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mercredi 29 avril 2015

L'appel des blogeurs russes concernant le ruban de Saint Georges


Je me souviens, je suis fier!


La Russie aujourd'hui est l'objet d'une attaque médiatique en règle contre certains de ses symboles les plus dérangeants, car les plus actuels et vivants. J'entend principalement le ruban de Saint Georges, que certains veulent salir, pour des raisons évidentes de discréditation et de réécriture du passé, afin d'affaiblir le présent. Il s'agit également de "normaliser" le discours sur l'armée de Vlassov, un officier traître soviétique qui est passé à l'ennemi et a monté sous contrôle allemand une armée qui a lutté contre ses propres frères. Il finit fusillé. Les détracteurs modernes voudraient en faire une figure normale de l'histoire politiques russe, ce qui permettrait de légitimer la position de Bandera en Ukraine. Sauf que la Russie ne glorifie pas Vlassov, mais le condamne.

Pour mettre fin à ces fausses déclarations, et d'une manière générale vues les tentatives répétées et particulièrement bien organisées de réécrire l'histoire, les blogueurs intervenant dans la blogosphère russe, dont moi-même, ont décidé de réagir et de lancer cet appel.

Si ce message correspond à votre point de vue, si vous voulez protéger l'histoire de la Seconde Guerre Mondiale, quel que soit votre pays diffusez cet appel et rejoignez-nous!

Ici l'appel en russe.



Sur l'importance de la symbolique historique militaire et sur la protection de la mémoire de la victoire lors de la Grande Guerre Patriotique (Seconde Guerre Mondiale)


1. Vu le caractère déjà systématique de la falsification de l'histoire en ce qui concerne les évènements de la Seconde Guerre Mondiale, nous considérons indispensable de prendre la défense de la symbolique du ruban de Saint Georges, qui fait l'objet de spéculations sans aucun lien avec l'histoire.

Nous estimons que ce symbole est effectivement lié à la Grande Guerre Patriotique et à la victoire du 9 mai 1945.



Dès juin 1942, le Commissariat de la Marine a confirmé l'introduction dans la marine du ruban de la Garde, dont la couleur et la façon sont quasiment identiques à ceux du ruban de Saint Georges, que les marins de la Garde impériale russe et les marins des navires décorés du symbole de Saint Georges portent sur leur béret depuis 1710.


Ruban de la Garde

Par ailleurs, les combattants de l'Armée rouge ayant été décorés de la Croix de Saint Georges, de la médaille ou de l'Ordre de Saint Georges les portaient ouvertement sans que cela ne dérange personne, au contraire les médailles entraînaient un respect certain.

Nedorubov Konstantin Iosifovitch, certainement le plus célèbre cavalier de Saint Georges de la Grande Guerre Patriotique, devenu Héros de l'Union soviétique.
Capitaine de la Garde (1943). Décoré deux fois de l'ordre de Lénine, de l'ordre du Drapeau Rouge, de la Croix de Saint Georges 1er degré ( 1917), 2e degré (1916), 3e degré (16/11/1915), 4e degré (20/10/1915), de différentes médailles, notamment deux médailles de Saint Georges pour courage.

Jukov, Gueorgui Konstantinovitch
Maréchal, ministre de la défense de  l'URSS
Croix de Saint Georges 3e et 4e degré
Quatre fois Héros de l'Union soviétique, 14 ordres, 16 médailles

Semen Mikhailovitch Budenny 
Maréchal, trois fois Héros de l'Union soviétique
Peu de gens savent qu'il est cavalier de Saint Georges complet (4  croix de Saint Georges et 4 médailles de Saint Georges pour courage)

... et quelques milliers d'autres cavaliers de Saint Georges.


Le consentement était à tel point officiel, que même un projet de décision du Conseil des Commissaires du peuple (sorte de Conseil des ministres) prévoyant pour les anciens cavaliers de Saint Georges l'obtention de l'ordre du Courage. La décision n'a pas été adoptée, mais les décorations de l'ordre de Saint Georges n'ont pas été interdites.

Au fait, l'idée répandue selon laquelle les cavaliers de Saint Georges complets bénéficiaient de certains avantages n'était pas totalement vraie: le fait que l'Empereur saluait en premier ou que les généraux se levaient à l'apparition d'un cavalier de Saint Georges est de la pure fantaisie. 


Ici, un cavalier de Saint Georges complet a été mis au niveau du Héros de l'Union soviétique, en matière de droits, pensions et avantages. Notamment, des aides au logement, le transport gratuit etc.

Et quand en 1945 la décision a été prise de créer une médaille de la Victoire, qui devait être suffisamment forte pour la symboliser, il est évident que la direction du pays était totalement libre dans le choix des couleurs pour le ruban de cette médaille. La guerre était gagnée et il n'y avait aucune raison pour penser que, soi-disant, "il faut motiver les gens à n'importe quel prix". Cependant, la décision de 1943 de se situer dans la continuité du Ruban de Saint Georges a permis de renforcer encore les 15 millions de personnes qui ont reçu une médaille sur laquelle se trouvait les couleurs de Saint Georges.


Les spéculations selon lesquelles le ruban de Saint Georges était jaune-noir et celui de la Garde orange-noir ne tiennent pas. Au fil du temps, on a trouvé les couleurs des uns et des autres pour le ruban de Saint Georges. Et comme le montrent les représentations, dès le départ, l'orange était plus souvent utilisé.

M. I. Kutuzov, premier cavalier complet de l'ordre de Saint Georges dans le ruban de Saint Georges, tableau de R. M. Volkov, 1813

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2. Les spéculations autour du "ruban de Vlassov" et du "tricolore de Vlassov" ont obtenu une étrange résonance. Voyons les faits.

Le général Vlassov  donne ses instructions aux soldats de l'armée de libération nationale russe, Bundesarchiv Bild 183-N0301-503

Ce que l'on appelle "l'armée de libération nationale russe" était soumise au IIIe Reich. Formellement, elle avait reçu le statut d'armée de l'union, pour autant elle ressort du Ministère impérial pour les affaires des territoires occupés de l'Est, ce qui nous laisse comprendre son statut pour les allemands.

Dans le texte du serment pour entrer dans cette armée, il est écrit: "ma lutte se réalise ... dans l'union avec l'Allemagne sous le commandement général d'Adolf Hitler. Je jure d'être loyal à cette union."

Certains affirment que le drapeau de cette armée était de couleurs blanc-bleu-rouge, mais en fait il a été interdit par les allemands. Pour la préparation de la symbolique de cette armée, on a fait appel à un artiste russe A. N. Rodzevitch . Il a fait neuf esquisses, sur chacune d'entre elles figurait les couleurs de l'ancien drapeau russe, blanc-bleu-rouge. Les esquisses furent envoyées pour acceptation au ministère impérial concernant les affaires des territoires occupés de l'Est. Rosenberg personnellement a rejeté toutes les esquisses et les a retournées à son l'envoyeur. C'est alors que Malychkine a proposé d'utiliser la Croix de Saint André et finalement l'esquisse qui a obtenu l'accord de Rosenberg représente la croix bleue de Saint André sur un fond blanc. Evidemment, de leur propre initiative et en violation des ordres de la hiérarchie, les soldats de l'Armée de libération nationale russe (ROA et en cyrillique POA) pouvaient lever n'importe quel drapeau, même portugais s'ils le voulaient, cela ne fait que renvoyer à leur humeur et à perception de la discipline qu'ils avaient.



Croix de Saint André



Drapeau de l'Armée de libération nationale russe

En ce qui concerne les décorations, évidemment, ils ne pouvaient les recevoir que de la Werkmarkt. Pour des raisons objectives et évidentes, toutes les décorations de l'ancien régime, à cette époque, ne pouvaient être obtenues de manière légale, puisqu'il n'y avait plus ni Empire russe ni Empereur, et toutes les décorations attribuées après 1917 n'avaient aucun statut officiel. Cela s'applique également aux titres et grades militaires. L'on peut en dire autant pour les décorations instaurées par  l'Armée de libération nationale russe, qui, en outre, n'ayant aucun caractère étatique ne pouvait décerner de décorations d'Etat, sauf celles du IIIe Reich auquel elle était rattachée. Il n'y a pas, par ailleurs, un grand intérêt à discuter des décorations qu'ils s'attribuaient à eux-mêmes.



Bien sûr, dans les rangs de l'armée de libération nationale russe il y avait également des membres ayant réellement reçu à l'époque des décoration de l'Empire et les portaient de droit. Mais dans l'armée rouge également, et beaucoup plus ne serait-ce qu'au regard de l'importance relative de ces armées. Ce qui n'implique donc rien.

Ainsi, l'affirmation selon laquelle le tricolore et le ruban de Saint Georges seraient d'une certaine manière des symbole de Vlassov n'a aucun fondement historique.

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3. Il est surprenant que ces faits, évidents, relativement connus et en libre accès, soient en fait inconnus de beaucoup, ce qui ouvre la possibilité à une spéculation historique et, dans certains cas, à des mensonges éhontés et à la manipulation des faits. A partir de cela, il est possible de tirer deux conclusions:

1ere conclusion: l'enseignement de l'histoire de la Grande Guerre Patriotique se fait sans porter attention aux faits essentiels à la compréhension de qui se bat contre qui et pour quoi, qui avait le droit à en appeler à la continuité historique et qui n'en avait pas le droit, qui était traître et qui était allié. Il est désespérant qu'à la veille du 70e anniversaire de la victoire sur le nazisme, nous en soyons arrivés là. L'envolée patriotique de la majorité des gens à l'aube de la date anniversaire et envers notre glorieuse histoire militaire ne peut compenser le manque de connaissance de certains faits historiques qui semblent, à première vue, insignifiants, mais qui ouvre la porte à la manipulation d'interprètes mal intentionnés.

2e conclusion: une campagne de désinformation volontaire est menée, de manière individuelle ou coordonnée. Certains mythes sont nés à la chute de l'Union soviétique, lorsqu'il était à la mode de faire des héros de  n'importe qui ayant combattu le régime soviétique, sans entrer dans le détail, mais la vérité a été rétablie, et est même reprise par des sources ouvertes dans le style de Wikipédia. Pour autant, les mythes, mêmes démasqués, continuent à faire toujours de nouveaux émules.

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4. Il découle de cela la nécessité d'un projet social permettant un accès libre aux faits historiques, vérifiés et contrôlés, liés à la Seconde Guerre Mondiale.

Il est nécessaire d'avoir une source d'information à plusieurs étages. Un premier étage donnerait une description générale, un second étage permettrait d'approfondir certains faits et un troisième étage donnerait les sources pour que les sceptiques ne pensent pas être abusés.

Cela permettrait à n'importe quel personne confrontée à un mythe de vérifier son authenticité en allant jusqu'à la source première, sans avoir à reconsulter toute la littérature sur la Seconde Guerre Mondiale.

Ces derniers temps, beaucoup de discussions ont lieu autour des tentatives de réécriture de l'histoire, sur les spéculations, les mythes, ce qu'il est important de combattre.

Et si l'Etat planifie de réellement s'en occuper, et pas seulement en paroles, il est absolument fondamental de s'occuper non seulement de la lutte contre la falsification de l'histoire, mais déjà simplement de la mise en lumière des questions que le pays estime fondatrices pour la constitution de l'identité historique et culturelle de la Nation.

Combattre ces mythes par des émissions de télé est impossible et le renforcement de l'école jusqu'aux facultés n'est pas suffisant, car l'on rencontre  nombre d'adultes tombant dans la spéculation, après avoir eu de fausses informations, soit des propagandistes qui veulent faussement former l'opinion publique en ce qui concerne notre histoire.

Si vous soutenez notre appel: 


  1. Copiez ce post ou faites-y référence dans votre blog ou votre site, partagez le dans les réseaux sociaux ou faites une annonce dans Twitter;
  2. Envoyez un message à  albert_lex  dans lequel vous indiquez vos noms et prénoms et votre Live Journal pour être ajouté à la liste, ainsi que les liens où vous avez diffusés le post.
  3. Et alors votre nom sera ajouté à la liste de soutien.
L'appel est soutenu par:

albert_lex (Albert Narychkine), auteur de cette initiative et de l'appel :)
arguendi
art201045
awas1952 (Anatoly Vasserman), plus- ici
crimsonalter , un des meilleurs analystes publicistes prorusse PolitRussia.ru
Дмитрий Беляев, (dbelyaev.ru), connu pour ses nombreux projets patriotiques en réseau 
fritzmorgen (Oleg Markachenko), fondateur du wikiprojet «Руксперт»
i_korotchenko (Igor Korotchenko), expert militaire, directeur du centre d'analyse du commerce mondial des armes
marina_yudenich (Marina Iudenitch), écrivain, journaliste, analyste politique
mikle1 (Mikhael Onufrienko), top blogueur Live Journal, un des auteurs du projet «500 secondes de vérité sur l'Ukraine»
pavel_shipilin (Pavel Shipilin), journaliste, casse les mythes libéraux et autres désinformations sur la Russie
putnik1 (Lev Vershilin), écrivain, né à Odessa, a beaucoup écrit sur les évènements en Libye, Syrie et en Ukraine
russie_politics (Karine Bechet-Golovko), juriste française, spécialisée en droit russe
ruslanostashko (Ruslan Ostachko), un des créateurs du projet PolitRussia.ru
rkovrigin (Roman Kovriguine), fondateur du site Sdelanounas.ru
seva_riga (Sergueï Vassilev), publiciste
stbcaptain (Alekseï Belozersky) co-directeur du centre de coordination Nouvelle Rus «Новая Русь», expert du Club de Izborsk 
yurasumy






9 commentaires:

  1. Bonjour,

    Comme je ne parle pas le russe, j'aimerais savoir ce que signifie l'inscription sur la première image que vous présentez.

    D'autre part, bien que je n'aie jamais entendu parler auparavant de révision de l'histoire quant à ce ruban, je ne vois pas d'obstacle à soutenir votre action, car d'autres révisions de l'histoire sont en cours (notamment à propos de la libération de la Pologne). Or, je n'ai pas de site internet et je ne suis ni Russe, ni, à fortiori, héros de la Russie ou de l'Union Soviétique. Donc pourriez-vous me dire quel droit on peut avoir de reproduire les couleurs de ce ruban sur des vêtements, par exemple comme un "badge" inspiré de ce dessin en question.

    Merci d'avance pour votre réponse.

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    1. Bonjour, Sous l'image j'ai mis la traduction : je me souviens, je suis fier!
      Pour soutenir cette action, il n'est pas nécessaire d'être russe ou héros, dans son pays ou dans un autre, il suffit de ne pas être indifférent. Et je vous remercie de votre soutien, moi qui ne suis ni russe, ni héros :)
      Les droits sur la reproduction des couleurs sont libres, vous pouvez les reproduire sur n'importe quel support, que ce soit des vêtements ou des badges. Il n'y a aucun problème.
      Bonne journée,
      Karine bechet-golovko

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  2. Merci pour votre réponse rapide.
    Bonne journée.

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    1. Je vous en prie! Si vous mettez en oeuvre une action, faites des badges ou autres, dites le moi. Les initiatives individuelles méritent d'être soutenues, je pourrai diffuser l'information.

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  3. Désolé, mais je ne pensais qu'à une action personnelle. Je n'ai aucun moyen technique ni financier pour lancer ce genre d'action. Mais peut-être que ça donnera des idées à d'autres ... ?

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  4. le héros est un item contenu dans une idéologie de manipulation... si les deux démons avaient pu s'entrebouffer à l'époque.. je me rappelle surtout le festin offert par la Pologne malgré elle. de l'assurance faite d'une absence de double front par le soviet au nazi. c'est un alliance... tient, cela me rappelle Vasslov. Fanchement, je ne lui en veut pas. ni aux Ukrainiens... je comprends qu'on puisse tenter de vouloir se débarasser d'un démon sien par un démon d'ailleurs. je crois que cela est simplement humain.
    Le patriotisme: un comportement simulé par les esprits, fosse dans laquelle s'endort l'anonyme, et moyen, outil, souvent pour le politique, celui qui caresse le pouvoir, ou au moins en saisi ponctuellement au travers des raisonances partisannes de la sienne, la voix du régime! Un outil, parmi d'autres pour la grande manipulation séculaire des peuples!
    le héros? je ne vois que celui qui a la baionnette aux fesses, quand Alain disait qu'il n'y avait d'autres héros qu'encadrés. j'exècre celui prèt, par intérêt propre, par vocation, à déhumaniser le père et le fils d'en face!
    Alors n'ayez crainte, les héros dont vous parlez sont déjà des victimes. De vous, d'eux mêmes, et de ceux qui leur firent face. Mais on s'en fiche grandement, quand il s'agit d'instrumentaliser et de servir... autre chose.

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  5. Je découvre ceci. Je soutiens à fond.

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  6. C'est scandaleux que des gens dénigrent ce ruban

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