L'ACTUALITE RUSSE EN FRANCAIS MISE AU POINT PAR RUSSIE POLITICS SUR Facebook ET Twitter!

vendredi 9 mai 2014

L'espoir du 9 mai

En ce jour de victoire contre le fascisme, à Mariupole, en Ukraine, la Garde Nationale a tiré sur la foule qui s'était réunie pour célébrer la fin de la Deuxième Guerre Mondiale. On compte des morts et des blessés. Tous des civils. Alors que tous ensemble avaient gagnés, russes, ukrainiens, tous les peuples de l'URSS, tous les alliés, tous ensemble. En un autre siècle, le 20e, le siècle de la barbarie dit-on.
 
Aujourd'hui la division règne, elle n'a pas apporté le pouvoir, elle a apporté le chaos. De nouveau l'extrêmisme n'est plus banni, il peut être acceptable, il peut être pardonné, expliqué, justifié. Peut être n'était-il pas si terrible que ça finalement. Combien de millions de morts? A un ou deux millions près, quelle différence.
 
Pour les familles de ces millions qui ont souffert du fascisme, pour les familles de ceux qui en souffrent maintenant, l'espoir est une fleur robuste, mais qu'il faut entretenir chaque jour, comme le souvenir.
 
 
Extrait d'un poême de A. Blok (traduction française de J. David)
 
Partout, la nuit ... Ah! les comprendre,
Ses lointains frôleurs, ses proches échos,
Ses virtualités, attendre
Ce cheval d'espoir qui bat des sabots ...
 
La route sous la lune, blanche,
S'emplit, semble-t-il, d'un long bruit de pas.
Quelle est cette ombre qui se penche,
S'éteint au-delà des buttes, là-bas?
 
Plus rien ... Mais une rumeur vole,
Et par la lune qui tremble taché,
Un bruyant cheval caracole,
Et l'on surprend un sifflement léger ...
 
Le son est loin encore, et sourd,
Le coeur lentement en soi se martèle ...
O, d'où vient-il ce bruit de coups?
La voix qu'on entend, d'où sortira-t-elle?
 
Mais le bruit s'approche, distinct,
Et c'est un cheval tout blanc, le voici,
Et je sais alors qui se tient
Muet, sur la selle vide, et sourit.
 
Partout, la  nuit ... Ah! les comprendre,
Ses lointains frôleurs, ses proches échos,
Ses virtualités, attendre
Ce cheval d'espoir qui bat des sabots ...
 
 

jeudi 8 mai 2014

Russie / OSCE: comment comprendre la diplomatie de V. Poutine à propos de l'Ukraine?

Voir: http://el-murid.livejournal.com/1782949.html
http://www.gazeta.ru/politics/2014/05/08_a_6022297.shtml
http://pavel-shipilin.livejournal.com/273750.html
http://censor.net.ua/news/284373/yatsenyuk_udivlen_obsujdeniem_ukrainskogo_voprosa_v_moskve_dorojnaya_karta_kotoruyu_peredal_mid_suschestvenno
http://www.gazeta.ru/politics/video/putin_prizval_otlozhit_referendum_na_yugo-vostoke_ukrainy.shtml


Pavel Gubarev, Gouverneur populaire libéré hier


Hier, à Moscou, a eu lieu une rencontre entre le président de l'OSCE Didier Burkhalter et V. Poutine à propos de la crise en Ukraine. A la suite de cet échange, V. Poutine a demandé au Sud-Est ukrainien de reporter pour l'instant le référendum d'autodétermination, qui doit avoir lieu le 11 mai, pour donner une chance à la négociation politique à l'intérieur du pays, entre toutes les parties. Evidemment, certaines conditions furent posées, toujours les mêmes, concernant le désarmement des milices privées, la fins des opérations militaires contre la population, l'organisation de tables rondes avec les représentants du Sud-est, la libération de tous les prisonniers politiques. Dans ce cas, si toutes ces conditions sont réunies, la Russie envisage alors la possibilité de reconnaître la validité des élections présidentielles du 25 mai.
Inutile de dire que la surprise fut générale. En début d'après-midi, la libération du gouverneur populaire Pavel Gubarev est annoncée et provoque une réaction de liesse populaire dans la région, surtout avant le référendum du 11 mai devant déterminer du statut des régions de Lugansk et Donetsk. Enfin un vrai leader pour la région. Et le soir, V. Poutine leur demande de suspendre l'organisation du référendum.
Le moment est-il bien choisi? Oui et non.
Non, car après le massacre de Odessa, pour beaucoup d'habitants de l'Est, l'Ukraine est restée dans les ruines de l'immeuble des syndicats. D'autant plus que l'horreur est pire que ce que l'on pensait. Comme le confirme aussi le Procureur général ukrainien, ce qui s'est passé est une action planifiée et organisée à l'avance par de hautes personnalités de Kiev et avec la participation active des forces de polices locales. Ainsi, des extrémistes sont entrés dans le bâtiment avant que la foule ne vienne s'y réfugier, ils ont préparé les lieux, déjà tué et violé, bloqué certains accès et déposé des produits inflammables. Quand la foule est entrée, le feu a été mis de manière à bloquer la sortie principale et le "nettoyage" a été fait dans les étages. Ce qui prouve cette version, confirmée également par l'examen des lieux par les experts de l'OSCE, est le fait que les corps ne soient que partiellement brûlés, que d'autres soient en position de viol (il y en a même eu un enregistrement diffusé sur Youtube), etc. Plus de détails ici sur la préparation de l'opération: http://el-murid.livejournal.com/1774760.html
Par ailleurs, comme le confirme les personnes relâchées par la police sur demande de la Procuratura, et comme le confirme le Procureur général, une partie des gens furent gazés avant d'être achevés une balle dans la tête, et enfin localement brûlés pour en partie détruire des preuves potentielles, sans oublier que la liste des disparus qui ne fait qu'augmenter et que le nombre réel de personnes ayant péris dans ce massacre peut atteindre 200 personnes. 200 être humains, plus la centaine de morts lors de Maïdan, plus les civils tués et blessés par les opérations militaires, plus les militaires tués et blessés. Tout ça pour finalement destructurer totalement le pays, mettre des oligarques dans les régions et faire élire le candidat-oligarque américain Poroshenko? Cela en vaut-il réellement la peine? Surtout que derrière, Timochenko promet une troisième révolution si elle n'est pas élue.
Difficile de vivre ensemble avec tout cela. C'est pourquoi aussi la réaction de V. Poutine a pu surprendre. Quand parallèlement, les forces armées intensifient leurs attaques contre les forces d'autodéfense, mais également contre la population civile, où des dizaines de civiles ont trouvé la mort ces trois derniers jours.
Mais c'est peut être pour cela qu'il est urgent de s'asseoir à la même table. Qu'il faut trouver une porte de sortie. Ce que semblent avoir compris certains parenaires européens et certains individus à Kiev.
L'autre paramètre rendant la proposition russe actuelle, est la question du gaz. L'Ukraine ne paie pas et ne paie rien. Si elle continue encore deux mois, les réserves de gaz en Ukraine seront trop faibles pour qu'elle puisse assurer le transit et l'Europe risque de se retrouver en difficulté cet hiver, sans même parler des entreprises.
Pour autant, la situation a beaucoup d'inconnues. Tout d'abord, les réactions à Kiev sont diversifiées. Le Premier ministre Iatséniouk est particulièrement en colère: il a été totalement contourné, non seulement par la Russie, mais surtout par l'OSCE. Et hier soir, il déclarait qu'il ne comprenait pas pourquoi l'OSCE et la Russie, sans la participation des Etats Unis et de l'UE et évidemment de l'Ukraine elle-même, ont pu prendre une décision concernant l'Ukraine. D'autant plus qu'avec ses conseillers (américains) ils avaient préparé et envoyé une autre feuille de route, qui est très sensiblement différente de celle-ci. Le ministre des affaires étrangères déclare, pour sa part, qu'il faut discuter avec les représentants de l'Est, tout le monde est fatigué de cette guerre. Le Président par intérim et chef du Parlement Tourchinov, lui, ne veut pas en entendre parler.
D'autre part, hier, que ce soit le coordinateur du mouvement de O. Tsarev ou des groupes d'autodéfense, tout le monde a déclaré que la décision de reporter ou non le référendum appartient à la population elle-même. La décision sera prise aujourd'hui. Pour l'instant, Donetsk a déjà décidé d'organiser le referendum.
Bref, une certaine dissenssion se fait au sein du pouvoir en Ukraine, mais également au sein des "partenaires" de la Russie. Diviser pour mieux règner, il semblerait que la Russie ait joué cette carte, qui du même coup enlève tout son sens aux sanctions économiques. Jouant dans le même temps les pays européens contre l'UE et les Etats Unis. Les intérêts américains reposent sur la rupture entre l'Europe et la Russie pour un meilleur contrôle de la région et ce contrôle passe par le contrôle énergétique. Mais l'UE n'est pas un Etat et les Etats ont un instinct de survie qui vient de leur nature politique, nature qui fait défaut à l'UE et la rend plus facilement manipulable.
L'Allemagne en tête, suivie de nombreux Etats européens, félicitent le Président russe. Les marchés sont repartis à la hausse. Les Etats Unis sont hésitants.
Toutefois, le revers de la médaille est l'impression plus que mitigée que va laisser dans le Sud-est cette position. Donetsk va déjà organiser le référendum, et la population peut se sentir trahie. D'autant plus qu'à Mariupol, par exemple, la tension monte à nouveau aujourd'hui. Il y a même eu utilisation de gaz.
Donc comment interpréter cette diplomatie russe?
Mieux vaut une mauvaise paix que n'importe quelle guerre? Peut être. Mais le moment de la paix est important, il aurait mieux fallu attendre trois jours.
De toute manière il faut sortir du conflit qui commence à coûter cher et le clan "libéral" russe est revenu en force. Vendre les populations du Sud-est contre des points sur les marchés internationaux?
Il est évidemment que les conditions ne seront pas réunis et le référendum aura quand même lieu. Mais la Russie ne pourra plus être accusée de faire dégénérer la situation.
Attendons pour voir, déjà, ce qui se passera dimanche.

mardi 6 mai 2014

La Chine et la Russie vont construire ensemble le pont de Crimée

Voir: http://kommersant.ru/doc/2464879

Переход через Керченский пролив обойдется в $1,5-3 млрд

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
La Russie vient de marquer un point important dans le combat stratégique qui se déroule en marge du conflit en Ukraine. En associant la Chine à la construction du pont qui doit relier la Crimée à la Russie "continentale", la Russie vient de réussir un doublé.
 
Tout d'abord, elle relativise sérieusement l'efficacité des sanctions économiques, la peur qu'elles sont censées provoquer auprès des partenaires de la Russie. Car le projet, s'il n'est pas encore finalisé, peut monter la coopération entre les entrprises russes et chinoises à 3 milliards de dollars.
 
Ensuite, sur un plan strictement politique, la Russie vient d'avoir de facto un allié de choix et de poids dans le processus de reconnaissance de la Crimée.
 
Le projet pourrait être finalisé pour fin mai, lors de la visite de V. Poutine en Chine. Par ailleurs, rien n'exclue de renforcer la coopération avec la Chine pour d'autres projets en Crimée.
 
Bref, malgré ou grâce aux sanctions, la coopération entre la Russie et la Chine non seulement se renforce, mais encore s'accélère. Ce qui renforce largement le poids de la Russie dans ses rapports aux Etats Unis et à l'UE, puisque de cette manière, par la diversification de ses partenaires, elle renforce son autonomie.

lundi 5 mai 2014

Odessa: la ligne rouge pour Iatséniouk

Voir: http://itar-tass.com/krizis-na-ukraine
http://itar-tass.com/mezhdunarodnaya-panorama/1165712
http://izvestia.ru/news/570285
http://itar-tass.com/mezhdunarodnaya-panorama/1165539
http://ontimer.livejournal.com/27218.html




Après le massacre d'Odessa, lors duquel les membres de Secteur droit et des combattants de Maïdan ont fait brûler vifs, dans l'Immeuble du syndicat le QG, des partisans d'un référendum sur la fédéralisation de l'Ukraine, la question des responsabilités est cruciale. Elle permet aux uns de faire semblant de gouverner, elle donne aux autres l'illusion d'être au-dessus des combats. Pourtant, une ligne politique a peut être été tracée.
Si ces évènements ont autant choqué, c'est par leur caractère inique, bestial, la négation même de toute humanité. Faire brûler des gens dans un immeuble, tirer sur ceux qui veulent en sortir, bloquer les portes, compter ceux qui se jettent dans le vide, bloquer l'arrivée des secours et des pompiers. Le tout sous le regard vide des forces de l'ordre. Ensuite, entrer dans le bâtiment, compter les morts comme on compte les points dans un jeu vidéo, prendre des objets comme on brandit des trophées. C'est inhumain. Cela rappelle les exactions nazies lors de la seconde guerre mondiale, lorsque des villages ont vu leur population brûlée vive dans les églises.
Autres temps, autres moeurs? Non, c'est ici, c'est maintenant et c'est à nouveau en Europe. Et à nouveau les instances européennes et internationales sont incompétantes, aveugles. Elles soutiennent au nom d'intérêts très particuliers un régime qui se retourne contre son peuple. Elles salissent le nom de démocratie, elles dénaturent les droits de l'homme. Elles collaborent aux exactions d'un régime qui a perdu tout lien avec la réalité. Comme les dirigeants européens dans leur grande majorité l'avaient fait avant, ils le refont aujourd'hui. Toujours cette faiblesse, toujours cette hypocrisie.
La seule différence entre ces deux époques est l'ampleur de la vague médiatique. Même si les médias officiels peuvent limiter l'impact des informations dérangeantes, ils ne peuvent totalement les taire. Les sources sont diversifiées, il n'est plus possible de dire: je ne savais pas. Et il est délicat de dire: je ne veux pas savoir.
Donc il faut trouver un responsable. Très vite. Comme à son habitude, Iatséniouk fait un discours dans lequel il essaie d'avoir un peu de prestance, pour cela il fait de grandes pauses théâtrales presque entre chaque mot. Il faut bien faire comprendre que ce qu'il dit est important. Donc, ce qui a été commis est un crime contre l'Ukraine. Bravo! Il se souvient qu'à Odessa habitent également des ukrainiens. Et, bien sûr, la Procuratura doit trouver les liens avec la Russie qui est responsable de cette provocation.
Pendant ce temps, le Los Angeles Times affirme que l'incendie a pris spontanément, des sources en France affirment que l'origine de l'incendie est inconnue. Il vaut mieux dans ce cas ne pas montrer les coktails molotovs préparés par ces charmantes jeunes ukrainiennes, blondes, les yeux bleux - ou même bruns, ne soyons pas racistes - le sourire au lèvre. Il ne faut pas montrer les membres de Secteur droit les lancer sur bâtiment qui alors prend feu. Il ne faut pas montrer la foule déchaînée tirer sur la façade. Il ne faut pas montrer cette foule frapper les hommes à terre. Seulement les images passent quand même. Donc l'affirmation de Iatséniuk ne tient pas.
Et premier miracle dans cette guerre civile qui s'évertue à n'en pas porter le nom, les Etats Unis désavouent leur marionnette. Le pauvre Iatséniouk, il avait tant essayer de se comporter en homme d'Etat, mais ce n'est pas donné aux marionnettes. L'ambassadeur des Etats Unis en Ukraine affirme officiellement que le Département d'Etat ne détient aucune preuve permettant d'impliquer la Russie d'une manière ou d'une autre dans les tragiques évènements qui ont eu lieu à Odessa le 2 mai.
Il faut donc s'adapter et relâcher une grande partie des personnes arrêtées à la suite du massacre. Car, ceux qui furent arrêtés ne sont pas ceux qui ont lancés les coktails molotovs, ne sont pas ceux qui ont tiré sur les gens qui voulaient sortir du bâtiment, ce ne sont pas ceux qui ont battu les blessés à terre. Ce sont les partisans du fédéralisme qui ont, semble-t-il, du seul fait de leur existence, perturbé l'ordre public. Il ont en plus eu l'outrecuidance de survire aux flammes, aux tirs et aux coups. C'est indécent.
En effet, 172 personnes avaient été arrêtées juste après les évènements, après une rapide enquête il en reste finalement 127, contre lesquels une affaire est ouverte. La population d'Odessa se regroupe devant les bâtiments des forces de l'ordre, demande leur libération, la démission du maire de la ville, etc. Finalement, 67 partisans du fédéralisme sont libérés sur ordre de la Procuratura.
Qui va être responsable? Le chef de la police de la région d'Odessa est démis de ses fonctions et des policiers sont inculpés, car ils n'ont pu maintenir l'ordre dans la ville. En réaction à la libération des victimes, les membres de Secteur droit s'en prennent à la police de la région. Pour les calmer, le nouveau chef de la police, leur dit qu'il était sur Maïdan lui aussi (c'est donc un gage d'objectivité, en tout cas un critère de recrutement) et qu'il va reprendre toute cette affaire en main, ils peuvent être rassurés.
De nombreuses questions se posent, à l'intérieur, comme à l'extérieur.
En ce qui concerne le comportement de la police lors du massacre d'Odessa, pourquoi la police n'a rien fait? Elle laisse passer dans la rue des membres de Secteur droit avec une arme visible à la main (voir photo en haut de l'article). Elle semble également, au début des évènements, regouper des membres de la police en civil, avec un bandeau rouge au bras, ces membres à bandeau rouge feront partie des tireurs ensuite, pour quoi faire? Leur donner les consignes? Dans ce cas, la police est partie prenante au massacre. Cela pourrait-il s'expliquer par le fait que des éléments extrémistes furent enrôlés ces derniers temps pour compléter les effectifs, et faire le sale travail?
Vous voyez ici un policier en uniforme bien entouré de bandeaux rouges.
Donc, à l'intérieur, Iatséniouk a le choix entre reconnaître son impossibilité à contrôler le pays, les organes publics et l'Etat, soit à admettre son implication et dire que l'arrestation et le massacre des opposants est le fondement de sa politique d'Etat. D'Etat démocratique, européen. Soutenu et financé par l'Europe, les Etats Unis, le FMI, etc.
C'est évidemment impossible. Donc, la police locale est responsable. Et les russes. Heureusement qu'ils sont là, sinon il suffit de les inventer.
Seulement l'argument russe ne passe pas, même aux Etats Unis. Il n'a vraiment ici aucun sens. Et pour la première fois, alors que jusqu'à présent les américains avaient tout couvert, justifié, expliqué, ou simplement avaient gardé un pieux silence, le Département d'Etat, par la voix de son ambassadeur en Ukraine dit non. Les russes n'y sont pour rien. Il faut une enquête objective. C. Ashton aussi, au nom de l'UE, trouve la couleuvre un peu grosse, et demande une enquête. Afin de satisfaire les attentes innatendues de justice de ses partenaires, la Russie prépare une requête devant la Cour européenne des droits de l'homme contre les exactions commises par l'Ukraine à Odessa.
Autrement dit, il semblerait que le pouvoir actuel en Ukraine ait franchi une ligne, soit en ordonnant, soit en laissant faire, soit en ne pouvant empêcher, ce massacre, ligne au-delà de laquelle les Etats occidentaux ne peuvent soutenir et protéger le régime en place. Qui devient trop ouvertement criminel. Pour autant, il y a peu de chance que cela ait des conséquences directes pour ce régime, s'il ne réitère pas cette "erreur stratégique", pour employer un terme on ne peut plus cynique vues les circonstances, mais qui à mon sens traduit bien le point de vue des "partenaires" de la Russie sur ce "dossier".

samedi 3 mai 2014

Odessa comme on ne vous l'a pas montré au JT - âmes sensibles s'abstenir

Voir: http://odessa-antimaydan.com/ucelevshij-iz-odesskoj-xatyni/
http://el-murid.livejournal.com/1768626.html
http://www.politonline.ru/comments/16288.html
http://itar-tass.com/mezhdunarodnaya-panorama/1163865

Hier à Odessa, des membres du Secteur droit et des "supporters" de foot ont attaqué l'immeuble du syndicat où se trouvait le QG des partisans de la fédéralisation de l'Ukraine - pas des séparatistes mais des fédéralistes. Ils l'ont simplement fait brûlés en se défoulant sur les personnes qui tentaient d'en sortir. Ces "terroristes-fédéralistes" réunissaient des signatures en vue de l'organisaiton d'un référendum populaire permettant à toute la population ukrainienne de se déterminer sur la forme de gouvernement de son pays. Ceci est devenu un crime pour le nouveau pouvoir.
46 personnes sont mortes, plus de 200 ont eu besoin de soins médicaux, 88 personnes ont été hospitalisées et 27 sont dans un état grave. Le chiffre des victimes augmente constamment. Parmis les 8 corps identifiés, ce sont tous des habitants d'Odessa, et non des russes envoyés faire la guerre. Parmis les personnes mortes suite à leurs blessures, on compte déjà un député du parlement local du Parti de Régions. Donc, dans le bâtiment, il y avait aussi des hommes politiques d'opposition. Ca tombe bien ...
Selon le Washington Post et le New York Times parus aujourd'hui, l'opération menée par l'armée ukrainienne et la police à Odessa est la première grande opération contre les séparatistes pro-russe. Cette opération est une réussite, elle a permis de porter un coup sérieux aux activistes pro-russes. Le Washington Post déplore quand même le nombre important de personnes touchées.
Suite à cette "opération" punitive menée par les radicaux, qui, espèrons-le, ne représentent pas le gros des forces de l'ordre ni des forces militaires ukrainiennes, le chef de la police de la région d'Odessa a été démis de ses fonctions.

Voici les coprs brûlés à l'intérieur du bâtiment.



Voici la vidéo tournée par un journaliste en entrant dans le bâtiment - ce qu'il faut enjamber pour avancer, ce sont les corps:



Et quelques photos:



et encore :



sans oublier cette fameuse armée dont parle le New York Times:



Je m'arrête ici pour les photos, vous en trouverez plus sur les liens indiqués en haut de l'article.

Donc pour résumer, une manifestation organisée par les pro-maïdans dégénère et tourne à la folie meurtrière. C'est ce que la presse appelle une grande opération.

C'est aussi ce que certains libéraux bien pensants et bien intégrés, notamment en France, saluent avec ferveur. Tel est le cas d'Alexandre Melnik,

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"Gloire à Odessa, les amis. Aujourd'hui tout le pays est fier de vous!"

Il faut quand même que je vous donne un échantillon de son CV, c'est inquiétant:

"Alexander MELNIK is Associate Professor at the ICN Business School and Program Leader of Magistratura (Master in international management between ICN and MGIMO, Moscow). He has a Doctorate from MGIMO in Moscow and a Master's Degree in Journalism from the same university.
He teaches Geopolitics (Global Geopolitical Challenges of the XXI century), Intercultural management, European development, French economy, Eastern emerging markets, Russia and the CIS. Alexander is also an International lecturer (European Council, UNESCO, National Assembly, Sciences Po, Sorbonne, Westminster College, US, Forum Mondial du Développement Durable, etc).
He is author of numerous publications on geopolitics (Le Monde, Les Echos, Le Figaro, Revue Défense Nationale, Politique Internationale, Passage, BFM radio and TV, France 24, etc). He has experience as a press attaché for the Russian Embassy in Paris, in the UN disarmament negotiations in Geneva, and was as senior executive of the Press Department of the Ministry of USSR International Relations." (http://www.icn-groupe.fr/en/faculty--research/faculty/business-environment/melnik)
La manière dont ce conflit évolue, la manière dont les acteurs internationaux se comportent - le Conseil de sécurité de l'ONU qui ne prend aucune mesure pour calmer les Ukrainiens, J. Kerry qui vient de refuser de discuter avec Lavrov pour trouver une sortie de crise, les absurdités quotidiennes des portes-paroles américains et de C. Ashton - donnent l'impression que la situation est dans une impasse totale. La diplomatie ne marche pas car il n'y a pas de solution qui permettent d'effacer toutes les erreurs commises sans que les populations ne s'en rendent compte. La guerre classique, surtout une attaque contre la Russie, fait encore un peu peur, mais il semble que cette folie commence à entrer dans le mode du possible. Il ne reste qu'à trouver la manière dont il serait possible d'attaquer sans être responsable. Et la situation s'emballe sans contrôle.
Pendant ce temps, des gens meurent pour que des politiciens ne perdent pas la face. Parce que les hommes politiques de notre "monde libre" ne sont plus dignes de ce nom. Ni d'hommes, mais de robots. Ni de politiques, mais d'exécutants.

vendredi 2 mai 2014

L'attaque de Slaviansk dans le contexte politique intérieur et international: ils ont tous besoin d'une guerre, sauf la Russie

Voir: http://itar-tass.com/mezhdunarodnaya-panorama/1162061
http://www.vesti.ru/doc.html?id=1529212
http://top.rbc.ru/politics/02/05/2014/921663.shtml


Blocus de la ville de Slaviansk

7h18: Début de l'attaque armée contre la ville de Slaviansk.
7h48: Des hélicoptères de guerre survolent la ville, qui est totalement entourée par des tanks et des groupes de forces spéciales.
9h18: Les forces de défense de la république de Donetsk ont abattu deux hélicoptères, un pilote est mort, l'autre a été hospitalisé.
9h20: Les hélicoptères ont cessé le survole de la ville.
10h03: Troisième hélicoptère abattu au-dessus d'un poste de contrôle à l'entrée de la ville.
10h38: Le ministre de l'intérieur Avakov annonce la prise de 9 postes de contrôle.

Pour l'instant, la situation autour de Slaviansk se stabilise. L'armée ukrainienne ne semble plus aussi active. A l'intérieur de la ville, la situatione est tendue. Il a été demandé à la population de ne pas sortir dans la rue et de ne pas se rendre au travail. Les magasins sont fermés. On annonce des groupes de Secteur droit en civil pour des opérations coup de poing à l'intérieur de la ville.

Divers: Les "forces ukrainiennes" sont composées en partie seulement de militaires professionnels, car ils refusent en général de se battre contre la population. Les contingents ont donc été complétés par  des combattants de Secteur droit spécialement armés pour l'occasion.

Cette attaque tombe bien pour Kiev et surtout pour le pouvoir en place. Il y a quelques jours de cela, le groupe de hackers Cyber-berkut a diffusé l'information suivante, venant de la boîte mail d'un des oligarques du pouvoir, I. Kolomoïsky: non contents de la politique faible du Président et du Premier ministre par interim, un groupe de militaires (des généraux, des officiers, des attachés militaires, notamment auprès de l'OTAN) préparent un coup d'Etat militaire pour renverser le régime et placer le dirigeant du parti extrémiste Svoboda, Tiagnibok, à la tête du pays. Les Président et Premier ministre par interim seraient au courant, mais ne sauraient que faire.

Cela date du 28 avril. Pendant ce temps, les forces de Secteur droit sont habilement réarmées, jointes à l'armée officielle qui est envoyée pour démontrer une fois de plus sa force à l'Est. Bref, éloigner le danger, gagner du temps et en plus faire plaisir aux commanditaires.
Aujourd'hui, quand le sang se remet à couler, la porte-parole de l'administration américaine annonce que le FMI devrait envoyer à Kiev la première tranche du financement dans la journée.
Etrange coïncidence quand même que ces deux informations. Par ailleurs, il serait intéressant de vérifier la relation réelle qui existe avec l'OTAN, surtout quand celui-ci vient juste de réactiver officiellement son ennemi fondateur. Le vice-secrétaire général de l'OTAN, A. Vershbow, a déclaré que la Russie ne pouvait plus être considérée comme un partenaire, mais comme un adversaire. Cela permet à cette institution de guerre froide, fondée pour défendre le monde "libre" contre l'URSS de justifier son existence aujourd'hui: défendre le monde "libre" contre la Russie. Les bons contre les méchants, une recette qui marche toujours.
Il semblerait que certains groupes d'intérêts aient réellement besoin de faire basculer cette guerre "post-moderne" en guerre classique. Certains semblent avoir besoin de plus de sang, de plus de morts, de blessés, de destruction et de chaos. Ils ont besoin de mettre du sang sur les mains de soldats russes, sans avoir à truquer des photos, pour justifier leur politique. La Russie doit être l'Ennemi, sinon le Monde Libre s'est trompé. Et cela n'est pas acceptable.

mercredi 30 avril 2014

Effets "pervers" des sanctions américaines: l'accélération de la modernisation du système russe

Voir: http://izvestia.ru/news/570132
http://www.rg.ru/2014/04/29/spisok.html

Toute action entraîne réaction, cette expression bien connue est ici particulièrement à sa place. Les sanctions américaines, les nouvelles évidemment, mais prises dans leur ensemble également, produisent pour leurs auteurs un effet pervers:
  • elles permettent à la Russie de se décider à prendre des décisions qu'elle repoussait n'étant pas prioritaires,
  • elles permettent la consolidation des élites et le développement de l'esprit du service d'Etat qui leur manquait tant,
  • elles permettent de donner un sens au combat pour le rapatriement des actifs, qui de fait ne peut plus être taxé de sursaut soviétisant,
  • elles permettent enfin de couler les fondations de la Nation.
Quoi qu'il puisse en paraître, ces affirmations ne sont pas exagérées. La puissance du discours condamnant la Russie ne se mesure pas à l'aune des décibelles, de la gesticulation des orateurs ni du rang des personnes visées, mais en analysant leur efficacité. Or, l'efficacité est, rappelons-le, le rapport entre les mesures prises et le but à atteindre: les mesures permettent-elles d'atteindre le but fixé?
 
Pour pouvoir y répondre, il faudrait pouvoir clairement identifier le but: la régulation du conflit en Ukraine? l'annulation du referendum sur la Crimée? le soutient au gouvernement putshiste de Kiev? Les buts ne sont pas très clairement identifiés, mais globalement ceux-ci sont avancés. Et ils ne correspondent en rien aux mesures prises.
 
En effet, que voyons nous en résultat immédiat des sanctions:
  • la Russie a enfin pris la décision de développer son propre système de paiement indépendamment des systèmes américains Visa ou Master Card, peut être en partenariat avec la Chine dans un premier temps;
  • les élites politiques commencent enfin à parler du service d'Etat, ce dont il ne fut quasiment jamais question ces dernières années, mettant ainsi en place les prémisces d'une culture publique;
  • le business rapatrie ses avoirs en masse, et chose étonnante, même les bourses ont réagi à l'augmentation suite à l'annonce des dernières sanctions;
  • la baisse du rouble permet de rendre la production russe attractive à l'exportation;
  • le discours politique fondé sur la Nation russe, au-delà des différences ethniques, prend de plus en plus de poids, dans le débat public.
Donc, la pression qui est censée être exercée sur la Russie pour la faire fléchir et l'inciter à revoir par la force sa position quant à l'Ukraine, peut être déclarer le parti Svoboda comme le parangon de la démocratie, cette démocratie tellement vivante que nous avons (heureusement) oubliée en Europe, cette pression est improductive quant à la pression intérieure russe et contre productive quant à la politique intérieure ukrainienne. Puisque non seulement aucune amélioration n'a eu lieu en Ukraine, mais le soutien inconditionnel et aveugle qui lui est accordé, doublé d'une condamnation inconditionnelle et tout aussi aveugle de la Russie, pousse le régime de Kiev vers le suicide politique et la perte de l'Ukraine. Car cette politique répressive internationale est fondée sur le transfert total de la responsabilité de ce qui se passe en Ukraine vers la Russie et la négation totale de la responsabilité  des puissances occidentales et du gouvernement révolutionnaire en place à l'origine de ces évènements.
 
Et si l'on s'attache plus précisément aux dernières sanctions américaines, prises contre 7 personnes physiques et 17 entreprises privées à capital mixte, il est difficile de ne pas s'interroger sur leur orientation: elles touchent les domaines stratégiques de l'économie russe d'une part et d'autre part les personnalités politiques qui dérangent.
 
Sur le deuxième point, peu de remarques à faire. Dans les bacs à sable, les enfants se disputent, se détestent, à la vie à la mort. Le niveau des sanctions américaines sur ce point est comparable, tout au moins au niveau de la qualité de l'argumentation. Interdire de séjour des personnes comme le premier vice-président de l'Administration présidentielle V. Volodine, le vice premier-ministre D. Kozak, le président du comité de la Douma pour les relations internationales A. Pushkov etc n'a strictement aucun sens s'il s'agit de développer le dialogue pour trouver une issue de sortie de crise. Donc il devient légitime de se demander si le but réel, lui, ne serait pas tout autre. Pour cela, il faut jeter un oeil sur l'autre partie des sanctions.
 
Il est alors intéressant de noter la présence de I. Setchine (Rosneft) à la tête de la plus importante entreprise russe d'hydrocarbures. On soulignera la réaction immédiate de BP: cela ne changera rien à notre partenariat. Alors à quoi bon la sanction? Finalement beaucoup de bruits pour rien? Cela concerne aussi, par exemple, S. Tchemezov (Rostekh) dirigeant la compagnie à la pointe de la technologie. Cela tombe bien, quand même. Ces deux domaines sont également important pour l'économie américaine. Si ces sanctions pouvaient au passage affaiblir la position de la Russie dans ces secteurs, l'économie américaine ne s'en porterait pas plus mal.
 
D'où une petite question, mais n'étant pas économiste je ne peux pas y répondre: le choix de ces sanctions a-t-il pour but de réellement "sanctionner" la Russie pour toutes les atrocités qui lui sont imputées, ou n'est-ce pas plutôt un moyen de servir les intérêts de certains lobbys américains sous couvert de justice universelle?