L'ACTUALITE RUSSE EN FRANCAIS MISE AU POINT PAR RUSSIE POLITICS SUR Facebook ET Twitter!

vendredi 6 juin 2014

Un arrière goût de fin d'Empire ...

Notre modèle occidental libéral et démocratique a un mauvais goût de fin d'Empire. Ce qui me fait penser à cela ? Les dérives de la presse, les manipulations politiques et la faiblesse - voire l'absence - de l'argumentation.

Dans le désordre.

Vite, vite, l'Ukraine est victime potentielle d'une agression militaire de la part de la Russie et il faut protéger d'urgence sa population civile contre cette atteinte attendue de leur droit à la vie et à la santé. C'est en substance le recours inter-étatique déposé par le gouvernement provisoire ukrainien le 13 mars 2014 devant la CEDH. Etrangement, la Cour n'a pas reconnu à l'Ukraine le rôle de victime, mais au contraire a enjoint les deux parties à ne pas prendre de mesures, notamment militaires, pouvant porter atteinte à la vie et à la santé des populations civiles. Le renforcement de l'opération "anti-terroriste" est en ce sens un plein succès de l'application des décisions de la CEDH et des mesures provisoires adoptées ... Passons, d'ailleurs la presse occidentale libre n'en a pas trop parlé.
 
Les dérapages de la porte-parole du département d'Etat américain, J. Psaki, font rire. Le dernier en date, cette jeune femme se compare à l'Ukraine démocratique, toujours là, alors qu'on la disait sur le départ. La pauvre. Son métier n'est pas facile. Elle doit rendre acceptable une position qui humainement, éthiquement, ne l'est pas. D'une certaine manière, elle ferait presque acte de résistance en étant aussi mauvaise. Une sorte de résistance passive qui pousserait les masses obéissantes à se réveiller. Qui sait ?
 
Et enfin, la cerise sur le gateau, l'interview de V. Poutine par la crème du journalisme français. Oups, les médias français ne vous ont pas tout montré, vous auriez été surpris il faut dire. Pour la éniènne fois V. Poutine rappelle que la Russie ne veut pas récupérer l'Ukraine. Absurde. Pour la énienne fois il répète avec calme et compétence la même chose. Evidemment, vous ne l'avez pas entendu. Si vous voulez avoir peur pour le niveau du journalisme français et de la liberté de la presse en France, lisez l'intégrale ici. Par exemple à propos de l'expansionisme russe:
"[Passage coupé]
Question (Elkabbach) – Et à l’avenir ? Voulez-vous reconstituer l’empire dans ses anciennes frontières ou voulez-vous continuer à développer votre pays à l’intérieur de ses propres frontières ?
Vladimir Poutine – Nous souhaitons développer notre pays à l’intérieur de ses frontières, bien sûr. Mais – et ceci est très important – comme d’autres pays dans le monde, nous voulons utiliser des moyens modernes pour devenir plus compétitifs, notamment grâce à l’intégration économique. C’est ce que nous faisons dans l’espace de l’ex-URSS dans le cadre de l’Union douanière et de l’Union eurasiatique. "
Ce n'est qu'un passage pour vous mettre l'eau à la bouche.

Dans l'ensemble, les journalistes semblaient totalement dépassés par l'évènement. Et en fait, vous savez à quoi cela m'a fait penser? A l'interview de Thatcher à la fin de l'époque soviétique par les journalistes soviétiques. Elle a été très forte, ils ont dû montré l'interview et même les coupes n'ont rien pu y faire.

Quand l'incompétence se généralise, le discours se crispe et les médias sont tenus en laisse. Mais c'est rarement bon signe pour l'avenir....
 

jeudi 5 juin 2014

La question des réfugiés ukrainiens en Russie

L'intensification des combats, notamment dans les zones d'habitation, poussent les gens à fuir leurs domiciles, à envoyer les enfants dans des centres au loin, à rejoindre des amis ou de la famille. Si certains partent vers Kiev ou d'autres villes ukrainiennes retrouver des proches, beaucoup partent en Russie.
L'Ombudsman, E. Pamfilova, dans un entretien avec le Président russe, a souligné l'absence d'implication des organismes humanitaires, des ONG, l'absence de corridor humanitaire, l'absence d'infrastructure. Bref, comme les gens passent la frontière à leurs risques et périls, les résistants accompagnent les convois d'enfants jusqu'à la frontière, mais les problèmes ne sont pas pour autant réglés, il faut faire quelque chose.
Plusieurs fois, la Russie a demandé l'ouverture d'un corridor humanitaire permettant l'évacuation de la population civile des zones de combat et l'approvisionnement en vivres et médicaments. Mais c'est exactement ce que Kiev ne veut pas. La population toute entière est considérée comme terroriste et doit donc payer. Les médicaments manquent, le pain commence aussi à manquer et tant mieux, les civils doivent payer leur insoumission. Sinon, l'opération de nettoyage des zones rebelles n'a plus aucun sens ... s'il n'y a plus rien à nettoyer, s'ils sont tranquilement installés ailleurs.
Toutefois, depuis le bombardement de Lugansk par l'armée de l'air ukrainienne, confirmé par la mission de l'OSCE en Ukraine, malgrè les dires des officiels ukrainiens, le flux de réfugiers s'intensifie.
Rien que ces derniers jours, après le bombardement de la ville de Lugansk et l'intensification de l'opération en général, plus de 7000 personnes sont arrivées dans la région russe de Rostov. Des convois arrivent aussi par autobus, surtout avec les enfants accompagnés des mères et grand-mères. Ces enfants qui ont vécu la guerre, ont du se cacher dans les sous-sols, ont déjà vus des cadavres, ont entendu le bruit assourdissant des bombardements et les sifflements des tirs de roquettes, ces enfants vont avoir besoin d'un soutien particulier. Ils sont encore à la maternelle et tous leurs dessins sont des dessins de guerre, peu importe qu'ils s'agisse de filles ou de garçons. Situation qui inquiète l'Ombudsman pour les enfants, P. Astakhov. Plus de 2000 réfugiés sont déjà arrivés en Crimée, les chiffres augmentent chaque jour. Les régions frontalières introduisent le régime des circonstances extraordinaires pour faire face à l'afflux de réfugiés.
Les gens affirment ne pas avoir voulu quitter leur ville, tout quitter et tout laisser sur place. Mais ils n'ont plus le choix, ils n'en peuvent plus. Et souvent n'arrivent qu'avec un passeport et une petite valise, sans savoir quand et si ils pourront rentrer chez eux.

mercredi 4 juin 2014

Un dialogue est-il encore possible entre la Russie et cet étrange Occident ?

Représentant de l'Ukraine au Conseil de sécurité de l'ONU
L'aggravation du conflit en Ukraine a obligé les Etats et les instances internationales à se positionner, certainement plus qu'ils ne l'auraient souhaité. Dans les premiers temps de Maïdan, il était de bon ton de soutenir "le peuple" contre le pouvoir corrompu des oligarques. Ensuite, on a pu fermer les yeux sur les "dérives" afin de continuer le combat contre le pouvoir des oligarques. Tous les moyens sont bon, le recours aux mouvements extrémistes notamment. Maintenant le pouvoir est revenu aux oligarques, certes d'autres, et les exactions s'intensifient avec la participation des groupes extrémistes armés.
Pendant un certain, il fut possible de cacher la montée d'un nationalisme radical injecté à dose régulière dans la population, un nationalisme qui faute de contenu positif clairement identifié peut plus facilement se définir par défaut. Donc, contre la Russie. Difficile historiquement de faire la part du russe et de l'ukrainien, qu'à cela ne tienne, il suffit de réécrire l'histoire. Réhabilitons Bandera, pas si fasciste que cela, seulement nationaliste un peu impétueux, rien de grave. De toute manière ça ne dit rien à la plupart des européens, ne parlons même pas des américains. Et nos bons peuples occidentaux ont finalement bien appris la nouvelle leçon: pas si fasciste que cela et d'ailleurs l'extrémisme n'est pas si présent que cela en Ukraine. S'ils apprennent si vite, nos bons peuples, c'est parce qu'ils oublient tout aussi vite.
Et l'occasion est prête pour réactiver le conflit contre la Russie via l'Ukraine dans l'intérêt des Etats Unis et avec la docile parrticipation de l'UE. Surtout que l'UE compte des Etats de l'Est qui n'en finissent pas de régler leurs complexes historiques. Pour l'UE, c'est réglé. Dans la foulée, l'institution on ne peut plus politique qu'est le Conseil de l'Europe, je dirais presque l'organe idéologique européen, s'est avec plaisir positionné dès le début du conflit : sanctions prises contre cette Russie qui dérange les européens post-modernes et enfin elle n'a plus le droit de vote au Parlement, elle ne peut plus participer dans les organes de direction et ne peut plus présider le groupe démocrate. Bref, on se retrouve entre soi, on peut faire de grandes déclarations anti-russes et défendre "nos" valeurs.
Jusque là tout va bien. Mais la situation se durcie de plus en plus en Ukraine. Massacre à Odessa, à Mariupole, à Slaviansk, à Donetsk etc etc etc. Des civils et des bâtiments civils sont pris pour cible. Des zones d'habitation sont touchées chaque jour. Des réfugiés affluent de plus en plus vers la Russie. Le postionnement devient difficile à tenir: la Russie est fautive. De quoi? Peu importe. Quand elle demande une enquête sur les snippers, biens connus de Mme Ashton, c'est uniquement le pouvoir de Kiev, impliqué, qui mène l'enquête. Sans aboutir pour l'instant. Quand la Russie demande une enquête sur le massacre d'Odessa, idem. Sauf que là, les preuves potentielles sont détruites en plus par l'ouverture immédiate du bâtiment au public. Suivez le guide, déposez ce que vous voulez et prenez ce qui vous intéresse dans la boutique souvenir. Quand la Russie demande pour la énième fois au Conseil de sécurité de l'ONU d'intervenir pour que Kiev retire son armée, qu'il ne massacre plus son peuple, les Etats Unis l'accusent d'hypocrisie.
Dans ce contexte où les médias sont totalement contrôlés, où les portes-paroles américains reprennent sans vérification les communiqués officiels ukrainiens, les médias occidentaux font silence ou diffusent la ligne du Parti, comment maintenir un dialogue et quel dialogue? Donc pour maintenir le cautionnement total des faits et crimes du gouvernement ukrainien, l'Occident à dû faire tomber le masque. Il lui est donc tant important de porter des coups à la Russie que cet étrange Occident, autrefois porteur des valeurs d'humanisme, de respect de l'autre, de pluralisme, cet Occident qui portait aux nues la Liberté, a d'un geste d'un seul tout jeté à terre, tout piétiné. Que reste-t-il? Le silence autour du sang qui coule? Car certains seraient plus humains que d'autres? Car certains auraient le droit de vivre et d'autres l'obligation corrélative de mourrir, en silence s'il vous plait.
A. Pushkov, qui préside la délégation russe à l'assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe estime que pour l'instant tout dialogue est impossible. Car il n'est pas possible de discuter avec des gens qui ne veulent pas vous entendre, qui ne veulent pas savoir. Les réponses de cette chère J. Psaki, porte parole du Département d'Etat américain, sont devenues légendaires.  
Le problème est que l'information passe, peu, difficilement, mais un blocus informatif total est aujourd'hui impossible. Il devient difficile de continuer à dire que les journalistes disparaissent tout seul ou sont en réalité des espions, que les gens se brûlent tout seul, se finissent au gaz et ensuite se tirent des balles dans la tête (Odessa), que les combattants attaquent eux-mêmes les bâtiments civils avec des avions qu'ils n'ont pas (Slaviansk et Lugansk), que les manifestants se tirent dessus tout seuls sous le regard placide des forces de l'ordre, qui, elles détiennent les armes (Mariupole).
Le culte de l'absurde a des limites. Mais d'un côté Kiev est allé trop loin, ce qui se passe ressort du crime de guerre. Hier encore, des membres de la Garde nationale ont tué tous les blessés d'un hôpital à Krasny Liman. Le mythe selon lequel les terroristes attaquent la population ne fonctionne plus. Toujours à Krasny Liman, hier, un groupe de Secteur droit est entré dans le village. Ils ont donné deux heures aux habitants pour leur livrer les terroristes. Evidemment personne n'a rien fait. Ils sont alors revenus, ont menacé les habitants de les tuer, ont forcé la porte de leur maison et leur ont pris les passeports. Ensuite les combats ont repris.
Quand le discours devient de plus en plus éloigné de la réalité, les réactions se crispent et se radicalisent. L'agressivité que l'on voit dans les échanges "diplomatiques", toute la charge émotionnelle, est encore décuplée dans les réseaux sociaux, où les participants ne sont pas des diplomates de carrière. Pour rétablir le discours entre la Russie et ses interlocuteurs, il faudra beaucoup de temps - pour oublier et enterrer le conflit - ou un choc permettant une prise de consience de masse. La Russie ne veut pas de la guerre froide que lui proposent les Etats Unis, mais pourra-t-elle l'éviter?

mardi 3 juin 2014

Ukraine: la guerre cachée contre la population civile - âmes sensibles s'abstenir!

La guerre en Ukraine est hors de toute proportion, de toute qualification. Le conflit touche actuellement environ 100 personnes par jour et depuis le début de l'opération de nettoyage des régions résistantes de l'Est de l'Ukraine, on compte au minimum 3000 morts dans toute la région.
L'évolution des techniques militaires utilisées par l'armée ukrainienne relève du crime de guerre. Les populations civiles deviennent les cibles des attaques de l'armée ukrainienne, car, soi-disant, les terroristes se cachent parmis la population civile ou ce sont les combattants eux-mêmes qui, selon les médias ukrainiens, attaquent la population.
Pourtant, les combattants ne sont ni dans les écoles, ni dans les hôpitaux, ni dans les usines, ni dans les transports sanitaires, les camions de la Croix rouge etc, toutes ces nouvelles cibles de bombardements aériens ou de tirs aux lance-roquettes.
Ainsi, le 26 mai à Donetsk un camion de la Croix rouge est la cible de tirs aux lance-roquettes, au moins 35 civils tués.
Le 28 mai, une école à Slaviansk et des immeubles à proximité sont victimes des lances-roquettes. Les enfants ont vite été transférés dans les sous-sols. 5 victimes.
Voici la vidéo du résultat:
Le 29 mai, un hôpital pour enfant est bombardé à Slaviansk. Heureusement, les patients furent évacués d'urgence dans le sous-sol de l'hôpital. Voici ce qu'il reste du bâtiment après:
Je ne ferai pas la liste exhaustive des exactions de l'armée ukrainienne et des différentes structures qui s'y sont greffées et en partie la contrôlent, exactions cautionnées par les instances américaines et européennes, complices ainsi de crimes de guerre.
Simplement, hier encore, le conflit s'accentue cette fois à Lugansk. L'administration de la ville, en plein centre ville, a été bombardée. En face se trouve un parc de jeux pour enfants. Nous sommes en pleine journée, les gens osent encore sortir dans la rue. Or la bombe lachée par un avion de combat tombe juste à proximité de l'administration, permettant ainsi de toucher un maximum de civils tout en détruisant en partie le bâtiment. Le nombre exactes de victimes - blessés et morts - est encore incertain.
Voici ce qui s'est passé:
C'est vraiment horrible, âmes sensibles s'abstenir.
Pour les détails, voici les restes de ce qui a été lancé sur le bâtiment:
Ce sont des roquettes S-8. On passera sur le check point bombardé, sur l'usine etc.
Et pendant ce temps, le conseiller du ministre de la défense américain soutient les opérations anti-terroristes menées par le Gouvernement de Kiev, opérations qui commenceraient enfin à être efficaces.  C'est en effet, une question de point de vue.
Le problème du droit de la guerre, est que l'on ne juge jamais les vainqueurs. J'espère les voir tous un jour devant une cour pénale internationale, ce jour-là la justice pénale internationale retrouvera tout son sens. Mais ce jour arrivera-t-il?

lundi 2 juin 2014

Le "mandat impératif": Mironov veut encore réduire la laisse des députés

 
Mironov est têtu, comme toutes les personnes qui ont peu d'idées. Lorsqu'elles en attrapent une, par hasard, au vent, une dont peut être le propriétaire ne veut plus ou qui a été oubliée pour une raison ou pour une autre, elles s'y attachent comme à un radeau.
 
Et notre cher Mironov, non seulement ne brille pas par l'intelligence ou l'éloquence, mais il n'a pas particulièrement d'autorité naturelle. Il faut donc compenser. Et il a trouver le moyen magique de mettre tous ses députés au pas, ceux qui ne l'écoutent pas, ceux qui n'obéissent pas au Parti (évidemment il ne s'agit pas d'une obéissance à sa personne...), ceux qui expriment une autre voix.
 
Bref, il revient à la charge avec son mandat impératif. Il en parle au Président, qui a manifestement - et c'est une erreur - d'autres chats à fouetter en ce moment. La réponse est simple: si tous les partis sont d'accord, faites comme vous voulez.
 
Et ce que veut Mironov est très simple: un député qui n'est pas dans la ligne du parti,doit non seulement être exclu du parti, mais également perdre son mandat, évidemment après décision de la Douma, ce qui en plus dégage le Parti de toute responsabilité. Un mélange audacieux de mesquinerie et d'ignorance. 
 
Oublions le fait que cela puisse franchement violer l'expression de la souveraineté populaire, car dans le cadre d'un mandat impératif, c'est celui qui attribue le mandat qui a le droit de le reprendre. Or, quand c'est le peuple qui vote, c'est à lui de le reprendre, pas au parti.
 
Et imaginons ce que cela peut donner. Ces dirigeants de partis qui n'arrivent pas à tenir toutes leurs troupes en laisse, bien court, peuvent régler leur problème sur le dos du parlementarisme. Pratique et efficace. Dangereux aussi, car les députés ayant une épée de Damoclès sur la tête vont être encore plus dociles. Ce qui est catastrophique pour la qulité des débats parlementaires. Et ne parlons pas du pluralisme politique, réel et non formel. Sans oublier la réputation du parti politique et de son dirigeant auprès de la population. Les partis en général ont déjà une très mauvaise réputation, en Russie comme ailleurs, cela ne va pas les aider.
 
Ahhh, l'ombre de Gryzlov plane encore sur le parlementarisme russe, un peu comme le fantôme de l'Opéra ....

vendredi 30 mai 2014

Comment la doctrine militaire américaine conforte le conflit en Ukraine ou jouons au pocker menteur

Барак Обама
Lors de son discours à l'Académie militaire de West Point, le Président Obama a indiqué assez clairement sa position, celle des Etats Unis, en matière d'interventionisme et de défense de ses intérêts stratégiques: la fin justifie les moyens.
Sur la scène internationale, les Etats Unis doivent toujours être le leader qui entraîne les autres avec lui. Pour autant, lorsque les intérêts fondamentaux des Etats Unis sont en jeu, ils peuvent intervenir seuls, voire militairement si cela est nécessaire et même si l'opinion internationale est importante, rien n'est supérieur à la défense des intérêts américains, des ressortissants à l'étranger et des intérêts économiques des Etats Unis. Mais que l'on se rassure, les Etats Unis ont les moyens qui lui permettent de former l'opinion publique et d'influer sur les autres pays, lui permettant donc d'obtenir leur soutien. La conclusion logique ne se fait pas attendre: ces moyens ont permis d'isoler la Russie en amenant les pays européens et le G7 a soutenir la politique de sanctions économiques, politique donc bien prise dans l'intérêt exclusif des Etats Unis, comme le sous-entend le Président, et qui n'a rien à voir avec l'Ukraine, mais avec le non-alignement de la Russie.
Le manque de tact d'un tel discours est effarant et a été relevé dans la presse américaine, mais parfois de manière étonnante. Celle-ci y a vu un discours contre productif, qui a surtout réussi à énerver plusieurs des alliés des Etats Unis, allant de Singapour à la France. Il est vrai qu'annoncer aussi directement que la politique américaine repose sur la manipulation des autres puissances pour les amener à servir et défendre les intérêts des Etats Unis, il fallait oser le faire. Et savoir que de toute manière, à part quelques montées de salives, il n'y aura aucune conséquence. Ensuite, ce qui est surprenant, c'est la critique presqu'uniforme reprochant au Président de trop se lier les mains en matière d'interventionnisme. Bref, pourquoi se réduire à se point les possibilités d'intervention unilatérale? Pourquoi ne pouvoir intervenir unilatéralement si des intérêts supérieurs, qui n'engagent pas forcément les intérêts vitaux des américains, sont en jeu? Bref, se pourrait-il que l'Amérique n'aille plus de part le monde défendre la démocratie les armes à la main? Choking! Enfin, la dernière grande critique concerne le style du discours. Un discours général, sans rien de concret alors qu'il s'adresse a des militaires. Par exemple, il ne parle plus du renouvellement des relations entre la Russie et les Etats Unis, mais de la nécessité de brider, voire de dompter, la Russie et la Chine qui se conduisent de manière de plus en plus agressive, mais sans pour autant dire comment y parvenir. Traduction: le Russie et la Chine ne se plient plus aux règles du jeu en se mettant à servir leurs intérêts propres, ce qui en fait des concurrents dangereux à détruire. Mais par quels moyens, la question reste ouverte.
Dans ce contexte, l'Ukraine est une opportunité à ne pas lâcher. Et il faut remettre de l'huile sur le feu régulièrement, sans trop se salir les mains. Et les déclarations plus que surprenantes de la porte-parole du Département d'Etat, J. Psaki, qui ne sait pas, ne veut pas avoir, ne comprend pas, reprend uniquement les sources officielles ukrainiennes ont un sens alors: en donnant carte blanche au pouvoir ukrainien actuel, en refusant a piori toute investigation objective, tout autant que la condamnation des violences contre les populations civiles, qui se réfugient maintenant dans les sous-sols, les Etats Unis poussent le pouvoir ukrainien, qui se croit tout permis, à commettre l'irréparable, à mettre en place un chaos qu'il ne peut gérer seul ... et que les Etats Unis vont aider à entretenir et contenir, dans l'espoir de pousser en même temps la Russie à la faute. Dans tous les cas, en contrôlant la zone ukrainienne, les Etats Unis contrôlent le transit du gaz russe vers l'Europe. Joli coup, non? Et dans ce cas, peu importent les frontières de l'Ukraine, seul compte le trajet d'acheminement, les entreprises qui le contrôlent, le point de sortie etc. De ce côté là, tout ne se passe pas trop mal. Les personnes sont placées. Donc le conflit peut continuer.
La doctrine est très simple: on est les leader, on le reste, on détruit ce qui dérange et ne s'aligne pas. Comme l'argent c'est le pouvoir, l'énergie - c'est le pouvoir. On va la contrôler. Et de cette manière, on va isoler la Russie, en contrôlant sa frontière énergétique avec l'UE, avant que ses accords avec la Chine ne soient efficaces. C'est un coup de pcsker menteur, mais parfois ça peut marcher. L'inconnu restant le seuil critique d'alignement des pays européens.

mercredi 28 mai 2014

La nouvelle colonie d'Ukraine entre les mains de Iatseniuk

Voir: http://korrespondent.net/ukraine/politics/3369395-yatsenuik-vvodyt-dolzhnost-zammynystra-po-evroyntehratsyy-vo-vsekh-mynysterstvakh
http://www.aif.ua/politic/ukraine/1177179

Арсений Яценюк, Премьер-министр Украины
Pendant que l'opération finale se précise dans le Sud Est, Iatséniuk met l'Ukraine en forme pour devenir une nouvelle "colonie" européenne et veut se poser ainsi comme le véritable homme fort de la politique ukrainienne. En février, il lance "Nous ne reculerons pas, nous n'avons pas peur, nous resterons sur la place, soudés ", aujourd'hui il ne reculera pas non, il a eu le pouvoir, il va le garder et remplir la mission dont il se croit investi.
Poroshenko fut élu Président, pourtant le pouvoir ne doit pas changer demain. Et Iatséniuk met immédiatement les points sur les i: il garde le contrôle de la politique ukrainienne. Que Poroshenko s'occupe des massacres de l'opération anti-terroriste, qu'il se salisse les mains et la réputation, il va pouvoir incarner le pouvoir des oligarques en Ukraine. Pour sa part, le pouvoir non élu des révolutionnaires garde les rênes du pays. Cette confusion, cette superposition dans les rôles permet une irresponsabilité totale de ce qui se passe pour l'instant. Tout doit donc être nettoyé et propre avant l'investiture. Pour que la nouvelle marionnette présidentielle puisse jouer son rôle, alors pleinement: prendre les mesures de réconciliation nationale, l'opposition ayant été anéantie - physiquement.
Ainsi, le but global et général de la politique ukrainienne: l'intégration rapide dans l'UE. A n'importe quel prix. Et peu importe ce prix, les Etats Unis et l'UE ont donné carte blanche au pouvoir ukrainien pour régler le problème à l'intérieur et faire payer la Russie. Pour cela il faut mettre en conformité les normes ukrainiennes et européennes et il faut que la production ukrainienne soit conforme aux exigences européennes, ce qui n'est pas le cas. Donc pour accélérer le processus, un vice-ministre responsable de l'intégration européenne mettra sous tutelle chaque ministre du Gouvernement et le Premier ministre lui-même. Cela ne vous rappelle-t-il pas la tutelle qu'exerçait la Grande Bretagne en Inde alors? Iatseniuk remet au goût du jour le principe de la colonie: il n'y a pas de politique propre, toute ligne politique est conçue, formalisée et mise en oeuvre en fonction du but supérieur, extérieur à l'Etat lui-même, en fonction d'impératifs politiques que cet Etat ne maîtrise pas. En l'occurrence, il s'agit de l'UE. Au moins formellement - structurellement.
Et encore une précision, alors que les grands débats sur la réforme constitutionnelle sont en attente, Iatséniuk de préciser que le centre du pouvoir est dans le Conseil des ministres et plus particulièrement entre les mains de ces "tuteurs" européens. A bon entendeur, salut. Poroshenko doit savoir où est sa place et quelle est sa marge de manoeuvre. Il est évident qu'avec tant de buts supérieurs (concilier le pouvoir des oligarques avec les intérêts des ex-révolutionnaires, se répartir les postes et les possibilités, faire profile bas devant tous les partenaires internationaux pour pouvoir remplir le budget à leur frais, etc) il faut rapidement se débarrasser de ces populations du Sud-est qui ne jouent pas le jeu. Comme l'affirme Poroshenko, ce n'est qu'une question de jours, voire d'heures.