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lundi 16 novembre 2015

Kiev risque de reprendre l'offensive dans le Donbass

Gare de Kherson

La situation internationale est telle que la question ukrainienne n'est plus d'actualité. Ce qui est extrêmement dangereux pour les gouvernants mis en place dans ce pays. D'une part, car ils ne peuvent se permettre ni de réaliser les accords de Minsk, le processus politique est en berne, ni de gouverner. D'autre part, parce que le soutien US/EU risque de s'effriter, la parole commençant à se libérer, les réfugiers du Donbass à se compter et les nazillons à se voir. Alors il faut agir pour revenir sur le devant de la scène et provoquer de nouvelles discussions sur un énième accord de Genève/Minsk.
Comme nous l'avons écrit dernièrement, l'armée ukrainienne se remet à régulièrement attaquer les cibles civiles dans le Donbass, les écoles semblant provoquer un intérêt tout particulier (voir notre article ici). Pour autant, les analystes n'étaient pas convaincus de l'imminence d'une offensive importante avant le printemps.

Il faut dire que la situation internationale, et donc géopolitique, change. Avec la guerre en Syrie, dans laquelle la Russie s'impose comme acteur incontournable de la lutte contre le terrorisme. Avec les attentats de Paris, qui mettent justement la lutte contre le terrorisme comme objectif principal. 

Dans ce contexte, les cartes que Kiev détient, à savoir la Crimée "annexée" par sa population et les blindés russes fantômes du Donbass, risquent de ne plus peser lourd face à une menace terroriste généralisée et posée comme telle. Une menace dont le combat impose un accord avec la Russie.

Sans pour autant faire de brusques mouvements autour de l'Ukraine, l'intérêt de la communauté internationale va rapidement diminuer, même si Euronews continue à indiquer la température à Donetsk. Le bilan climatique ne remplacera pas assez efficacement la propagande politique. Et la mémoire est courte.

Tout cela, Kiev le sait parfaitement. Il lui faut rapidement reprendre la main et donc le devant de la scène. Ainsi, un député ukrainien de l'ancien parti des régions, Alexeï Jouravko, sur sa page Facebook, montre les colonnes de chars qui sont envoyés ces jours-ci dans le Donbass depuis la gare de Kherson. Et ce n'est pas le premier convoi militaire.


La tactique envisagée par l'armée ukrainienne est toujours la même. Celle qui a échoué, mais aujoud'hui les officiers ukrainiens sont persuadés que l'armement américain et la formation reçue par les "conseillers" leur permettra de reprendre le contrôle des zones d'habitations qui se son autonomisées après le coup d'état de Kiev. Ils veulent couper Donetsk de Gorlovka et de Lugansk et ainsi de Moscou. La plus grande concentration d'hommes et de blindés est dans le centre de la ligne de front vers Adeevka et au sud-ouest vers Volnovakha. Ils y concentrent environ, dans chaque zone 10 à 20 000 hommes et 200 blindés.

Il y a peu de chances que cela marche, mais dans tous les cas le pouvoir est gagnant, puisque de toute manière le processus politique avec le Donbass est actuellement impossible. 

S'il remporte même de petites victoires locales, ce seront des gains de territoires qui lui permettront d'insister pour faire renégocier les accords de paix. Même si, en fait, il s'agit d'une démonstration de la violation des accords de paix déjà conclus.

S'il ne remporte aucune victoire, il place à nouveau la population en situation de guerre. Or, la population s'est un peu ramolie, elle ne s'intéresse absolument plus à la politique du Gouvernment et la confiance en ses dirigeants a chuté. Yatséniuk, le Premier ministre, fait moins de 3%. Car l'hiver arrive, les questions qui se posent sont celles des  salaires, du montant des retraites, de la suppression des aides sociales, de la hausse des prix, de la chute de la monnaie locale, des possibilités ou non de chauffage, etc. Les priorités de la populaiton sont éloignées des litanies dégoulinantes de patiotisme bon marché et fanatiques déversées à chaque occasion favorable.

Et le taux de participation aux élections locales de dimanche, historiquement faible, montre ce désengagement populaire. Le taux général arrive à peine à 34%.  Il tombe même à 20% à Kherson et à 28% à Kiev.

Ces gouvernants ne peuvent diriger le pays, ils n'ont pas été mis en place pour cela. Et la population commence à en payer le prix cher. 

Vous chantiez, et bien dansez maintenant. Combien de temps? Seuls les chars peuvent sauver un pouvoir qui s'est installé dans le sang.

2 commentaires:

  1. Je suis un garçon méchant. So, je souhaite 40° au dessous du ZERO à tous les UKROPITHÈQUES et BANDÉRISTES. Aux autres, qui commencent à se réveiller, magnanime que je suis... allez moins 10°!

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  2. Il faut un grand congélateur pour ce gouvernement ukraino-américain, oui à -40°. Cette population a été assez bête pour croire aux lendemains qui chantent. Ah ils ont cru aux sirènes de l'ue, aux sirènes des usa, ce qui est la même chose . Hé bien maintenant qu'ils se soulèvent contre leur usurpateurs au gouvernement constitué de "corps étrangers". Cela les réchauffera. Ils se sont bien battus sur le Maîdan! Qu'ils se battent à nouveau et retrouvent la raison et l'honneur. Mais je pleure pour ceux qui sont victimes et n'ont rien demandé de tout cela.

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