Publications

vendredi 16 novembre 2012

Les fausses rumeurs autour de l'avenir de Serdiukov

Les médias en ligne n'en finissent pas de diffuser des rumeurs et des analyses autour d'un thème à la mode: l'avenir de Serdiukov. Et la déclaration infirmant officiellement le fondement de cet emballement passe presque inaperçue.
 
A. Serdiukov, ancien ministre de la défense déchu en raison d'escroqueries à grande échelle et de détournements de fonds publics, est nommé conseiller du directeur général de consortium étatique Rostekhnologui.
 
Pour les uns, cela rappelle les pratiques soviétiques de "replacement" des siens, donc rien n'a changé, donc rien ne peut changer (voir http://www.specletter.com/politika/2012-11-15/v-mestah-ne-stol-otdalennyh-ot-vlasti.html - l'article est par ailleurs très bien écrit). Pour d'autres, cela signifie qu'il n'y aura aucune enquête, que Serdiukov ne risque rien et que tout pourra gentillement continuer comme avant (voir http://www.kommersant.ru/doc/2067012). Tous sont d'accord sur le fait que ce n'était qu'un coup médiatique qui a permis de se débarrasser à bon prix d'un ministre finalement pas si mal, voire plutôt bon, surtout depuis que Poutine l'a démis de ses fonctions.
 
Intéressant. Très intéressant. D'autant plus que l'on apperçoit à peine dans les médias, à l'exception notable de Izvestia, le démentie de cette information / désinformation. En effet, le service se presse de Rostekhnologi a très officiellement déclaré que à ce jour, aucun document ou autre indication officielle n'existe en ce qui concerne la nomination de A. Serdiukov au poste de conseiller du directeur général ou même de collaborateur de Rostekhnologui (voir http://izvestia.ru/news/539734).
 
Malgré cela, les médias qui ont publié une information fausse ne publient pas de démenti.

jeudi 15 novembre 2012

Préparation d'un projet de loi contre l'apologie du nazisme

Voir: http://izvestia.ru/news/539651

Réagissant à la confusion grandissante entre nazisme et nationalisme, le Conseil de la Fédération prépare un projet de loi visant à interdire le recours à la symbolique nazie et la propagade de l'idéologie nazie, la sanction pouvant aller jusqu'à la privation de liberté.
 
Jugeant la réhabilitation du nazisme et l'héroïsation des criminels nazis inacceptables, la Chambre haute du Parlement veut sanctionner dans un seul texte législatif le recours non seulement à la symbolique "classique" nazie, mais également à la symbolique dérivée, l'utilisation de laquelle donne pour l'instant à leurs utilisateurs une totale impunité juridique. L'amende prévue pourrait être supérieure à 300 000 roubles, accompagnée soit d'une peine alternative soit d'une privation de liberté allant jusqu'à deux ans.
 
Les auteurs du projet de loi préviennent que les sanctions ne concerneront en aucun cas les domaines scientifiques, artistiques ou la littérature. En ce qui concerne les publications nazies, comme Mein kampf, elles doivent être interdites au grand public, mais l'accès doit être réservé sans restriction aux chercheurs, comme les historiens.
 
La question du durcissement de la réglementation existante est à nouveau d'actualité après la Marche Russe (nationaliste) de novembre dernier, lors de laquelle une quizaine de personnes furent arrêtées en raison du port de l'uniforme SS et puisqu'ils scandaient des slogans nazis et faisaient le salut. Cette assimilation entre nazisme et nationalisme est particulièrement dangereux et destructeur. Sans intervention forte, des jeunes qui ont besoin de s'affirmer pourront penser que le salut nazie, par exemple, peut être un moyen de montrer son amour à la patrie. ce qui se passe et ce qui est inadmissible pour les auteurs du projet de loi. La Nation russe ne peut s'enliser dans le nazisme, sauf à se discréditer elle-même.
 
Pourtant, cette position est loin d'être partagée par le dirigeant du mouvement nationaliste "Russkie" (russes ethniques), D. Demuchkine. Selon lui, le salut du coeur vers le soleil, tout autant que la croix gammée sont des symboles ancestraux. Hitler est mort depuis longtemps et ces symboles, toujours selon Demuchkine, sont utilisés partout et par tous. Or, quand un régime commence à vouloir interdir des publications et des comportements, c'est mauvais signe. Cette loi ne va finalement que permettre au pouvoir de se débarrasser des nationalistes qui le dérangent.
 
Deux remarques. Tout d'abord, la position de Demuchkine souligne le lien réel entre "ces" nationalistes et une sympathie, pour le moins, envers l'idéologie nazie. Ensuite, le même argument est toujours utilisé: le projet de loi va servir le pouvoir. On pourrait se demander si D. Demouchkine considère normal que des personnes se promènent en uniforme SS, après tout Hitler est mort depuis longtemps et beaucoup de personnes portent l'uniforme ... Et l'on aurait pu lui demander aussi, à part dans certains pays baltes - pourtant membres de l'UE - et d'Europe de l'Est où l'idéologie nazie est presque réhabilitée, a même ses héros nationaux décorés par les gouvernements en place, voire ses statuts, où peut-on voir dans la rue des gens faire impunément le salut nazie et porter l'uniforme? Mais il ne nous aurait pas répondu de toute manière.

mercredi 14 novembre 2012

Lutte contre l'alcoolisme en Iakoutie: formation des fonctionnaires

Voir: http://top.rbc.ru/society/14/11/2012/824873.shtml

L'alcoolisme est un des problèmes endémique de la société russe. La lutte s'organise, interdiction de vente des alcools forts dans les magasins le soir, interdiction de vente de n'importe quel alccol aux mineurs, fermeture des kiosks où l'on vend de l'alcool à proximité des établissements scolaires, etc. Mais les résultats ne sont pas particulièrement visibles malgrè les efforts et nombreux sont les jeunes à boire de la bière dans la rue, simplement en marchant, dans les espaces de jeu pour enfants ou dans les entrées d'immeuble - surtout en hiver.

La république de Iakoutie a alors pris le taureau par les cornes. Elle a organisé un forum pour les fonctionnaires des différents départements administratifs, les obligeant à suivre des cours sur un style de vie dédié à la sobriété. Et ces cours entraient dans le cadre de leur formation continue, ce qui ne manque pas d'humour.
 
Les 150 participants ont ainsi eu des cours sur "l'histoire de l'alcoolisme et les fondements de la sobriété" ou "L'expérience de la lutte contre l'alcoolisme dans la République Belarus".
 
Qui peut douter de l'utilité de cette formation? Il reste aux fonctionnaires à donner l'exemple ...

mardi 13 novembre 2012

Droit de propriété, intérêt public et corruption: le débat s'enlise autour des projets de loi

Voir: http://www.kommersant.ru/doc/2065587
http://svpressa.ru/society/article/60688

Deux projets de loi sont actuellement en discussion à la Douma, l'un visant à renforcer la responsabilité des fonctionnaires en cas de violation de leur obligation de déclaration de patrimoine et de ressource, le second, plus radicale, vise à interdire complètement le droit de posséder des biens immobiliers et des comptes bacaires à l'étranger pour ces personnes.
 
Sur ce second aspect, à l'initiative du Front populaire de V. Poutine, nombre d'institutions se sont prononcées défavorablement (Gouvernement, Cour suprême, Cour des comptes, Association des juristes de Russie), appelant à la protection constitutionnelle du droit de propriété.
 
Et l'argumentation développée par les initiateurs du projet de loi est surprenante. On y trouve un mélange des genres. A la fois il faut lutter contre la corruption, ne pas soutenir les économies étrangères (appel au patriotisme économique) et ne pas permettre à des personnes ayant parfois accès à des secrets d'Etat de se mettre en situation compromettante.
 
Il faudrait quand même faire le tri. Quand les démonteurs du projet de loi parle du soutien que doit obtenir le petit fonctionnaire local, ce n'est pas sérieux. Lui, n'aura jamais une maison de campagne sur les hauteurs de Nice. Et même s'il en a une, il n'a pas accès aux secrets d'Etat. Quel est donc le critère? Toute classification juridique doit se faire en raison de critères objectifs. Ici, ils n'existent pas.
 
La question centrale est quand même, dans le cadre de la lutte contre la corruption, puisqu'il s'agit rappelons-le, de cela à la base, de savoir comment le bien a été acquis. Légalement ou non. Le patrimoine immobilier de cette personne correspond-il aux revenus de sa famille? Si tel n'est pas le cas, peut importe que le bien soit en Russie ou à l'étranger, il faut sanctionner, mêmes si les moyens juridiques varient en fonction de la localisation du bien. Mais pourquoi priver a priori un individu de son droit de propriété? Pourquoi lutter plus contre les éléments étrangers de corruption? C'est une démagogie facile et inefficace.
 
Et s'il faut protéger les secrets d'Etat en limitant le droit de propriété d'une certaine catégorie de personne, pour laquelle la possession d'un bien immobilier ou d'un compte bancaire à l'étranger peut réellement présenter un danger, dans ce cas il faut réguler la question indépendamment de la lutte contre la corruption, puisque le problème est autre.

lundi 12 novembre 2012

Nouvelle composition du Conseil des droits de l'homme

Voir: http://www.rg.ru/2012/11/12/spch-anons.html

V. Poutine a officiellement confirmé la nouvelle composition du Conseil des droits de l'homme, qui sera composé de 62 personnes.

On y compte beaucoup de nouveaux membres, comme E. Glinka (directeur exécutif de l'association soutenant l'aide médicale), E. Massiuk (journaliste de Novaya gazeta), S. Pachine (ancien magistrat et auteur de la conception de l'organisation de la justice dans la toute jeune Russie post-soviétique), L. Parfenov (journaliste TV), P. Tchikov (président de l'association Agora), L. Chibanova (directeur exécutif de l'association Golos), L. Nikitinsky (journaliste activiste), I. Khakamada (activiste politique et écrivain), S. Kutcher (journaliste). - Voir la liste complète dans le lien.

Mais certaines personnalités en sont également sortis, comme la célèbre dissidente russo-américaine, égérie de la défense des droits de l'homme déjà à l'époque soviétique, L. Alekseeva.
 
Le Conseil arrivera-t-il à marquer son territoire entre les différentes institutions qui interviennent dans le domaine des droits de l'homme ? Pourra-t-il renforcer son autorité? Ce sont les défis internes qu'il devra relever pour avoir une activité efficace.