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jeudi 20 novembre 2014

La Serbie dans l'engrenage européen


La Serbie, officiellement candidate à l'entrée dans l'UE, est sommée par Johannes Hahn, commissaire européen chargé de la politique européenne de voisinage et des négociations d'élargissement, de choisir son camp. Soit l'entrée dans l'UE reste sa priorité, comme elle l'a déclarée, soit elle veut continuer à coopérer avec la Russie. C'est une certaine conception de la négociation. Autrement dit, en temps de guerre, la neutralité déclarée par la Serbie n'est pas de mise. Bref, L'UE reconnait que la Russie a officiellement obtenu le statut d'ennemi.

La position de la Serbie est plus que délicate. D'autant plus que, comme le rappelle Le Parisien, les intérêts de la coopération avec la Russie revêtent un caractère vital pour le développement de l'économie de la Serbie. 
"La Russie a d'importants intérêts en Serbie. Son géant gazier et pétrolier Gazprom est le propriétaire majoritaire de la compagnie pétrolière serbe NIS avec 51% des parts.De plus, Belgrade et Moscou ont mis en place à l'aéroport de Nis (sud) un "Centre régional pour les situations d'urgences" où sont stationnés des avions russes prêts à intervenir dans la région, sur demande des pays concernés.Alors que la Serbie est à court d'argent, Moscou et Belgrade ont signé en janvier 2013 un accord sur un crédit de 800 millions de dollars destinés à la reconstruction de l'infrastructure ferroviaire. Puis en avril, Moscou a octroyé à son allié un autre prêt de 500 millions de dollars, destiné l'aider à faire face à son lourd déficit budgétaire."
L'ultimatum de l'UE, pour sa part, sonne mal. Dans une interview, J. Hahn déclare de manière un peu trop péremptoire: 
"Dans le cadre des négociations concernant son entrée dans l'UE, la Serbie s'est engagée à mettre en accord sa position avec l'UE en ce qui concerne des questions aussi difficiles que celle des sanctions contre la Russie. C'est très important et nous espérons que Belgrade respectera ses obligations."
La menace du commissaire européen est à peine voilée : la Serbie doit se soumettre et seule la soumission permettra de confirmer que le choix européen reste son choix. Autrement dit, elle doit faire un choix entre sont intérêt national et l'intérêt de l'UE.

Et pour faire passer le message, les médias français lance un légère campagne de dénigrement de la Serbie. Voir par exemple le reportage, particulièrement mal fait, de France 24, que vous pouvez voir ici. Le journaliste y montre de manière absurde que, en raison de sa politique de neutralité, la Serbie est exclue des sanctions russes contre les pays européens. Elle peut donc exporter ses fruits et légumes en Russie, ce qu'elle fait par ailleurs. Mais selon le journaliste, non seulement cela ne sert à rien au pays car il ne produit pas suffisamment pour couvrir tout le marché russe (c'est un argument d'une rare stupidité), mais en plus les serbes osent faire passer en contrebande en Russie des produits européens sous étiquettes serbes. Bref, ce sont vraiment des gens infréquentables ... 

Plus généralement, en ce qui concerne l'évolution de l'UE, cette sortie assez maladroite du commissaire européen confirme certaines tendances:
  1. L'UE est dans une phase d'affaiblissement. Comment en est-on arrivé à menacer ouvertement dans la presse un Etat souverain? A lui faire du chantage à l'entrée dans l'UE? Cela veut dire que l'UE n'est plus aussi attractive, que sa propagande n'est plus aussi efficace et que les négociations/pressions de couloirs ne sont plus suffisantes. Mais la réaction ne s'est pas faite attendre. Le Premier ministre serbe a rappelé que la Serbie est un Etat souverain et qu'elle décidera seule de sa position concernant la Russie.
  2. L'UE se radicalise et considère la Russie comme un ennemi. Sinon, rien n'empêche un Etat souverain d'avoir des relations commerciales et politiques et avec l'UE et avec la Russie. 
  3. Cela montre en conséquence l'hypocrisie du discours européen disant que l'Ukraine peut collaborer avec la Russie et que seule la Russie l'en empêche.
  4. L'UE n'est plus apte à intégrer des Etats souverains. Elle a besoin de "petits soldats obéissants", elle a besoin de soumission. Il n'y a plus de place pour l'intérêt national.
  5. L'intérêt de l'UE s'est totalement dissocié de la somme des intérêts des pays membres. La structure UE est donc autonome des pays qui la compose. Ce qui pose de sérieuses questions en terme de gouvernance, de démocratie et de liberté. 



6 commentaires:

  1. Vive la Serbie, vive la France, vive les nations souveraines...et à bas la coquille vide UE pilotée par Washington.

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  2. Bravo pour votre article.

    Lorsque l'UE et l'Ukraine en 2013 négociaient, l'argument "tout le monde est libre de faire ce qu'il veut" était mis en avant, malgré les conséquences pour les accords avec la Russie qui fonctionnaient déjà.

    L'angélique "tout le monde est libre" ne s'applique plus. Après la carotte de l'UE, le bâton.

    Et l'UE ne semble pas vouloir prendre position pour la défense de l'utilisation de leur langue pour ces "minorités" ukrainiennes.

    Où sont nos valeurs ?

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    1. Si L'UE continue ainsi, et a agir a l'encontre des interets des Europeens eux-memes, et pour ceux de Washington et d'Israel, et bien, si ils signent leurs fameux traite transatlantique (raison pour laquelle l'europe est si "attractive" pour certains, la promesse d'ouverture a des millions de consommateurs et le chantage de l'interdiction d'acces a ce marche aux pays souverains qui ne seraient pas "avec eux"), et bien, bientot, en cas de problemes, ce sera comme aux E-U, et avec les memes regles pour les citoyens : Loi martiale, privation de liberte, etat policier, et les soldats de l'ONU seront prets a venir vous chercher et a vous exterminer en cas de rebelion (definition simpliste de leur "Nouvel Ordre Mondial", mais le resultat reste le meme : Ce qui se passe en Ukraine, et bien, on va l'avoir ici, sans compter que, a cause de telles derives, des consequences toujours anodines aujourd'hui pourraient tourner vraiment mal pour nous, et j'ai d'ailleurs un bel exemple : Si Coca-Cola decide qu'il n'y a plus assez de ventes chez nous a cause de ceux qui poussent au boycott, et bien, ils feront disparaitre ces rouspeteurs)... Perso, j'ai deja pris les devants pour moi-meme au cas ou l'UE continue sa politique de destruction : Mon visa est deja pret pour l'Amerique du sud, la ou Washington n'a rien a dire, et la ou on met l'humain en avant, avant toute autre chose.

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  3. Très belle analyse.
    Sur le point 5:"La structure UE est donc autonome des pays qui la composent" ,je rajouterais pour ma part : cela confirme la tendance selon laquelle l'UE n'est aucunement autonome par rapport à l'OTAN (et aux Etats unis d'Amérique).
    Dominique

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  4. Si les conférences de l'UPR sur l'ue de l'ouest, l'otanazi et l'euromonopoly étaient traduites en Serbe, il y a longtemps que la Serbie aurait adhérer à l'union douanière et chercherait à rejoindre les BRICS !

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  5. Va-t-on assister à une manif à la place de la République de Belgrade ?
    Le Président Nikolic pourra-t-il continuer son mandat ?
    L'Allemagne et la France devront-elles seules mettre la main à la poche comme pour le gaz ukrainien ?

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