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lundi 24 mars 2025

Billet d'humeur : des négociations unilatérales de la Russie dans la guerre atlantiste en Ukraine


La délégation russe est arrivée ce matin à l'hôtel Ritz-Cartlon de Riyad, où doit se tenir le second tour de négociations russo-américaines, fermées à la presse. En face, les grands pacifistes Kellog et Waltz. Au menu des négociations, le plat principal est l'obtention d'un "cessez-le-feu" en mer Noire. Comme pour le moratoire des tirs sur les sites énergétiques, il s'agit de faire accepter unilatéralement ces obligations à la Russie, puisque l'armée atlantico-ukrainienne, elle, peut violer les accords, sans que la Russie ne dénonce l'accord. La question la plus douce, qui vient à l'esprit, est de savoir si les élites politiques russes sont masochistes.

Les habitudes sont effectivement difficiles à perdre. Et pour les hommes, et pour les Etats, puisqu'ils sont gouvernés par des hommes. Mais dans le second cas, les conséquences peuvent être autrement funestes.

La Russie, et donc les élites dirigeantes russes, ont une fâcheuse habitude, qui est largement utilisée par ses ennemis (pardon, ses "partenaires") contre elle : il suffit de lui faire passer un accord (donc bilatéral), pour qu'elle l'applique unilatéralement, jusqu'au moment où nous entendons à nouveau ce soupir - "on nous a encore trompés". Le besoin de négocier et d'être assis à la table semble pousser ses élites à prendre des décisions irrationnelles. L'image fantasmée du monde remplace la réalité de ce monde.

Ainsi, après avoir donné l'ordre précipité de suspendre immédiatement les tirs sur les sites énergétiques 10 minutes après la conversation avec Trump, la Russie a détruit ses propres drones en vols et elle subit depuis les attaques régulières de l'armée atlantico-ukrainienne.

Dans le même temps, l'armée atlantico-ukrainienne a attaqué un site énergétique dans la région de Krasnodar, puis à Soudja et enfin à Zaporojie, laissant des milliers de personnes sans électricité.

Dans la foulée, le porte-parole du Kremlin est fier d'annoncer, que le Président Poutine n'a pas retiré son ordre à l'armée de suspendre les tirs sur les sites énergétiques en Ukraine. Chacun répétant, qu'ainsi la Russie montre qu'elle respecte sa parole, à la différence de "l'Ukraine", qui ne la respecte pas.

Deux questions.

A qui la Russie veut-elle faire preuve de tant de bonne volonté ? Aux Etats-Unis, pour ne pas gâcher les fameux pourparlers de Ryiad? Donc à l'ennemi ? Rappelons, que les Etats-Unis n'ont pris aucun engagement restreignant son implication militaire, qu'ils continuent à approvisionner l'armée atlantico-ukrainienne, qui se bat contre la Russie. Depuis quand, dans une guerre, faut-il faire des efforts pour plaire à l'ennemi ? La Russie et les Etats-Unis n'ont pas un différend commercial et l'arrivée de Trump n'a rien changé à la situation dans les faits. Son arrivée n'a que permis de créer une illusion. Il est temps pour les élites russes d'accepter la réalité, avant qu'elle ne s'impose à elles.

Est-ce réellement "l'Ukraine", qui ne respecte pas les engagements ? L'Ukraine, ce grand pays indépendant et souverain, gouverné par un Président, qui n'est pas une marionnette. Amen! Donc la Russie reconnaît que le conflit serait entre elle et l'Ukraine et non pas en Ukraine entre elle et les Atlantistes ? Un peu de sérieux et de courage politique ne feraient pas de mal. 

Et puisque rien ne change, les Etats-Unis poussent l'avantage et veulent reprendre le contrôle de la mer Noire. Sans un seul combat militaire. Puisque Trump est Président, la Russie est prête à en discuter. Et les Américains ont sorti l'artillerie lourde avec Kellog, encore un grand pacifiste, pour faire pression à Riyad.

La rencontre se déroule à l’hôtel Ritz-Carlton à Riyad. La délégation russe est dirigée par le président du comité du Conseil de la Fédération pour les affaires internationales Grigori Karassine et le conseiller du directeur du Service fédéral de sécurité (FSB) Sergueï Besseda. La délégation américaine comprendrait le directeur de la planification politique, Michael Anton, ainsi que les assistants de l’envoyé spécial pour l’Ukraine, Keith Kellogg, et du conseiller à la sécurité nationale, Mike Waltz.

En tenant compte de la manière dont la Russie se comporte, il suffira d'obtenir son accord en échange de quelques promesses fumeuses, pour reprendre le contrôle de la mer Noire, au minimum pour déstabiliser la situation dans la zone. Ce qui ensuite demandera des efforts décuplés pour revenir à la situation actuelle.

Ce qui se déroule sous nos yeux donne l'impression d'une sorte d'hypnose générale. Depuis quand les Etats-Unis, sont-ils des arbitres dans leur guerre ? Si Trump veut la fin de la guerre, qu'il arrête réellement cette fois de fournir l'armée atlantico-ukrainienne en armes et en renseignements, qu'il cesse de pousser les Européens à s'armer et à armer le front. Qu'il se retire, qu'il retire les élites globalistes du front, qu'il fasse en sorte que les obligations prises soient respectées par l'armée atlantico-ukrainienne, c'est-à-dire par son armée

Evidemment, il n'en est pas question, parce qu'il n'est pas question de paix, mais de combats, de victoire ou de défaite et les globalistes, avec Trump, n'envisagent que la défaite de la Russie. En ce sens, la capitulation de la Russie serait pour eux la solution idéale et ils font doucement monter la chaleur, à chaque coupe de téléphone Trump/Poutine et à chaque réunion à Riyad. Ainsi le bouillon où trempouille la grenouille, se réchauffe constamment, pour qu'elle finisse par cuire, sans faire un saut en dehors de la casserole, sans que son instinct de survie ne se réveille à temps.

Le manque de fermeté ne met pas en place des "conditions favorables à la négociation", comme aime à le dire me porte-parole du Kremlin, cela met simplement la Russie en position de faiblesse, alors qu'elle est maître de la situation sur le front. 


13 commentaires:

  1. La seule concession de la russie à ce jour concerne les attaques contre les sites énergétiques . Rien de vraiment décisif sur le cours de la guerre . Aujourd'hui , il sera question de la mer noire , bien plus sensible et je pense que , sur ce point , les russes ne lâcheront rien ! La stratégie de la russie ne consisterait elle pas , puisque le temps joue pour elle , à faire en sorte que les us , " cornérisé " car pressés d'en finir , d'arrêter carrément la livraison d'armes ? Ne leur laisser , au final , que ce choix ?

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  2. Il faudrait savoir si les journalistes ont toutes les informations pour juger d'une situation...c'est une question que je me pose à la lecture de votre intervention car elle est logique et sans faille.

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  3. Cette guerre des négociations que vous aviez annoncée, et à laquelle notre espérance pour le peuple russe nous a fait croire, n'en est finalement pas une.

    Pour mener une guerre il faut non seulement des combattants, mais des chefs qui aient une colonne vertébrale : l'amour de leur pays et du courage. Les élites globalistes n'ont ni l'un ni l'autre et il apparaît hélas qu'ils ont le pouvoir.

    Si c'est le cas, la Russie pourrait s'en sortir par des grognements voire une une révolte d'officiers fidèles à leur patrie. Il ne doit pas en manquer en dehors des cercles moscovites.

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  4. En vrai c'est à la Russie de mettre la pression sur les USA pour obliger Zelensky à lâcher du lest et arrêter de rêver de battre la Russie. C'est l'argent américain qui part en fumée et quand à l'Europe, bien qu'unis, ces pays n'arrivent pas à faire gagner la guerre. Signe que la Russie est plus forte et est capable d'aller jusqu'au bout de ses objectifs de l'opération militaire.

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    1. '"L'argent américain qui part en fumée" alimente quand même la tirelire du fameux complexe militaro industriel, qui a besoin de ses 50 milliards annuels de bénéfice, et plus si possible. Vu l'influence que les super riches ont sur la "démocratie" US, on ne peut que comprendre l'appétit de tout locataire de la maison blanche pour la guerre.
      Ainsi Trump a-t-il livré des centaines de bombes de 500 kg à Tel Aviv, tout en se déclarant favorable au cessez le feu en Palestine . Et puis il a décidé de prendre Gaza pour s'y installer une Riviera...

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  5. Avec un strabisme divergeant on peut voir simultanément Washington et Londres. Alors, en pensant à la perfide albion (minuscule volontaire) en tant qu’inspiratrice tout devient plus clair, c’est le projet des anglais vieux de plus d’un siècle au minimum. Ils ont convaincu les USA qui se sont mis en avant pour l’exécution et la France, versatile, trottine derrière comme toujours.

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  6. Merci Karine de cet éclairage. J espère que la Russie ne cédera pas la centrale atomique qu elle contrôle et qui se trouve de facto depuis les référendums en Russie. Pourquoi céder un morceau de son territoire? Ce serait enterrer les soldats tués une seconde fois.
    Ma question est: y a t il collusion entre Trump et les globalistes non souverainistes ou bien s agit il maintenant d un conflit triangulaire : Trump et son administration - neocons globalistes americains qui tiennent encore les finances reelles rt la Russie?

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    1. Cher 22.50, Trump est le chef de ces neocons, en fait des sionistes de la pire espèce qui dévorent le monde et écrasent les pays faibles qui résistent sous des tapis de bombes.

      Le 24 mars 1999 commença le bombardements des populations de la Serbie. Il dura 78 jours 24x24. Puis la Fédération de Yougoslavie fut envahie et démantelée, son président livré à un tribunal occidental à La Haie où il mourut dans les geôles.

      La Fédération de Russie pourrait connaître le même destin dans le futur si ses dirigeants se laissent entraîner aujourd'hui dans la fausse paix américaine.




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  7. Bonjour Madame Bechet-Golovko. Encore une fois je suis entièrement d'accord avec vous, comme à chaque fois que je vous écoutais sur la chaîne ODC. La Russie a un talon d'Achille épouvantable et c'est sa naïveté vis-à-vis de ses "partenaires" occidentaux. Je suis Iranien et je me souviens que la Russie avait refusé de nous livrer les missiles S300, malgré le contrat légal signé entre les 2 pays et le montant payé, sous prétexte qu'elle devait prendre en considération les inquiétudes de ses "partenaires", ce qui a nui énormément aux relations Russo-Iraniennes à l'époque et fût un échec diplomatique énorme pour le gouvernement d'Ahmadinejad... Mais j'aime la Russie et je veux qu'elle gagne cette guerre, parce qu'en plus trop de choses dépendent de la victoire ou la défaite des Russes, sur le champ de bataille elle est invincible, mais à la table des négociations... à chaque fois c'est un désastre. Les accords Minsk qui ont créé cette situation, les accords d'Astana dont on a vu le triste résultat en Syrie, les accords d'Istanbul qui ont sauvé le régime de Kiev, alors que tout aurait pu être terminé en 2022, mon Dieu, à chaque fois que j'entends que les Russes négocient, j'ai des frissons! Je partage entièrement votre inquiétude...

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  8. Les négociations ressemble à un jeu d'échec, mais Trump ne se contente pas de déplacer des pions, sa spécialité c'est le poker menteur. La partie d'échec devient alors une partie d'échec menteur, aux pièces sur l'échiquier Trump superpose des pièces imaginaires. Si Poutine se contente de jouer aux échecs comme il sait le faire, il gagne, Trump est en mauvaise posture, et ne possède pas l'intelligence de Poutine, mais si Poutine se laisse hypnotiser par les pièces imaginaires de Trump, il perd.

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    1. La guerre par les armes et la diplomatie serait un jeu de table ?

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  9. Vous croyez vraiment que le micro problème de Gaza pèse dans les affaires mondiales ? C'est d'abord une affaire entre arabes et au besoin demander des comptes au Hamas qui a prit en otage la population de Gaza depuis 25 ans au moins. Et s'il vous reste un peu de temps demandez aussi à M Abbas et ses fistons d'arrêter leur juteux business avec Israël....

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  10. Il n'y aucune naïveté.....SEULEMENT de GROS et sordides intérêts financiers.... La Russie est vue comme une vache à lait depuis 1992...Je crois que l’hémorragie financière occasionnée à la nation russe avant 2022 avoisinait les 150 milliards de $/an ( faites le compte sur 25 ans) Or en Russie, il y a le pouvoir visible et le pouvoir réel plus discret....

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