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lundi 21 mai 2012

Iakemenko peut créer un parti: critique envers le pouvoir, mais fidèle à Poutine

Voir: http://www.izvestia.ru/news/524881 et http://top.rbc.ru/politics/21/05/2012/651202.shtml

Qui ne créé pas de parti politique aujourd'hui? Au 17 mai 2012, 167 demandes d'enregistrement de partis politiques étaient déposées. Le quorum est à ce point faible, qu'un petit groupe peut vouloir se constituer en parti politique. Même s'il est enregistré, il ne sera encore que formellement "parti politique", car le plus difficile reste à faire. Trouver son électorat.

A ce petit jeu, V. Iakemenko, qui s'occupe de l'agence de la jeunesse, s'occupait (s'occupe) du groupe millitant de jeunesse pro-kremlin Nachi, qui a annoncé son départ, veut lui aussi trouver sa place dans un échiquier politique déjà saturé. Court donc le bruit qu'il pourrait créer un parti politique, annonce qui doit se faire lors de la conférence de presse le 21 mai. 

La question de son avenir s'était effectivement posée. Aucune place précise n'était prévue pour lui dans le gouvernement, pour certain il a trop de charisme pour le perdre dans la fonction publique, la création d'un parti semblerait alors la voie idéale.

Ce parti serait adressé à la classe moyenne, aurait pour but de cibler la jeunesse protestataire pour la faire rentrer dans le rang, en critiquant fortement le pouvoir, national et local, mais sans toucher à V. Poutine, qui a simplement le malheur d'être entouré d'ennemis, le tout soupoudré d'une réthorique nationaliste.

Quelles sont les chances de réussites réelles de ce projet? Quasi nulles.

  1. L'idée classique du bon dirigeant, mais mal entouré - le pauvre ce n'est pas sa faute - a fait long feu. Soit le dirigeant n'a pas les moyens de se faire obéir et il est faible. Soit il s'est entouré de mauvais conseillers et il est incompétant. Soit il joue un double jeu et il n'est pas fiable. Dans cette configuration, il n'est pas certain que la réthorique avancée par Iakemenko serve réellement les intérêts de V. Poutine.
  2. La critique facile du pouvoir, mais qui ne toucherait pas Le dirigeant est également irréaliste. Le Président est à la tête de l'appareil d'Etat et toute critique concernant les organes de pouvoir ou les personnes exerçant des fonctions publiques aura une répercussion directe sur la personne du dirigeant. Là encore, cela ne sert pas les intérêts affichés.
  3. Critiquer pour séduire les contestataires ne peut être séducteur que si la critique ne vient d'une personne aussi ambigüe et proche du pouvoir. L'impact sera bien évidemment nul.
  4. Le développement d'un discours nationaliste, peut avoir un certain impact, mais il est déjà utilisé par Edinaya Rossiya.
Un parti ne pouvant fonctionner sans électorat, l'avenir d'un tel parti semble plus qu'incertain car il ne semble pas apte à regrouper un électorat précis. Simplement parce qu'un parti n'a de chance de fonctionner que s'il répond à un programme indépendant, or la fidélité au Chef est ici un gage d'échec .
     


2 commentaires:

  1. >"L'idée classique du bon dirigeant, mais mal entouré - le pauvre ce n'est pas sa faute - a fait long feu."

    C'est pourtant l'idée de la dernière chanson du trio Oblomov, Sobtchak, Parfenov ... mais il ne s'agit peut être que d'une question de rhétorique pour la chanson?

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    1. A mon avis c'était surtout de l'ironie de leur part! Sinon, il est temps pour eux d'assumer leur position.

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