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jeudi 14 novembre 2013

Les propositions de Rogozine, un espoir pour la régulation de l'immigration clandestine

Voir: http://www.kommersant.ru/doc/2342739

Le problème de l'immigration clandestine, de la pauvreté et les questions inter-ethniques qu'il entraîne arrive dans une nouvelle phase qui laisse entrevoir un espoir. Trois mesures principales sont en préparation.
 
Il s'agit tout d'abord de reconnaître le statut d'utilité publique aux associations s'occupant de l'insertion et de l'accompagnement des migrants. Elles leur fournissent une aide, des cours de russe, des cours sur la culture et la civilisation russe. Cette approche positive est fondamentale pour aider les migrants à s'intégrer dans la société. Si ces ONG peuvent bénéficier de ce statut, elles auront alors un accès privilégié à l'aide de l'Etat, notamment en matière de financement, ce qui n'est pas moins important.
 
Ensuite, le régime sans visas doit être réguler. Il ne doit plus être possible de résider indéfiniment sur le territoire russe, mais une limite de 90 jours par période de 6 mois peut être délimitée, ce qui va limiter les possibilité de travail clandestin. En ne sortant pas du territoire dans la période voulue, le migrant se met en infraction et peut se voir refuser l'accès pendant un certain nombre d'années. Le contrôle peut être facilité par la création d'une carte d'identité électronique pour les migrants, permettant de fixer les informations.
 
Enfin, une couverture médicale doit être obligatoire. Chaque année, entre 3,5 millions et 10 millions de migrants, sans couverture médicale, bénéficient de soins en Russie. Rien que pour la ville de St Petersbourg, on compte 1,5 millions de migrants soignés aux frais du budget local, soit environ 5 milliards de rouble. Cette situation est difficile à gérer pour les régions. Ainsi, la possession d'une couverture médicale deviendra un élément obligatoire pour pouvoir entrer sur le territoire russe et sera vérifiée à la frontière.
 
 

mercredi 13 novembre 2013

Idéologie et Université, l'erreur de Saint Petersbourg

Voir: http://www.rg.ru/2013/11/11/ideolog.html

Comme au bon vieu temps de l'Union soviétique, le Conseil des recteurs de la ville de St Petersbourg décide, au cours d'une réunion règlant des questions sur l'enseignement supérieur dans les établissements universitaires de la ville, de restaurer la fonction de responsable pour l'idéologie.
 
Certains, qui ont vu sortir de la poussière cette instruction, ont tout d'abord pris l'annonce pour une plaisanterie en l'honneur du 7 novembre. Mais en cherchant sur le site de ce conseil des recteurs, ils ont trouvé une résolution, datant de février, qui dans la dernière partie, "divers", propose la création au sein des établissements d'enseignement supérieur, d'un conseil idéologique devant travailler avec les étudiants et la nomination d'une personne responsable à cet effet. Combien de personnes ont alors voté cette disposition, rien n'est indiqué.
 
Pour les personnes appartenant à la génération de ceux ayant connu l'Uion soviétique, l'expression est très parlante et renvoie à des pratiques d'un autre temps. Pour la jeune génération, cela fait largement sourire. Car si, avant, l'idéologie était clairement identifiable, aujourd'hui la question est plus complexe.
 
L'Etat russe actuel connait également le déficit, pour rester dans le même registre temporel de langage, un déficit idéologique. Tantôt il s'engage sur voie de l'ultra libéralisme, tantôt relance une vision plus sociale, fait quelques détours par la modialisation et s'arrête sur la culture nationale. Bref, de quelle idéologie est-il question? Dans un Etat complexe, il est toujours extrêmement difficile de l'identifier.
 
Mais ce qui frise l'ubuesque est la réalisation de cette proposition de restaurer l'idéologie dans la pensée universitaire. Imaginez tout d'abord un groupe de jeunes personnes, les étudiants, en pleine révolution hormonale et identitaire, rester gentillement assis quelques heures à écouter de grands discours idéologiques ... Ca, c'est pour la forme. Sur le fond, l'idéologie dont il est question, risque de se confondre avec la morale. Il ne faut pas fumer, pas boire, faire du sport, se coucher tôt, parler correctement et faire ses devoirs... Imaginez le résultat!
 
Enfin, l'Université est-elle le lieu d'un tel spectacle? Assurément non. C'est à la famille d'éduquer, à l'Université l'étudiant, justement, étudie, forme sa capacité de réflexion, étend sa culture. S'il y a un problème de morale, il ressort de la vie privée. Et si l'idéologie s'entend dans le sens politique, premier, du terme, l'Université ne peut être un lieu de propagande. Dans un cas comme dans l'autre, l'exemple vaut toutes les leçons. Il ne sert à rien de créer des conseils, de nommer des responsables, chacun d'entre nous est responsable, chaque adulte est responsable de la manière dont se comporte la génération suivante. Nous donnons l'exemple ou le contre-exemple de ce que nous affirmons.
 
Autrement dit, comportez-vous de la manière dont vous attendez que les autres se comportent et la question sera réglée. Mais il vrai qu'il est plus facile de créer des conseils et de nommer des responsables.

Journal of Constitutionalism and Human Rights, №3

Chers lecteurs,

Pour ceux qui sont russophones et anglophones, vous trouverez ici le numéro 3 du Journal of Constitutionalism and Human Rights, comprenant des articles sur des sujets aussi variés que le rôle de la société civile dans les rapports de pouvoir, la limitation des droits de l'homme au regard de l'exigence de sécurité (question du terrorisme), les rapports entre la Russie et l'Occident sur la conctitution d'un espace démocratique et bien d'autres encore.

Bonne lecture!

Karine Bechet-Golovko, Rédacteur en chef
http://www.chr-centre.org/sites/default/files/journal/no3/journalno3.pdf

mardi 12 novembre 2013

lundi 11 novembre 2013

Regards Croisés Russie-UE, la chronique de Caroline Voos pour Russie Politics : « au delà de la Marche russe », prolongement de la chronique précédente sur les émeutes de Birioulevo.



 Dans Libération (France), Veronika Dorman continue de développer ce qui c’est déjà dit dans la presse européenne à l’occasion des émeutes de Birioulevo. A savoir, l’augmentation de la xénophobie et du discours belliqueux qui lui est associé.

Elle souligne, ensuite, l’inquiétude des experts russes face à la hausse des crimes racistes et des confrontations interethniques de ces deux dernières années.

Et de conclure que l’absence de réaction des autorités joue comme un signal permettant à l’extrême droite d’agir en toute impunité.

 

 Le Courrier de Russie, décide de donner la parole à trois jeunes qui s’expriment en toute franchise par rapport à leur propre expérience du nationalisme et de leur sentiment à l’égard de la Marche russe.

 Mikhaïl avoue qu’après s’être plongé dans des ouvrages traitant du nazisme, son sentiment de haine à l’égard des immigrés s’est estompé.

Yaroslava, ne cache pas que son groupe pratiquait du nettoyage ethnique de masse mais qu’avec le temps elle a compris que le radicalisme ne menait à rien.

Andreï, lui, est parti en croisade pour défendre la race slave et les valeurs qu’elle incarne au moyen de méthodes pacifiques.



 
Il est indéniable que partout en Europe le nationalisme est une aubaine pour  les partis politiques et trouve un écho favorable parmi la population sur fond de crise économique et d’incertitude quant à l’avenir.
Si certains pays se prétendent exceptionnels, force est de reconnaître que la Russie est très particulière.
Elle est une fédération multinationale, multiethnique (d’où la distinction entre « rousski » russes ethniques, et « rassiani», citoyens de Russie) et multiconfessionnelle, secouée donc par des forces centrifuges illustrées par les conflits du Caucase du nord.

Dans ce contexte la question de « l’idée nationale » se pose avec plus d’acuité que pour nous autres pays européens.

La société russe entretient une conception contradictoire par rapport à l’immigration.

D’un côté, elle a conscience d’être un ancien empire composé de plusieurs peuples, et de l’autre elle redoute la poussée démographique des peuples caucasiens ou d’Asie centrale.

Il faut se rappeler aussi que les Russes ont été violemment chassés de certaines de ses anciennes républiques à la chute de l’URSS.

Les Russes ont donc du mal à admettre aujourd’hui que ces peuples viennent coloniser leurs grandes villes avec l’insécurité qui s’en suit.

C’est donc bien le débat sur l’identité nationale qui est relancé suite aux émeutes de Birioulevo et de la Marche russe.

Vladimir Poutine l’a bien perçu, lorsqu’au Club Valdaï, en septembre dernier, il estimait nécessaire de poursuive ce débat avec la nouvelle génération russe. « L’idée nationale n’apparaîtra pas si l’Etat ne travaille pas dans ce sens » déclarait-il alors.

En fait la question à se poser paraît de prime abord toute simple !

Quel est «  ce quelque chose » qui nous unit  aujourd’hui et qui nous permettra de se projeter dans l’avenir ?

Il ne m’appartient pas d’y répondre, c’est aux Russes qu’il faut  la poser.

Tout en sachant, que pour chaque société donnée, il n’existe aucun modèle de développement  prêt à l’emploi.

L'affaire du sénateur Korovnikov et la question de la limite de l'immunité parlementaire

Voir: http://izvestia.ru/news/560408
http://lifenews.ru/#!news/122475

Les membres de l'Assemblée parlementaire bénéficient d'une immunité, dont le but est de garantir leur indépendance. Mais, pour autant, ce régime spécial ne peut en aucun cas être une garantie d'impunité. Ne peut et ne doit l'être, comme l'illustre l'affaire du membre du Conseil de la Fédération (chambre haute de l'Assemblée fédérale russe), Alexandre Korovnikov.
 
Soupçonné d'être un intermédiaire dans une affaire de corruption liée à la préparation des championnats du monde de 2018, des journalistes de Life News ont voulu poser quelques questions à ce sujet à A. Korovnikov, alors qu'il se préparait à prendre le train avec sa jeune assistante. En voyant les caméras, il menace les journalistes de les envoyer sous le train s'ils commencent à tourner, s'en prend à la caméra, quant à son assistante, elle bloque le passage pendant que lui se dirige vers le train et tente à plusieurs reprises de brûler le visage de la journaliste avec sa cigarette (voir la vidéo dans le lien de Life News).

Choqués par cette attitude, des membres de la Douma et du Front populaire de Poutine veulent renforcer la protection des journalistes en cas d'agression lors de l'exercice de leur métier de la part des élus et fonctionnaires, afin de ne pas faire de l'immunité une impunité.

Cela est évidemment nécessaire, pourtant au minimum deux questions se posent.

La première concerne la logique de l'immunité. Celle-ci se divise, théoriquement en deux parties. Il existe d'une part l'irresponsabilité, qui est absolue et garantie à tout parlementaire de ne pouvoir être poursuivi, pendant et après son mandat, pour les actes pris dans le cadre de l'exercice de ses fonctions parlementaires et pour les opinions qu'il a pu émettre dans l'hémicycle. D'autre part, il y a l'inviolabilité qui permet de ne pas bloquer le travail d'un parlementaire par le lancement d'affaires pénales "sur commande". Dans ce dernier cas, un parlementaire ne peut être soumis à des mesures privatives de liberté pour les actes délictuels et criminels commis en dehors de l'exercice de ses fonctions, pour la durée de son mandat. ce qui n'empêche pas les mesures d'enquête. (voir le système français ici http://www.assemblee-nationale.fr/connaissance/immunite.asp).

Mais la limite est ici double. D'une part, l'attitude de ce sénateur doit donner lieu à une enquête, car l'inviolabilité n'empêche pas théoriquement la sanction pour les actes délictuels avérés. D'autre part, il s'agit ici d'un délit flagrant commis devant les caméras, ce qui réduit d'autant le champ de l'inviolabilité.

La seconde question concerne la morale politique, ou la moralisation de la vie politique, slogan que nous avons souvent entendu à une période en France. Un tel comportement est-il a priori acceptable au regard de l'éthique de la profession? Non. Les parlementaires doivent comprendre que s'ils sont élus par le peuple, ce ne sont pas de Elus. Ils servent l'Etat et la Nation. Or, le corps des représentants de la Nation a-t-il besoin d'individus qui les discréditent à ce point? C'est à en douter.

Les scandales à répétition qui touchent les parlementaires, au niveau fédéral ou local, démontrent l'urgence de la mise en oeuvre d'une politique de moralisation, pour que le discrédit ne touche pas l'institution représentative dans son ensemble et n'affaiblisse d'autant l'Etat.