Les moyens employés par l'Ukraine contre la Russie ressemblent de plus en plus à ceux d'un Etat terroriste, à moins qu'ils ne soient le signe d'un renoncement de l'Etat. Ainsi, l'organisation néonazie Secteur droit vient de condamner à mort, lors de la réunion d'un "tribunal révolutionnaire", 50 fonctionnaires russes. En Russie. Est-ce la nouvelle culture politique européenne?
Je vous souhaite la bienvenue sur ce blog où nous allons tenter de décrypter l'actualité politique russe, donner la dimension de toute sa richesse et sa complexité. Sans clichés et sans partis pris. Sans vouloir plaire à tout le monde.
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vendredi 24 août 2018
mercredi 4 janvier 2017
dimanche 12 juillet 2015
Ukraine de l'ouest: Secteur droit organise une fusillade à Mukachevo
Fumée dans la petite ville de Moukatcheve
Samedi, un groupe de 15 à 20 membres de Secteur droit prend d'assaut la petite ville de Moukatcheve (ou Mukachevo), dans la région de Transcarpatie en Ukraine, assez loin de la zone des combats. Attaquant un poste de police, un espace sportif, faisant au moins 9 blessés et 4 morts, ils estiment pourtant que A. Avakov (ministre de l'Intérieur ukrainien) est responsable, Kiev est responsable, la Russie est responsable et bien sûr V. Poutine. Quand le grand combat patriotique ressemble à une banale guerre des gangs. Le vrai visage de la révolution démocratique ukrainienne s'affiche au grand jour, pour qui veut ouvrir les yeux.
lundi 5 mai 2014
Odessa: la ligne rouge pour Iatséniouk
Voir: http://itar-tass.com/krizis-na-ukraine
http://itar-tass.com/mezhdunarodnaya-panorama/1165712
http://izvestia.ru/news/570285
http://itar-tass.com/mezhdunarodnaya-panorama/1165539
http://ontimer.livejournal.com/27218.html

http://itar-tass.com/mezhdunarodnaya-panorama/1165712
http://izvestia.ru/news/570285
http://itar-tass.com/mezhdunarodnaya-panorama/1165539
http://ontimer.livejournal.com/27218.html

Après le massacre d'Odessa, lors duquel les membres de Secteur droit et des combattants de Maïdan ont fait brûler vifs, dans l'Immeuble du syndicat le QG, des partisans d'un référendum sur la fédéralisation de l'Ukraine, la question des responsabilités est cruciale. Elle permet aux uns de faire semblant de gouverner, elle donne aux autres l'illusion d'être au-dessus des combats. Pourtant, une ligne politique a peut être été tracée.
Si ces évènements ont autant choqué, c'est par leur caractère inique, bestial, la négation même de toute humanité. Faire brûler des gens dans un immeuble, tirer sur ceux qui veulent en sortir, bloquer les portes, compter ceux qui se jettent dans le vide, bloquer l'arrivée des secours et des pompiers. Le tout sous le regard vide des forces de l'ordre. Ensuite, entrer dans le bâtiment, compter les morts comme on compte les points dans un jeu vidéo, prendre des objets comme on brandit des trophées. C'est inhumain. Cela rappelle les exactions nazies lors de la seconde guerre mondiale, lorsque des villages ont vu leur population brûlée vive dans les églises.
Autres temps, autres moeurs? Non, c'est ici, c'est maintenant et c'est à nouveau en Europe. Et à nouveau les instances européennes et internationales sont incompétantes, aveugles. Elles soutiennent au nom d'intérêts très particuliers un régime qui se retourne contre son peuple. Elles salissent le nom de démocratie, elles dénaturent les droits de l'homme. Elles collaborent aux exactions d'un régime qui a perdu tout lien avec la réalité. Comme les dirigeants européens dans leur grande majorité l'avaient fait avant, ils le refont aujourd'hui. Toujours cette faiblesse, toujours cette hypocrisie.
La seule différence entre ces deux époques est l'ampleur de la vague médiatique. Même si les médias officiels peuvent limiter l'impact des informations dérangeantes, ils ne peuvent totalement les taire. Les sources sont diversifiées, il n'est plus possible de dire: je ne savais pas. Et il est délicat de dire: je ne veux pas savoir.
Donc il faut trouver un responsable. Très vite. Comme à son habitude, Iatséniouk fait un discours dans lequel il essaie d'avoir un peu de prestance, pour cela il fait de grandes pauses théâtrales presque entre chaque mot. Il faut bien faire comprendre que ce qu'il dit est important. Donc, ce qui a été commis est un crime contre l'Ukraine. Bravo! Il se souvient qu'à Odessa habitent également des ukrainiens. Et, bien sûr, la Procuratura doit trouver les liens avec la Russie qui est responsable de cette provocation.
Pendant ce temps, le Los Angeles Times affirme que l'incendie a pris spontanément, des sources en France affirment que l'origine de l'incendie est inconnue. Il vaut mieux dans ce cas ne pas montrer les coktails molotovs préparés par ces charmantes jeunes ukrainiennes, blondes, les yeux bleux - ou même bruns, ne soyons pas racistes - le sourire au lèvre. Il ne faut pas montrer les membres de Secteur droit les lancer sur bâtiment qui alors prend feu. Il ne faut pas montrer la foule déchaînée tirer sur la façade. Il ne faut pas montrer cette foule frapper les hommes à terre. Seulement les images passent quand même. Donc l'affirmation de Iatséniuk ne tient pas.

Et premier miracle dans cette guerre civile qui s'évertue à n'en pas porter le nom, les Etats Unis désavouent leur marionnette. Le pauvre Iatséniouk, il avait tant essayer de se comporter en homme d'Etat, mais ce n'est pas donné aux marionnettes. L'ambassadeur des Etats Unis en Ukraine affirme officiellement que le Département d'Etat ne détient aucune preuve permettant d'impliquer la Russie d'une manière ou d'une autre dans les tragiques évènements qui ont eu lieu à Odessa le 2 mai.
Il faut donc s'adapter et relâcher une grande partie des personnes arrêtées à la suite du massacre. Car, ceux qui furent arrêtés ne sont pas ceux qui ont lancés les coktails molotovs, ne sont pas ceux qui ont tiré sur les gens qui voulaient sortir du bâtiment, ce ne sont pas ceux qui ont battu les blessés à terre. Ce sont les partisans du fédéralisme qui ont, semble-t-il, du seul fait de leur existence, perturbé l'ordre public. Il ont en plus eu l'outrecuidance de survire aux flammes, aux tirs et aux coups. C'est indécent.
En effet, 172 personnes avaient été arrêtées juste après les évènements, après une rapide enquête il en reste finalement 127, contre lesquels une affaire est ouverte. La population d'Odessa se regroupe devant les bâtiments des forces de l'ordre, demande leur libération, la démission du maire de la ville, etc. Finalement, 67 partisans du fédéralisme sont libérés sur ordre de la Procuratura.
Qui va être responsable? Le chef de la police de la région d'Odessa est démis de ses fonctions et des policiers sont inculpés, car ils n'ont pu maintenir l'ordre dans la ville. En réaction à la libération des victimes, les membres de Secteur droit s'en prennent à la police de la région. Pour les calmer, le nouveau chef de la police, leur dit qu'il était sur Maïdan lui aussi (c'est donc un gage d'objectivité, en tout cas un critère de recrutement) et qu'il va reprendre toute cette affaire en main, ils peuvent être rassurés.
De nombreuses questions se posent, à l'intérieur, comme à l'extérieur.
En ce qui concerne le comportement de la police lors du massacre d'Odessa, pourquoi la police n'a rien fait? Elle laisse passer dans la rue des membres de Secteur droit avec une arme visible à la main (voir photo en haut de l'article). Elle semble également, au début des évènements, regouper des membres de la police en civil, avec un bandeau rouge au bras, ces membres à bandeau rouge feront partie des tireurs ensuite, pour quoi faire? Leur donner les consignes? Dans ce cas, la police est partie prenante au massacre. Cela pourrait-il s'expliquer par le fait que des éléments extrémistes furent enrôlés ces derniers temps pour compléter les effectifs, et faire le sale travail?

Vous voyez ici un policier en uniforme bien entouré de bandeaux rouges.
Donc, à l'intérieur, Iatséniouk a le choix entre reconnaître son impossibilité à contrôler le pays, les organes publics et l'Etat, soit à admettre son implication et dire que l'arrestation et le massacre des opposants est le fondement de sa politique d'Etat. D'Etat démocratique, européen. Soutenu et financé par l'Europe, les Etats Unis, le FMI, etc.
C'est évidemment impossible. Donc, la police locale est responsable. Et les russes. Heureusement qu'ils sont là, sinon il suffit de les inventer.
Seulement l'argument russe ne passe pas, même aux Etats Unis. Il n'a vraiment ici aucun sens. Et pour la première fois, alors que jusqu'à présent les américains avaient tout couvert, justifié, expliqué, ou simplement avaient gardé un pieux silence, le Département d'Etat, par la voix de son ambassadeur en Ukraine dit non. Les russes n'y sont pour rien. Il faut une enquête objective. C. Ashton aussi, au nom de l'UE, trouve la couleuvre un peu grosse, et demande une enquête. Afin de satisfaire les attentes innatendues de justice de ses partenaires, la Russie prépare une requête devant la Cour européenne des droits de l'homme contre les exactions commises par l'Ukraine à Odessa.
Autrement dit, il semblerait que le pouvoir actuel en Ukraine ait franchi une ligne, soit en ordonnant, soit en laissant faire, soit en ne pouvant empêcher, ce massacre, ligne au-delà de laquelle les Etats occidentaux ne peuvent soutenir et protéger le régime en place. Qui devient trop ouvertement criminel. Pour autant, il y a peu de chance que cela ait des conséquences directes pour ce régime, s'il ne réitère pas cette "erreur stratégique", pour employer un terme on ne peut plus cynique vues les circonstances, mais qui à mon sens traduit bien le point de vue des "partenaires" de la Russie sur ce "dossier".
samedi 3 mai 2014
Odessa comme on ne vous l'a pas montré au JT - âmes sensibles s'abstenir
Voir: http://odessa-antimaydan.com/ucelevshij-iz-odesskoj-xatyni/
http://el-murid.livejournal.com/1768626.html
http://www.politonline.ru/comments/16288.html
http://itar-tass.com/mezhdunarodnaya-panorama/1163865

Voici la vidéo tournée par un journaliste en entrant dans le bâtiment - ce qu'il faut enjamber pour avancer, ce sont les corps:
Et quelques photos:

et encore :

sans oublier cette fameuse armée dont parle le New York Times:

Je m'arrête ici pour les photos, vous en trouverez plus sur les liens indiqués en haut de l'article.

"Gloire à Odessa, les amis. Aujourd'hui tout le pays est fier de vous!"
Il faut quand même que je vous donne un échantillon de son CV, c'est inquiétant:
http://el-murid.livejournal.com/1768626.html
http://www.politonline.ru/comments/16288.html
http://itar-tass.com/mezhdunarodnaya-panorama/1163865
Hier à Odessa, des membres du Secteur droit et des "supporters" de foot ont attaqué l'immeuble du syndicat où se trouvait le QG des partisans de la fédéralisation de l'Ukraine - pas des séparatistes mais des fédéralistes. Ils l'ont simplement fait brûlés en se défoulant sur les personnes qui tentaient d'en sortir. Ces "terroristes-fédéralistes" réunissaient des signatures en vue de l'organisaiton d'un référendum populaire permettant à toute la population ukrainienne de se déterminer sur la forme de gouvernement de son pays. Ceci est devenu un crime pour le nouveau pouvoir.
46 personnes sont mortes, plus de 200 ont eu besoin de soins médicaux, 88 personnes ont été hospitalisées et 27 sont dans un état grave. Le chiffre des victimes augmente constamment. Parmis les 8 corps identifiés, ce sont tous des habitants d'Odessa, et non des russes envoyés faire la guerre. Parmis les personnes mortes suite à leurs blessures, on compte déjà un député du parlement local du Parti de Régions. Donc, dans le bâtiment, il y avait aussi des hommes politiques d'opposition. Ca tombe bien ...
Selon le Washington Post et le New York Times parus aujourd'hui, l'opération menée par l'armée ukrainienne et la police à Odessa est la première grande opération contre les séparatistes pro-russe. Cette opération est une réussite, elle a permis de porter un coup sérieux aux activistes pro-russes. Le Washington Post déplore quand même le nombre important de personnes touchées.
Suite à cette "opération" punitive menée par les radicaux, qui, espèrons-le, ne représentent pas le gros des forces de l'ordre ni des forces militaires ukrainiennes, le chef de la police de la région d'Odessa a été démis de ses fonctions.
Voici les coprs brûlés à l'intérieur du bâtiment.
Voici les coprs brûlés à l'intérieur du bâtiment.

Voici la vidéo tournée par un journaliste en entrant dans le bâtiment - ce qu'il faut enjamber pour avancer, ce sont les corps:
Et quelques photos:

et encore :

sans oublier cette fameuse armée dont parle le New York Times:

Je m'arrête ici pour les photos, vous en trouverez plus sur les liens indiqués en haut de l'article.
Donc pour résumer, une manifestation organisée par les pro-maïdans dégénère et tourne à la folie meurtrière. C'est ce que la presse appelle une grande opération.
C'est aussi ce que certains libéraux bien pensants et bien intégrés, notamment en France, saluent avec ferveur. Tel est le cas d'Alexandre Melnik,

"Gloire à Odessa, les amis. Aujourd'hui tout le pays est fier de vous!"
Il faut quand même que je vous donne un échantillon de son CV, c'est inquiétant:
"Alexander MELNIK is Associate Professor at the ICN Business School and Program Leader of Magistratura (Master in international management between ICN and MGIMO, Moscow). He has a Doctorate from MGIMO in Moscow and a Master's Degree in Journalism from the same university.
He teaches Geopolitics (Global Geopolitical Challenges of the XXI century), Intercultural management, European development, French economy, Eastern emerging markets, Russia and the CIS. Alexander is also an International lecturer (European Council, UNESCO, National Assembly, Sciences Po, Sorbonne, Westminster College, US, Forum Mondial du Développement Durable, etc).
He is author of numerous publications on geopolitics (Le Monde, Les Echos, Le Figaro, Revue Défense Nationale, Politique Internationale, Passage, BFM radio and TV, France 24, etc). He has experience as a press attaché for the Russian Embassy in Paris, in the UN disarmament negotiations in Geneva, and was as senior executive of the Press Department of the Ministry of USSR International Relations." (http://www.icn-groupe.fr/en/faculty--research/faculty/business-environment/melnik)
La manière dont ce conflit évolue, la manière dont les acteurs internationaux se comportent - le Conseil de sécurité de l'ONU qui ne prend aucune mesure pour calmer les Ukrainiens, J. Kerry qui vient de refuser de discuter avec Lavrov pour trouver une sortie de crise, les absurdités quotidiennes des portes-paroles américains et de C. Ashton - donnent l'impression que la situation est dans une impasse totale. La diplomatie ne marche pas car il n'y a pas de solution qui permettent d'effacer toutes les erreurs commises sans que les populations ne s'en rendent compte. La guerre classique, surtout une attaque contre la Russie, fait encore un peu peur, mais il semble que cette folie commence à entrer dans le mode du possible. Il ne reste qu'à trouver la manière dont il serait possible d'attaquer sans être responsable. Et la situation s'emballe sans contrôle.
Pendant ce temps, des gens meurent pour que des politiciens ne perdent pas la face. Parce que les hommes politiques de notre "monde libre" ne sont plus dignes de ce nom. Ni d'hommes, mais de robots. Ni de politiques, mais d'exécutants.
vendredi 2 mai 2014
L'attaque de Slaviansk dans le contexte politique intérieur et international: ils ont tous besoin d'une guerre, sauf la Russie
Voir: http://itar-tass.com/mezhdunarodnaya-panorama/1162061
http://www.vesti.ru/doc.html?id=1529212
http://top.rbc.ru/politics/02/05/2014/921663.shtml

Blocus de la ville de Slaviansk
7h18: Début de l'attaque armée contre la ville de Slaviansk.
7h48: Des hélicoptères de guerre survolent la ville, qui est totalement entourée par des tanks et des groupes de forces spéciales.
9h18: Les forces de défense de la république de Donetsk ont abattu deux hélicoptères, un pilote est mort, l'autre a été hospitalisé.
9h20: Les hélicoptères ont cessé le survole de la ville.
10h03: Troisième hélicoptère abattu au-dessus d'un poste de contrôle à l'entrée de la ville.
10h38: Le ministre de l'intérieur Avakov annonce la prise de 9 postes de contrôle.
http://www.vesti.ru/doc.html?id=1529212
http://top.rbc.ru/politics/02/05/2014/921663.shtml

Blocus de la ville de Slaviansk
7h18: Début de l'attaque armée contre la ville de Slaviansk.
7h48: Des hélicoptères de guerre survolent la ville, qui est totalement entourée par des tanks et des groupes de forces spéciales.
9h18: Les forces de défense de la république de Donetsk ont abattu deux hélicoptères, un pilote est mort, l'autre a été hospitalisé.
9h20: Les hélicoptères ont cessé le survole de la ville.
10h03: Troisième hélicoptère abattu au-dessus d'un poste de contrôle à l'entrée de la ville.
10h38: Le ministre de l'intérieur Avakov annonce la prise de 9 postes de contrôle.
Pour l'instant, la situation autour de Slaviansk se stabilise. L'armée ukrainienne ne semble plus aussi active. A l'intérieur de la ville, la situatione est tendue. Il a été demandé à la population de ne pas sortir dans la rue et de ne pas se rendre au travail. Les magasins sont fermés. On annonce des groupes de Secteur droit en civil pour des opérations coup de poing à l'intérieur de la ville.
Divers: Les "forces ukrainiennes" sont composées en partie seulement de militaires professionnels, car ils refusent en général de se battre contre la population. Les contingents ont donc été complétés par des combattants de Secteur droit spécialement armés pour l'occasion.
Cette attaque tombe bien pour Kiev et surtout pour le pouvoir en place. Il y a quelques jours de cela, le groupe de hackers Cyber-berkut a diffusé l'information suivante, venant de la boîte mail d'un des oligarques du pouvoir, I. Kolomoïsky: non contents de la politique faible du Président et du Premier ministre par interim, un groupe de militaires (des généraux, des officiers, des attachés militaires, notamment auprès de l'OTAN) préparent un coup d'Etat militaire pour renverser le régime et placer le dirigeant du parti extrémiste Svoboda, Tiagnibok, à la tête du pays. Les Président et Premier ministre par interim seraient au courant, mais ne sauraient que faire.

Cela date du 28 avril. Pendant ce temps, les forces de Secteur droit sont habilement réarmées, jointes à l'armée officielle qui est envoyée pour démontrer une fois de plus sa force à l'Est. Bref, éloigner le danger, gagner du temps et en plus faire plaisir aux commanditaires.
Aujourd'hui, quand le sang se remet à couler, la porte-parole de l'administration américaine annonce que le FMI devrait envoyer à Kiev la première tranche du financement dans la journée.
Etrange coïncidence quand même que ces deux informations. Par ailleurs, il serait intéressant de vérifier la relation réelle qui existe avec l'OTAN, surtout quand celui-ci vient juste de réactiver officiellement son ennemi fondateur. Le vice-secrétaire général de l'OTAN, A. Vershbow, a déclaré que la Russie ne pouvait plus être considérée comme un partenaire, mais comme un adversaire. Cela permet à cette institution de guerre froide, fondée pour défendre le monde "libre" contre l'URSS de justifier son existence aujourd'hui: défendre le monde "libre" contre la Russie. Les bons contre les méchants, une recette qui marche toujours.
Il semblerait que certains groupes d'intérêts aient réellement besoin de faire basculer cette guerre "post-moderne" en guerre classique. Certains semblent avoir besoin de plus de sang, de plus de morts, de blessés, de destruction et de chaos. Ils ont besoin de mettre du sang sur les mains de soldats russes, sans avoir à truquer des photos, pour justifier leur politique. La Russie doit être l'Ennemi, sinon le Monde Libre s'est trompé. Et cela n'est pas acceptable.
samedi 15 mars 2014
Russie-Etats Unis: les enjeux de Kharkov
Voir: http://itar-tass.com/mezhdunarodnaya-panorama/1047574
http://warsonline.info/ukraine/amerikanskiy-bespilotnik-mq-5b-perechvachen-v-nebe-nad-krimom.html
http://www.pravda.com.ua/rus/news/2014/02/24/7016123/
http://ru.wikipedia.org/wiki/%D0%94%D0%B5%D0%BB%D0%BE_%D0%9F%D0%B0%D0%B2%D0%BB%D0%B8%D1%87%D0%B5%D0%BD%D0%BA%D0%BE
http://www.objectiv.tv/281211/64684.html
http://pn14.info/?p=149068
http://www.vz.ru/news/2014/3/12/676746.html
http://www.vesti.ru/doc.html?id=1377683
http://warsonline.info/ukraine/amerikanskiy-bespilotnik-mq-5b-perechvachen-v-nebe-nad-krimom.html
http://www.pravda.com.ua/rus/news/2014/02/24/7016123/
http://ru.wikipedia.org/wiki/%D0%94%D0%B5%D0%BB%D0%BE_%D0%9F%D0%B0%D0%B2%D0%BB%D0%B8%D1%87%D0%B5%D0%BD%D0%BA%D0%BE
http://www.objectiv.tv/281211/64684.html
http://pn14.info/?p=149068
http://www.vz.ru/news/2014/3/12/676746.html
http://www.vesti.ru/doc.html?id=1377683
La situation en Ukraine a pris cette nuit un tournant dangereux, même s'il est difficile de dire qu'il fut inattendu. Le sang a coulé à Kharkov et des membres locaux de Secteur droit ont été arrêtés par la police locale. Mais pour comprendre ce qui se passe, il faut tout d'abord replacer les faits dans le contexte général.
La révolte de la Crimée qui se dirige vers un rattachement à la Russie a surpris tout le monde. Personne n'imaginait qu'un tel pas fut possible, aussi vite et aussi volontairement de la part de la population locale. Les dérapages politiques de Kiev, la radicalisation de sa politique envers les russes, ont conduit les habitants à vouloir sortir d'un pays dans lequel ils se sentent rejetés et maintenant même en danger.
Or, leur initiative a mis à mal le plan américano-européen reposant sur l'organisation d'un grand mouvement populaire allant comme un seul homme en chantant les valeurs européennes rejoindre le giron de l'UE, rejetant la Russie et ses menaces dénoncées dans les médias occidentaux. Finalement, il n'y a pas de consensus, les valeurs avancées sont celles de l'extrême droite et la Russie devient plutôt une planche de salut. Le contrôle de l'information ni les provovations n'y font rien, les populations de l'Est rejettent les gouverneurs qu'on leur envoie, soutiennent ceux qu'elles ont choisis et qui sont emprisonnés à Kiev les uns après les autres.
Face à cette dislocation, Kiev a du réagir. La Rada décide de libérer des "prisonniers politiques". On compte essentiellement des personnes qui ont tué ces dernières années des policiers ou des magistrats. Par exemple le père et le fils Pavlitchenko. Ils furent arrêtés en 2011 pour avoir assassiné le juge qui leur avait refusé le droit d'agrandir illégalement leur appartement. Le fondement politique est absolument évident. Il s'agit aussi de la libération de Andrey Biletsky, extrémiste notoire, qui a tué un ancien comparse venu dans les locaux de leur organisation à Kharkov. Or, l'extrémisme est bien vu aujourd'hui en Ukraine, il donc non seulement été libéré, mais a pris la tête du Secteur droit-Est que Iaroch vient de mettre en place il y a quelques jours pour reprendre en main ces régions indisciplinées.
Et le résultat ne s'est pas fait attendre. Hier soir à Kharkov explose un conflit entre les anti-Maïdan et des arrivants d'Ukraine de l'ouest. Ces derniers disposent d'armes automatiques et tirent, lacent des coktails molotov, etc et tuent deux personnes, sans compter les blessés. Le combat commence dans la rue et finalement se termine dans le bâtiment du Secteur droit. La police arrive à faire reculer les anti-Maïdan et commence des négociations avec les membres de Secteur droit pour faire cesser le feu. Trois personnes sont prises en otages, dont le policier qui menait les pourparlers. Le Maire de la ville reprend les pourparlers et finalement les armes sont déposées, les otages relâchés et les membres de Secteur droit arrêtés par la police. Pour calmer la foule qui ne voulait pas les voir relâcher en toute impunité, le Maire garantit personnellement qu'ils seront amenés au poste de police.
La situation devient cocasse, si l'on peut dire. Car Secteur droit est une force politique de premier ordre à Kiev et ses membres n'agissent pas sans instructions. Mais la police, quand les choses vont trop loin, est obligée d'intervenir pour rétablir l'ordre. Car la pression de la population locale ne peut être éternellement ignorée. C'est une petite victoire du droit sur la bestialité, mais l'avenir montrera quelle en sera la portée. S'ils sont rapidement libérés, la population risque de réagir violemment, s'ils sont incarcérés, Secteur droit va réagir violemment. C'est une impasse. Et une action contreproductive pour Kiev.
Parallèlement à ces mouvements de terrain, des tentatives d'intervention plus globales se superposent. Au début, des médias assez marginaux avaient lancé l'information selon laquelle deux drones américains survolant le territoire de la Crimée avaient été mis hors d'état par la Russie. Le temps passe et le jeu se précise. Le site officiel de Rostekhnology, hier soir, met en ligne un communiqué officiel : un drone américain a été mis hors d'état de fonctionner par le système russe Avtobaza qui permet de désactiver à distance en coupant les communications. Ce matin, ce communiqué est remplacé par un autre affirmant que Rostekhnology ne confirme pas l'utilisation du système Avtobaza en Crimée, mais ... met en lien le même texte "transféré" vers la revue Voenny Obozrevatel. Ceci permet de lancer le message, permet aux Etats Unis de démentir l'utilisation du drône, mais ils sont au courant que celui-ci a été repréré et désactivé. Pour éviter toute possibilité de doute, le numéro du drone est également indiqué. Il est également expliqué que le groupe de drones a été déplacé par les Etats Unis de la Bavière vers le centre de l'Ukraine début mars.
Mais le jeu ne s'arrête pas là, ce serait trop facile. La guerre moderne est plus technologique qu'humaine. Il faut toujours des hommes pour tirer, mais ce n'est pas uniquement cela qui va déterminer le résultat du conflit. Or, le conflit entre les Etats Unis et la Russie bat son plein. Cette nuit toujours, le ministère russe des télécommunications indique que la tentative menée pour désactiver le satellite russe de télécommunication a échouée, la tentative vient de l'ouest de l'Ukraine. Le système Avtobaza pourra donc continuer de fonctionner sans accroc.
Tout cela donne l'impression que la coalition américano-européenne ne sait pas très bien comment agir. D'une part, il y a des tentives plus globales visant à préserver coûte que coûte le monopole américain d'hégémonie en sous-estimant les capacités de résistance et de réaction de la Russie qui n'est plus celle des années 90 et encore moins celle de l'époque soviétique, d'autre part ils ne semblent plus vraiment contrôler la situation sur le terrain et laissent trop de marge de manoeuvre à des individus qui n'ont aucune vision politique à long terme. Cette erreur stratégique risque de provoquer un effet inverse. Pour l'instant, les populations de l'Ukraine de l'Est ne veulent pas sortir d'Ukraine, elles veulent être écoutées et respectées, avoir des droits qui soient respectés, et demandent la fédéralisation du pays. Mais à ce jeu-là, ils risquent de les pousser dans les bras de la Russie.
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