Je vous souhaite la bienvenue sur ce blog où nous allons tenter de décrypter l'actualité politique russe, donner la dimension de toute sa richesse et sa complexité. Sans clichés et sans partis pris. Sans vouloir plaire à tout le monde.
L'ACTUALITE RUSSE EN FRANCAIS MISE AU POINT PAR RUSSIE POLITICS SUR Facebook ET Twitter!
Hier, la question de la démolition des immeubles appelés "Khrouchtchevka" à Moscou a encore été soulevéé lors de la réunion du Conseil de l'Etat sous la présidence de V. Poutine. Il faut dire que la technologie utilisée et le moment où elle est utilisée laisse songeur. Si Sobianine, le maire de Moscou, travaillait pour l'opposition, il n'aurait pas fait mieux pour lancer une grande vague sociale.
Hier a eu lieu le tant attendu débat de l'entre deux tours. Un débat violent qui n'aurait pu être autre. Car ce sont deux visions du pays qui s'opposent. Pour la première fois depuis les débuts de la Ve République, l'opposition ne se résume pas à des propositions différentes pour régler les mêmes questions: ici les questions sont différentes. Sortir de l'Europe vs plus d'Europe? Plus d'immigration avec la fin des frontières vs contrôler l'immigration avec la restauration des frontières? Restaurer le rôle de l'Etat dans l'économie vs l'autorégulation du marché global? La violence vient de la réelle opposition.
Mais dimanche prochain, nous aurons l'un des deux en Président, peu importe l'abstention ou le vote blanc. Alors réfléchissons, l'heure n'est plus à pudibonderie.
A voir la manière dont s'est passée la rencontre entre A. Merkel et V. Poutine à Sotchi hier, juste après sa visite en Arabie Saoudite, pays qui finance ouvertement le terrorisme, laisse songeur sur les priorités européennes.
Odessa, 2 mai 2014. 48 morts, plus de 250 blessés. Tous des habitants d'Odessa. Ce n'est pas "un terrible incident", ni même "une tragédie". C'est un massacre. Voulu et organisé. Le nouveau pouvoir, encore contesté après le coup d'Etat du Maïdan a besoin d'écraser dans le sang la contestation dans l'Est du pays pour arrêter la contagion. Le 2 mai 2014, ce pouvoir ukrainien pro-européen, soutenu à bout de bras par nos dirigeants, par l'UE, par les Etats Unis, par le fameux "Monde libre", par le clan du Bien contre le Mal, ce nouveau pouvoir reçoit le sacre par le sang de ses concitoyens. Silence dans les médias occidentaux: des "terroristes" pro-russes, voire russes, sont morts eux-mêmes, dans un incendie, étouffés. Terrible accident. Blocus de l'information dans le "Monde Libre".
Ne pas pardonner. Ne pas oublier. Vidéo +21ans pour comprendre l'ampleur de l'horreur:
Sur le plateau du JT de 20h sur France 2, N. Dupont-Aignan a annoncé que son mouvement et le FN vont faire campagne ensemble pour mettre un terme à la rupture entre républicains et patriotes. Ce ralliement de poids a totalement perturbé la campagne présidentielle, toute la bulle globaliste médiatico-politique se préparant à fêter la victoire du "progressiste" Macron contre l'anti-républicaine Le Pen. Les cartes ont été redistribuées, provoquant une coulée de haine visqueuse dans les médias. Un inquiétant sentiment d'urgence s'amplifie à quelques jours de ce deuxième tour, où l'on a l'impression comme jamais de jouer notre avenir, sans seconde chance.
Moscou est une mosaïque de constructions d'époques différentes, chacune rappelant une page de l'histoire de la ville. Des maisons en bois, dont il reste quelques exemplaires dans le centre ville, côtoient les bâtiments de l'Ancien régime, les fiers immeubles staliniens, les "Khrouchtchevka" construits pour régler le problème du logement - qui sont une simplification des constructions staliniennes, puis les "panels" (HLM) des années 70. Ce sont ces "Khroutchevka" que la ville de Moscou, sur demande du Président, s'apprête à "rénover". C'est-à-dire à démolir pour construire de grands immeubles à leur place. Comme souvent, ce dicton russe s'applique: l'on voulait pour le mieux, l'on obtient comme toujours. Et ce programme qui a pourtant un sens tourne à l'absurde, remettant en cause le droit à la propriété privée. Ce qui a conduit le Président à calmer les ardeurs du maire de Moscou.
Notre société libérale libertaire a, comme toutes les sociétés, ses vaches sacrées. Internet et les réseaux sociaux en font partie. Ils sont censés être l'incarnation désincarnée de la liberté moderne, elle aussi très virtuelle. Située hors du champs de l'Etat, qui sous aucun prétexte ne doit pouvoir les réglementer, sous peine de procès en totalitarisme. Si, si, n'ayons pas peur des mots. C'est dans cette logique que Edinaya Rossya refuse de soutenir une politique pénale restreignant l'accès aux réseaux sociaux pour les enfants de moins de 14 ans. L'on ne touche pas aux dieux modernes, même si l'on revendique des valeurs conservatrices à ses heures.