L'un des leaders des Gilets Jaunes, Eric Drouet, qui avait alors appelé à aller à l'Elysée suite à "l'invitation" de Macron, a appelé l'Acte VI à manifester à Montmartre. Il s'est fait arrêter hier ... car la manifestation n'était pas autorisée. La presse reste sur le sujet d'une neutralité toute partisane, les organismes internationaux se taisent, les ONG de défense des droits de l'homme sont trop occupées et la CEDH est simplement absente. C'est vrai, ce n'est pas un Navalny pour s'opposer à Macron et défendre Drouet. Pour parodier La Fontaine, selon que vous serez atlantiste ou souverainiste, les jugements de cour vous rendrons blanc ou noir. Bref, Drouet ne défend pas la "bonne cause". Il n'a que le peuple avec lui.
Je vous souhaite la bienvenue sur ce blog où nous allons tenter de décrypter l'actualité politique russe, donner la dimension de toute sa richesse et sa complexité. Sans clichés et sans partis pris. Sans vouloir plaire à tout le monde.
Affichage des articles dont le libellé est navalny. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est navalny. Afficher tous les articles
dimanche 23 décembre 2018
jeudi 10 mai 2018
Navalny mis KO par le Régiment Immortel: cette manifestation dont on ne vous parle pas
Le 5 mai, Navalny, l'opposant "démocratique" voulu par l'Occident, bénéficiant d'environ 1% de soutien dans la population russe (c'est parce que la Russie est une dictature, ne l'oubliez pas, sinon ...) mais unanimement porté par les médias occidentaux (dans toute la liberté de leur diversité) a rempli - momentanément - son contrat. Il a refusé de manifester là où un accord avait été trouvé avec la ville de Moscou, il a mis des enfants dans les rues dont certains ont été arrêtés puis relâchés, il a lui-même été arrêté et relâché, des photos de violences policières et des Cosaques ont été montées en épingle et sorties de leur contexte par les médias "indépendants". Bref, la communauté internationale a pu s'indigner avec soulagement (cette bonne veille Russie), avant de devoir avaler le Régiment Immortel, qui devient vraiment indigeste pour cet Occident décadent. Ce Régiment Immortel qui a littéralement balayé le réseau de sales gosses que Navalny arrive encore à enrôler. L'opposition se désolidarisant de plus en plus, reste les jeunes en mal de révolte et les excités.
lundi 29 janvier 2018
La grande révolution populaire de Navalny n'a pas eu lieu
De 1000 à 2500 personnes à Moscou selon les sources, environ 1500 à Saint-Pétersbourg, quelques centaines voire quelques dizaines dans les villes de province et 1 personne à Petropavlovsk, la grande "grève des électeurs" organisée par Navalny et soutenue à bout de bras par toute la presse occidentale n'a pas eu lieu. Le Maïdan russe, tant préparé par ses organisateurs expérimentés en la matière, s'est finalement transformé en promenade dominicale pour écoliers, quand même entourés de quelques accompagnateurs majeurs.
lundi 22 janvier 2018
Election présidentielle russe: Sobchak 1 - Navalny ?
La carte de l'opposition médiatique se précise: Ksénia Sobchak vient d'obtenir ses 100 000 signatures, nécessaires à l'officialisation de sa candidature à l'élection présidentielle russe et Alekseï Navalny vient de voir fermer le Fonds qui s'occupait du financement de son état-major de campagne, sans être toutefois candidat.
mercredi 18 octobre 2017
La CEDH prend fait et cause pour Navalny, "le leader de l'opposition"
La CEDH vient de rendre une décision intéressante concernant l'affaire Navalny, si sensible en cette période préélectorale russe. Elle a estimé que la justice russe a pris une décision politique ... parce que Navalny est un "leader de l'opposition". Mais elle-même n'a en rien pu démontrer ce lien politique dans les décisions rendues par la justice russe pour escroquerie et l'activisme de Navalny, elle ne fait que le poser comme un fait acquis et ne nécessitant aucune démonstration. Etrange conception de la "justice" ...
vendredi 26 mai 2017
Comment protéger la jeunesse contre la manipulation politique?
Les derniers mouvements à tendance révolutionnaire ont un point commun: l'utilisation, voire la manipulation, de la jeunesse. Qui dans ses années étudiantes n'a pas participé à une manif? Difficile à imaginer. Qui n'a pas voulu changer le monde? Qui n'a pas défié la police, s'imaginant dans la peau de David conte Goliath, la peur au ventre et le coeur en fête? Peu importe, si l'on n'est pas romantique à 16 ans, on ne l'est jamais. Si l'on ne verse pas de larmes à 16 ans sur les mots de Chateaubriand, une vie bien sèche s'annonce. Mais les temps ont changé et l'émotion provoquée par les post sur Facebook n'ont pas le même effet. La Russie cherche un moyen pour protéger sa jeunesse, mais la pente est glissante.
lundi 27 mars 2017
Navalny tente une "Révolution verte" en Russie: premier acte
![]() |
| Manifestation du 26 mars à St Pétersbourg |
A. Navalny, l'icône occidentale portée depuis des années par l'Occident pour faire tomber ce qui est appelé "le régime de Poutine", vient de lancer, dans cette période pré-électorale en Russie, le début d'une Révolution en couleur, ici verte. Certes, la Russie n'est pas l'Ukraine, l'Etat n'est pas en faillite et le Président bénéficie d'un réel soutien populaire. Pour autant, ce mouvement n'est pas à prendre à la légère: ce sont les minorités qui font les révolutions, pas les majorités. Elles n'en ont pas besoin.
jeudi 9 février 2017
Le syndrome Navalny
A. Navalny vient de voir confirmer par la justice russe sa condamnation à 5 ans de prison avec sursis dans l'affaire Kirovles. Comme l'avait reconnu la CEDH, il y avait des problèmes procéduraux, mais le procès n'était pas politique. Or, la grande question qui se pose aujourd'hui n'est pas sur la culpabilité de Navalny, mais: Navalny pourra-t-il être candidat aux prochaines présidentielles? Comme si cela pouvait avoir une quelconque importance pour la vie politique russe. L'opposition russe souffre bien du "syndrome Navalny": beaucoup de prétention, peu de réalisme.
mercredi 10 décembre 2014
Navalny ou quand la lutte contre la corruption est un commerce très rentable
Alexeï Navalny
Alexeï Navalny a très bonne presse en Occident. Il est souvent montré en exemple de la lutte contre la corruption, tente de tenir l'image de ce preux chevalier sans peur et sans reproche. L'image de cette société civile contemporaine, que l'on voudrait tellement pure, à l'inverse de ce pouvoir que l'on dit tellement corrompu. Par nature et où qu'il soit. D'ailleurs cette démarche profite de l'appui de diverses structures, comme la CEDH, qui condamne, en l'occurrence la Russie, à dédommager le préjudice morale que peuvent subir ces soldats de la démocratie, dès que l'Etat veut faire respecter l'ordre public. Ainsi plusieurs milliers d'euros pour l'arrestation et la condamnation de A. Navalny, lorsque la manifestation terminée, il cherchait à enrôler les troupes pour marcher vers les bâtiments officiels, pour rester dans la rue, etc. Un schéma classique de déstabilisation que l'on retrouve à Hong Kong ou ailleurs. La Cour européenne ne comprend pas que ce multi-récidiviste ait été condamné à 15 jours de rétention, pour lui laisser le temps de la réflexion et dissuader d'autres de prendre le même chemin.
Pourtant, il est vrai que A. Navalny, et les membres de son parti du Progrès, sont habitués à se faire financer par le budget local, comme le montre une enquête menée par le journal centriste Izvestia. Et ce depuis quelques années et à hauteurs de plusieurs millions de roubles.
jeudi 27 février 2014
Ukraine: et où sont les nationalistes russes?
Voir: http://www.nr2.ru/kiev/485876.html
http://krylov.livejournal.com/3219503.html
http://www.amic.ru/news/254440
http://comments.ua/politics/448938-navalniy-podderzhal-maydan-osudil.html
http://rusnat.com/lidery.html
http://krylov.livejournal.com/3219503.html
http://www.amic.ru/news/254440
http://comments.ua/politics/448938-navalniy-podderzhal-maydan-osudil.html
http://rusnat.com/lidery.html
Beaucoup d'encre a coulé sur la montée du nationalisme en Russie, et à juste titre. Etrangement, ou peut être pas, il est question des nationalistes russes lorsqu'éclate un conflit entre ethnies à l'intérieur de la Russie. Ils semblent alors tellement pressés de défendre les intérêts des russes ethniques, sur les marchés, dans les stades ... Mais il semblerait que les russes en Ukraine ne les intéressent pas autant. Etrange non? Pourquoi pas de grandes déclarations pour Sébastopol? Pourquoi juste quelques mots mal à l'aise suite à la mise en place de la politique russophobe du pouvoir révolutionnaire ukrainien.
Le malaise est double.
Tout d'abord nos gentils nationalistes russes étaient représentés en Ukraine, évidemment, mais sur Maïdan. Navalny et son nouveau parti, différents mouvements comme le parti national démocrate, Russkie, l'orgnisation Initiative nationale-socialiste (Bobrov) ... On y trouve également de simples contestataires professionnels: Drugaya Rossiya (de Kasparov), Femen, Golos, la ligue LGBT, Russ Sidiachia (pour les prisonniers) ... On y trouve des "libéraux" bon ton, comme Nemtsov. Et, il ne faut pas oublier, les supporters de foot, en l'occurence Yaroslavka. Bref, tout le gratin était sur Maïdan.
Russkie explique sur la page officielle de son site, qu'ils condamnent le régime de Yanukovych, qu'ils soutiennent le droit à l'autodétermination des ukrainiens et des russes, qui doivent pouvoir faire leur choix sans les pressions russes ou européennes. Il semblerait que les pressions américaines soient autorisées - je plaisante. Simple oubli.
On y a vu également le leader de l'organisation Initiative nationale-socialiste, D. Bobrov, qui affirme avoir contacté les mouvements nationalistes, participé aux émeutes et a cherché à profiter de l'expérience réussie de ces mouvements pour l'importer en Russie. En effet, dès son retour, il a organisé quelques "séminaires" pour mieux former ses sympathisants.
Pourquoi des organisations nationalistes russes soutiennent-elles, même indirectement, des partis comme Svoboda, ou des organisations nationalistes ukrainiennes qui sont contre, non seulement la Russie en tant que telle, mais les russes ukrainiens? C'est un non sens. C'est un non sens s'ils sont réellement nationalistes.
Ensuite, une fois que le feu a été allumé, ils demandent évidemment aux autorités de venir défendre les droits des russes. Comment faire autrement, leur crédibilité pourrait être sérieusement mise en cause.
Et l'on en arrive à l'autre aspect du problème des nationalistes russes. Sont-ils nationalistes, dans le sens où ils devraient défendre les intérêts de leur pays et des individus ethniquement russes, ce qu'affirme par ailleurs le site de Russkie. Ce qu'ils ont fait, s'ils s'agissaient réellement de nationalites, serait une trahison. Mais en est-ce une?
L'on peut réellement se poser la question. Sommes nous face à des individus ayant des convictions ou face à des individus qui remplissent une fonction? Malheureusement, on ne peut que se souvenir de la thèse de Z. Brzezinski mettant l'accent sur l'importance du facteur ethnique dans un conflit national intérieur. Donc quel est le véritable visage de ce "nationalisme" russe?
lundi 23 septembre 2013
Pourquoi l'échec du Conseil de coordination de l'opposition?
Voir: http://www.kommersant.ru/doc/2302839
http://izvestia.ru/news/557480
http://izvestia.ru/news/557480
Arrivé à la fin de son mandat, le Conseil de coordination de l'opposition se pose la question de son avenir, voire tout simplement de l'existence de cet avenir. Les membres influents sont partis ou annoncent leur départ (Nemtsov, Iachine, Gudkov, Cheïn, Navalny ...), seuls la moitié ont participé à la réunion sur l'avenir du mouvement.
Qu'ils décident d'organiser de nouvelles élections est un risque car, si la dernière fois ils avaient pu mobiliser environ 85 000 votants (surtout par internet) en s'appuyant sur la vague contestataire, l'indice de participation sera un élément important pour apprécier la viabilité du projet. Le risque de décrédibilisation est d'autant plus réel, que cet organe n'a pu faire les preuves de son efficacité.
Dans un pays présenté comme tenu par une minorité autoritaire face à une majorité libérale d'opposition, comment un projet réunissant l'opposition pourrait-il être mort-né? Dans cet état d'esprit, il aurait du être un tsunami politique, dévastant sur son passage les ruines d'un modèle épuisé. Il semblerait donc que certains paramètres ne soient pas si évidents que cela.
Tout d'abord ce projet de coordination de l'opposition s'est consolidé dans la foulée de la grande vague des manifestations post électorales de l'automne 2012. Les slogans étaient simples: annulation des élections législatives, démission de Poutine, nouvelles élections. Le pays pourra alors partir sur des bases saines. Or, les députés sont restés en place après un nettoyage de printemps et la cote de popularité de Poutine ne cesse de monter, tant à l'intérieur, que, Oh surprise, à l'international. La fraction modérée du Conseil demandait des réformes en matière de justice et de la vie politique. Ils ont obtenu l'amestie des hommes d'affaires, la création d'un Ombudsman pour les entrepreneurs, la simplification extrême de l'enregistrement des partis politiques. Le premier mouvement a pris du plomb dans l'aile avec la décision de la CEDH remettant en cause le caractère politique de l'affaire Khodorkovsky et, parallèlement, l'affaire des experts de Novikova justement sur l'affaire Khodorkovsky , voir nos articles:
Quant à la réforme politique, elle a effectivement pu conduire à l'enregistrement d'un nombre impressionant de partis politiques, ce qui a eu pour effet collatéral de disséminer l'électorat contestataire, d'affaiblir les partis opposants à la Douma et proportionnellement de renforcer Edinaya Rossiya.
Autrement dit, sur le front des réformes structurelles, il est difficile de parler d'un grand succès du Conseil de coordination.
Sur le plan des élections, les résultats sont plus tangibles. Malgrè les échecs retentissant de Tchirikova à l'époque aux élections de Khimki et de Gudkov au poste de gouverneur de la région de Moscou, Nemtsov a pu se faire élire député à la Douma régionale de Iaroslav et Navalny a su mobiliser son électorat à Moscou. Passons sur le fait que Edinaya Rossiya les ait aidé à réunir les signatures nécessaires pour la présentation de leur candidature (pour Navalny et Gudkov). D'où la double crise.
La première crise est une crise de choix politique, voire de stratégie. Un groupe de personnes s'est soudé, non pas avec un programme constructif, positif, prônant une alternative concrète, mais ils se sont regroupés contre. Contre des processus électoraux, contre un homme, contre un système. Leurs différences idéologiques a rapidement paralysé le fonctionnement de l'organe et à conduit au départ d'un groupe de penseurs, comme Piontkovsky par exemple, transformant le mouvement en Club de discussion.
La deuxième crise est systémique. Ce groupe est composé tout à la fois d'activistes, de penseurs et de politiques. Quand certains font le choix de la politique, leur but est d'être élu, les autres peuvent rester satisfait de la discussion. Soit ils sont effectivement élus et leur présence dans le groupe n'a plus aucun sens. Soit ils ne le sont pas et ne le seront jamais grâce à ce groupe, qui par ailleurs ne leur permet pas une représentativité réelle et leur appartenance au groupe est naturellement remise en question. Soit ils ne sont pas encore élus, mais ont une chance de le devenir et ils leur faut dès lors entrer dans une voie politique normale, qui les conduit vers des partis politiques et non vers des structures para-politiques.
Une leçon évidente tirée de cet échec est qu'il n'est pas suffisant pour avoir du poids de regrouper des opposants. L'opposition est elle-même divisée, ce qui est par ailleurs normal dans un système politique normalisé. Et pour enfoncer des portes ouvertes, on peut également souligner qu'elle est justement opposition, car elle est objectivement minoritaire. La démocratie étant le gouvernement de la majorité, elle sera au pouvoir lorsqu'elle sera majoritaire et ne constitura donc plus l'opposition.
mardi 10 septembre 2013
Lutte contre les achats publics illégaux
Voir: http://newsru.com/russia/09sep2013/cases.html
Sur demande du Président V. Poutine, un site internet concernant le suivi des achats publics a été mis en ligne au 1er septembre. Dans le cadre de ce projet, le Front populaire a déjà obtenu l'annulation de 2 contrats d'un montant de 3,9 milliards de roubles et de 85 millions de roubles. Actuellement, 28 contrats litigieux sont à l'examen pour un montant de 19 567 543 929 roubles.
Ce projet systémique, car il joue également un rôle de communication du pouvoir en matière de lutte contre la corruption, se positionne en concurrence avec le projet lancé par Navalny, Rospil. Les partisans de Navalny critiquaient fortement cette démarche et insistaient sur son improbable efficacité.
La réforme de la Chambre des comptes, qui doit désormais assurer le suivi de l'utilisation des fonds publics, en plus de ce projet, montre la détermination de l'Etat de rationnaliser l'utilisation du financement public. Il est à espérer que les déclarations d'intention seront suivies d'effets, car la lutte contre la corruption est un aspect essentiel du renforcement de l'action étatique en Russie.
lundi 9 septembre 2013
Prémiers résultats de la journée électorale du 8 septembre en Russie
Voir: http://izvestia.ru/news/556721
http://izvestia.ru/news/556723
http://www.cikrf.ru/banners/vib_arhiv/electday/vib_080913/cik_info/pred.html
http://www.cikrf.ru/banners/vib_arhiv/electday/vib_080913/
http://izvestia.ru/news/556723
http://www.cikrf.ru/banners/vib_arhiv/electday/vib_080913/cik_info/pred.html
http://www.cikrf.ru/banners/vib_arhiv/electday/vib_080913/
Le 8 septembre se sont tenues les élections des dirigeants des Sujets, des députés locaux, des dirigeants des municipatlités et des députés des municipalités dans presque toute la Russie. Y ont pris part 54 partis politiques. 8 Sujets de la Fédération ont élus leur dirigeant. 8 chefs de municipalités ont élé élus. 16 Sujets de la Fédération et 12 municipalités ont élu leur assemblée locale. Vous pouvez trouver tous les détails des votes sur le site de la Commission électorale ci-dessus.
Voici quelques données intéressantes et significatives.
Tout d'abord en ce qui concerne l'élection du maire de Moscou, ville bénéficiant du statut de Sujet de la Fédération.
Avec un décompte de 99,56% des voix la victoire du maire par interim Sobianine est obtenue de justesse au premier tour:
- Sobianine (candidat autonome): 51,31%
- Navalny (PARNAS): 27,27%
- Melnikov (PCRF): 10,71%
- Mitrokhine (Iabloko): 3,52%
- Degtariev (LDPR): 2,86%
- Levitchev (Spravedlivaya Rossiya): 2,79%
La victoire de Sobianine était attendue, toutefois les résultats de Navalny furent une surprise. En regardant la soirée électorale, il était évident que les journalistes ne savaient pas comment présenter le phénomène. En effet, s'agit-il de l'apparition sur la scène politique d'un nouveau leader de l'opposition? S'il a profité de la faiblesse du taux de participation qui tourne autour de 30% seulement, il a également démontré sa capacité à mobiliser un électorat qui en sortant des vacances n'a pas particulièrement suivi les débats électoraux et se trouvait encore, pour beaucoup, à la datcha. De cette manière, Navalny a pu récupérer l'électorat libéral présentant habituellement un fort potentiel à Moscou en y ajoutant l'électorat de tendance nationaliste déçu par le parti au pouvoir, qui n'arrive toujours pas à se positionner politiquement en raison de ses grandes divergences internes. Ce phénomène explique l'échec cuisant des partis traditionnels d'opposition à Moscou. Mais Navalny va-t-il se comporter en homme politique? La réponse sera donnée dès le 9 septembre, date à laquelle il organise une manifestation à Moscou.
Pourtant, le phénomène de "ras-le-bol" des politiques classiques peut être un élément central de l'expression du vote d'hier. L'on voit ainsi l'opposant-activiste E. Roïzman (Ville sans drogue) sous le label Grajdanskaya Platforma remporter la ville d'Ekaterinbourg, à la surprise générale.
Il faut toutefois relativiser, car le parti Edinaya Rossiya a remporté toutes les élections des dirigeants des Sujets où il était représenté.
En ce qui concerne les élections des assemblées locales des Sujets de la Fédération, la dispersion des partis politiques a clairement entrainé une dispersion de l'électorat. A part la Tchétchénie qui traditionnellement supporte largement Edinanaya Rossiya (85,94%), dans les autres Sujets, le score tourne autour de 40-60% et est souvent en dessous des 50%. Il est particulièrement intéressant de voir les résultats extrêmement réduits de beaucoup de nouveaux partis, qui font autour de 1%. C'est ici un des résultats de la nouvelle législation sur les partis qui a largement divisé l'électorat, entraînant en même temps un renforcement de la position relative de Edinaya Rossiya, qui pourtant en tant que tel s'affaiblit. Bref, cette loi est bien tombée.
Un dernier coup de loupe sur les résultats de la région de Moscou, où participait G. Gudkov, ce député parti avec fracas et de la Douma et du parti Spravedlivaya Rossiya. Il arrive troisième sur six avec 4,37% au nom de Iabloko derrière le candidat Edinaya Rossiya A. Vorobiev (79,36%) et le candidat communiste K. Tcheremissov (7,60%). Les trois autres partis (Patrioty Rossy, Spravedlivaya Rossiya et LDPR) font autour de 2%.
En d'autres termes, ces élections ont conforté Edinaya Rossiya comme parti dominant l'échiquier politique russe, mais dans une configuration de dispersion de l'électorat qui lui est favorable. Il est donc fondamental pour ce parti de tirer les leçons des scores des nouvelles figures de la contestation sociale, qui sont importants (comme Navalny à Moscou) ou qui remportent des élections comme Roïzman à Ekaterinbourg.
lundi 2 septembre 2013
Elections du maire de Moscou: combat pour la deuxième place
Voir: http://izvestia.ru/news/556369
Les analystes n'arrivent pas à tomber d'accord sur la place potentielle de Navalny aux élections du maire de Moscou. Et les prognostics les plus optimistes viennent du Kremlin.
Selon les cas, Navalny arriverait en deuxième ou en troisième place, derrière Sobianine, dont la victoire est incontestée, mais en litige avec le candidat communiste.
Au plus bas, Navalny est crédité de 11% des voix, toutefois les analystes du Kremlin estiment que l'activité dont il bénéficie dans les réseaux sociaux peuvent l'amener à un pic de 22% d'ici les élections.
A l'inverse, la cote de popularité de Sobianine s'est stabilisée autour de 54%, mais elle peut baisser en raison de ces mêmes réseaux sociaux. Si le centre d'analyse VTsIOM estime à 52% le résultat possible du maire par interim Sobianine, l'administration présidentielle pousse elle à une possibilité de résultats entre 59 et 64%. Les résultats des autres candidats, à l'exception de Navalny, n'étant pas significatifs.
Pour l'instant, la victoire de Sobianine a l'air incontestable. Mais les chiffres sont à prendre avec des pincettes.
vendredi 19 juillet 2013
Affaire Navalny: oui il y a eu des pressions sur la justice, mais pas comme on vous le fait penser
Voir: http://www.gazeta.ru/politics/2013/07/19_a_5441677.shtml
http://www.newsru.com/finance/24jun2013/navlnybonus.html
http://1prime.ru/finance/20130717/764956759.html
http://www.gazeta.ru/politics/news/2013/07/17/n_3048333.shtml
http://www.newsru.com/finance/24jun2013/navlnybonus.html
http://1prime.ru/finance/20130717/764956759.html
http://www.gazeta.ru/politics/news/2013/07/17/n_3048333.shtml
Au théatre de l'absurde, les manipulés sont roi. Sur cette scène règne l'indépendance de la justice. Hier, Navalny a été condamné, avec son complice, à 5 ans de réclusion (non, pas dans un camp, il faut quand même savoir un peu de quoi l'on parle) et à 500 000 roubles d'amendes. Et ceci pour une bagatelle bien sûr. Le Navalny-Businessman, celui d'avant le blogger/défenseur des droits de l'homme/futur candidat aux élections présidentielles, avait juste organisé le vol de 10 000 m3 de bois, s'enrichissant illégalement au passage d'un peu plus de 16 millions de roubles.
Suite au verdict, une manifestation est organisée, Koudrine décrie même l'injustice, les Etats Unis oubliant un instant Snowden, peuvent revenir à la charge et parlent de procès politique. Certains commentateurs de s'écrier au nouveau Mandela (et oui, cela fait trop longtemps que l'on parle de Khodorkovsky, qui en plus, décidemment, n'arrive pas à être populaire). En plus hier, Oh cynisme, c'est le Mandela Day, le Day-D de la lutte pour la justice sociale. Et la Russie fait exprès (mais si, je vous l'assure) de rendre un verdict de condamnation ce jour-là. En l'honneur de la justice, tous les tribunaux du monde auraient donc dû suspendre leurs audiences hier ... Bref, tous les journaux libéraux, c'est-à-dire en fait toute la presse sur internet, lance d'une voix d'une seule ce cri déchirant: Procès politique, prisonnier politique.
Sur le fond de l'affaire, autrement dit de savoir si les faits sont avérés ou non, peu importe, cela est de toute manière trop techique, il faudrait avoir suivi tout le procès, lire des comptes rendus d'audience, lire les dossiers ... quelle importance. L'opposition occidentale-libérale au grand méchant loup a besoin d'un leader crédible, ce dont elle manque cruellement aujourd'hui, alors on le fabrique, quitte à rogner les angles pour faire tomber en dehors du champs médiatique ce qui fait mal.
Bref, la machine libérale, qui lutte tant pour l'indépendance de la justice, fait plier la procuratura. Et ce procureur qui argumentait encore hier pour l'arrestation et la culpabilité de Navailny se voit contraint de déposer un recours pour qu'il soit libéré et bénéficie d'une liberté de circulation limitée en attendant que le jugement ne devienne définitif. Et ça marche. Les pressions permettent de faire libérer Navalny ce matin, sur décision du juge et sur la demande de ce même procureur. Les libéraux de tous poils, et pas uniquement russes, ont donc conduit le procureur à nier le droit. Comment? Très simplement. Ils déclarent, et le procureur obligé de reprendre cette argumentation stupide, que le juge n'avait pas le droit de décider de la détention provisoire de Navalny hier, car il était avant en liberté surveillée. C'est complètement faux. Non seulement, dans le système russe en particulier, et dans le système continental en général, le juge a le droit de se prononcer sur les mesures de contrainte concernant la période allant du prononcé de la décision de justice sur le fond au moment où elle deviendra définitive (art. 97 du Code de procédure pénale), mais il a également le droit de modifier ou annuler ces mesures de contraintes (art. 299 al. 1 point 17 CPP), c'est-à-dire de laisser la personne condamnée en liberté ou de le placer en détention provisoire. Donc, ici, très concrètement, la justice a subi des pressions de la part des libéraux, ceux-là mêmes qui veulent tant défendre son "indépendance". En cela, ils ont conduit à politiser le procès.
Mais qui est Navalny, que représente-t-il pour provoquer tant d'intérêts claniques?
On nous présente souvent Navalny comme un preux chevalier sans peurs et sans reproches, partant au combat contre l'iniquité, la corruption, prenant le parti des faibles contre les forts. Cet être blanc et désintéressé oeuvrant pour le bien de tous. Cet opposant de premier ordre qui fait trembler le Kremlin et serait devenu le meilleur cauchemar de Vladimir Poutine.
Très belle histoire, qui n'a pourtant, et malheureusement, rien à voir avec la réalité. Allons y par étape.
Navalny, homme politique, a eu besoin des voix d'Edinaya Rossiya, qu'il décrie tant, pour pouvoir être candidat aux élections du maire de Moscou. Voix qu'il a accepté, simplement parce qu'il ne peut lui-même les réunir. Selon un dernier sondage, 63% des russes ne savent pas qui est Navalny. Sans oublier qu'il était alors pourvu d'environ 8% des intentions de vote ... Un peu léger pour gagner, même avec l'appui impressionnant d'Edinaya Rossiya. Le monde des bloggers ne se recoupe pas du tout avec celui de la vie réelle. Donc pour en faire la figure de proue de l'opposition qui va faire tomber V. Poutine, les médias occidentaux et libéraux russes qui relaient, obéissant, les messages de leurs sponsors, vont un peu vite en besogne. Les élections se passent en Russie, pas en France ou aux Etats Unis, où l'opinion publique est mieux préparée, pour le grand dam de ces libéraux.
Avant d'être un défenseur des droits de l'homme, ce militant désintéressé est un businessman. Pour exemple, grâce à l'appui du milliardaire Lebedev, qui lui ouvre de nombreuses portes particulièrement rentables, Navanly est entré au Conseil d'administration d'Aéroflot. Pas mal quand même. D'une manière générale, l'année dernière il a gagné 9,299 millions de roubles (1 euro = 42 roubles), dont 7,482 millions grâce à son activité d'avocat (qui a défendu ce défenseur des droits de l'homme??? Nous n'en avons jamais entendu parlé ...). Par ailleurs, son activité contre la curruption et le détournement de fonds publics (Rospil) lui a rapporté 8,521 millions de roubles. Il possède également des actions dans différentes compagnies: Barnaulskaya Gueneratsia, Sberbank (banque de Russie) et dans de nombreuses compagnies liées à l'énergie à savoir l'équivalent de l'EDF russe, Lukoil, Gazprom, Rosneft etc. La liste est longue ... et significative. Autrement dit, c'est un businessman très bien intégré dans le système et dans le clan libéral au pouvoir.
Alors que signifie tout cela?
Quand Navalny a commencé à s'empêtrer dans des affaires judiciaires, autrement dit quand il a été rattrapé par son passé, il s'est soudain senti pousser des ailes politiques et a déclaré vouloir être Président. C'est son droit. Quel était l'intérêt de Edinaya Rossiya à soutenir cette personne qui les critique si vertement? Souvenez-vous des élections à Khimky. Qu'est devenue Tchirikova, l'égérie d'opposition qui allait révolutionner la vie politique par sa puissance de réflexion? Elle a perdu, on pouvait s'y attendre, et l'on n'en entend plus parler. L'opération élection-Navalny était du même acabit. Mais soutenir aussi ouvertement l'opposant alors que son procès était en cours était également une pression très forte sur la justice, qui a su louvoyer entre les vagues. Donc le clan libéral s'est mis en branle. Comme cela n'a pas été suffisant, l'arrière-garde est entrée en jeu et la justice a plié. Vu le nombre de fois où Navalny répète remercier tous ceux qui sont intervenus pour le soutenir, et vu ses liens d'affaires il ne manque pas de soutien (je ne parle pas des manifestations qui ne sont que les décors du théatre), ce sont bien tous ces libéraux qui ont fait pression sur la justice.
Maintenant comment croire des gens qui manipulent la justice pour obtenir ce qui est dans leur intérêt? S'il utilisent les moyens qu'ils attribuent à leurs adversaires, que pourraient-ils apporter de plus en étant au pouvoir?
Enfin, cette affaire révèle un problème beaucoup plus profond, qui ne touche malheureusement pas que la Russie. La justice ne peut être indépendante que lorsqu'elle est sereine. Obama obligé d'intervenir pour calmer les foules après la décision d'un jury. Un procureur russe doit se ridiculiser en public pour satisfaire l'idéologie libérale. L'indépendance de la justice devient une farce gigantesque de part le monde. Elle a toujours été un mythe, mais accepté comme tel. Car parler de l'indépendance de la justice, c'est avant tou choisir la moindre dépendance. Le système anglo-saxon a choisi la dépendance partisane, électorale, donc celle qui vient du bas. Le système continental a choisi la dépendance systèmique, par la nomination, celle qui vient de l'Etat. Les deux systèmes se valent, chacun a sa logique. Mais l'intensification de la lutte pour l'indépendance de la justice dévoie la justice, la politise, la destabilise. Car la justice est devenue indépendante lorsqu'elle rend les décisions qui sont attendue sur un plan politique. C'est l'équilibre de nos systèmes qui est en jeu.
Libellés :
condamnation,
élections du maire,
indépendance de la justice,
libération,
moscou,
navalny,
politisation,
pressions,
tchirikova
mardi 9 juillet 2013
Edinaya Rossiya soutient les candidats d'opposition aux élections locales
Voir: http://izvestia.ru/news/553303
http://izvestia.ru/news/553343
http://www.zaks.ru/new/archive/view/112381
http://izvestia.ru/news/553343
http://www.zaks.ru/new/archive/view/112381
Pour éviter les candidatures fantaisistes, la législation électorale prévoit un "filtre local", autrement dit la nécessité de réunir un certain nombre de signatures. A Moscou, il est de 6% des élus locaux, soit 110 signatures.
Aux élections de Moscou, en plus de l'ancien maire S. Sobianine, le communiste I. Melnikov et le candidat de Spravedlivaya Rossiya N. Levitchev ont réuni les signatures nécessaires. Maintenant, le candidat de Iabloko, S. Mitrokhine vient d'annoncer avoir le nombre de signatures suffisant pour déposer sa candidature aux élections. Pour ces candidats venant de partis reconnus, l'opération n'a pas présenté de difficultés particulières. Celles-ci apparaissent pour les candidats plus "particuliers", les candidats dont la réputation a été entâché, ce qui est le cas dans tout système électoral.
Il est alors intéressant de souligner les cas de Guénnady Gudkov (qui a dû quitter la Douma après un scandale) et de Alekseï Navalny.
G. Gudkov, qui se plaignait du blocage d'Edinaya Rossiya l'empêchant de réunir les signatures nécessaires, les députés étant soi-disant apeurés, n'a pas pensé au fait que ces députés n'avaient peut être pas confiance en lui, ou qu'ils ne voyaient pas l'intérêt de donner leur signature à un opposant politique. Pour éviter les scandales habituels qui entourrent les élections, le gouverneur de la région de Moscou, également candidat à sa succession, a dû intervenir pour enjoindre les députés à donner leur signature à Gudkov, soutenant ainsi le pluralisme politique. Ce sera également un bon moyen de montrer la popularité réelle de G. Gudkov.
Quant à A. Navalny, la situation est tout simplement ubuesque. Actuellement sous le coup d'une possible peine de prison de 6 ans pour des traffics liés à l'exploitation du bois à l'époque où le combat contre la corruption n'occupait pas tout son temps, l'association des assemblées locales, sous l'impulsion du parti Edinaya Rossiya, lui a trouvé le nombre de signatures nécessaires, sans qu'il n'ait besoin de s'en occuper. Et malgrè son combat contre ce parti, qu'il appelle le parti des voleurs et des escrocs, il a déjà déclaré accepter les signatures de ces députés, donc, de voleurs et d'escrocs. C'est effectivement ce qui s'appelle avoir des convictions.
Indépendamment de l'absurdité de ces tractations, leur existence même montre la défaillance du système politique russe. Quant à la logique de ses mécanismes juridiques électoraux. Et quant à la légitimité des partis politiques.
Chaque mécanisme juridique a une logique systémique, il a un sens au regard du système juridique dans son ensemble. En l'occurrence, l'existence d'un "filtre local" doit permettre l'accès aux élections des candidats représentatifs d'un certain électorat et donc d'évincer les candidats peu sérieux. Mais en contournant la règle, il permet de désigner un cercle de candidats acceptables, une sorte de club de politiciens qui décide qui a le droit ou non de jouer.
Et cela met en péril la logique partisane de l'organisation juridico-politique. Théoriquement, un parti doit, ou devrait, être composé de personnes partageant une même vision politique de développement de la communauté. Ces personnes doivent donc concentrer leur force pour faire gagner leur vision et donc affaiblir les autres visions possibles. C'est le jeu, c'est normal. Or, ici, en accordant leur signature en soutien à des candidats d'opposition, ils dévoient cette logique. Soit ils n'ont pas particulièrement de vision politique, mais entretiennent une relation clanique qui les conduit à simplement exécuter les ordres quels qu'ils soient, soit les candidats d'opposition ne sont pas réellement d'opposition. Chacun a donc le même but et peut importe les moyens. Quels est alors le sens des partis politiques?
Dans tous les cas, recourir à ces tractations, même pour renforcer artificiellement le pluralisme politique, ne peut avoir qu'un effet destructeur.
mardi 7 mai 2013
Le ministère de la justice suspend l'enregistrement de 7 partis, dont celui de Navalny
Voir: http://www.gazeta.ru/politics/2013/05/06_a_5313793.shtml
Depuis l'entrée en vigueur de la nouvelle législation sur l'enregistrement des partis politiques, le ministère de la justice en a enregistré 65 nouveaux. Actuellement, la procédure est suspendue pour 7 partis, dont celui lancé par les proches de Navalny.
En plus du parti Alliance populaire dont il est question, cela concerne également Eurasie, Autocratique Russie, le parti de la Netocratie (vient de l'anglais netocracy, pouvoir populaire dont le système de valeur repose sur l'information) russe, Nouvelle force, Le peuple contre la corruption, Liberté souveraineté populaire.
Pour l'instant, les raisons pour lesquelles le ministère a suspendu la procédure ne sont pas claires, il est nécessaire d'attendre les précisions qui seront envoyées individuellement. Lorsque les erreurs seront corrigées, il n'y aura plus aucune raison formelle de ne pas enregistrer les partis.
Il faut bien comprendre qu'ici, il ne s'agit pas d'un refus, mais d'une suspension. En général, il y a refus, lorsque les statuts du parti portent atteinte à la Constitution ou à la législation. Ici, les raisons sont techniques. Et sur un dossier de demande d'enregistrement qui comporte plus de 250 pages, les erreurs sont possibles.
L'inconvénient pour l'Alliance populaire est qu'en raison du délai d'un mois suite aux modifications apportées permettant au ministère de la justice d'enregistrer le parti, ils ne pourront plus participer aux élections régionales de septembre.
vendredi 12 avril 2013
Pourquoi Navalny ne sera jamais Mandela
Voir: http://izvestia.ru/news/548376
Le 17 avril va commencer le procès au pénal de l'opposant/blogger/avocat Navalny pour abus de pouvoir et escroquerie. Le porte-parole du Comité d'enquête, Markine, explique en quoi l'affaire est on ne peut plus banale, bien loin de la politique.
Selon Markine, le seul aspect politique de l'affaire tient à la personnalité de Navalny, opposant actif, luttant contre la corruption, formé aux Etats Unis. Il a pu se faire des soutiens en occident, une campagne de presse. Rappelons pour notre part, que dès l'annonce du procès pénal, Navalny a soudainement dédclaré vouloir être candidat aux prochaines élections présidentielles. Le schéma est classique et a déjà été utilisé. Mais ce n'est pas une raison pour lui reconnaître une immunité de fait. Si l'affaire concernait tout autre individu, le clan d'opposition serait heureux de voir un escroc de moins en liberté. Mais Navalny ...
Alors pourquoi Markine déclare-t-il que Navalny ne sera jamais le Mandela russe?
Utilisant ses fonctions auprès du Gouverneur de la région de Kirov, il a ainsi pu faire du traffic de vente de bois, pour un montant non négligeable. Et c'est pour cette raison qu'il sera jugé, pas pour son activité de lutte contre la corruption, qui elle est bénéfique. A la différence de Mandela. L'un est jugé pour escroquerie, l'autre pour ses convictions politiques.
Mais les convictions - et l'activité - politique n'y sont-elles vraiment pour rien? Comme Markine le souligne, lorsque l'on se présente comme un grand chevalier sans peurs et sans reproches, il faut être propore. On attire d'autant plus l'attention sur soi. Donc oui, l'activité politique dde Navalny joue un rôle, elle provoque l'intérêt, la curiosité, mais elle n'est pas à la source de l'inculpation pénale. On revient à la théorie du danseur de Kundera. Et Navalny a fait un faux pas.
Maintenant ce sera à la cour de juger, la sanction pourra tenir compte de la personnalité de Navalny, du fait qu'il ne reproduira plus ce types d'erreurs. La privation de liberté n'est pas la seule peine envisageable. A suivre ...
mercredi 27 février 2013
Navalny est-il réellement avocat?
Voir: http://newsru.com/russia/27feb2013/naval.html
Une des grandes questions du moment, largement relayée dans la presse, concerne la validité du titre d'avocat de l'opposant/blogger Navalny.
Dans la suite de l'enquête menée par le Comité d'enquête sur les activités de Navalny concernant les détournement de fonds de l'entreprise Kirovles, lorsqu'il était conseiller du Gouverneur ... de la région de Kirov, les enquêteurs s'intéressent à la manière dont il a obtenu son statut d'avocat, justement à cette époque - en 2009 - et justement dans cette région.
Pour être avocat, il devait justifier d'une activité de deux ans dans le domaine juridique. Ce qui ne lui fut pas difficile. Ayant fondé son entreprise dont il était le directeur général, il s'est lui-même nommé directeur du département juridique. Il a ainsi présenté ces justificatifs et a pu obtenir le titre d'avocat, ce qui était pour lui plus intéressant sur le plan fiscal, comme il le déclarait.
Navalny est aujourd'hui dans la ligne de mire. Il est vrai que s'il y a eu des détournements de fonds, si son titre a été obtenu de manière frauduleuse, il faut intervenir. Mais la question qui se pose concerne les motivations de l'enquête. Est-il légitime d'intervenir de manière aléatoire en fonction de considérations qui n'ont rien de juridique? Le risque est de discréditer une démarche pourtant nécessaire.
mardi 23 octobre 2012
Les élections du Conseil de coordination de l'opposition: des résultats sans surprises
http://www.gazeta.ru/politics/2012/10/22_a_4821217.shtml
Lundi soir, les résultats du vote, ayant donné lieu à la création d'un conseil de coordination de l'opposition "non systémique", n'ont pas créé de surprises. En font partie les figures déjà connues, médiatisées, parfois non politiques, et essentiellement moscovites.
82 000 personnes, enregistrées principalement en Russie mais également à l'étranger comme en Angleterre, ont pris part aux élections. 200 candidats de toute la Russie prétendaient aux 45 places, 30 places attribuées sur une liste générale de candidats, 5 places pour les groupes libéraux, 5 places pour les groupes nationalistes et 5 places pour les forces de gauche.
En dehors des grandes figures, étaient en course un certain nombre de simples activistes et, évidemment, très peu on pu entrer dans le Conseil. Parmi eux, on peut noter le biologiste M. Gelfand, le journaliste F. Dziadko, la juriste du fond "Rospil" L. Sobol, l'homme d'affaire A. Vinokurov ou le blogger V. Naganov.
Le grand vainqueur de ces "primaires" est le juriste blogger A. Navalny, avec 53,5% des voix. Les candidats les plus populaires élus sur places réservées, sont le libéral S. Davidis, le nationaliste D. Konstantinov et l'anti-fachiste A. Gaskarov.
De la liste générale sont sortis les noms connus des manifestations. En tête, on note D. Bykov, G. Kasparov, K. Sobtchak. I. Yachine. S'y trouvent également des personnes connues en politique comme D. Gudkov (député spravedlivaya rossiya) ou E. Tchirikova (candidate perdante aux élections de la mairie de Khimki). Mais l'on voit des figures ayant déclaré ne pas vouloir faire professionnellement de la politique, comme le journaliste S. Parkhomenko, les présentateurs de TV T. Lazareva et M. Chatz.
Des régions, on remarquera la présence de O. Shein, mais qui est une figure d'ampleur nationale, ou l'écologiste S. Gazarian.
Selon l'analyste politique A. Kynev, ce n'est pas une coalition, mais des élections entre soi. Il est ressorti des élections qu'un groupe a étouffé les autres, ce qui permettra difficilement à ce Conseil de devenir un conseil de coordination.
En fait, les élections qui ont été organisées par l'opposition ont simplement reproduit le schéma habituel des élections. Les noms les plus connus gagnent ... parce qu'ils sont les plus connus. Et les quelques minutes d'antenne sur la télévision Dojd n'y changent rien, car les gens ne les connaissent pas et ne peuvent leur faire confiance. Le groupe le plus fort gagne ... et c'est normal. C'est le but d'une élection, faire gouverner le plus représentatif. Et c'est aussi de cette manière que les candidats de Edinaya Rossiya sont plus facilement élus. Ici aussi ce sont des élections sans surprises.
Inscription à :
Articles (Atom)







