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jeudi 2 mai 2019

Guaido ou le coup d'Etat américain au Venezuela : démonstration



Que l'on aime ou non Maduro, la question n'est pas là. Il ne s'agit pas de préférences personnelles, mais du fonctionnement institutionnel d'un Etat, de sa souveraineté. Maduro a été élu, ne plaît pas au clan atlantiste, car les ressources pétrolières du Venezuela sont trop importantes pour rester en dehors du contrôle américain. Pour y remédier, les Etats-Unis lancent une "communauté internationale" d'états satellites dociles, décrétant que le fantoche Guaido est le président légitime non élu. Une troisième tentative de renversement du pays est en cours. Et la machine politico-journalistique tourne à plein régime pour faire oublier une scandaleuse et banale ingérence.


Après la tentative de faire entrer des armes par un convoi humanitaire, hors institutions internationales, après les attaques lancées contre la principale centrale électrique du pays pour plonger la population dans le chaos, une "Opération liberté" ouvertement téléguidée depuis les Etats-Unis est en cours. Sans compter les fausses annonces d'une fuite de Maduro, d'un retournement de l'armée ou autres fantaisies dont la presse a fait preuve, voici un aperçu des pressions politiques colossales qui sont exercées.

Le tweeter de J. Bolton rythme le scénario du nouveau coup d'Etat au Venezuela. Il ne cesse d'appeler l'armée et les institutions à soutenir Guaido. Ce qui montre bien que celui-ci n'a pas de soutien de ce côté-là.

Et s'ils font le bon choix, alors les sanctions pourront être levées. Oui, c'est du chantage et manifestement ça ne dérange personne.


Dans la foulée, Pompéo annonce la grande "Opération liberté", dont rien que l'appellation ne cherche même plus à cacher la production américaine :

Il en profite pour réitérer le "soutien" des Etats-Unis, au cas où il y aurait un doute:



Le fameux Groupe de Lima pond une déclaration suivant les ordres de Washington, dont le processus y est sous surveillance canadienne :


Pourtant, comme les autres fois, l'opération capote, l'armée ne s'est pas retournée contre Maduro, la ville de Caracas vit une vie normale en dehors des zones circonscrites de conflit et la grande Opération Liberté, se transforme en appel à la grève ...

Maduro a également ses supporteurs dans la rue, fait ignoré par les médias, il est loin d'être lâché par la population et ça ne doit pas se savoir :



Donc la Maison Blanche fait un petit rappel : les Etats-Unis soutiennent toujours Guaido, rien n'a changé.


Le Département de la défense appuie le soutien :


Le tout appuyé d'une petite menace d'intervention directe des troupes américaines, si le "peuple" n'arrive pas de lui-même à faire le bon choix :


Ce petit pays a vraiment trop de pétrole. Il ne peut rester en dehors de la coupe de son grand voisin. N'ayons aucun doute, la question est purement démocratique. Celle de l'exploitation non moins démocratique des ressources naturelles. Que vous aimiez ou non Maduro, l'enjeu est ailleurs. Si un pays peut déterminer les dirigeants d'autres pays en fonction de ses intérêts propres, c'est de l'ingérence, c'est du colonialisme moderne. Où sont donc passées toutes ces bonnes âmes s'évertuant à demander la liberté des peuples ? J'oubliais, on leur a servi justement une "Opération liberté". Merveilleux, ils peuvent dormir la conscience en paix. 





5 commentaires:

  1. Pauvre Venezuela, trop près des USA, et beaucoup trop de pétrole pour se faire oublier.

    Encore heureux que le gouvernement n'ai pas utiliser de LBD ou pire, de gaz lacrymogène.
    On aurai vu cela au Venezuela:

    https://www.stalkerzone.org/in-marseille-the-french-police-smashed-the-skull-of-a-young-woman-on-the-ground/

    ça aurait été un intervention "de libération" immédiatement.

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  2. Il est clair que si les militaires, soutenir Maduro, va résister,

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  3. Ils vont finir par dégoûter le monde de la démocratie, puisque c'est au nom de la démocratie qu'ils font tous leurs coups tordus. Le pire c'est la position de l'Europe qui ne sait plus ou elle va ni qui elle suit.

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  4. Depuis Christophe Colomb que les peuples autochtones d'Amérique du Sud combattent les impérialismes génocidaires; l'affaire n'est pas nouvelle. Les USA ont remplacé l'Espagne et le Portugal dans la domination sauvage qui a exploité les richesses naturelles sans aucune pitié pour les peuples du continent. Après la criminelle Operación Cóndor, qui a fait son temps, Juan Guaidó n'est que le nouvel instrument radical de la domination.

    Si on veut mieux connaître ce personnage, on peut jeter un œil sur cet article (en anglais) des jeunes journalistes Dan Cohen et Max Blumenthal, qui ont encore du respect pour leur profession, sur leur site Grayzone Project (le site présente un dossier sur la crise au Venezuela) : « The Making of Juan Guaidó: How the US Regime Change Laboratory Created Venezuela’s Coup Leader ».

    On y apprend beaucoup sur les antécédents de ce personnage qui prétend défendre la démocratie en Amérique du Sud mais qui n'arrive pas à convaincre le Venezuela de le suivre.

    Source : https://thegrayzone.com/2019/01/29/the-making-of-juan-guaido-how-the-us-regime-change-laboratory-created-venezuelas-coup-leader/

    Le site Bolivar Info (en français) fournit aussi, au jour le jour, des dépêches pertinentes sur la situation : http://bolivarinfos.over-blog.com/

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  5. Merveilleux, rien à ajouté tout est dit!

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