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jeudi 8 février 2018

Ksénia Sobchak a du mal à s'imposer aux Etats-Unis



Alors que les élections présidentielles russes doivent se dérouler le 18 mars et que Ksénia Sobchak a obtenu les signatures nécessaires à officialiser sa candidature, ce qui a été fait par la Commission centrale électorale, elle fait une grande tournée américaine. Etrange. Enfin, s'il s'agit d'obtenir un soutien populaire dans son pays. Mais pas vraiment s'il s'agit de convaincre les sponsors. Ceux qui s'occupent de l'opposition dite "libérale" en Russie. En ce sens, Ksénia Sobchak ne déroge pas à la grande tradition "démocratico-libérale" qui s'est installée lors de la chute de l'URSS.


En automne 1989, Boris Eltsine, alors simple député soviétique, rend sa première visite aux Etats-Unis, sur invitation d'un membre du Congrès. Afin de ne pas froisser Gorbatchev, George Bush décide de ne pas recevoir officiellement Eltsine à la Maison Blanche, mais le fait recevoir par son Conseiller pour la sécurité nationale ... et à cette occasion le rencontre non officiellement, par "hasard". Cette poignée de main avec Bush père a largement aidé Eltsine à renforcer sa position intérieure, à former cette image de l'opposant N°1.

Ksénia Sobchak tente désespérément de marcher sur les pas de Eltsine avec cette visite aux Etats-Unis. Il est vrai que l'échec du projet Navalny ouvre une porte: il a montré à ses sponsors son inexistence politique, se démenant principalement dans l'activisme de rue. La place peut être reprise. Pourquoi pas par Sobchak? Elle a en plus la chance d'avoir eu un père, et certains disent même un parrain. Quoi qu'il en soit, elle est intégrée dans les milieux de pouvoir.

Mais sa réputation est sulfureuse. Elle a beau commencer à s'indigner de la comparaison faite avec Paris Hilton, elle a beau vouloir s'arroger une grande activité politique "sérieuse" en Russie, elle ne convainc pas. 

La presse américaine n'accroche pas. A juste titre, elle lui reconnaît le mérite d'apporter du glamour dans la campagne électorale, plus que des idées:


L'on appréciera la photo d'en-tête de l'article sur sa venue aux Etats-Unis dans le New York Post: 


Non, vraiment je ne vois pas d'où peut venir cette idée saugrenue de la comparer avec Paris Hilton ...

Pendant ce temps-là, Ksénia Sobchak tente d'exister politiquement Outre-Atlantique, et d'expliquer à la presse qu'elle est quelqu'un d'important. Assez pathétique, mais que faire, allégeance oblige ...


Il faut lui reconnaître que son espace politique potentiel est assez réduit et que la concurrence est rude, car finalement rien ne la différencie de ses acolytes "libéraux" moscovites, surtout pas son rating. Comme eux, elle ne représente aucune force politique à l'intérieure du pays. Voici les derniers sondages en vue des élections - dans l'ordre Poutine, Groudinine, Jirinovsky, Sobchak, Iavlinsky et Titov:


En attendant donc son petit-déjeuner présidentiel, raison de son voyage, en compagnie de plus de 3 000 invités, où elle n'a pas été invitée, évidemment, pour prendre la parole mais pour applaudir, comme au bon vieux temps de la Russie post-soviétique servile, elle réussit son passage obligé par les Centres américains coordonnant l'opposition radicale en Russie. En l'occurrence, il s'agit du CSIS (Center for Strategic and International Studies), ONG fondée en 1962, notamment par l'Amiral A. Burke, où l'on retrouve des anciens diplomates, sénateurs et membres de Congrès, et divers hommes influents de la politique américaine.

Le discours qu'elle y a fait est sans surprise:



Dans ce qu'elle appelle le futur "post-autoritaire" de la Russie, considérant donc comme il convient le présent d'autoritaire, elle imagine une Russie libérée de son président et laissée aux mains du parlementarisme. Il est amusant de noter que tous les opposants à la Russie, que ce soit sous l'Ancien régime ou aujourd'hui, veulent absolument tuer le centre de pouvoir et noyer le pays dans le parlementarisme. Il est vrai que cela permettrait de plus facilement le découper par la suite, comme l'histoire l'a également montré .

D'autant plus qu'elle ressort l'idée éculée de l'intégration du pays dans l'UE. Vue la taille de la Russie, l'on ne sait pas qui absorberait qui ... D'où l'importance du parlementarisme et donc du découpage. Pour faciliter la digestion.

Sur les sujets conflictuels, elle est parfaitement dans les règles. L'OTAN ne représente aucun danger pour la Russie. La Crimée est annexée. Mais comme la population locale est quand même favorable à la Russie, et est russe, il faut un référendum. Il y en a déjà eu un me direz-vous? Certes, mais il en faut un autre - qui englobe la population de l'Ukraine et de la Russie. Etrange référendum ... pas vraiment locale. Mais tel est manifestement le but. Pour le Donbass, évidemment, la Russie est l'agresseur. Les fameuses troupes russes doivent se retirer. Les autres peuvent en revanche rester, semble-t-il.

Et Poutine. Incontournable. C'est vrai, il est populaire. Mais son électorat est conservateur - comprenez rétrograde. Le problème est qu'il est là - cet électorat et qu'elle, Ksénia Sobchak, n'a aucun argument pour le faire changer d'avis:
“Millions of people vote for him. this is also the truth we have to live with. Many people really support him … because they are quite conservative…because they gained more money than they did in the 1990’s.”

Et n'oublions pas les hackers, car il faut bien justifier les sanctions. Rassurez-vous, ils sont bien russes, Sobchak en est certaine:
In the AP interview, Sobchak said she believes Russian hackers working with the government interfered in the 2016 U.S. presidential election — something the Kremlin has steadfastly denied.
"I think those hackers, of course, they were Russian, and it had to do something with the government," she said. "I don't rule out this kind of meddling."
Et comme ses petits camarades, elle apporte sa contribution aux "listes" diverses et variées de sanctions à prendre contre la Russie:
She said she would suggest adding more names to the list when she speaks with U.S. officials during an upcoming trip to the United States.
She singled out cellist Sergei Roldugin, whose $2 billion in offshore assets publicized in the so-called Panama Papers in 2016 were allegedly linked to Putin.
"I think Roldugin should be added to the list," Sobchak said, noting that she believes she would also share the names of Russian generals and others who were involved in Russian actions in Ukraine to be added as potential targets of U.S. sanctions.
"I'm a politician who's against corruption that Putin has done in our country," she said.

Bref, en pleine campagne électorale, russe j'entends, Ksénia Sobchak fait son opération de séduction aux Etats-Unis. Pour 2018, elle sait qu'elle va perdre. Mais c'est le dernier mandat de Poutine et elle est pleine d'espoir. Peut-être sera-t-il possible de refaire un 91, de suffisamment déstabiliser la situation pour que ces "libéraux" puissent reprendre le pouvoir?

Elle nie être pour la révolution, mais ces individus ne peuvent accéder au pouvoir autrement. Et tout son comportement affirme le contraire: elle prépare ses sponsors et ses alliés Outre-atlantiques pour les prochaines élections, pas celles-ci. Elles seront effectivement un véritable test de résistance pour se système politique russe, système, au-delà de la personne.



4 commentaires:

  1. Ksenia est éculée, je dis bien "éculée". mais surtout les méthodes anglo-saxonnes de prise de pouvoir sont éculées. Donc cela fait beaucoup "d'éculés" pour titiller la nation russe. Laissons les jouer entre eux, le temps des révolutions "orange" est écOulé.

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  2. Elle est tellement nulle cette pauvre fille.

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  3. Tant de félonie impudente, c'est vertigineux.

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