a raison de discuter directement avec Washington « au lieu de perdre son temps » à discuter de sécurité européenne à Bruxelles ; ceci affaiblit de facto la capacité de négociations multilatérales de l’UE …

 
Que déduire de tout ce qui  précède ?

 
Que l’Ukraine, bien d’avantage encore que la Géorgie, est la ligne rouge à ne pas franchir.

 
La crise ukrainienne touche aujourd’hui le pré carré vital russe : la base navale à Sébastopol, la résorption de la vacance du pouvoir, les garanties aux populations russophones, la préservation du transit du gaz, la conservation du tissu industriel et minier de l’Est.

 
La Russie recherche la stabilité des frontières, des régimes et des Etats qui l’environnent. Un bouleversement géopolitique majeur à ses portes, dans sa zone vitale, se ferait à son détriment.

C’est pourquoi la Russie apparait d’avantage mue par la défense de ses enjeux essentiels  que par un projet d’expansion. Nous sommes donc loin des ambitions impériales que la presse européenne prête à la Russie.

 

Les événements de Crimée ne sont pas sans rappeler la « Guerre éclair » de la Géorgie en 2008. Là aussi, des milliers de russophones disposaient de passeports russes sauf que la Russie avait déployé ses soldats en réaction à l’intervention géorgienne.

 

Cette fois-ci, Moscou agit préventivement !

 

Les Européens ne regardent-ils pas trop souvent Vladimir Poutine sans l’écouter ? Sommes-nous sourds aux déclarations officielles russes pourtant identifiables : en termes de frontières, il y a une ligne rouge à ne pas franchir autour de la Russie.

 

Pour mémoire, en décembre 1991, lors du référendum sur l’indépendance en Ukraine, seulement 54 % des électeurs de Crimée se sont prononcés en faveur de l’indépendance, le plus faible pourcentage dans l’ensemble du pays.

 

Articles de référence :

 


 


 

 

lundi 27 janvier 2014

Chronique de Caroline Voos: Regard sur les relations Russie-UE à la veille du Sommet du 28 janvier 2014


Réflexions à l’adresse des dirigeants européens :

Après l’échec du Sommet de Vilnius sur le Partenariat oriental du 28, 29 novembre 2013, l’UE doit mener un dialogue de rapprochement avec la Russie et avec les pays du Partenariat oriental (Arménie, Azerbaïdjan, Géorgie, Moldavie, Ukraine, Biélorussie), sans placer ces derniers devant un choix très artificiel.

Pourtant un dialogue existe bel et bien avec la Russie depuis 16 ans ! (Accord de partenariat et de coopération de 1994 entré en vigueur en 1997). Mais le bilan est resté maigre. Un effort pour le relancer a été engagé en 2007, puisque l’APC venait à expiration. L’idée était de le remplacer par un accord ambitieux, « le Partenariat stratégique ». Comme les négociations s’enlisaient, un accord intérimaire appelé « Partenariat pour la modernisation » a été adopté en 2010 qui a contribué à relancer la promotion des quatre espaces communs (économique ; de liberté, de sécurité et de justice ; de sécurité extérieure ; pour la recherche et l’éducation).

Mais les résultats sont restés relativement modestes.

Lors du futur Sommet Russie-UE de janvier 2014, Moscou attend, à nouveau, un signal politique pour la reprise des négociations sur un nouvel accord de partenariat et de coopération (APC).

Alors ?

Renouer un dialogue politique et économique avec la Russie s’avère plus que jamais indispensable.

Sur le plan politique :

L’UE n’a jamais reconnu la vocation à l’adhésion des pays du partenariat oriental mais n’a pas dit non plus que cette perspective était exclue à jamais.

Elle doit donc lever cette ambiguïté de manière à éviter que sa politique de voisinage oriental ne soit perçue par la Russie comme un effort pour constituer un glacis.

Il n’est donc pas souhaitable que les pays du Partenariat oriental se trouvent sommés de choisir entre la Russie et l’UE alors qu’ils ne peuvent trouver une réponse concrète à leurs difficultés actuelles, ni du côté de la Russie seule, ni du côté de l’UE seule.

Il serait donc de bon ton que l’UE s’abstienne de renforcer cet antagonisme mais s’efforce plutôt de le réduire.

D’autre part, il faut arrêter de faire du lancement de l’Union douanière eurasiatique un épouvantail. Au contraire, il serait intéressant d’envisager des négociations commerciales globales entre l’UE et cette nouvelle zone, de façon à engager une ouverture commerciale à l’échelle du continent, qui pourrait être mutuellement profitable.

Dans un autre registre, il semble que la suppression de l’obligation de visa pour les courts séjours, permettant la circulation du plus grand nombre entre l’Est et l’Ouest, représenterait le meilleur moyen de rapprochement sur des valeurs fondamentales communes.

Deuxièmement, sur le plan économique :

Les ressources énergétiques viennent en tout premier lieu dans les relations économiques UE-Russie. Les trois quarts des importations européennes en provenance de Russie sont constituées de ressources énergétiques. Le marché européen absorbe à lui seul les deux tiers des exportations russes dans ce domaine.

Quand on parle énergie, on pense au gaz et donc forcément à Gazprom.

 Dans ce contexte, il est permis de se questionner sur l’application rigoureuse de la clause anti Gazprom inscrite dans le troisième paquet énergétique pour interdire la possession du réseau de distribution gazier par une entreprise fournissant du gaz. Gazprom a construit sur ses ressources des gazoducs cohérents avec les livraisons envisagées. Ce n’est pas illogique. S’il doit céder 50% des capacités à d’autres opérateurs, comment pourrait-il honorer les contrats ? L’UE ayant besoin d’importer ce que la Russie a besoin d’exporter, il doit pouvoir être possible d’aboutir à des conditions acceptables pour les deux parties et stables sur le long terme. Il va bien falloir accepter cette réalité qui est celle d’une interdépendance entre la Russie et l’UE.

Que conclure de ce qui précède.

La Russie d’aujourd’hui semble tentée de se tourner davantage vers l’Asie, dont le dynamisme économique éblouit. La Russie reste un pays de civilisation européenne, mais pourrait ne plus avoir une politique euro centrée. Elle a cessé de considérer l’Europe comme une priorité absolue. Cependant,  la proximité géographique, historique et culturelle impose une stratégie pragmatique de la part de l’UE : intensifier les relations économiques permettra d’établir de meilleurs liens politiques. La Russie peut jouer un rôle de pont vers l’Asie.

Ne pas saisir cette opportunité conduira à un rapprochement accru entre Moscou et Pékin, aux conséquences politiques et stratégiques incertaines. Combien de fois faudra-t-il encore le rappeler aux dirigeants européens ? La Russie est avant tout une puissance européenne et un acteur clé sur le continent depuis près de trois siècles.

C’est cet arrimage européen qu’il convient de préserver, de consolider …

Articles de référence sur ce sujet :


Voix de la Russie, Victoria Issaïeva : Interview Arnaud Dubien. : http://french.ruvr.ru/radio_broadcast/5646129/249437354/


 

mardi 22 octobre 2013

Regards croisés Russie-UE, Chronique d'actualités de Caroline Voos

Russie Politics vous propose une nouvelle chronique, Regards croisés Russie-UE. Caroline Voos présentera pour vous des articles de presse sur des sujets brûlants d'actualités ayant des approches différentes. Aujourd'hui, la question des relations entre l'Ukraine et l'UE.
 
Au delà de l'affaire Ioulia Timochenko,"Regards Croisés Russie-UE" sur le processus d'intégration de l'Ukraine à l'UE, illustrés par deux articles se faisant l'écho des points de vue russe et européen (ci-joint,deux liens l'un issu de la presse russe,l'autre de la presse lituanienne) :

Dans la Voix de la Russie, Ilia Kharlamov souligne à juste titre que l'intégration européenne servira d'avantage les intérêts des oligarques au pouvoir que ceux du peuple ukrainien et que les performances économiques de l'Ukraine risquent de se détériorer.
http://french.ruvr.ru/2013_10_17/Kiev-a-tort-de-vouloir-adherer-a-l-UE-0333/
...
Dans le journal lituanien Veidas, Laurynas Kasciunas met l'accent sur le protectionnisme russe au sein même de l'Union douanière (Russie, Biélorussie, Kazakhstan) et sur le fiasco de l'accord de Karkhiv en 2010 sur la réduction du prix du gaz.
http://www.presseurop.eu/fr/content/article/4207341-pourquoi-l-ukraine-fait-le-choix-de-l-europe

Quelle que soit la décision qui interviendra à Vilnius fin novembre, celle-ci devra être respectée par tous.
La Russie, en tant que nouveau membre de l'OMC, ne pourra indéfiniment faire pression sur les pays du Partenariat oriental pour influencer leur choix et devra s'atteler à maintenir la proximité historique, culturelle et religieuse privilégiée qu'elle entretient avec l'ensemble de ces pays(Ukraine,Biélorussie,Moldavie,Géorgie,Arménie,Azerbaïdjan).