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mercredi 23 mai 2012

Poutine/Medvedev: l'affirmation d'un style de gouvernance différent

Voir: http://www.gazeta.ru/financial/2012/05/22/4597269.shtml
et http://www.gazeta.ru/comments/2012/05/22_e_4597105.shtml

La formation de l'exécutif, dans le sens très large du terme se poursuit. Très large, car il comprend tout autant l'Administration présidentielle autour d'un Président gouvernant, que le gouvernement autour d'un premier ministre exécutant.

Le style Medvedev s'affirme. Il reste sur la ligne de ce "gouvernement ouvert" dont les compétences ne peuvent être que consultatives et le rôle purement théorique d'influence. Consultatif, car il n'a pas d'existence constitutionnelle et ne peut donc avoir de compétences juridiques. Un rôle théorique, car il ne peut qu'influer indirectement sur la prise de décision d'un organe - le gouvernement - qui se trouve aujourd'hui en position de faiblesse et de soumission par rapport à l'appareil présidentiel.

Mais Medvedev reste dans sa logique d'ouverture et de consultation - qui ne lui a pas pour autant permis de prendre de grandes décisions lors de sa présidence - avec la mise en place d'un Conseil consultatif d'experts auprès du Gouvernement, qui doit rendre des conclusions sur les décisions qui reviennent au Gouvernement. Il peut ainsi être composé de personnalités plus "contestées" par le pouvoir, permettant de maintenir à peu de frais une illusion d'ouverture et de libéralisme bon ton. De toute manière, les décisions sont prises ailleurs.

Dans le même temps, V. Poutine, après avoir consacré un Gouvernement technique - donc faible politiquement - a récupéré au sein de l'Administration présidentielle et dans certains organes clefs de la politique intérieure, les personnalités phares de son mandat de premier ministre. Par exemple, le tant contesté ancien ministre de l'intérieur R. Nurgaliev se retrouve propulsé au Conseil de sécurité, I. Setchine récupère la compagnie étatique de pétrole Rosneft (qui sort en même temps du plan prévisionnel de privatisation), ainsi que par exemple les anciens ministres de la santé ou de l'économie.

Bref, le schéma de prise de décision devient plus obscure, même s'il est évident que la prise de décision politique en tant que telle est transférée à l'Administration présidentielle, laissant au Gouvernement la charge de la mise en oeuvre.

De plus, alors que certains se réjouissaient - un peu vite - du départ de certains ministres contestés, ils ont simplement été "transférés" vers le nouveau centre de pouvoir. Il faudra encore voir comment techniquement des deux "gouvernements" parallèles pourront fonctionner.

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