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mercredi 13 novembre 2013

Idéologie et Université, l'erreur de Saint Petersbourg

Voir: http://www.rg.ru/2013/11/11/ideolog.html

Comme au bon vieu temps de l'Union soviétique, le Conseil des recteurs de la ville de St Petersbourg décide, au cours d'une réunion règlant des questions sur l'enseignement supérieur dans les établissements universitaires de la ville, de restaurer la fonction de responsable pour l'idéologie.
 
Certains, qui ont vu sortir de la poussière cette instruction, ont tout d'abord pris l'annonce pour une plaisanterie en l'honneur du 7 novembre. Mais en cherchant sur le site de ce conseil des recteurs, ils ont trouvé une résolution, datant de février, qui dans la dernière partie, "divers", propose la création au sein des établissements d'enseignement supérieur, d'un conseil idéologique devant travailler avec les étudiants et la nomination d'une personne responsable à cet effet. Combien de personnes ont alors voté cette disposition, rien n'est indiqué.
 
Pour les personnes appartenant à la génération de ceux ayant connu l'Uion soviétique, l'expression est très parlante et renvoie à des pratiques d'un autre temps. Pour la jeune génération, cela fait largement sourire. Car si, avant, l'idéologie était clairement identifiable, aujourd'hui la question est plus complexe.
 
L'Etat russe actuel connait également le déficit, pour rester dans le même registre temporel de langage, un déficit idéologique. Tantôt il s'engage sur voie de l'ultra libéralisme, tantôt relance une vision plus sociale, fait quelques détours par la modialisation et s'arrête sur la culture nationale. Bref, de quelle idéologie est-il question? Dans un Etat complexe, il est toujours extrêmement difficile de l'identifier.
 
Mais ce qui frise l'ubuesque est la réalisation de cette proposition de restaurer l'idéologie dans la pensée universitaire. Imaginez tout d'abord un groupe de jeunes personnes, les étudiants, en pleine révolution hormonale et identitaire, rester gentillement assis quelques heures à écouter de grands discours idéologiques ... Ca, c'est pour la forme. Sur le fond, l'idéologie dont il est question, risque de se confondre avec la morale. Il ne faut pas fumer, pas boire, faire du sport, se coucher tôt, parler correctement et faire ses devoirs... Imaginez le résultat!
 
Enfin, l'Université est-elle le lieu d'un tel spectacle? Assurément non. C'est à la famille d'éduquer, à l'Université l'étudiant, justement, étudie, forme sa capacité de réflexion, étend sa culture. S'il y a un problème de morale, il ressort de la vie privée. Et si l'idéologie s'entend dans le sens politique, premier, du terme, l'Université ne peut être un lieu de propagande. Dans un cas comme dans l'autre, l'exemple vaut toutes les leçons. Il ne sert à rien de créer des conseils, de nommer des responsables, chacun d'entre nous est responsable, chaque adulte est responsable de la manière dont se comporte la génération suivante. Nous donnons l'exemple ou le contre-exemple de ce que nous affirmons.
 
Autrement dit, comportez-vous de la manière dont vous attendez que les autres se comportent et la question sera réglée. Mais il vrai qu'il est plus facile de créer des conseils et de nommer des responsables.

samedi 22 octobre 2011

Rencontre de Medvedev avec les étudiants: "Vous avez constulté le Premier ministre avant de venir ici?"

Студентов отчислили от Медведева
Встреча Медведева с молодежью на журфаке сопровождалась задержаниями оппозиционно настроенных студентов
http://www.gazeta.ru/politics/elections2011/2011/10/20_a_3808214.shtml

Dmitri Medvedev rencontre les étudiants à la faculté de journalisme de MGU (L’université d’Etat de Moscou – Lomonossov). Ce jour-là, les étudiants liés d’une quelconque manière à l’opposition se voient interdire l’accès aux cours ou sont envoyés pour « une rééducation » dans les services de police. L’auditoire se compose alors en grande majorité de membres des mouvements « Nachi », « contre Khrioucha » ou de « la jeunesse russe », pro-kremlins.

Deux heures avant le début de la rencontre, un groupe se forme à l’entrée de la faculté, composé essentiellement des étudiants – et professeurs – qui ont oubliés leur sacro-saint laisser-passer et ne peuvent entrer.

Mais il commence à se former également un groupe de certains étudiants munis de ce document, qui ont justement découvert ce jour-là qu’il n’était pas valable. Ainsi en est-il par exemple de trois étudiantes qui travaillent pour payer leurs études dans des structures liées à l’opposition. Elles passent sans problèmes le contrôle de vérification de la faculté, mais sont bloquées à l’intérieur par les forces de sécurité étatiques qui vérifient leurs papiers et leur signifient que ceux-ci ne sont pas valables aujourd’hui. Elles sont donc dirigées vers la sortie. Là, elles rencontrent leur professeur et décident d’entrer tous ensemble pour assister au cours. Mais nouveau blocage à l’intérieur. La troisième fois, elles se plantent devant le bâtiment avec des pancartes où l’on peut lire des questions dérangeantes pour Medvedev : « Et vous avez pris conseil auprès du Premier ministre avant de venir ici ? » ou encore « Pourquoi Khodorkovsky est en prison et vous sur Twitter ? ». Elles sont alors directement encadrées par les forces spéciales et conduites au poste de police.

Avant le début de la rencontre, encore une étudiante a été arrêtée à l’intérieur du bâtiment par les forces de sécurités étatiques parce qu’elle portait un tee-shirt où l’on pouvait lire « Qui a battu Oleg Kachine ? ». Personne ne sait où elle a été emmenée.

Les derniers « opposants » ont été arrêtés cette fois après l’arrivée de Medvedev, quand à son passage un groupe d’étudiants a levé une pancarte où une question intéressante de sémantique était posée au Président : « Presse, ça vient du mot pressurer ? ».

Le groupe d’étudiants qu’a rencontré Medvedev a été composé sur un principe de loyauté très simple. Huit étudiants ont été pris dans chaque groupe, soigneusement choisis, notamment ont été retenus ceux qui s’étaient présentés sur le calendrier pour V. Poutine l’année précédente. Le reste a été constitué par les membres des associations politiques de jeunes pro-kremlins.

Le reste du débat a donc pu se dérouler sans accroc. Sans surprise. Le pouvoir bénéficie donc du soutien de la jeunesse russe. Sans conteste.
On appréciera quand même l’humour des questions qui n’ont pu être posées. Dommage, les réponses auraient pu être intéressantes. Mais il est vrai que là n’est pas le but de ce type de rencontres.