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vendredi 24 mai 2013

La tolérance, fondement de la Nation russe

Voir: http://izvestia.ru/news/550843

Le ministère du développement régional propose de créer un réseau de "Centre de tolérance". Si la dénomination laisse perplexe, il ne s'agit pas de maisons de tolérance, et par ailleurs les peuples n'ont pas à se tolérer, mais à vivre ensemble en bonne entente, l'idée en elle-même n'est pas mauvaise.
 
Dans le but de renforcer l'unité nationale, le ministère propose de mettre en place un réseau d'établissements qui va permettre de propager la culture des différents peuples vivant en Russie, de mieux la faire connaître. L'idée est simple: seule la connaissance permet d'éviter la peur de l'autre, cette peur qui est à l'origine de l'intolérance, du rejet. Rappelant que historiquement la Russie a toujours été un pays multi-éthnique et multi-confessionnel, dont les peuples et les religions ont vécu en bonne entente les uns avec les autres.
 
Il s'agit ici également d'éduquer à la tolérance, par des films pédagogiques, montrant des comportements tolérants ou non, suivis de débats. Mais surtout, en coopération avec les départements régionaux de l'enseignement, ces Centres peuvent intéresser les écoliers autant que les étudiants.
 
Il est évidemment trop tôt pour apprécier l'efficacité du projet. Celle-ci va en grande partie dépendre du contenu des expositions thématiques, de leur attractivité. Mais ce qui est important, c'est cette prise de consience de la nécessité de (re)créer une nation russe, au-delà des éthnies, autour des éthnies. Car seule la Nation permet de garantir et de légitimer l'Etat dans ses frontières.

jeudi 23 mai 2013

Elections régionales et coalitions partisanes

Voir: http://kommersant.ru/doc/2194512

Pour les prochaines élections du Gouverneur de la région de Moscou (pas de la ville, qui reste un Sujet indépendant de la Fédération, mais de la région qui l'entoure), l'opposition tente de se regrouper derrière un candidat unique pouvant faire face au candidat Edinaya Rossiya. La stratégie est bonne et logique.
 
Edinaya Rossiya sera bien evidemment représenté par Vorobev, actuellement en charge de la région, après le bref intervalle assumé par Choïgu, aujourd'hui en charge de la défense.
 
Le parti Iabloko a présenté la candidature de l'ancien député Spravedlivaya Rossiya, Guénnady Gudkov, et appelle les autres partis à soutenir ce candidat de poids, pour réellement mettre Edinaya Rossiya en difficulté.
 
Pour sa part, M. Prokhorov accepte de le soutenir, si bien évidemment sa candidature pourra être enregistrée par la commission électorale.
 
Selon G. Gudkov, seul ce duel pourrait avoir un réel sens politique. Mais, la question de l'enregistrement de sa candidature n'est pas une formalité et cet aspect de la procédure électorale pourrait montrer, selon lui, à quel point la démocratie en Russie est réelle ou formelle. Prokhorov, pour sa part, a des doutes sur les possibilités de G. Gudkov de s'enregistrer.
 
A suivre...

mercredi 22 mai 2013

Après beaucoup d'autres, A. Tchesnakov quitte Edinaya Rossya

Voir: http://kommersant.ru/doc/2194051

Le parti Edinaya Rossiya ne fait plus l'unanimité, même à l'intérieur. Hier, c'est l'un de ses membres dirigeants, Alekseï Tchesnakov, qui a rendu sa carte.
 
Après sept années à l'administration présidentielle, en compagnie de V. Surkov, A. Tchesnakov entre à Edinaya Rossiya, où il devient l'un des membres dirigeants. Mais les divergences commencent il y a à peu près un an et les critiques se sont multipliées.
 
Selon lui, il quitte le parti pour raison de divergence d'opinion. Par ailleurs, il estime nécessaire, pour le développement du paysage politique russe, de pouvoir mener une analyse indépendante, non partisane, de la situation, et va donc se concentrer sur des projets analytiques. Rappelons qu'il dirige le Centre d'analyse politique conjoncturelle.
 
Le parti tente de minimiser l'impact en rappelant que son investissement dans l'activité d'Edinaya Rossiya avait beaucoup diminuée ces derniers temps, donc finalement son départ ne changera pas fondamentalement la donne.
 
Pour d'autres, son départ est lié à celui de V. Surkov, dont le clan politique s'est fortement affaibli ces derniers temps, au profit de celui de Volodine, premier vice-président de l'Administration présidentielle et une des personnalités centrales du Front populaire de V. Poutine.
 
Toujours est-il que ce départ intervient après de nombreux autres. Cette dernière année, non seulement de simples militants ont quitté, parfois massivement, Edinaya Rossya, mais aussi des figures-clées, comme A. Vorobev (qui dirigeait l'organe exécutif du Parti), A. Ilnitsky (le vice-directeur de l'organe exécutif) ou encore O. Krychtanovskaya, proche du pouvoir et sociologue de renom.
 
A la proposition de V. Surkov de créer un parti alternatif à Edinaya Rossiya, A. Tchesnakov a réagi avec ironie: le pouvoir n'a pas les ressources intellectuelles pour réaliser un tel projet. Toujours est-il que la refonte de l'espace politique russe devient inévitable.

mardi 21 mai 2013

La qualité de la défense des Pussy Riot se discute devant le juge

Voir: http://pravo.ru/court_report/view/85229/

Suite à un article publié dans le journal Kommersant en décembre 2012, les anciens avocats de Ekaterina Samutsevicht du groupe Pussy Riot attaquent en justice l'avocate, Irina Khrunova, qui lui a permis de sortir libre, afin de défendre leur honneur et leur réputation. Ils attaquent également le journal et le journaliste lui-même.
Selon les dires publiés dans l'article, Ekaterina Samutsevitch se serait séparée de ses avocats, M. Feyguine, N. Polozov et V. Volkova, en raison de leur incompétence. Par ailleurs, ils auraient à ce point bâclé le recours devant la CEDH quant à l'illégalité de l'arrestation des membres de Pussy Riot, n'auraient pas envoyé les documents complémentaires nécessaires au recours, que celui-ci n'a pu être retenu par la Cour et, en raison du délai, ne peut plus être utilisé comme moyen de défense.
Lors de l'audience, le juge leur a demandé la réputation et l'honneur de qui ils entendaient défendre. Très sérieusement, ces avocats, qui par ailleurs sont sur les dossiers médiatiques des opposants les plus radicaux, avec une efficacité comparable à celle déployée dans l'affaire Pussy Riot, expliquaient que ces dires étaient infondés.
Le représentant légal de l'avocate incriminée a signalé qu'ils avaient des documents prouvant ces dires et qu'ils les produiraient devant la justice. L'ironie du sort est que ces avocats, qui critiquent constamment l'indépendance, ou plutôt revendiquent la dépendance, de la justice, s'adressent à un juge, pour en fait, apprécier la qualité de leurs efforts professionnels dans l'affaire Pussy Riot. Puisque le caractère diffamatoire de la critique va dépendre du fondement, ou de l'absence de fondement, de cette même critique.
Il est dommage qu'ils n'aient pas été aussi consciencieux pour la défense de leurs clientes. A moins que le but n'ait été atteint ...

lundi 20 mai 2013

Parachutes dorés et holding publics

Voir: http://kommersant.ru/doc/2192472?fp=22

La question de la limitation des parachutes dorés touche également la Russie. Et le sursaut fut provoqué par le départ du dirigeant de Rostelekom avec la rondelette somme de 200 millions de roubles.
 
Le Président Poutine a alors demandé au Premier ministre de travailler sur une régulation de la question. Un projet de loi, modifiant le code du travail, va donc être débattu prévoyant la limitation des indemnités de départ des dirigeants, à un montant compris entre 3 et 12 mois de salaires moyens pour les "entreprises d'Etat" et de 3 à 18 mois de salaires moyens pour les entreprises fonctionnant avec la participation de l'Etat. Evidemment, dans le cas où le départ n'est pas consécutif à une faute commise par le dirigeant.
 
Ces "entreprises d'Etat" sont appelées "goscorporatsia", mais personne ne sait très bien qui elles sont, combien il y en a. Puisqu'il n'existe pas de statut de droit public particulier pour elles. Elles relèvent simplement du droit privé. Un député a donc proposé que lors des débats, la liste de ces entreprises soit établie. Ce serait en effet une bonne occasion pour faire la lumière sur ces gouffres financiers.