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lundi 2 novembre 2015

Serdiukov, la lutte contre la corruption et le monstre du Loch Ness

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A. Serdiukov, ancien ministre de la défense, touché par des affaires de corruption

La lutte contre la corruption en Russie ressemble parfois au monstre du Loch Ness: tout le monde en parle et personne ne le voit. J'exagère? Oui, un peu. Pourtant en regardant les suites de l'affaire Oboronservice (notre texte à l'époque ici), entre la libération anticipée de la figurante principale (notre analyse ici) E. Vassilieva et les engagements de son amant ancien ministre de la défense A. Serdiukov, l'on a du mal à comprendre contre quelle corruption est dirigée le combat ...

vendredi 24 avril 2015

Le double scandale Oboronservice ou l'étrange lutte contre la corruption

Экс-чиновница министерства обороны РФ Евгения Васильева. Архивное фото
E. Vassilieva

Dans l'affaire Oboronservice, qui a coûté son fauteuil en 2012 à l'ancien ministre de la défense A. Serdiukov et plus de 3 milliards au budget, le procureur ne demande que du sursis pour les figurants de l'affaires et ne retient aucun grief contre l'ancien ministre. Si c'est la manière dont l'Etat veut montrer son engagement dans la lutte contre la corruption, il faudrait donner quelques explications ... Revenons sur une des plus grosses affaires de corruption au sommet de l'Etat de ces dernières années.

mercredi 11 décembre 2013

Serdiukov pourrait bénéficier de l'amnestie: un mauvais signal pour la société

Voir: http://izvestia.ru/news/562217

Alors que le projet d'amnestie en raison des 20 ans de la Constitution se précise, alors que l'on parle beaucoup de la libération possible des Pussy Riot et des figurants de l'affaire Bolotnaya, il y a un autre figurant dont on parle beaucoup moins. L'ancien ministre de la défense, A. Sediukov, pourrait également bénéficier de cette amnestie.
 
L'amnestie n'est pas nominative, elle fonctionne toujours par catégories. En l'occurence, il s'agit des femmes ayant des enfants, des adolescents, des personnes agées, des invalides, etc. Mais également des militaires, des fonctionnaires civiles ou des membres de l'exécutif, si la peine en cours ou encourue ne dépasse pas 5 ans et s'ils n'ont pas fait déjà l'objet d'une condamnation antérieure.
 
A. Serdiukov, ancien ministre de la défense, mis en cause dans un affaire de détournements de fonds publics dont la somme ne cesse d'augmenter, n'a été accusé que de négligence. Selon l'article 293 du Code pénal, cela concerne les fonctionnaires qui n'exécutent pas leurs obligations ou ne les exécutent que d'une manière insatisfaisante, par suite d'un manque de consience ou d'un comportement négligeant dans l'exercice du service, lorsque ce fait a entraîné une violation substantielle, notamment des intérêts de l'Etat. La peine maximale est de 5 ans d'emprisonnement.
 
Il ressort de cette qualification que l'ancien ministre ne soit pas directement impliqué dans les affaires de son ancienne maitresse qui dirigeait Oboronservice, le département qui s'occupait des achats publics pour le ministère de la défense. Il semblerait également que les constructions aux frais de l'Etat, les aménagements substantiels de sa résidence secondaire, n'aient pas été demandé par lui. Il fut donc simplement négligeant, car il n'a pas bien gérer son ministère. Cette version satisfait peu de personnes et la question se pose de requalifier les chefs d'inculpation en excès de pouvoir. Si cela a lieu, alors A. Serdiukov ne pourra d'aucune manière être concerné par l'amnestie.
 
Même si l'inculpation pour négligence est maintenue, l'ancien ministre ne devrait en aucun cas être concerné par cette amnestie, l'affaire devrait être jugée. Et cela pour deux raisons. Tout d'abord, la qualification en elle-même est déjà tellement légère au regard des faits, qu'elle est loin de redorer l'image de la justice. Ensuite, permettre à un ancien ministre impliqué dans une affaire de détournement de fonds publics à grande échelle d'éviter de se retrouver face à la justice sonnerait le glas de la politique de lutte contre la corruption et confirmerait leur impunité de fait.
 
Comme ce le fut pour l'amnestie des hommes d'affaires, les détournements de fonds publics devraient automatiquement exclure toute possibilité d'amnestie. Il en va de la crédibilité de l'Etat à défendre l'intérêt public.

lundi 26 novembre 2012

Medvedev / Rogozine: l'alternative présidentielle ou changement de Premier ministre?

Voir: http://ria.ru/politics/20121126/912190321.html
http://www.1tv.ru/sprojects_edition/si5756/fi19583
http://www.gazeta.ru/politics/2012/11/26_a_4867973.shtml

Après les rumeurs répétées - et démenties - sur la santé de V. Poutine, avec la lutte qui s'intensifie contre la corruption systémique, avec la volonté de "nationaliser" les élites du pays, après l'échec politique de D. Medvedev, avec l'absence d'alternative proposée par l'opposition actuelle, l'avenir des présidentielles semble se cristalliser autour de deux hommes, de deux courants: Rogozine et la vision d'une reconstruction nationale contre Medvedev et l'ultralibéralisme.
 
Les rumeurs sur la santé de V. Poutine avaient défrayées les médias libéraux: le Président vieilli, il n'est pas éternel et la question de l'avenir de la Russie avait refait surface. Rumeurs démenties par le porte-parole de la présidence, V. Poutine s'est juste fait mal en faisant du sport, rien de grave. Mais la question n'est pas là. Qu'il soit malade ou en bonne santé, il n'est pas éternel et la question de son remplacement se posera de toute manière. Lui-même ne s'envisage pas éternellement au pouvoir.
 
Des plaisanteries fusaient alors sur le retour de Medvedev, ce qu'il vient d'affirmer envisager. Si l'on traduit ses déclarations à la presse française, le message est clair. Il a accepté le poste de Premier Ministre en espérant revenir à la présidence, comme l'a fait V. Poutine: une fois que l'on a goûté au pouvoir, il est difficile de s'en défaire ... Et il reprend ses grandes diatribes libérales, explique sa politique sur Twitter, la réexplique sur Facebook. Il rappelle aussi l'affaire Khodorkovky, se posant en grand défenseur de la libération des deux principaux protagonistes de l'affaire Yukos. Mais D. Medvedev/ Premier Ministre a dû oublié que D. Medvedev/Président, alors que sur demande, une dizaine de grands juristes russes lui avaient expliqué par écrit qu'il pouvait gracier Khodorkovky sans que celui-ci n'en formule la demande, que la législation est ainsi construite, qu'il s'agit d'un pouvoir propre du Président dans tous les pays et de tout temps - puisque cela vient des pouvoirs du Monarque à l'époque dans tous les pays - il a affirmé ne pas être d'accord avec eux et n'a pas eu le courage politique de mettre en oeuvre ses grandes déclarations. Donc la grande réforme qu'il a pu mettre en place jusqu'au bout, et sur laquelle il n'est n'est pas revenu puisqu'elle est réussie, est l'annulation du changement d'heure. Grande réforme! Bon, je plaisante ...
 
Cet homme envisage donc son retour politique. Cet interview apparaît sur gazeta.ru le lendemain du jour où Rogozine occupe l'espace médiatique, sur NTV et surtout sur Pervyi Kanal, avec¨Pozner. Rogozine y développe un discours, s'appuyant sur des faits, démontrant l'importance d'une lutte systémique contre la corruption, notamment dans l'industrie militaire où le financement est renforcé. La nécessité de relancer l'industrie nationale pour ne pas mettre la Russie en situation de dépendance par le recours à l'achat d'armement aux autres pays (politique alors défendue par Serdiukov). Il insiste aussi sur la nécessité d'un discours constructif de l'opposition, qui doit travailler pour son pays. Et là en effet est le rôle de l'opposition: critiquer les choix politiques et proposer une alternative. L'on peut se demander quelle est la position de l'opposition sur la réforme des retraites par exemple. Mais il n'y a pas encore de réponse. Ce qui bloque la possibilité de créer un électorat: les gens ne sachant pas quelle politique serait mise en oeuvre.
 
Aux questions répétées de Pozner sur ses intentions présidentielles, Rogozine tient une position ferme: il est au Gouvernement, s'occupe de ses affaires et n'a pas pour l'instant d'ambitions présidentielles. Pourtant, pourtant ... Le combat des clans politiques semble se durcir et la position de Medvedev est particulièrement flottante. Son départ du Gouvernement a souvent été évoqué, mais n'est resté que parole. La montée politique de Rogozine, personnalité largement plus forte de Medvedev à beaucoup de point de vue, semble se poser en alternative réaliste pour, dans un premier temps, un poste de Premier ministre.
 
Les conséquences n'en seraient que positives. Tout d'abord, en situation de fait majoritaire normal, le Président et le Gouvernement doivent avoir la même ligne politique. Ensuite, cela permettrait d'officialiser politiquement l'existence des deux clans. Medvedev aurait alors la possibilité de réellement être à la tête d'un parti libéral qui pourrait s'opposer dans l'arène politique au clan Poutine/Rogozine. Et les électeurs pourraient faire un choix réel. Mais Medvedev en a-t-il le courage politique? Poutine pourra-t-il enfin mettre un terme à l'existence des clans informels et ainsi réellement normaliser la vie politique?
 
La suite au prochain épisode ...

vendredi 16 novembre 2012

Les fausses rumeurs autour de l'avenir de Serdiukov

Les médias en ligne n'en finissent pas de diffuser des rumeurs et des analyses autour d'un thème à la mode: l'avenir de Serdiukov. Et la déclaration infirmant officiellement le fondement de cet emballement passe presque inaperçue.
 
A. Serdiukov, ancien ministre de la défense déchu en raison d'escroqueries à grande échelle et de détournements de fonds publics, est nommé conseiller du directeur général de consortium étatique Rostekhnologui.
 
Pour les uns, cela rappelle les pratiques soviétiques de "replacement" des siens, donc rien n'a changé, donc rien ne peut changer (voir http://www.specletter.com/politika/2012-11-15/v-mestah-ne-stol-otdalennyh-ot-vlasti.html - l'article est par ailleurs très bien écrit). Pour d'autres, cela signifie qu'il n'y aura aucune enquête, que Serdiukov ne risque rien et que tout pourra gentillement continuer comme avant (voir http://www.kommersant.ru/doc/2067012). Tous sont d'accord sur le fait que ce n'était qu'un coup médiatique qui a permis de se débarrasser à bon prix d'un ministre finalement pas si mal, voire plutôt bon, surtout depuis que Poutine l'a démis de ses fonctions.
 
Intéressant. Très intéressant. D'autant plus que l'on apperçoit à peine dans les médias, à l'exception notable de Izvestia, le démentie de cette information / désinformation. En effet, le service se presse de Rostekhnologi a très officiellement déclaré que à ce jour, aucun document ou autre indication officielle n'existe en ce qui concerne la nomination de A. Serdiukov au poste de conseiller du directeur général ou même de collaborateur de Rostekhnologui (voir http://izvestia.ru/news/539734).
 
Malgré cela, les médias qui ont publié une information fausse ne publient pas de démenti.

mercredi 7 novembre 2012

Les leçons du renvoi du ministre de la défense Serdiukov: la voie de la normalisation

Voir: http://www.vedomosti.ru/opinion/news/5792011/putin_v_okruzhenii
http://www.gazeta.ru/comments/2012/11/06_e_4842373.shtml

A la suite des scandales financiers de corruption et de détournement de fond liés ces derniers temps au ministère de la défense et à la personne même de A. Serdiukov, V. Poutine a pris la décision de le renvoyer et, sur proposition de D. Medvedev (officiellement), de nommer O. Choïgu à sa place, qui n'est dès lors plus gouverneur de la région de Moscou.
 
La réaction est plutôt saine. Un ministre convaincu de corruption, dont l'activité est entâchée de scandales ne peut rester en place. C'est une décision normale, signe d'une bonne vitalité et de la vie politique - contre la logique des clans longtemps en place - et de la logique de l'intérêt d'Etat qui exige une utilisation sinon rationnelle du moins "légale" des fonds budgétaires attribués, surtout si l'on tient compte du fait que le budget de l'armée doit être augmenté afin de moderniser l'institution.
 
Et là, surprise, la presse libérale critique. Elle souligne que cette attitude n'était pas dans les habitudes de V. Poutine, ce qui est indéniable, et donc que cela montre les difficultés de son clan qui serait au bord de la crise (pour vedomosti). Conclusion surprenante que de qualifier de "crise" une décision allant dans le sens d'une normalisation des rapports politiques. Selon un autre quotidien libéral (gazeta.ru), les faits de corruption n'étaient pas si graves, les détournements de fond sont habituels, donc cela ne peut être le fondement du renvoi de A. Serdiukov. La raison ne peut non plus être dans le conflit permanent qu'il entretient avec les cadres de l'armée en raison de sa politique de réduction des effectifs, de réorganisation des structures, d'achats essentiellement d'armements étrangers au détriement d'une industrie militaire nationale qui a toujours été un élément stratégique pour un Etat souverain et indépendant, industrie qui a besoin du soutien de l'armée. Position largement défendue par la bulle ultra libérale. Mais le plus mausant est qu'ils soutiennent également qu'une telle politique n'aurait pu être menée sans l'avale du pouvoir. La contradiction est alors poussée à son maximum. 
 
Cette position défendue par la presse libérale n'a, en soi même, rien d'anormal. Il existe différentes conceptions de la politique étatique, différentes voies pour la réaliser, ce qui se traduit par une presse diversifiée. Une presse qui soutient les décisions prises par la majorité politique, a priori. Une presse qui les dénigre, a priori. Schéma tout à fait normal, si l'on applique à la Russie les mêmes critères d'appréciation que pour les Etats politiquement développés. Il y a donc bien une presse d'opposition bien intégrée, qui n'est pas une presse objective mais partisane, ce qui est encore normal.
 
Autrement dit, un des grands enseignements du renvoi du ministre de la défense A. Serdiukov est le chemin pris vers une normalisation. Mais le chemin est long et les tentations sont grandes, espérons qu'il se poursuivra. Il est également souhaitable qu'une complexification des critères d'analyse du système russe entre dans les moeurs, afin d'en saisir réellement les subtilités et ne pas tomber dans les analyses idéologiques caricaturales qui ne font pas avancer le débat.

mercredi 31 octobre 2012

Corruption, écologie et ministère de la défense: un cocktail explosif

Voir: http://izvestia.ru/news/538733

Lors d'une enquête commune menée par la Procuratura, Comité d'enquête et la Chambre des comptes, un scandale de grande ampleur vient d'être révélé dans la région de Krasnoyarsk qui mèle les fonctionnaires locaux et le ministre même de la défense, Serdiukov pour l'affaire dite de la datcha de Serdiukov sur les bords de la mer d'Azov.
 
Dans la région, tous les services, y compris ceux en charge de la protection de l'environnement, étaient parfaitement au courant que le ministère de la défense construisait des édifices sur des zones naturelles protégées, notamment par l'UNESCO. Et non seulement ils étaient au courant, mais ils ont couvert ces activités et en ont profité pour se construire des villas à côté de celle du ministre de la défense.
 
Les habitants et les organisations locales de défense de l'environnement ont tenté d'arrêter le saccage de la zone, dû au bétonnement, à l'utilisation des yachts, à la construction d'une aire d'atterrissage pour hélicoptère. Mais ils n'ont jamais obtenu de réponse. Seulement lorsqu'ils se sont adressés à V. Jirinovsky et à S. Mironov, qui ont pris en compte leurs demandes, les choses ont bougé.
 
Ils semble ainsi qu'un schéma ait été mis en place, dans le cadre de la cession des biens appartenant au ministère de la défense qui ne sont pas utilisés. Ces biens doivent être rendus au secteur civil. Les autorités publiques locales ont un droit de préemption, c'est-à-dire qu'elles sont prioritaires pour le rachat. Donc, un concours est mis en place, les autorités locales se désistent, et un acheteur privé remporte le concours. Il revend ensuite le bien plus cher. Le bien est sorti du patrimoine public, sorti du patrimoine de l'armée. Pour pouvoir revenir dans le patrimoine très privé de certaines personnes. Parallèlement, discrètement, sans savoir vraiment comment, des zones entières sont soudainement exclues des zones naturelles protégées. Sans oublier que parfois la trace du propriétaire se perd. Ainsi, en 2009, Serdiukov demande le transfert sans compensation d'une zone protégée dans le patrimoine de l'armée. Cette année y ont démarrées des constructions. Mais personne ne peut dire si cette zone est encore dans le patrimoine de l'armée ou à qui elle appartient.
 
Le travail de vérification des services fédéraux d'enquête se poursuit et des têtes risquent de tomber.