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jeudi 8 mai 2014

Russie / OSCE: comment comprendre la diplomatie de V. Poutine à propos de l'Ukraine?

Voir: http://el-murid.livejournal.com/1782949.html
http://www.gazeta.ru/politics/2014/05/08_a_6022297.shtml
http://pavel-shipilin.livejournal.com/273750.html
http://censor.net.ua/news/284373/yatsenyuk_udivlen_obsujdeniem_ukrainskogo_voprosa_v_moskve_dorojnaya_karta_kotoruyu_peredal_mid_suschestvenno
http://www.gazeta.ru/politics/video/putin_prizval_otlozhit_referendum_na_yugo-vostoke_ukrainy.shtml


Pavel Gubarev, Gouverneur populaire libéré hier


Hier, à Moscou, a eu lieu une rencontre entre le président de l'OSCE Didier Burkhalter et V. Poutine à propos de la crise en Ukraine. A la suite de cet échange, V. Poutine a demandé au Sud-Est ukrainien de reporter pour l'instant le référendum d'autodétermination, qui doit avoir lieu le 11 mai, pour donner une chance à la négociation politique à l'intérieur du pays, entre toutes les parties. Evidemment, certaines conditions furent posées, toujours les mêmes, concernant le désarmement des milices privées, la fins des opérations militaires contre la population, l'organisation de tables rondes avec les représentants du Sud-est, la libération de tous les prisonniers politiques. Dans ce cas, si toutes ces conditions sont réunies, la Russie envisage alors la possibilité de reconnaître la validité des élections présidentielles du 25 mai.
Inutile de dire que la surprise fut générale. En début d'après-midi, la libération du gouverneur populaire Pavel Gubarev est annoncée et provoque une réaction de liesse populaire dans la région, surtout avant le référendum du 11 mai devant déterminer du statut des régions de Lugansk et Donetsk. Enfin un vrai leader pour la région. Et le soir, V. Poutine leur demande de suspendre l'organisation du référendum.
Le moment est-il bien choisi? Oui et non.
Non, car après le massacre de Odessa, pour beaucoup d'habitants de l'Est, l'Ukraine est restée dans les ruines de l'immeuble des syndicats. D'autant plus que l'horreur est pire que ce que l'on pensait. Comme le confirme aussi le Procureur général ukrainien, ce qui s'est passé est une action planifiée et organisée à l'avance par de hautes personnalités de Kiev et avec la participation active des forces de polices locales. Ainsi, des extrémistes sont entrés dans le bâtiment avant que la foule ne vienne s'y réfugier, ils ont préparé les lieux, déjà tué et violé, bloqué certains accès et déposé des produits inflammables. Quand la foule est entrée, le feu a été mis de manière à bloquer la sortie principale et le "nettoyage" a été fait dans les étages. Ce qui prouve cette version, confirmée également par l'examen des lieux par les experts de l'OSCE, est le fait que les corps ne soient que partiellement brûlés, que d'autres soient en position de viol (il y en a même eu un enregistrement diffusé sur Youtube), etc. Plus de détails ici sur la préparation de l'opération: http://el-murid.livejournal.com/1774760.html
Par ailleurs, comme le confirme les personnes relâchées par la police sur demande de la Procuratura, et comme le confirme le Procureur général, une partie des gens furent gazés avant d'être achevés une balle dans la tête, et enfin localement brûlés pour en partie détruire des preuves potentielles, sans oublier que la liste des disparus qui ne fait qu'augmenter et que le nombre réel de personnes ayant péris dans ce massacre peut atteindre 200 personnes. 200 être humains, plus la centaine de morts lors de Maïdan, plus les civils tués et blessés par les opérations militaires, plus les militaires tués et blessés. Tout ça pour finalement destructurer totalement le pays, mettre des oligarques dans les régions et faire élire le candidat-oligarque américain Poroshenko? Cela en vaut-il réellement la peine? Surtout que derrière, Timochenko promet une troisième révolution si elle n'est pas élue.
Difficile de vivre ensemble avec tout cela. C'est pourquoi aussi la réaction de V. Poutine a pu surprendre. Quand parallèlement, les forces armées intensifient leurs attaques contre les forces d'autodéfense, mais également contre la population civile, où des dizaines de civiles ont trouvé la mort ces trois derniers jours.
Mais c'est peut être pour cela qu'il est urgent de s'asseoir à la même table. Qu'il faut trouver une porte de sortie. Ce que semblent avoir compris certains parenaires européens et certains individus à Kiev.
L'autre paramètre rendant la proposition russe actuelle, est la question du gaz. L'Ukraine ne paie pas et ne paie rien. Si elle continue encore deux mois, les réserves de gaz en Ukraine seront trop faibles pour qu'elle puisse assurer le transit et l'Europe risque de se retrouver en difficulté cet hiver, sans même parler des entreprises.
Pour autant, la situation a beaucoup d'inconnues. Tout d'abord, les réactions à Kiev sont diversifiées. Le Premier ministre Iatséniouk est particulièrement en colère: il a été totalement contourné, non seulement par la Russie, mais surtout par l'OSCE. Et hier soir, il déclarait qu'il ne comprenait pas pourquoi l'OSCE et la Russie, sans la participation des Etats Unis et de l'UE et évidemment de l'Ukraine elle-même, ont pu prendre une décision concernant l'Ukraine. D'autant plus qu'avec ses conseillers (américains) ils avaient préparé et envoyé une autre feuille de route, qui est très sensiblement différente de celle-ci. Le ministre des affaires étrangères déclare, pour sa part, qu'il faut discuter avec les représentants de l'Est, tout le monde est fatigué de cette guerre. Le Président par intérim et chef du Parlement Tourchinov, lui, ne veut pas en entendre parler.
D'autre part, hier, que ce soit le coordinateur du mouvement de O. Tsarev ou des groupes d'autodéfense, tout le monde a déclaré que la décision de reporter ou non le référendum appartient à la population elle-même. La décision sera prise aujourd'hui. Pour l'instant, Donetsk a déjà décidé d'organiser le referendum.
Bref, une certaine dissenssion se fait au sein du pouvoir en Ukraine, mais également au sein des "partenaires" de la Russie. Diviser pour mieux règner, il semblerait que la Russie ait joué cette carte, qui du même coup enlève tout son sens aux sanctions économiques. Jouant dans le même temps les pays européens contre l'UE et les Etats Unis. Les intérêts américains reposent sur la rupture entre l'Europe et la Russie pour un meilleur contrôle de la région et ce contrôle passe par le contrôle énergétique. Mais l'UE n'est pas un Etat et les Etats ont un instinct de survie qui vient de leur nature politique, nature qui fait défaut à l'UE et la rend plus facilement manipulable.
L'Allemagne en tête, suivie de nombreux Etats européens, félicitent le Président russe. Les marchés sont repartis à la hausse. Les Etats Unis sont hésitants.
Toutefois, le revers de la médaille est l'impression plus que mitigée que va laisser dans le Sud-est cette position. Donetsk va déjà organiser le référendum, et la population peut se sentir trahie. D'autant plus qu'à Mariupol, par exemple, la tension monte à nouveau aujourd'hui. Il y a même eu utilisation de gaz.
Donc comment interpréter cette diplomatie russe?
Mieux vaut une mauvaise paix que n'importe quelle guerre? Peut être. Mais le moment de la paix est important, il aurait mieux fallu attendre trois jours.
De toute manière il faut sortir du conflit qui commence à coûter cher et le clan "libéral" russe est revenu en force. Vendre les populations du Sud-est contre des points sur les marchés internationaux?
Il est évidemment que les conditions ne seront pas réunis et le référendum aura quand même lieu. Mais la Russie ne pourra plus être accusée de faire dégénérer la situation.
Attendons pour voir, déjà, ce qui se passera dimanche.

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