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jeudi 16 avril 2015

La France au détour de la République

Engagement républicain et sentiment d'appartenance à la Nation

La situation de la France aujourd'hui est difficile. Je ne parle pas du point de vue social ou économique. Je parle de l'existence de la France comme Etat-nation. Une prise de conscience semble se faire, sans pour autant poser le problème dans toute sa dimension, c'est-à-dire dans sa dimension européenne et le conflit de souveraineté. L'Europe des régions est le but de la Fédération européenne, d'une Union qui ne peut être celle des Etats.


L'Etat semblerait, selon quelques "progressistes", être une forme de gouvernement dépassée. La modernité est dans la supra-nationalité, autrement dit dans des modalités de type Union européenne. Ce pourrait être vrai à deux conditions:
  1. Si tous ce constat était applicable à tous les Etats, or le caractère étatique des Etats Unis est non seulement non contesté, mais également farouchement défendu entre autre par cette exceptionnalité américaine tant propagée. Autrement dit, il semblerait plutôt que certains Etats aient le droit d'être des Etat, donc souverains et responsables, et d'autres non, ils peuvent être "protégés" ou "intégrés". 
  2. Si les structures de type Union européenne pouvaient légitimement reprendre les devoirs engendrés par l'étaticité, or tel n'est pas le cas. L'Union européenne est une structure administrative, ce n'est pas un Etat. Elle est dépourvue de la composante politique qui donne la légitimité et implique une responsabilité. Et le non au dernier référendum montre la fragilité de la légitimité de cette structure.
Ainsi, la France se trouve dans une situation étrange dans laquelle elle a transféré son étaticité matérielle à l'Union européenne au fil des traités constitutifs en transférant ses compétences de souveraineté nationale. Et elle l'a fait vers une institution qui n'a pas d'étaticité d'un point de vue formel.


Dans ce contexte, il ne reste qu'à déclarer officiellement la fin de l'Etat français et proclamer la Fédération européenne, ce qui tarde à se faire vu le manque de soutien populaire en ce sens. Sinon, il semble urgent de rétablir la République avant qu'elle ne tombe dans le chaos. Car dans ce ni-ni, la société française est en situation précaire et il semblerait que les attentats de janvier aient provoqué un sursaut contre ce suicide programmé.

Après les attentats de janvier, un tremblement de terre a touché la société française qui se rend compte que le contrat social n'est pas rempli, que la France commence à se morceler sous le poids du communautarisme. Comment y faire face quand l'hymne nationale peut être sifflé tout autant que le Président? Comment remédier au problème quand des générations issues de l'immigration détestent le pays qui devrait être le leur? Comment réagir quand l'immigration devient une source fondamental du renouvellement de la population française dans une société qui n'est plus apte à intégrer?  Bref, comment éviter l'explosion de la société. La réponse fut cinglante: revenir aux fondamentaux et arrêter le politiquement correct, en tenant compte de la situation telle qu'elle est.  

Le Président de la République a demandé au Président du Sénat un rapport sur La Nation française, un héritage en partage. En voici les grandes lignes.

" la pratique d’une novlangue, politiquement correcte, a affaibli la force des valeurs et des principes qui constituent le ciment de notre Nation et a conduit, progressivement, à détourner, d’abord le verbe, puis ensuite le regard, de situations qui devraient appeler, conformément pourtant à notre tradition historique, des réponses fermes et résolues."
"Je reste convaincu que notre nation reste une force, un point de référence au milieu de l’océan d’un environnement mondialisé. Beaucoup de Français en ont conscience. D’autres moins. A preuve, le rassemblement du 11 janvier 2015 qui, s’il a constitué un véritable et heureux sursaut, n’a pas touché l’ensemble de nos concitoyens."
"Le général de Gaulle disait : « La nation française refleurira ou périra suivant que l’Etat aura ou n’aura pas assez de force, de prestige pour la conduire là où elle doit aller »"
Restaurer les repères
"Cette fragmentation (de la société française) résulte d’un double mouvement de fond depuis la fin des années 60 : la disjonction entre droits et devoirs, les premiers prenant le pas sur les seconds, et celle entre libertés et responsabilités, qui ont contribué à faire du choix personnel une forme d’absolu. "
"L’intégration au sein de la République de ces ressortissants étrangers a parfois été compliquée par le fait que les repères de la société française ont évolué ou ont paru fragilisés. La dissociation entre les valeurs intériorisées, puis revendiquées, et les valeurs du pays d’accueil a laissé le champ libre au repli communautaire que d’aucun ont, par-dessus le marché, exalté en magnifiant la différence pour la différence. Rien d’étonnant, dans ces conditions, à ce que l’identité nationale, intégratrice par essence, dans la conception française qui est la sienne, ait laissé la place à des identités « de substitution ». "
"Au cours de ces années, la mondialisation et les contours évolutifs d’une Europe en devenir ont rendu d’autant plus sensible la question de l’appartenance à la nation. "
"Le défaut d’appartenance à une collectivité –la France en l’occurrence, il faut l’appeler par son nom– est la première conséquence du déni d'une histoire commune : chacun est tenté de se replier sur sa mémoire –réelle ou inventée–, sa micro-identité géographique, ethnique, religieuse. A force de célébrer « les différences », nous en venons à oublier ce qui nous unit."
"C’est pourquoi je suis convaincu que l’engagement républicain est indéfectiblement lié à la réaffirmation des repères de notre société et à la restauration de l’autorité et du sentiment national"
L'école
"Il faut, comme le dit Alain Finkielkraut, que « les élèves puissent oublier leur communauté d’origine et penser à autre chose qu’à ce qu’ils sont pour pouvoir penser par eux-mêmes »3. Le droit à la différence n’est une liberté que s’il est assorti du droit et de la capacité d’être indifférent à sa différence.  "
"« L’acrobatie rusée de « l’Emile » de Rousseau, qui rend compatible la directivité du maître et l’autonomie de l’enfant, » 5 a été prise au pied de la lettre par divers pédagogues qui ont fait de la spontanéité de l’enfant la condition nécessaire de l’apprentissage. Les pédagogies constructivistes, d'après lesquelles c'est l'enfant qui construit lui-même son savoir, ont pris le pouvoir dans l'enseignement."
"La mission de l’école consiste à transmettre des savoirs universels et les valeurs de la République française. "
"A côté du rétablissement de l’autorité du maître, du développement de l’autonomie des établissements, la valorisation du mérite de l’élève constitue le troisième élément pour que l’école joue à nouveau le rôle de creuset républicain qu’elle a déjà occupé dans l’histoire de notre pays. "
"Parmi les savoirs que transmet l’école, l’histoire, la géographie, la littérature et de manière plus générale « les Humanités » ont, en France, une vertu émancipatrice et civilisatrice. Que faut-il, à ce sujet, penser de l’actuel projet de la ministre de l’Education nationale qui consiste à supprimer l’enseignement du latin comme option, pour l’inclure dans un « enseignement pratique interdisciplinaire » dénommé « Langues et cultures de l’Antiquité » ? A lui seul, l’emploi de ce curieux sabir et du pluriel dans sa dénomination sonne le glas pour l’enseignement d’une langue qui a irrigué, pendant plus de vingt siècles, la culture occidentale. "
"L’enseignement de l’histoire ne doit pas davantage subir le même sort. Il doit faire l’objet d’une refonte complète permettant à chaque élève, quelle que soit sa culture d’origine, de se réapproprier le roman - le récit - national, qui repose sur l’idée que la communauté nationale est le fruit d’une construction volontaire, d’un progrès constant, d’un dessein propre à la nation française. "
"La nation est notre patrimoine et notre héritage qu’il s’agit aujourd’hui de faire connaître et aimer, de mieux partager et de transmettre. Restaurer la cohésion nationale passe aussi par l’abolition de l’esprit victimaire, par lequel un groupe ou une communauté, non seulement exige une réparation du corps social mais encore soumet à sa prééminence idéologique, l'ensemble des mécanismes médiatiques, institutionnels et politiques. Au contraire, comme l’écrit Jean-Pierre Chevènement, « c’est en faisant aimer la France que nous pourrons poursuivre la tâche multiséculaire de l’intégration de nouveaux citoyens à notre nation ». C’est à la lumière de ce constat, qu’il faut s’interroger sur la tenue, à l’école, des séquences « mémorielles » qui brouillent les repères de nos enfants. S’il faut traiter et assumer les moments douloureux du passé de notre pays, il est également nécessaire de commémorer et de valoriser ses moments libérateurs. L’abolition de l’esclavage et le combat mené par Schoelcher ou par Solitude doivent être des motifs de fierté, comme peut l’être la fin du colonialisme. Transformer une partie de la jeunesse en victime de ce passé douloureux ne lui donnera pas foi en l’avenir, mais risque d’attiser au contraire la haine de la nation, c’est-à-dire la haine de soi. " 
"la discrimination positive présente le double inconvénient d’inverser l’ordre des privilèges au lieu de supprimer ceux-ci – créant ainsi un sentiment de contrainte et d’injustice chez les exclus de la procédure – et de légitimer, à l’inverse du but poursuivi, les revendications d’ordre ethnique, religieux ou identitaire. Elle favorise, à l’évidence, le communautarisme dans chacun des groupes. "
Question de l'immigration
"La restauration de la cohésion nationale suppose également de jeter un regard lucide sur la capacité actuelle de notre pays à intégrer, puis à assimiler, non seulement un flux conséquent, mais également un nombre déjà présents, de ressortissants étrangers. "
"« une communauté ne peut renoncer à affirmer son droit fondamental à contrôler qui entre et sort de son territoire, quelque attachement qu’elle ait aux libertés personnelles ». Par-delà les émotions et les images, les faits sont parlants : Le flux migratoire légal, qui a connu un étiage relatif en 2007 avec la délivrance de 172.000 titres de séjour, n’a cessé de se renforcer depuis lors et a atteint près de 208.000 titres de séjour en 2014."
"Avec un taux de chômage de 10%, largement supérieur à celui de l’Allemagne, notre pays, dont la générosité du système social est connue, n’a plus la capacité d’accueillir le même flux de population immigrée que par le passé. "
"Avec 3,3 millions de ressortissants étrangers et 2,3 millions de Français par acquisition et nés hors de France2, c’est d’abord le pragmatisme qui impose de maîtriser les flux migratoires"
Lors de l’instruction d’une demande d’admission au séjour, il convient donc de mieux s’assurer de la capacité d’intégration économique, sociale et civique du demandeur et de sa famille."
"La fixation d’objectifs prévisionnels en matière d’immigration légale, prenant en compte ces critères, doit aujourd’hui être examinée. C’est probablement le moyen le plus fiable et le plus équitable pour maîtriser l’immigration légale. De tels objectifs ont naturellement vocation à être arrêtés par le Parlement, après un débat argumenté avec l’Exécutif. (...) Elle constituerait également un signal clair, dans le cadre européen, sur la nécessité d’endiguer les franchissements irréguliers des frontières de l’espace Schengen. Le directeur général de l’Agence Frontex a d’ailleurs indiqué récemment que ces franchissements irréguliers ont augmenté de 250% au début de l’année 2015 par rapport à la même période en 2014, après avoir triplé en 2014 par rapport à 2013."
"Au flux migratoire légal en application du droit du séjour, s’ajoute les demandeurs d’asile dont le nombre a augmenté de 65% entre 2008 et 2014 passant de 35.000 demandeurs (premières demandes), en 2008 à 59.000 demandeurs en 20141. Le nombre d’attribution de l’asile est resté inférieur à ces valeurs (14.000 en 2014), mais les déboutés de plus en plus nombreux, qui représentent plus de 45.000 personnes par an, sont venus alimenter l’immigration irrégulière dans notre pays. "
"De telles circulaires générales de régularisation, qui s’affranchissent des critères fixés par le Législateur en matière d’admission au séjour, devraient être prohibées à l’avenir"
"En 2014, 97.000 personnes ont acquis la nationalité française autrement que par filiation, c’est-à-dire par décret ou par déclaration. Ce nombre, qui certes reste inférieur au volume des années 2000 (150.000 naturalisations) doit, cependant, être mis en regard avec le nombre annuel de naissances dans notre pays (800.000/an). Cette comparaison a le mérite de montrer l’enjeu que représente le contrôle de l’assimilation des candidats à la nationalité française. "
L'équilibre territorial
"Dans son ouvrage intitulé La France périphérique1, publié en septembre 2014, le géographe Christophe Guilluy démontre, dans un contexte d’essor des métropoles qui tendent à ne communiquer qu’entre elles dans une dynamique de réseau, qu’il s’opère une spécialisation des territoires tendant à reléguer, en périphérie des espaces métropolitains, une partie substantielle de la population, essentiellement composée des classes populaires, majoritairement des ouvriers, des employés et des retraités. Cet ensemble sociologique, qui s'étend des marges périurbaines les plus fragiles des villes jusqu'aux espaces ruraux en passant par les petites villes et villes moyennes se trouve mise à l’écart des métropoles mondialisées, qui regroupent les centres villes et leurs banlieues. Cet espace n’est pas marginal et ne se réduit pas au seul espace rural." 
"En réaction à cet exode, cette « France d’à côté » se sent de plus en plus reléguée et à l’écart de tout projet politique. Cela nourrit évidemment le ressentiment, surtout lorsque ces catégories modestes voient, ou ont le sentiment, que l’on injecte des milliards nécessaires pour les quartiers sensibles et si peu pour eux."
"Les velléités réformatrices et les multiples allers-retours effectués par le Gouvernement ont brouillé la lisibilité de l’action des pouvoirs publics en matière de réforme des collectivités territoriales. (...) L’initiative du Gouvernement, d’ailleurs partiellement infructueuse, tendant à décrédibiliser ou à « dévitaliser », sous couvert de modernité, l’échelon départemental a été une source supplémentaire de confusion. "
"D’ailleurs, la stabilité institutionnelle, qu’elle concerne l’organisation territoriale ou, d’un point de vue constitutionnel, l’Etat jusqu’en son sommet, n’est pas un signe de conservatisme. Les institutions constituent des points de repère qui permettent à nos concitoyens de se rattacher à leur histoire et de se sentir réunis et protégés. "
Les cultes et la République
"Il faut le dire avec franchise : les religions demeurent une donnée vivante de notre société. Elles me paraissent appelées à influer durablement sur les consciences et les comportements de nombreux habitants de notre pays. "
"Il ne faut donc pas tenir les religions pour responsables de tous les maux, ni s’évertuer à les cantonner hors de la République. Tout au contraire, les pouvoirs publics doivent demander aux cultes de se situer moralement dans l’espace public tel que le définissent la constitution et les lois de la République française. (...) les cultes –tous les cultes- peuvent participer efficacement, en leur sein, à la lutte contre les fondamentalismes et soutenir explicitement les valeurs de la République française."
"L’explication des « règles de fonctionnement de la société française », c’est-à-dire l’affirmation positive et explicite de la prééminence des principes, de la tradition culturelle et des valeurs de la nation française doit être solennelle. "
"Ce principe n’est pas négociable et il ne saurait y avoir des menus confessionnels dans les écoles publiques. Il n’y a pas plus de « droit », dans notre pays, à exiger des repas sans porc, qu’il ne peut y avoir de « droit », dans un restaurant public scolaire, à manger casher, hallal ou du poisson le vendredi. Pas plus, d’ailleurs, que des crêpes le jour de la Chandeleur ! "
"Il en va ainsi, en premier lieu, de la nécessité d’amener l’Islam français, à s’organiser de manière plus représentative. "
"Il convient donc de contrôler plus étroitement les financements des lieux de culte et la prise en charge financière des imams et des cadres religieux musulmans, par des États étrangers ou des entités qui leur sont liées." 
Voici un petit extrait du rapport. Il propose une vision des choses qui est intéressante, proposant de revenir à une République et une Nation qui doit être respectée de tous, soulignant les difficultés de laisser les flux migratoires sans contrôle, rappelant que l'école est avant tout un lieu d'apprentissage, que la liberté ça se construit et le respect se mérite. Tous ces éléments devant permettre le vivre ensemble qui nous manque tant. Avoir un projet commun et non communautaire. Ce projet étant justement la Nation. 

Mais quelles seront les conséquences de ce rapport? Vraisemblablement aucunes, par manque de pouvoir pour ceux qui le veulent et de volonté pour ceux qui le peuvent. Car comment faire vivre la Nation sans l'Etat?


1 commentaire:

  1. "Car dans ce ni-ni, la société française est en situation précaire et il semblerait que les attentats de janvier aient provoqué un sursaut contre ce suicide programmé."
    Pas du tout, les attentats de janvier n'a pas réanimer un sursaut national.

    Concernant la Nation Française, plus je lis l'histoire de France, plus je me rend compte que la république n'a fait que trahir la France depuis plus de 150 ans. C'est un fait.
    Avant que je me cultive un peu j'étais un gauchiste républicain ! Je comprends maintenant qu'il faut séparer république de Nation, et même de la France. La république n'est ni la Nation ni la France.

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