Suite à un article sorti le 1er avril dans le journal d'opposition russe Novoya Gazeta selon lequel des répressions massives seraient organisées contre les hommes homosexuels en Tchétchénie, toute la presse française s'est indignée, les hommes politiques aussi. Encore une fois sans enquête. Encore une fois sans tenir compte du démenti des autorités tchétchènes après vérifications. Maintenant que le mouvement LGBT Gay Russia porte plainte contre Novaya Gazeta pour diffamation, la presse française va-t-elle en parler?
Je vous souhaite la bienvenue sur ce blog où nous allons tenter de décrypter l'actualité politique russe, donner la dimension de toute sa richesse et sa complexité. Sans clichés et sans partis pris. Sans vouloir plaire à tout le monde.
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mercredi 19 avril 2017
mardi 21 mai 2013
La qualité de la défense des Pussy Riot se discute devant le juge
Voir: http://pravo.ru/court_report/view/85229/
Suite à un article publié dans le journal Kommersant en décembre 2012, les anciens avocats de Ekaterina Samutsevicht du groupe Pussy Riot attaquent en justice l'avocate, Irina Khrunova, qui lui a permis de sortir libre, afin de défendre leur honneur et leur réputation. Ils attaquent également le journal et le journaliste lui-même.
Selon les dires publiés dans l'article, Ekaterina Samutsevitch se serait séparée de ses avocats, M. Feyguine, N. Polozov et V. Volkova, en raison de leur incompétence. Par ailleurs, ils auraient à ce point bâclé le recours devant la CEDH quant à l'illégalité de l'arrestation des membres de Pussy Riot, n'auraient pas envoyé les documents complémentaires nécessaires au recours, que celui-ci n'a pu être retenu par la Cour et, en raison du délai, ne peut plus être utilisé comme moyen de défense.
Lors de l'audience, le juge leur a demandé la réputation et l'honneur de qui ils entendaient défendre. Très sérieusement, ces avocats, qui par ailleurs sont sur les dossiers médiatiques des opposants les plus radicaux, avec une efficacité comparable à celle déployée dans l'affaire Pussy Riot, expliquaient que ces dires étaient infondés.
Le représentant légal de l'avocate incriminée a signalé qu'ils avaient des documents prouvant ces dires et qu'ils les produiraient devant la justice. L'ironie du sort est que ces avocats, qui critiquent constamment l'indépendance, ou plutôt revendiquent la dépendance, de la justice, s'adressent à un juge, pour en fait, apprécier la qualité de leurs efforts professionnels dans l'affaire Pussy Riot. Puisque le caractère diffamatoire de la critique va dépendre du fondement, ou de l'absence de fondement, de cette même critique.
Il est dommage qu'ils n'aient pas été aussi consciencieux pour la défense de leurs clientes. A moins que le but n'ait été atteint ...
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