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mercredi 29 septembre 2021

Billet d'humeur : quand Macron réhabilite l'internement psychiatrique politique


Pour lancer un oeuf en direction du Chef de l'Etat, il ne faut pas être sain d'esprit. C'est une évidence et les évidences, ça ne se discute pas. Donc l'étudiant, qui a osé salir les vêtements qui touchent le corps sacré, a été interné en hôpital psychiatrique. Où est le problème ? Manifestement, aujourd'hui, dans notre société amorale, ça ne pose aucun problème, puisqu'il n'y a strictement aucune réaction d'indignation ni dans les médias, ni chez les droits-de-l'hommistes, aucun soutien n'est apporté à ce jeune étudiant, qui ne fait que s'inscrire dans la longue tradition d'enfarinage et d'entartage de nos politiques. De ces actes, qui n'ont jamais été plus loin qu'une amende et du sursis. Ne vous y trompez pas, ce n'est pas un signe de force, c'est un aveu de faiblesse. Et ce n'est pas une exception, c'est la nouvelle réalité : on se tait ou on enferme - sans jugement, car seuls les malades peuvent réfuter ce système.

Et dire que l'Occident, gonflé de son importance et de son intemporalité, critiquait avec condescendance les internements psychiatrico-politiques en Union soviétique ... Nous y sommes arrivés.

Le 27 septembre, toujours aussi populaire, le petit Roi reçoit un oeuf sur l'épaule alors qu'il se promenait sur ses terres à Lyon, au Salon international de la restauration et du tourisme. Si, si, en période de SOS Covid (au secours, on va tous mourir!!!), quand justement ces secteurs ont été parmi les plus touchés, quand il faut être codé pour aller au resto ou faire du tourisme, justement, Macron va rendre visite au patient, voir s'il respire encore.

Un jeune étudiant, sans passé judiciaire, crie à la Révolution pour se donner du coeur à l'ouvrage et lance un oeuf sur le Président de la République. Ce même "jeune" Président qui se fait remettre en place par les Talibans, ce même Président qui s'allonge devant Biden au détriment de l'intérêt national. Ce Président ici, au Salon, face à un étudiant est fort, son service de sécurité l'interpelle et il est déféré devant le Procureur de la République. S'il n'est pas apte à défendre l'intérêt national, au moins il peut étaler toute sa puissance dans cette affaire.

Toujours aussi élégant, Macron de s'écrier, une fois la "menace" bien écartée :

"S'il a un truc à me dire, qu'il vienne me le dire. J"irai le voir après"

Manifestement, Macron n'en a pas eu le temps (si jamais il en a eu la volonté), car le Procureur de Lyon décide de faire procéder à un examen psychiatrique du jeune étudiant, entre temps déclaré d'extrême gauche :

Le suspect a fait l’objet d’un examen psychiatrique ayant conclu « à l’abolition de son discernement » et à « la nécessité d’une hospitalisation sous contrainte ». Il n’était pas connu des services de justice et de police.

Comment, en effet, peut-on posséder tout son discernement et être exaspéré par ce Président de la République, au point de passer à l'acte ? Non, c'est impossible. Donc, logiquement, le jeune homme a été interné sous contrainte dans l'hôpital psychiatrique du Vinatier à Lyon. Fin de l'affaire.

Entartage et enfarinage sont bien les deux mamelles de la politique française et, à ce jour, à part des amendes, aucune mesure de ce genre n'a été adoptée.


Mais il y a quelque chose de pourri au Royaume de France, et je ne parle pas de l'oeuf. Nouveaux temps, nouvelles moeurs. Ca ne vous plait pas ? Silence ou bien, hop, un petit tour à l'hôpital psy et "j'irai le voir après".

Ca ne vous convient pas ? Alors, dites-le !


 

 

3 commentaires:

  1. Ce n'est pas un cas isolé. On peut même dire que cela devient une habitude du pouvoir. Fonctionnaire, vous êtes en conflit avec votre préfet, médecin vous êtes opposé à la gestion sanitaire du gouvernement, citoyen vous êtes opposé à notre président. Une seule destination l'hôpital psychiatrique.
    Un rappel des pratiques de l'URSS de Brejnev.

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  2. Le Vinatier, ce n'est pas n'importe quel camp d'internement : 20,57 % des malades en 1940, 32,28 % en 1941, 41,98 % en 1942, 20,60 % en 1943, 21,44 % en 1944 y ont péri de cachexie.
    « On parle d'une femme qui mange du tissu : “tout se mange”, opine une autre malade. »
    C'est le record français du nombre de morts pendant la Deuxième Guerre. Des asiles ont laissé leurs portes ouvertes, pour permettre aux internés de fuir ; au Vinatier, non, on les a laissés crever enfermés.

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  3. Un des drames de nos temps de la Fin est cette banalisation de notre quotidien, cette tolérance extrême pour toutes ces anormalités qui désormais, en se multipliant et en se juxtaposant, sont arrivées à créer une atmosphère chaque fois plus irrespirable, du fait même de leur propension à « pomper l'oxygène » nécessaire à toute cohabitation sociale.
    Comment se fais-ce ? : https://livresdefemmeslivresdeverites.blogspot.com/2017/07/lebienetlemal.html

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