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mercredi 11 mars 2015

Ukraine: de la guerre simulée à la réalité

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Alors qu'une société privée américaine travaillant dans le domaine de la stratégie et du renseignement développe des scénarios de conflits armés directs entre les forces de l'OTAN et de la Russie en Ukraine, évidemment lors de l'invasion de l'Ukraine par l'armée russe, l'armée ukrainienne met en péril le cessez-le-feu et le discours politique se radicalise encore contre la Russie.


La société privée américaine Stratfor a mis en ligne une simulation militaire fondée sur l'invasion par la Russie de l'Ukraine pour envisager quelles types d'invasions sont possibles, sur quelle échelle temps, combien d'hommes et de moyens. Bref cette société de renseignement a déjà posé le calendrier des différentes invasions russes possibles. L'invasion en elle-même ne semblant pas poser trop de questions.




Dans ce scénario Land Bridge, les forces russes à hauteur de 24 à 36000 hommes utiliseraient la Crimée pour sécuriser une zone reliant le Donbass sous commandement des combattants. Cela serait possible dans un délai de 6 à 14 jours. Or, l'OTAN pourrait soutenir l'armée ukrainienne, ce qui obligerait les russes à augmenter leur présence militaire jusqu'à 55 000 hommes. Une version plus large envisage l'utilisation de la Transnistrie comme zone permettant l'invasion d'un territoire plus large, bordant tout l'est et s'enfonçant dans les terres jusqu'à Kiev. C'est le scénario de l'Est. Le troisième envisage l'invasion par la mer.

L'on pourrait discuter longtemps du nombre d'hommes nécessaires, du temps nécessaire, etc. Il est intéressant de noter que les scénarios n'envisagent pas un échec militaire de la Russie. Ce qui peut laisser penser que depuis le temps où l'Ukraine parle de l'invasion russe, si elle avait eu lieu, nous nous en serions rendus compte. L'autre aspect intéressant est politique. L'analyse souligne elle-même l'énorme risque politique encourru par la Russie dans ce type d'opération. L'analyste El Murid développe à ce sujet un point de vue d'une logique imparable. La Russie n'a aujourd'hui aucun intérêt à envahir l'Ukraine, à intégrer le Donbass. Elle a mis des dizaines d'années à instaurer des relations cordiales avec l'Occident, c'est un facteur très fort dans la détermination de ses choix politiques. Donc d'elle même la Russie ne va pas envahir le Donbass ni l'Ukraine. Mais à force de provocations, d'humiliations, de mesures de retorsions infondées, de sanctions en tout genre, la Russie peut n'avoir plus rien à perdre. Et elle peut alors entrer dans le jeu de l'escalade militaire. Ces provocations incessantes venant des Etats Unis et de l'OTAN présentent en elles-mêmes un danger réel pour la paix en Europe.

Et il n'est pas innocent de souligner les nombreuses violations du cessez-le-feu faites par les militaires ukrainiens dans le Donbass.


Selon le porte parole de la République de Donetsk, les combattants tentent de ne pas répondre aux tirs des soldats ukrainiens, afin de ne pas donner de fondement à une accusation de violation des accords de paix. En 24 h, on compte une vingtaine de tirs d'importance et d'intensité différentes. Les zones les plus touchées sont toujours l'aéroport de Donetsk, où l'artillerie bloque le travail de recherche et de sortie des corps des soldats ukrainiens. A cause de cela, une infime partie, seulement 15 corps, ont pu être remis à l'armée ukrainienne ou aux familles, armée qui ne semble pas intéressée du tout à un décompte totale des pertes ni à une identification des corps. L'autre zone est Mariupole, où les tirs ont retenti toute la journée. L'OSCE a fixé ces violations dans son rapport. 

Depuis la signature des accords de février, l'armée ukrainienne a violé plus de 400 fois le cessez-le-feu. Sans oublier les difficultés qui se posent pour les bombes, missiles et autres munitions utilisées par l'armée ukrainienne contre les villes et qui n'ont pas encore explosées. Les combattants les désamorcent, mais il y en a plus de 300 déjà. Et enfin les villes, villages et terres desquels l'armée ukrainienne s'est retirée sont totalement minés. L'on a beaucoup parlé du minage des ponts allant vers la Crimée, manifestement dans la peur d'un des scénarios américains de l'invasion russe, mais plus sérieusement ce sont des zones d'habitation qui ont été minées, notamment avec des mines ati-personnelles. Il ne manque plus que le napalme pour que cette guerre soit un nouveau Vietnam.

Enfin, des bruits courrent, comme à chaque cessez-le-feu, sur la manière dont le pouvoir ukrainien utilise ce temps pour réorganiser son armée avant d'attaquer. A chaque fois ces bruits furent confirmer, comme si la paix ukrainienne ne pouvait être qu'une attente de la guerre. Cette période-ci ne fait pas exception à la règle. Certains parlent de reprise des combats pour fin mars, d'autres estiment plus judicieux que la terre soit sèche et ne pensent pas que les combats reprendront avant avril. Toujours est-il que des informations circulent sur le regroupement des forces militaires ukrainiennes. Ainsi, dans la zone des villages Lugansk et Schastie, une augmentation de la présence militaire ukrainienne a été remarquée à hauteur de 2500 hommes en une semaine avec un apport en matériel militaire. Dans cette région, à l'inverse de la Région de Donetsk, l'artillerie n'a quasiment pas été retirée, au contraire. Et de nouveaux champs de mines sont posés.

Toutefois l'armée ukrainienne est peu et mal préparée, le commandement est désorganisé. Une attaque de grande envergure a peu de chance d'être mise en oeuvre. En revanche des attaques localisées, de destabilisation ou d'enjeu local sont inévitables. A proximité de Uglegorsk, 2 tanks ukrainiens ont attaqué, ils furent détruits et une partie des tankistes touchés. C'est significatif des combats qui sont menés: locaux mais fréquents.

Comme pour les cessez-le-feu précédents, il est difficile d'être optimiste, surtout au regard du contexte international, qui seul réellement déterminera de la fin des combats en Ukraine. Si l'on met en perspective la simulation faite par Stratfor, le message peut être à double tranchant. Soit, une intervention de la Russie aurait des conséquences terribles au niveau politique. Toutefois, il y a peu de chance que les pays d'Europe n'entrent dans une guerre qu'ils ne comprennent pas, même si les populations sont préparées par les médias à voir en la Russie l'agresseur potentiel qui se rapproche. Mais cette intervention est montrée comme gagnante sur le plan militaire, ce qui rendrait l'Ukraine totalement inintéressante pour l'UE. Il y a plus de chance à ce que le conflit continue à flirter avec la menace d'une confrontation directe, sans jamais la provoquer. C'est ici que les dommages seront les plus importants pour la Russie. Toutefois le point de rupture entre la provocation et la guerre est parfois très fragile. SI la Russie n'a plus rien à perdre, pourquoi devrait-elle seule continuer à défendre une paix qui la met en péril? Le jeu de la commuauté international est très dangereux, voire irresponsable.

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