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jeudi 1 juin 2023

Billet du jour : ce silence étourdissant autour des procès de Donetsk contre les criminels d'Azov


Alors que des procès se déroulent contre des membres du groupe néonazi Azov, pour les crimes commis contre les civils, notamment à Mariupol, les médias se taisent. Que les médias occidentaux, se taisent, c'est logique - "il n'y a pas de nazis en Ukraine". Que les médias ukrainiens se taisent, c'est logique - de grands héros atlantico-ukrainiens ne peuvent se battre contre les civils, qui non seulement ne les soutiennent pas, mais veulent se sauver vers les Russes. Mais que les médias russes se taisent tout autant ou que formellement ils lancent trois mots entre l'ouverture d'un centre désindustrialisé de "brend" par Poutine et un compte-rendu comptable du terrain, cela est beaucoup plus surprenant - et inquiétant. Question, qui d'ailleurs commence à être posée par certains correspondants de guerre. En-dehors des talk-show débilitants et des séries B de mauvaise qualité, on pourrait peut-être parler de ce qui intéresse vraiment les gens ?

jeudi 9 juin 2022

Donetsk : Le procès contre trois mercenaires britanniques et marocain a commencé


Deux ressortissants britanniques, Aiden Aslin et Shaun Pinner, ainsi qu'un ressortissant marocain, Brahim Saadoun, ont été déférés devant le Tribunal suprême de Donetsk, après enquête ayant conduit à leur inculpation pour préparation militaire en vue d'activité terroriste et actions violentes en vue de renverser le pouvoir. Alors que les médias atlantistes ont surmédiatisé le procès du militaire russe à Kiev, ils sont ici particulièrement, et discrets, et critiques lorsqu'ils abordent le sujet. Et pour cause, des ressortissants étrangers combattant en Ukraine, cela casse franchement le discours convenu de la "guerre de libération nationale ukrainienne", presque patriotique, contre la méchante Russie.

mercredi 23 mars 2016

Combien pèse Savchenko dans la balance des intérêts stratégiques américains?



N. Savchenko, qui corrigeait les tirs d'artillerie du bataillon punitif Aïdar dans le Donbass (voir notre article), vient d'être reconnu coupable d'avoir entraîné la mort de civils, notamment deux journalistes russes. Pour cela, elle est condamnée à 22 ans de prison en régime de droit commun. Ce qui serait considéré comme criminel dans n'importe quel conflit est, pour des raisons politiques, condamné par les chancelleries occidentales. Et le chantage à la Russie recommence. Mais, finalement, le moment est-il bien choisi?

jeudi 10 mars 2016

Savchenko : quand les chancelleries occidentales confondent héroïsme et bestialité


L'hystérie qui s'est emparée des chancelleries occidentale est plus que surprenante. N. Savchenko, membre du bataillon punitif Aïdar, bataillon condamné par Amnesty international pour ses exactions, contre les populations civiles du Donbass, est jugée en Russie, à la frontière ukrainienne pour avoir causé, par sa correction des tirs, la mort de plusieurs civils et journalistes, notamment russes. Voir notre article ici. Il est vrai que la presse ne parle que d'un officier, d'un militaire. Auraient-ils honte de la vérité? Celle-ci est triviale.

vendredi 24 avril 2015

Le double scandale Oboronservice ou l'étrange lutte contre la corruption

Экс-чиновница министерства обороны РФ Евгения Васильева. Архивное фото
E. Vassilieva

Dans l'affaire Oboronservice, qui a coûté son fauteuil en 2012 à l'ancien ministre de la défense A. Serdiukov et plus de 3 milliards au budget, le procureur ne demande que du sursis pour les figurants de l'affaires et ne retient aucun grief contre l'ancien ministre. Si c'est la manière dont l'Etat veut montrer son engagement dans la lutte contre la corruption, il faudrait donner quelques explications ... Revenons sur une des plus grosses affaires de corruption au sommet de l'Etat de ces dernières années.

vendredi 12 avril 2013

Pourquoi Navalny ne sera jamais Mandela

Voir: http://izvestia.ru/news/548376

Le 17 avril va commencer le procès au pénal de l'opposant/blogger/avocat Navalny pour abus de pouvoir et escroquerie. Le porte-parole du Comité d'enquête, Markine, explique en quoi l'affaire est on ne peut plus banale, bien loin de la politique.
 
Selon Markine, le seul aspect politique de l'affaire tient à la personnalité de Navalny, opposant actif, luttant contre la corruption, formé aux Etats Unis. Il a pu se faire des soutiens en occident, une campagne de presse. Rappelons pour notre part, que dès l'annonce du procès pénal, Navalny a soudainement dédclaré vouloir être candidat aux prochaines élections présidentielles. Le schéma est classique et a déjà été utilisé. Mais ce n'est pas une raison pour lui reconnaître une immunité de fait. Si l'affaire concernait tout autre individu, le clan d'opposition serait heureux de voir un escroc de moins en liberté. Mais Navalny ...
 
Alors pourquoi Markine déclare-t-il que Navalny ne sera jamais le Mandela russe?
 
Utilisant ses fonctions auprès du Gouverneur de la région de Kirov, il a ainsi pu faire du traffic de vente de bois, pour un montant non négligeable. Et c'est pour cette raison qu'il sera jugé, pas pour son activité de lutte contre la corruption, qui elle est bénéfique. A la différence de Mandela. L'un est jugé pour escroquerie, l'autre pour ses convictions politiques.
 
Mais les convictions - et l'activité - politique n'y sont-elles vraiment pour rien? Comme Markine le souligne, lorsque l'on se présente comme un grand chevalier sans peurs et sans reproches, il faut être propore. On attire d'autant plus l'attention sur soi. Donc oui, l'activité politique dde Navalny joue un rôle, elle provoque l'intérêt, la curiosité, mais elle n'est pas à la source de l'inculpation pénale. On revient à la théorie du danseur de Kundera. Et Navalny a fait un faux pas.
 
Maintenant ce sera à la cour de juger, la sanction pourra tenir compte de la personnalité de Navalny, du fait qu'il ne reproduira plus ce types d'erreurs. La privation de liberté n'est pas la seule peine envisageable. A suivre ...

jeudi 26 avril 2012

L'affaire Pussy Riot: le tournant


Une des affaires retentissantes aujourd'hui, est le procès contre le groupe punk-féministe, Pussy Riot, qui s'était produit sans y être invité dans la cathédrale du Christ St Sauveur à Moscou, avec des chansons dénigrant la religion et le pouvoir.
Délogé par les forces de l'ordre au milieu de leur interprétation, le procès se poursuit et provoque des réactions très diverses dans la société.
La question est, sur le plan juridique, de savoir s'il y a suffisamment d'éléments pour une incrimination au pénal ou si les faits relèvent de la provocation et n'encourrent qu'une sanction administrative.
A ce jour, l'affaire était placée sur le plan pénal, pour incitation à la haine, sur le fondement de l'article 213 du Code pénal (incitation à la haine politique, raciale, idéologique, nationale ou religieuse).
Or, les experts viennent de rendre leur rapport concernant les paroles de la chanson chantée par le groupe et n'y ont vu aucun signe de haine ou d'incitation à la haine. En revanche, il s'agit d'une atteinte portée à la liberté du culte. La sanction devrait dès lors devenir administrative.