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mardi 6 septembre 2016

Comment la Commission pour la Justice transitionnelle russe transmet des secrets militaires à ses "partenaires" étrangers

Картинки по запросу комиссия переходного правосудия

Sur fonds étrangers, une surprenante Commission pour la justice transitionnelle en Russie réunit des informations précises sur les militaires russes, les code et les regroupe en Norvège, pour ensuite les transmettre aux structures internationales intéressées, en vue d'arrestation de militaires russes à l'étranger lors de leurs vacances et de la préparation des lustrations lors de l'arrivée au pouvoir des "libéraux" pro-européens. Le tout couvert par le visage crédible de "l'universitaire" Bill Bowring, qui doit laisser flotter un soupçon de respectabilité sur cette opération spéciale.


La chaîne russe privée fédérale NTV vient de sortir le 1er septembre un documentaire très intéressant. Vous pouvez le voir en intégralité ici:


Nous apprenons ainsi que l'ancienne membre du bureau politique du parti d'opposition PARNAS, Natalia Pelevina, a monté un projet appelé Commission pour la Justice transitionnelle en Russie. La justice transitionnelle, qui au départ concernait, selon le Sécrétaire général de l'ONU, l'administration de la justice lors des périodes de transition dans les pays ayant subi des révolutions ou sortant de régimes autoritaires, est devenue une sorte de psychanalyse de la société, au moyen de laquelle les structures étatiques sont volontairement maintenues en état de faiblesse, par un processus non pas de réconciliation nationale, mais de culpabilisation. C'est justement ce dont s'occupe cette nouvelle "Commission".

Cette Commission pour la Justice transitionnelle réunit des informations concrètes sur les militaires russes ayant participé aux opérations en Tchétchénie, en Géorgie et en Syrie. Mais également sur les volontaires russes dans le Donbass. Voici leur page Facebook. L'on apprend ainsi que leur action est motivée par le fait que la Russie, sous la présidence Poutine, se serait transformée en dictature qui utilise la répression de masse contre les opposants, viole le droit international et agresse l'Ukraine. Tout ces crimes doivent être documentés et systématisés. 

Soit, c'est leur point de vue et ils mènent leur activité en toute impunité dans ce système "dictatorial". Pour autant, les discussions enregistrées entre les participants au projet en caméra cachée met à jour une toute autre "vérité". Ainsi, la responsable de ce projet, Natalia Pelevina (qui a la nationalité anglaise en plus de la nationalité russe), discute à table avec le controversé défenseur des droits des tchétchènes Stanislav Dmitrievsky et l'apparemment très respectable professeur anglais, soviétologue de renom, Bill Bowring. 

Le problème est l'objet de cette discussion. Bill Bowring affirme qu'il recherche des informations très précises sur les militaires et anciens militaires russes, pour savoir qui a pris part à quelle opération, déterminer la chaîne de commandement, la composition des bataillons et les changements. Il affirme que, à ce jour, le niveau du commandement est connu, mais il faut aller plus dans le détail et descendre jusqu'au soldat.

Rappelons qui est Bill Bowring. Voici comment il se décrit lui-même:
I am a Professor of Law at Birkbeck College, University of London since September 2006, and am a practising barrister (Field Court Chambers, Gray's Inn). I serve as the International Secretary of the Haldane Society of Socialist Lawyers, and President of the European Lawyers for Democracy and Human Rights (in sixteen European countries). I am also an Executive Committee Member of the Bar Human Rights Committee of England and Wales, a Member of the Council of Liberty, and a Trustee of the Redress Trust, working for torture survivors. I founded and am Chair of the International Steering Committee of the European Human Rights Advocacy Centre (EHRAC), which, in partnership with the Russian NGO Memorial and the Bar Human Rights Committee, is assisting with over 150 cases against Russia, Georgia and Latvia to the European Court of Human Rights. 
Bill Bowring affirme par ailleurs avoir reçu de la Commission européenne une somme de 1 million d'euros pour ses activités. La Commission de N. Pelevina collabore étroitement avec l'International Center for Tansitional Justice, fondé justement par Bill Bowring. Donc, indirectement, la Commission européenne cautionne ces activités d'espionnage militaire.

Ainsi, nous avons un sérieux professeur de droit de la très respectable Université de Londres, qui participe à de nombreuses activités internationales tout aussi respectables ... et qui cherche clandestinement de l'information militaire russe. Nous ne parlerons pas d'étique, cette notion ne semble pas avoir sa place ici.

Et qui lui promet ces informations? Stanislav Dmitrievsky et Natalia Pelevina. Qui sont-ils?

Stanislav Dmitrievsky est un "défenseur des droits", autrement dit un activiste. Il est très attaché à la Tchétchénie et travaille beaucoup sur ce qu'il considère comme les crimes de guerre commis par l'armée russe en Tchétchénie et prend la défense des terroristes tchétchènes, s'occupe de les "réhabiliter" dans l'opinion. Son activité a le soutien de l'association Mémorial, elle aussi financée de l'étranger, qui travaille à la culpabilisation de l'Etat russe face à sa population. Travaillant à Nijni Novgorod, S. Dmitrievsky a fondé en Finlande une association d'amitié russo-tchétchène qui a été enregistrée par les autorités locales en octobre 2007 et, par la suite, fut jugée extrémiste en Russie. Pourtant, il vient de recevoir en 2016 le prix d'une autre ONG, le Groupe Helsinki de Moscou, pour son courage dans la défense des droits de l'homme.

Cet individu, primé par les ONG, explique à Bill Bowring, qu'ils sont en train de créer une base de données pour centraliser les informations concernant les militaires russes. Ceci en récupérant les informations récoltées notamment par les structures comme Mémorial, Comité contre la torture, l'ancienne association d'amitié russo-tchétchène, l'ONG Intitiative juridique. Les informations sont scannées et ... codées. Actuellement, déjà 25 000 documents, toujours selon les explications de S. Dmitrievsky, sont regroupés dans un Centre basé en Norvège. L'association Mémorial se prépare à transmettre des documents concernant environ 40 000 membres des forces de sécurité russes.

Or, ce Documentation Center en Norvège est dirigé par Ilia Utmelidze, ancien diplomate et époux de la Consule générale de Norvège à Saint Pétersbourg.

Donc, des diplomates de pays de l'OTAN récupèrent clandestinement des informations sur les militaires russes de manière systématique. Et pour en faire quoi?

S. Dmitrievsky explique calmement à Bill Bowring, l'universitaire mondialement reconnu et l'avocat anglais, que de cette manière ils réunissent des informations concrètes sur les anciens militaires russes et peuvent les faire interpeler à l'étranger, par exemple lorsqu'ils sont en voyage en Hollande ou ailleurs, pour les déférer devant la justice internationale. Surtout que les anciens militaires, ceux qui ne pas de hauts gradés, circulent de plus en plus en Europe, qui s'inquiètera de l'interception d'un ancien sergent lors de ses vacances en Grèce.

En d'autres termes, il s'agit donc bien de prendre des renseignements sur des anciens militaires russes pour préparer leur enlèvement à l'étranger et accessoirement lancer certraines "procédures" pénales.

Lorsque le juriste de cette Commission, Nicolaï Zborochenko, est interviewé par les journalistes de NTV, il ne comprend pas en quoi leur activité peut être liée à de l'espionnage. Pour lui, il s'agit de réunir des informations sur des crimes commis et de lancer des affaires, même devant la justice nationale. Nicolaï Zborochenko est un juriste qui défend les activites devant les juridictions russes et travaille avec diverses ONG, dont Verdict de la société civile. Mais il affirme également, devant caméra, qu'il est possible dès aujourd'hui de se saisir d'anciens militaires russes à l'étranger en vacances pour les déférer devant la justice internationale. En effet, ils ont réuni beaucoup d'informations sur qui faisait quoi et où et quand et cette information est transmise ... à leurs partenaires étrangers.

Pourtant, en caméra cachée, lui et la responsable du projet, N. Pelevina, sont beaucoup plus prudents quant à l'espionnage. Ils reconnaissent que leur collaboration avec les services secrets ukrainiens, le SBU, peut tomber sous le coup de l'espionnage en Russie. Il est donc important que les informations qu'ils passent soient transmises par l'intermédiaire d'autres ONG et non directement.

Pour être claire, ce projet n'est pas gratuit. En 10 mois d'activité, ils ont perçu 75 000 dollars du Fond Soros Open Society, ont le soutien de NED (où le projet est supervisé par McCain), de Browder. N. Pelevina affirme également avoir le soutien de Khodorkovsky et évidemment ce projet est très activement soutenu par l'amant de Pelevina, à savoir Kassianov. D'ailleurs, celui-ci a fourni pour bureaux de la Commission de justice transitionnelle des locaux du PARNAS. A ce sujet, l'on ne pourra que souligner justement le rapprochement entre ces mouvements d'opposition radicale avec les extrémistes néonazis, comme le montre l'apparition ouverte de ces membres dans le groupe d'experts de PARNAS lors des émissions télévisées pour la campagne électorale.

Ces mécanismes de rapprochement de "pro-européens" d'opposition radicale avec les forces violentes du pays rappellent le scénario ukrainien, grossièrement réutilisés ici. Ce qui se confirme par l'intervention de N. Pelevina à la radio ukrainienne lorsqu'elle explique aussi l'autre but de cette "Commission". Ainsi, lorsque les "libéraux" auront pris le pouvoir - elle n'explique pas comment - la Commission se chargera des lustrations. A ce sujet, S. Dmitrievsky explique que ces évènements, comme en Ukraine, sont toujours soudain, il faut donc se tenir prêt.

Ainsi, l'on voit apparaître un certain nombre d'interactions. La piste terroriste tchétchène toujours utilisée pour destabiliser le pays (n'oublions pas que Kassianov bénéficie toujours du soutien des terroristes tchétchènes qui avaient soutenu sa candidature en 2000), les extrémistes, la diffusion d'informations militaires à des structures étrangères. Et l'on regarde différemment les interpellations faites à l'étranger de citoyens russes. 

Il est intéressant que des personnes comme Bill Bowring, qui font ouvertement de l'espionnage, puissent conserver cette réputation "d'universitaire", ou bien l'université en Europe aurait-elle changé de vocation ...  Je préfère penser qu'il s'agit d'un cas isolé. Ou d'une branche particulière. Bienvenue dans le monde merveilleux de la justice transitionnelle.

A l'approche des élections législatives qui arrivent, il reste à espèrer que la Russie puisse enfin se doter d'une véritable opposition digne de ce nom, et politique et constructive et combative ... sur le plan des idées pour l'avenir du pays et non par les armes dans la rue. Elle le mérite.


8 commentaires:

  1. Mais quand la Russie fichera-t-elle enfin toutes ces ONG dehors !
    A mon avis le professeur Bill Bowling n'est pas un cas isolé et les université telle King's College à Londresetc... ont ouvertement des War studies...A méditer

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  2. Je ne comprends pas ce terme de "lustration". Merci de m'eclairer...

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    1. Lustration est le terme employé par les organismes internationaux et repris dans les législations nationales des Etats qui changent par la violence de régime politique pour évincer du povoir, généralement sans aucun décision de justice, les personnes qui sont liées à "l'ancien régime". L'Ukraine a ainsi mis sur le côté magistrats, procureurs, députés, policiers qui idéologiquement ne lui plaisaient pas. Dans les faits, cela se traduit souvent par une atteinte à la sécurité de ces personnes et à celle de leur famille.

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    2. Merci. Tres interessant.

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  3. je suis extrêmement étonnée, pour tout vous dire, je n'en reviens pas. Je pensais que les ong russes, financées par des fonds étrangers, étaient obligées de le déclarer et, par conséquent, tenues à l'oeil par les services secrets. Or, en vous lisant, j'ai l'impression que toutes ces ong font exactement ce qu'elles veulent, au grand jour, en toute impunité, se permettent d'espionner et de communiquer à l'étranger, non seulement l'état civil, mais également les activités de dizaines de milliers de soldats leur faisant courir des risques certains. Là, mon étonnement est immense : la Russie ne protège donc pas ses soldats? Quand je pense qu'on essai de nous faire croire que ce pays est une dictature, il me donne plutôt l'impression d'être plongé dans une inquiétante anarchie. Mais que fait le FSB? Si la Russie n'y prend pas garde, elle risque le sort de l'Ukraine.

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  4. Quelles suites ont été données à ces révélations par le pouvoir en place?

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  5. Il est grand temps de juger cette lie pour haute-trahison.

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  6. Il est amusant de voir l'impact phénoménal de leur page Facebook (15 "mentions J'aime"), l'activité déployée par celle-ci (14 "posts" entre sa création en février 2015 et le dernier en septembre de la même année) et son autosatisfaction (les posts sont souvent seulement "aimés" par elle-même).
    Et des organismes européens balancent de l'argent dans les poches de ces maquereaux sans foi ni loi.... la corruption a de beaux jours devant elle dans les pays "libéraux" !

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