Je vous souhaite la bienvenue sur ce blog où nous allons tenter de décrypter l'actualité politique russe, donner la dimension de toute sa richesse et sa complexité. Sans clichés et sans partis pris. Sans vouloir plaire à tout le monde.
mardi 10 avril 2018
Surkov: le destin de la Russie, la solitude n'est pas l'isolement
lundi 20 novembre 2017
V. Surkov: l'hypocrisie veillissante de la civilisation occidentale
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| V. Surkov et l'incontournable hypocrise du monde moderne |
Pour comprendre la politique d'un pays, il faut comprendre la manière de penser de ceux qui la font et l'influencent. Vladislav Surkov est l'un de ces personnages, peu médiatisés en Occident, dont la réflexion politique est loin d'être négligeable pour l'établissement de la gouvernance russe. Conseiller de longue date du Président Poutine, partisan d'une vision stratégique post-moderne et complexe, il s'exprime rarement publiquement. C'est pourquoi chaque article est en soi un évènement. Or, il vient de publier une analyse froide et sans complaisance de l'état de la civilisation occidentale. Tyrannie incontournable de l'hypocrisie et faux demi-dieux, que reste-t-il de l'homme? Traduction de son texte publié sur RT, le choix du support n'étant pas innocent - aujourd'hui.
mardi 25 octobre 2016
Le "Plan Surkov" de destabilisation que vient de lancer l'Ukraine
mardi 19 janvier 2016
Surkov - Nulland: vers quelle sortie de crise dans le Donbass?
jeudi 16 juillet 2015
Un tournant dans le Donbass? Surkov et Nulland reprennent la main

mercredi 18 juin 2014
Le non-interventionnisme de V. Poutine commence à diviser les élites
La position de V. Poutine est stable et claire: la crise dans l'est de l'Ukraine est une affaire intérieure de l'Etat ukrainien, la Russie n'a pas à intervenir. Quand les populations civiles sont touchées au phosphore, la Russie demande une enquête. Quand les journalistes sont "arrêtés", elle négocie la libération. Quand ils sont tués, elle exprime son désagrément.
vendredi 6 septembre 2013
Surkov de retour?
mercredi 22 mai 2013
Après beaucoup d'autres, A. Tchesnakov quitte Edinaya Rossya
lundi 13 mai 2013
Comment interpréter le départ de V. Surkov?
jeudi 2 mai 2013
Comment créer un concurrent à Edinaya Rossiya? L'idée de Surkov
jeudi 29 décembre 2011
L'administration présidentielle s'organise pour une victoire de Poutine au premier tour
jeudi 1 décembre 2011
Quand l'appareil d'Etat s'attaque à l'association Golos ... pour discrètement permettre les falsifications électorales
vendredi 16 septembre 2011
La fin de l'opération "Prokhorov"
http://www.specletter.com/news/2011-09-15/35380.html
http://www.specletter.com/politika/2011-09-15/surkov-udelal-pravyh-i-prohorova.html
http://www.kommersant.ru/doc/1773966
http://www.kommersant.ru/doc/1774047
Pour l'instant, certains faits sont certains:
- Prokhorov ne dirige plus le parti Pravoe delo.
- Il est en conflit avec l'Administration présidentielle et en particulier avec Surkov qu'il estime responsable de la situation.
- Prokhorov ne veut pas quitter la politique.
- Il prend quelques jours de réflexion pour préciser les formes de son engagement futur.
Ce qui est également certain:
- Pravoe delo ne dépassera pas les 2% aux prochaines élections.
- Auncun nouveau parti n'entrera à la Douma.
- La campagne électorale sera d'un ennui mortel.
Les questions:
- Pourquoi Prokhorov a-t-il été laché par le pouvoir qui l'a spécialement mis en place il y a si peu de temps?
- Pourquoi n'a-t-il pas eu plus de soutien à l'intérieur de "son" parti?
- A-t-il encore un avenir possible en politique?
Les réactions sont quasiment unanimes sur la première question. Le Kremlin a voulu redonner vie au parti Pravoe delo, qui prenait gentillement la poussière dans son coin, afin de stimuler l'électorat libéral et ultralibéral, qui ne se déplace presque pas aux élections. Mais le Kremlin ne voulait pas prendre de risque, ni trop s'engager. C'est justement pour cette raison que le parti a été confié non pas à un "proche", comme Chuvalov par exemple, mais à un oligarque que l'on pensait domestiqué, comme la plupart des oligarques qui restent et en liberté et en Russie. Sans tenir compte de l'opinion d'une partie significative des membres de Pravoe delo, M. Prokhorov a été adoubé par les deux grands de ce petit monde. Avantage évident pour certains: ne bénéficiant pas d'une légitimité forte à l'intérieur du parti, tout son poids politique dépendait alors de la qualité de ses relations avec le pouvoir. D'où la répétition sans cesse qu'il n'est pas dans l'opposition. Mais cela demande également un obéissance totale au pacte passé. Pravoe delo est ressuscité pour mettre en avant un projet libéral, voire ultra libéral. Mais rapidement, Prokhorov, qui est un homme d'affaires, un pragmatique et un gagnant, comprend qu'avec un tel discours, il ne sera jamais à la Douma. Et il ne joue pas pour perdre ou pour faire de la figuration. Il élargie le programme... et commence à jouer sur les plate-bandes socialisantes d'Edinaya Rossiya. Première erreur fatale. Puisque dès lors, il présente un danger potentiel. Ensuite, il refuse d'intégrer des personnalités très fortements recommandées par Medvedev, sans même leur donner une position fictive. Deuxième erreur. Autrement dit, il rompt le contrat de confiance passé avec le Kremlin. Et demontre sa volonté de diriger lui-même son parti.
Pour certains analystes, c'est une preuve de courage et d'intégrité. D'autres rappellent, que l'intégrité est arrivée une fois qu'il était en place et qu'il pensait avoir réellement carte blanche pour remonter le parti. Il a pourtant profiter des règles du système pour arriver en place. Mais en comprenant qu'on le faisait jouer justement pour perdre, il a tenté le tout pour le tout. D'autres encore soulignent son manque de sens des réalités politiques russes. D'une manière générale, on ne se conduit pas en politique comme on dirige une entreprise. Et en Russie, toutes les décisions doivent être au préalable concertées et approuvées par le pouvoir. Dont Surkov n'est qu'un exécutant.
Sur le deuxième point, le manque de soutien intérieur, la situation est également plus ou moins claire. Manque de légitimité au départ, communication non concertée, conception autoritaire du pouvoir, prise de décisions sans concertation, manque de souplesse, absence de sens du compromis. Ceci est fatal en politique. Quand celle-ci est réelle. Et ne peut être toujours compensé dans le cadre d'une vie politique virtuelle par un système de prises de décisions contrôlé. Cela montre simplement que Prokhorov n'a pas pris possession de Pravoe delo.
D'où la question centrale: quel avenir politique pour Prokhorov? S'il entre dans l'opposition et le combat avec le pouvoir, certains rappellent que la voie de Khodorkovsky lui est toute ouverte. L'alternative est simple: s'il veut garder son bisness - et accessoirement sa liberté au sein de son pays - soit il se retire discrètement de la politique, soit il accepte de perdre avec le sourire. Autre difficulté, plus personnelle, est son absence de sens politique. Et cela n'a rien à voir avec le Kremlin. Et cela ne s'achète pas.

