Publications

lundi 3 décembre 2018

Les Gilets Jaunes mettent Macron dans l'impasse

Les pompiers en Gilet Jaune


Novembre Jaune contre Mai 68, c'est pourquoi les élites héritières de ce mouvement ne lui pardonnent rien. Voulant oublier qu'elles ont, elles aussi, eu recours à la violence. Que la violence est malheureusement inévitable dans tout mouvement de masse. Mais l'on refuse aujourd'hui le droit aux Gaulois réfractaires d'oser remettre en cause ce monde post-moderne et déstructuré dont nous avons hérité. Et il n'y a personne pour parler avec le Premier ministre, car c'est le peuple qui se lève et le pouvoir se retrouve dans sa bulle de verre. Il n'y a pas de Président pour parler au peuple, car c'est un manageur et est désarmé devant le fait politique. Il ordonne de taper et promet de garder le cap. Quand plus de 80% des Français soutiennent les Gilets Jaunes. Deux victoires ont déjà été obtenues par les Gilets Jaunes : ils ont démontré la contre-productivité du management en politique et le vide essentiel de ce monde post-moderne. Maintenant, Macron est coincé dans le paradoxe de l'Etat dérégulé.


Nos dignes descendants des soixante-huitards semblent avoir la mémoire courte. Ce ne sont pas des photographies des violences commises par les Gilets Jaunes, mais de Mai 68 :


 

Rappelons le slogan CRS-SS, pas d'appel à lutter ensemble. Mais contre l'ordre, contre l'Etat et ses symboles, contre la famille. Contre ce qui était considéré comme l'ordre bourgeois. Et comme dans la chanson de Brel ...
Et moi, moi qui suis resté le plus fier
Moi, moi je parle encore de moi
Et c'est en sortant vers minuit Monsieur le Commissaire
Que tous les soirs de chez la Montalant
De jeunes "peigne-culs" nous montrent leur derrière
En nous chantant
Les bourgeois c'est comme les cochons
Plus ça devient vieux plus ça devient bête
Les bourgeois c'est comme les cochons
Plus ça devient vieux plus ça devient c-
Nous les entendons crier au crime. Oubliant que ce sont les Gilets Jaunes qui ont défendu la flamme du Soldat inconnu, que ce sont des pompiers qui habillent le Gilet Jaune pour faire passer les voitures dans certains péages, que des gendarmes baissent le casque en signe de ralliement. Nous voyons la confusions des casseurs et des insurgés. Bien pratique.

Que c'est un peuple qui dans l'ensemble rejette cette gouvernance anti-nationale, dont l'arrivée du manageur Macron a précipité la chute. Non seulement du pouvoir d'achat, car il faut bien vivre aussi, mais de la manière de vivre.  

Et la réaction de Macron est assez pitoyable. Se cacher et refuser de parler. Il annonce de grands évènements sur l'écologie. L'écologie mise en avant comme le marxisme-léninisme à l'époque, qui justifie tout et n'importe quoi. De ne pas faire d'enfants - car ce n'est pas écologique. D'augmenter les taxes - la voiture n'est pas écologique, sauf si elle est électrique. Mais l'électricité aussi augmentera en février. L'écologie qui n'a plus rien à voir avec la lutte réelle contre la pollution réelle. L'écologie qui est devenue une arme globale contre notre mode de vie. Celui des gens "normaux". Qui ont une famille, une voiture, qu'ils prennent pour aller au travail. Avec l'autre arme, l'immigration de masse, dont Macron se prépare à signer au nom de la France la consécration.

Et ses petits soldats, totalement décalés de la situation, qui de voter la loi contre les fessées, qui d'annoncer la dissolution ... de la France :


Face à cela, Macron est dans l'impasse. Il ne peut renoncer, en véritable politique, car il est là justement pour faire cela. Détruire l'Etat, ce qui implique l'affaiblissement de la société. Mais, contre toute attente, le cadavre n'était pas encore froid et comme dans les plus sombres cauchemars, il se relève. D'où le paradoxe fondamental de ce régime : pour détruire l'Etat, il a besoin de la protection des organes d'Etat. Et l'on voit même notre cher BHL en appeler aux institutions. L'idée d'une restauration de l'état d'urgence, comme Poroshenko a instauré la loi martiale, ces dirigeants qui dirigent contre le peuple. Qui ont peur du peuple. Macron, la caricature de Poroshenko - c'est peu dire ...

Et la police n'en peut plus. Sous équipée, les policiers sont obligés d'acheter eux-mêmes certains matériels, ils sont en rupture de munitions, ils sont surmenés. Il faut dire qu'ils étaient habitués soit aux dérives du Nouvel An, dont il ne faut pas parler, soit aux manifs bobo pour le paix dans le monde, le miracle écologique et MeToo, gentiment encadrées, préparées et financées. Ils ne sont pas prêts à un véritable affrontement populaire. Et en ont-ils seulement envie? D'où les appels du pouvoir à ne surtout pas fraterniser. 

Car le danger pour le régime de Macron est bien là : au nom de quoi (de la transition écologique?) les policiers doivent-ils défendre la déstructuration de l'Etat par ce régime contre les revendications populaires d'une vie normalisée ? Surtout qu'ils partagent beaucoup des problèmes de la classe moyenne. Sans oublier la question du financement des forces de l'ordre et de l'armée, il y a aussi les zones de non-droit qui n'ont rien à voir avec les Gilets Jaunes, où tout représentant de l'ordre se fait tabasser. La police est la première porte de l'Etat à l'intérieur du pays, ils sont tout aussi intéressés à sa restauration.

Et Macron continue à se taire, se fait huer dans les rues de Paris, et demande à E. Philippe de recevoir les chefs de formations politiques, plus désemparés les uns que les autres, et les représentants des Gilets Jaunes. Mais les Gilets Jaunes ont bien affirmé ne pas avoir de représentants, puisqu'ils sont le peuple. 

C'est ce qui fait et leur force et leur faiblesse. Cela leur permet d'agir comme dans une guerre de partisans, mais sans pouvoir capitaliser sur le plan politique.

Acte 4 déjà lancé : à l'Elysée. Symboliquement, c'est important, même si l'on est (encore) loin d'une prise de la Bastille.




7 commentaires:

  1. Très bon article. Beaucoup ressentent que le projet de Macron, ce génie malfaisant, est bien de dissoudre le pays. Et beaucoup savent aussi ce qu'il fait et ce qu'il veut faire ''de tout ce pognon''. Il signera bientôt, à deux mains probablement, le pacte de l'ONU sur les migrations et, comme corollaire, il lui faudra encore et toujours plus d'argent.

    RépondreSupprimer
  2. Le moment de la « capitalisation politique » ne se pose pas encore. Personne à ce jour ne peut rien prédire à ce sujet. Le mouvement des Gilets Jaunes est dans sa phase insurrectionnelle ascendante, il s’étend, de nouvelles catégories de gens en colère le rejoignent, les doléances se multiplient et s’organisent en cahiers thématiques, le mouvement trouve ses structures, coordinations et moyens de communication (un site national vient d’être créé), il se donne ses représentants en assemblées…
    La confrontation frontale avec le pouvoir, qui joue le pourrissement et tente de dévoiement, est proche. En convoquant d’urgence les chefs de partis politiques et autres instances institutionnelles AVANT d’inviter les représentants des Gilets Jaunes il tente en effet de délégitimer ceux-ci en faveur du jeu politicien d’accords entre états-majors politiques « responsables » au son bien sûr des tambours et trompettes des médias de leurs maîtres. Ainsi rappliquent en courant dès à présent caciques oubliés et petits chefs combinards égarés. Mais c’est ne pas savoir lire les slogans criés par les gens en colère et inscrits sur leurs gilets qui exigent un monde nouveau de justice social et de respect humain . C’est aussi oublier que les gens ne sont plus dupes de ce genre de manège : il n’est que voir les taux d’abstentions croissants aux diverses élections.

    RépondreSupprimer
  3. Toute révolution a son lot de traîtres et de ralliés à l'adversaire, et 1968 n'y fait sans doute pas exception. Mais cette façon de condamner toute une génération et ce qu'elle est devenue depuis et en faire le terreau et la complice des élites actuelles me semble pour le moins abusif. C'est faire bon marché de l'immense majorité des 10 millions de grévistes de cet événement et de la majorité des étudiants révoltés, qui eux pour l'immense majorité n'ont jamais rien renié, et qui contre vents et marées ont transmis le flambeau jusqu'à aujourd'hui. Et qui, en autres choses, ne sont pas plus étonnés ni choqués aujourd'hui qu'ils ne l'étaient hier du fait que l'injustice génère la violence.

    RépondreSupprimer
  4. Puisque l'on est sur un blog en relation avec la Russie, on pourrait, comme ça, se demander en quoi les gilet jaunes peuvent avoir à faire avec la Russie, mais nos chers journalistes payés par l'état (plusieurs dizaines de millions / an de subvention quand même) ont trouvés:
    Les gilet jaunes, c'est la main de Moscou, voir même de V. Poutine qui sait ? D'ailleurs je vais aller voir au rond point bloqué en bas de chez moi si je peux pas lui dire bonjour à ce brave homme...

    https://fr.sputniknews.com/france/201812041039173740-gilets-jaunes-main-du-kremlin-france/

    Plus sérieusement, sur Macron:
    (lisez cela messieurs de la DGSE/DST, et bravo pour "le bon boulot" que vous faites en défendant les "intérêts suprêmes" de la nation, vraiment, nous coller un psycho après ce qu'on a subit avant... mais vous glander quoi dans vos bureaux ?!)

    https://lagauchematuer.fr/2017/09/16/le-comportement-de-macron-est-conforme-a-lanalyse-du-psychiatre-italien-segatori-qui-le-definit-comme-psychopathe/

    RépondreSupprimer
  5. Puisque vous venez à parler des délire de certains comme Brice Couturier, le patron de Sputnik a lui énoncé, dans son émission télévisuelle, sa version et vision des faits, pas plus intelligente : il s'agit d'une "révolution de couleur", donc ce sont les USA qui la manipule...
    Qui se moque le plus des citoyens et de ce mouvement ?

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Bonjour, tout à fait d'accord avec vous! La Russie ne comprend absolument pas ce qui se passe en France. L'expérience faisant, elle a peur que tout mouvement populaire ne se termine en révolution de couleur made US. J'interviendrai d'ailleurs à ce sujet sur la radio fédérale d'information Vesti FM samedi à 11h. Espèrons que cela permettra de mieux faire passer le message.

      Supprimer

L'article vous intéresse, vous avez des remarques, exprimez-vous! dans le respect de la liberté de chacun bien sûr.