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mardi 25 mai 2021

Débarquement de Protassevitch à Minsk : recherche piste russe désespérément


La machine globaliste s'est immédiatement mise en place après l'atterrissage de l'avion de la compagnie irlandaise Ryanair à Minsk suite à une fausse alerte à la bombe et à l'interpellation de l'activiste Roman Protassevitch, accusé dans le pays d'avoir organisé des manifestations en vue d'un renversement du pouvoir par la rue - ce qu'il a par ailleurs reconnu, devant l'évidence. Les pays européens adoptent de nouvelles sanctions, tout en sachant que jusqu'à présent elles n'ont eu qu'un effet très limité, Tikhanovskaya revient sur le devant de la scène internationale ... et nos amis Américains et européens cherchent désespérément la piste russe. What else ? Cette triste comédie, qui tourne en rond, se répète sans cesse et sans originalité, souligne à la fois l'impasse de ce monde globaliste face à des Etats qui ne le reconnaissent pas et les limites de la liberté, limites qui tombent comme un couperet pour ceux qui ne sont pas soumis.

En urgence, suite à l'atterrissage du vol de la Ryanair à Minsk (voir notre texte ici), le Conseil européen s'est réuni pour décider comment réagir à cet acte inattendu. Non pas qu'il soit exceptionnel, car il a déjà eu lieu plusieurs fois, mais à chaque fois il était le fait d'un pays Atlantiste, ce qui donc ne provoquait aucune émotion publique. Or, ici, c'est la Biélorussie, le "régime" de Loukachenko, avec en perspective la Russie aux frontières. L'émotion est donc inévitable.

L'UE et les Etats-Unis ont donc eu un entretien avec Tikhanovskaya, "leur" présidente biélorusse. Symbolique, car de toute manière ils décident eux-mêmes du soutien et du financement qu'ils lui accordent et elle, comme l'expérience l'a montrée, à part des déclarations dans les médias alignés, n'a aucune influence réelle sur la situation intérieure du pays. Mais la comédie a besoin d'acteurs et elle n'est pas trop exigeante - surtout face à un public désintéressé. Dans la foulée, ce qui ne coûte pas cher non plus, la dirigeante de la Commission européenne a pu déclarer que les 3 milliards d'investissement pour le pays pourraient être débloqués ... en cas de "démocratisation". C'est la carotte qui va avec le bâton.

Et le bâton n'est pas très costaud. Car finalement, tous ces entretiens ont abouti à la décision de réfléchir sur l'adoption de nouvelles sanctions économiques et personnelles, à la demande de libération immédiate de l'activiste Protassevitch et à la recommandation de contourner l'espace aérien biélorusse tout comme de ne pas accepter les compagnies biélorusses.

Mais l'ambiance n'est pas triomphante, l'on sent même une certaine lassitude face à tant d'impuissance :

"De façon quasi certaine, les dirigeants européens devaient annoncer leur souhait d'accélérer la mise en oeuvre d'un 4e train de sanctions contre des individus et des entités biélorusses. Mais ces mesures, qui concernent aujourd'hui 88 personnes , ont prouvé leur efficacité toute relative : le numéro un biélorusse est parvenu à consolider son pouvoir malgré la mobilisation massive de la société civile après les dernières élections présidentielles truquées"

Certes, nous pouvons toujours compter sur les pays Baltes pour relancer l'ambiance. La Lettonie, selon Reuters, veut expulser l'ambassadeur biélorusse et tous les diplomates biélorusses de son pays, quant à la Lituanie, elle ne veut pas accepter dans ses aéroports les vols qui auraient frôlé l'espace aérien biélorusse - le virus Louka lui fait-il peur à ce point ? 

Pour autant, il manque quelque chose dans cette histoire - la Russie. Certains "journalistes" forcent immédiatement le parallèle avec une qualité de langage remarquable :

Car la Biélorussie, c'est presque la Russie, en plus la Russie soutient la Biélorussie dans cette affaire et ne voit aucun problème juridique, rappelant que ce sont les affaires intérieures du pays. Et comme le souligne la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères :

"La diplomatie russe a pour sa part jugé "choquantes" les accusations occidentales à l'égard de la Biélorussie. "C'est choquant que l'Occident considère que l'incident dans l'espace aérien de la Biélorussie soit 'choquant'", a ironisé sur Facebook la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, relevant que les États occidentaux se sont par le passé rendus coupables "d'enlèvements, d'atterrissages forcés et d'arrestations illégales".

"Soit (ils) devraient être choqués par (l'atterrissage) forcé en Autriche de l'avion du président bolivien à la demande des États-Unis .... Soit (ils) ne devraient pas être choqués par le comportement similaire d'autres personnes", a-t-elle précisé."

Mais le dirigeant de Ryanair vient en aide à ses amis européens, pour montrer à quel point ça n'a rien à voir et déclarant que des membres du KGB biélorusses étaient à bord, sont sortis à Minsk et on ne les a plus revus. L'avantage est que cela est improuvable, mais enfin, une trace de ces vilains agents très spéciaux, qui mettent en danger, comme leurs alliés russes, la grande démocratie globaliste. Et Les Echos parlent de "l'ombre de Moscou" :

"Alors que Michael O'Leary a laissé entendre que des espions du KGB étaient à bord de l'avion et n'avaient pas redécollé pour Vilnius, c'est aussi la question des relations entre l'UE et la Russie, grand allié de la Biélorussie, qui, en creux, sera une fois de plus posée. Hasard du calendrier, les Vingt-Sept avaient prévu d'enclencher, lundi soir, une réflexion stratégique de long terme pour mieux cadrer l'interaction avec Moscou .

Tandis que la Russie s'employait déjà, lundi, à défendre Minsk, accusant les Occidentaux d'hypocrisie. Des sources européennes insistaient sur la nécessité de ne pas totalement mélanger les deux sujets : l'un se veut réactif, l'autre proactif. Mais comme le reconnaissait un Européen, « le problème avec la Russie, c'est qu'il y a toujours un événement de ce type qui surgit quand on veut débattre posément de notre relation à long terme avec elle ». "

La cerise sur le gâteau a évidemment été placée par les Etats-Unis, lorsque notre inoubliable Psaki, à nouveau porte-parole de la Maison Blanche, nous gratifie d'un sous-entendu d'une qualité exceptionnelle. En répondant à la question de savoir si la Russie était impliquée dans cette affaire, elle répond qu'il ne faut pas tirer hâtivement des conclusions de l'implication de la Russie, mais qu'il faut bien tenir compte du fait qu'entre la Biélorussie et la Russie il existe des liens serrés. Comme le souligne la presse américaine :

"Psaki did not say the administration believes the Russian government was involved in the diversion of the plane but that it would raise its concerns through multiple channels."

La piste russe, qui permet d'emballer la machine, est difficile à faire émerger. Mais ne doutons pas des efforts réalisés en ce sens. Même si, finalement, ça ne change rien. Car cette puissance du monde globale est très relative, elle n'existe que par la soumission des Etats et ne peut rien contre le non-alignement. 

 

 

 

7 commentaires:

  1. Loukachenko riposte. Souvenez-vous, une tentative d'assassinat contre sa personne et sa famille a été déjouée récemment. Cela ne restera pas impuni disait-il... L'enquête nous apprendra peut-être par quel canal NEXTA était financé ? Bat'ka se mettrait-il activement à son propre jeu d'échecs contre l'Occident ? Manifestement, le scenario Maïdan ne se produira pas de si tôt à Minsk... Un raisonnement autrement plus civilisateur pour une Europe plus stable et plus prévisible aurait vraisemblablement plus de succès que le bâton et la carotte. Mais qui s'en soucie ? Biden ? Vraiment ?

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  2. Je suis sidéré par le niveau des branquignols que la CIA utilise pour des opex de renversement de pouvoir en Biélorussie et aux alentours de la Russie :

    - Navalny : un tocard sévèrement alcoolo- et cocaïno-dépendant, l’archétype du looser politique sans aucune vision ni idéologie du bien collectif qui ne fera bouger que de jeunes adolescents du genre « rebels without a cause »...bref, un tocard qui se voyait en James Dean et qui finira comme lui...le comparer à Poutine est intellectuellement indécent.
    - Les deux pieds nickelés arrêtés en Russie par le FSB je crois et dont j’ai oublié les noms (Google n’en fait pas trop la pub, faut dire), en train de préparer un plan foireux pour renverser Lukachenko… plus amateur que ça, tu meurs. J’espère pour eux qu’ils ont touché un gros paquet de billets verts de la part de la CIA, parce que le sort que leur réserve la justice russe n’est pas enviable.
    - Tikhanovskaya : la prétendue hégérie anti-Lukachenko qui voulait prendre sa place...ah...problème : la petite souris qui présente bien comme dans un magazine de mode pour gamines n’a rien dans le cigare, ne sait pas parler, pas même en public, ce qui la fout mal quand on veut émouvoir les foules avec le verbe, et serait prétendument professeur d’anglais...ce qui m’a fait me rouler de rire par terre quand je l’ai entendue baragouiner quelques bricoles apprises par coeur dans la langue de Shakespeare...si elle est prof d’anglais, moi je suis le Pape. Lukachenko a d’ailleurs dit qu’elle était femme de ménage de profession...à vérifier.
    - Les Ukrainiens : je ne préfère même pas en parler, quand on en arrive à placer comme président de la république un comique de télévision, la messe est dite. Autant mettre, pardon pour eux, Jean-Marie Bigard ou Laurent Gerra comme premiers ministres en France. Ca ne fait pas sérieux du tout et le résultats serait catastrophiques, garanti sur facture, pas besoin de sondages.

    Franchement, si j’étais Poutine, président de la Russie et ancien des services spéciaux de son pays, je passerais mon temps à me bidonner devant les conneries ubuesques organisées par la CIA dont les opérations spéciales foirent et leur pètent à la gueule 9 fois sur 10. Il ne leur manque plus qu’à recruter Mister Bean comme agent secret d’élite et là, ce sera la totale. LOL.

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  3. À la guerre comme à la guerre

    Si on reprend cette affaire par le début, il faut savoir que le commandant de bord, comme le capitaine sur son navire, est le seul maître après Dieu et que tout ce qui concerne la gouverne de son aéronef relève de son ultime responsabilité. Or, selon les données dont on dispose, c'est le pilote qui aurait ordonné un détour et un atterrissage à Minsk après que les contrôleurs aériens, qui ne sont pour lui qu'une aide à la navigation, l'auraient informé d'une alerte à la bombe. Que celle-ci soit fictive ou réelle, il n'avait d'autre choix que de suivre la procédure d'urgence prévue dans ce genre de situation car la suite des événements lui était imputable.

    L'enregistrement des communications devrait permettre de corroborer ce fait, tout comme l'annonce de l'envoi d'un Mig-29 pour l'assister dans son vol et non pour le menacer comme le prétend la presse occidentale.

    Ceci dit, je ne crois pas aux coïncidences dans ce genre de situation. La menace d'une bombe à bord formulée par le Hamas et menant, Ô surprise! à la découverte du journaliste de Nexta dont la tête est mise à prix pour l'organisation de troubles sociaux massifs, et qui l'expose à 15 années de détention, est un peu difficile à avaler.

    Mon hypothèse

    Je crois plutôt que, comme tout repose sur la menace d'une bombe à bord impossible à démystifier, les mesures de rétorsion que prendront les occidentaux ne pourront jamais être pleinement élucidées. Les autorités biélorusses en alerte n'auront fait que leur travail et l'arrestation de Protassevitch et un gain net pour la justice.

    On pourra contester la légalité de la manœuvre, mais à la guerre comme à la guerre et, à ce jeu tordu et pervers, les Biélorusses n'auront fait que rendre coup pour coup.

    Et vlan dans les dents !

    ________________
    Bellefontaine

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    1. Bien analysé !
      Il faut toujours un scénario pour la presse occidentale pour justifier d'une telle action que le pouvoir croit légitime et que la presse occidentale va dénigrer. En cela, la Biélorussie a beaucoup appris des pratiques américaines et leur a retourné la politesse.
      C'est très bien joué !
      Well done Sir, that whas a nice move !
      But is it the end of the game ?
      Quand des joueurs de poker comme les Américains essaient de jouer aux échecs avec des professionnels de ce jeu comme les russophiles, ça se termine plutôt mal pour eux.
      But let's wait and see...

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  4. Excellent, Loukashenko exige de UE le paiement de ses frais liés à atterrissage de l'avion de Ryanair. Et comme les atlantistes ne paieront rien, il sera dans son droit d'arrêter les avions-cargo qui continuent d'emprunter l'espace aérien biélorusse.

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  5. Un biélorusse m'a expliqué (à vérifier et confirmer donc) que le système soviétique qui a cours dans son pays satisfait la majorité des gens car il présente des avantages comme une instruction gratuite, une santé gratuite, un taux de chômage proche de zéro, et un système de retraite fiable et efficace...sans parler d'un pouvoir d’achat confortable du fait de la gratuité de la majeure partie des services de l’État, même si les salaires sont faibles par rapport à l'UE.
    La "révolution orange" du voisin ukrainien a refroidi les ardeurs des plus réformistes qui ont vite compris que le système néolibéral appliqué à leur pays allait provoquer la perte définitive de leurs acquis sociaux. Ils préfèrent donc réformer en douceur leur société à l'ombre du grand frère russe qui les guidera sur le chemin des réformes.
    Croire que des planqués comme Protassevitch ou Thikhanovskaïa qui n'ont que du sang et des larmes à proposer aux Biélorusses vont mobiliser les foules pour un changement de régime en Biélorussie est une idée aussi grossière que stupide, et ne peut être gobée que par idiots décérébrés obèses, gavés de pop-corn qui passent l'essentiel de leur temps devant leur poste de télévision qui diffuse à la chaîne des pubs pour débiles mentaux toutes les 10 secondes (toute ressemblance avec les Etats-Unis est fortuite et ne peut être que le fruit du hasard). LOL.

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  6. gambit
    nom masculin
    AUX ÉCHECS
    Sacrifice d'un pion, d'une pièce (pour dégager le jeu, préparer une attaque). La seule question étant de savoir à qui c'était le tour de jouer.

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