La dégradation du système scolaire, très longtemps niée, devient une évidence, non plus seulement pour les enseignants du supérieur, qui ont de plus en plus de mal à travailler avec les jeunes recrues fraîchement débarquées des salles de classe. La déstructuration des programmes scolaires, les méthodes ludiques et créatives ont permis de créer une génération intellectuellement et psychologiquement faible - qui par ailleurs présente le grand intérêt pour les cercles dirigeants d'être beaucoup plus manipulable. Un énorme travail de sape a été parfaitement réalisé sous l'impulsion des structures internationales, fonctionnant de concert, à savoir principalement l'OCDE, l'UNESCO et la Banque mondiale. La Commission européenne surveille l'exécution conforme des réformes au niveau européen, et même les pays non-membre de l'OCDE, comme la Russie, sont pris en main. Mais il a fallu attendre la mise en place de la "crise de Covid" pour bénéficier de l'impulsion nécessaire à l'entrée en force de l'enseignement dit "ouvert et à distance", dont la forme actuelle a été façonnée par l'UNESCO en 1997 pour les pays en voie de développement, mais peinait à s'implanter dans les Etats développés. Ce pas a été franchi grâce à l'excuse Covid et la mondialisation renforce un monde unifié, mais prévu comme inégalitaire, avec un enseignement traditionnel, coûteux, pour une élite et un enseignement low cost pour la plèbe. C'est ça la "nouvelle réalité" qui foncièrement veut, avec le temps, nous être imposée. Car cette élite a besoin d'un peuple inculte pour se sentir supérieure.
Je vous souhaite la bienvenue sur ce blog où nous allons tenter de décrypter l'actualité politique russe, donner la dimension de toute sa richesse et sa complexité. Sans clichés et sans partis pris. Sans vouloir plaire à tout le monde.
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mardi 23 juin 2020
mercredi 21 février 2018
La Russie hésite encore quant à la virtualisation totale de l'Etat
L'une des caractéristiques de la globalisation est justement d'être ... globale. La Russie, intégrée dans les logiques mondialistes, comme tous les pays aujourd'hui, est confrontée à l'un des enjeux les plus sérieux qui se posent aux Etats postmodernes: comment concilier sécurité nationale et numérisation dans un monde où le terrorisme est aussi puissant dans le monde virtuel que sur la terre ferme? Pour autant, la numérisation est un dogme de la globalisation et comme il est bien connu, les dogmes, ça ne se discute pas. Heureusement, la Russie discute encore et hésite sérieusement.
dimanche 3 septembre 2017
Réforme des conseils de thèse: MGU v. Douma? ou l'arrivée du Deep State
Alors que la Douma a adopté la loi prolongeant d'un an l'existence des Conseils de soutenance de thèse des Universités d'Etat de Moscou (MGU) et de Saint Pétersbourg, pause vitale pour ne pas bloquer le processus scientifique, en vue du transfert de ces compétences au sein des Universités, l'Université de Moscou rejette la loi adoptée et obtient du ministère la suppression immédiate de tous les Conseils restants. Quel est le but d'une telle démarche? Pourquoi l'un des deux pricipal sujet de cette loi part en opposition directe avec la politique nationale, confirmée par les députés, juste après la signature par le Président du texte de loi? Un tel niveau d'absurdité montre que l'enjeu est ailleurs. Le fameux Deep State ne serait-il pas sorti de l'ombre en Russie aussi?
mardi 28 février 2017
L'OCDE renforce son combat contre l'enseignement en Russie
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O. Golodets, vice-Premier ministre |
Les Forums économiques divers et variés sont toujours l'occasion d'annonces de réformes, qui n'ont malheureusement que peu de rapport avec l'économie. O. Golodets, responsable du bloc socio-économique au Gouvernement russe n'a pas fait exception à la règle et au Forum d'investissement de Sotchi se prononce pour une réforme radicale de l'école supprimant les classes rectangulaires, avec le maître et le tableau ... considérées comme un héritage soviétique. Que serait-on sans l'épouvantail soviétique? Il faudrait alors parler de l'OCDE, ce qui serait, certes, plus délicat.
vendredi 2 septembre 2016
Olga Vassilieva: la nouvelle ministre de l'enseignement et de la recherche en Russie qui redonne espoir
Olga Vassilieva, nouvelle ministre de l'enseignement et de la recherche fait partie de ces rares personnalités que l'on sent capable de rester droite au milieu d'une tempête et d'en ressortir sans avoir été décoiffée. Et elle aura besion de toute cette force de caractère et de conviction pour remettre en place un ministère crucial, malmené par ses prédécesseurs séduits par les charmes des réformes expérimentales. Un virage politique est pris, l'éducation et la recherche sortent de la sphère d'influence des néolibéraux. Ce qui ne va pas se passer simplement.
jeudi 23 avril 2015
Russie: quand les néolibéraux s'attaquent à l'Etat

Jusqu'où va l'influence de Koudrine?
De l'étendue de la sphère d'influence de Koudrine, dépendra la capacité de la Russie à se renforcer dans cette phase de tension géopolitique. Non pas parce que Koudrine va aider la Russie à passer le cap, au contraire, mais parce que sa capacité de nuisance est très forte. Le Ministère des finances de la Fédération de Russie, dirigé par l'élève du chantre du néolibéralisme, a décidé de reprendre le programme de "rationalisation" des structures étatiques initié en 2010 par Koudrine lui-même et abandonné en 2012 car n'ayant produit aucun effet positif. Il s'agit d'une forte réduction de la fonction publique, d'une remise à plat du système de santé, d'enseignement et même de la culture. Tout doit être productif et rentable, rentrer dans les normes de l'OCDE. En cette période de fragilité sociale, le ministère des finances soit joue volontairement avec le feu, soit fait preuve d'une totale inconscience. Il n'en reste pas moins vrai que sa politique pousse au soulèvement social.
mardi 23 avril 2013
Le ministre de l'éducation cristallise le combat des clans
Voir: http://izvestia.ru/news/549123
http://izvestia.ru/news/549112
http://izvestia.ru/news/549112
Le ministre de l'éducation, Livanov, fait (presque) l'unanimité contre lui. On lui reproche les scandales concernant les soutenances des thèses, la réforme catastrophique de l'éducation qui permet surtout d'augmenter substantiellement les tarifs des maternelles, de réduire le nombre de bourses d'études et d'annuler les bourses d'études pour les orphelins. D'une manière générale, il lui est reproché d'entrer systématiquement en conflit avec les milieux enseignants et scientifiques.
Pourtant, il fut largement défendu par Medvedev lors de son discours au Parlement, soulignant un peu légèrement qu'il ne peut pas plaire à tout le monde. Le premier vice-premier ministre le soutient également.
Mais des députés de toutes les fractions parlementaires ainsi que les membres du Front populaire de Poutine sont en train de réunir des signatures pour demander qu'il soit démis de ses fonctions. Parallèlement, un député Edinaya Rossiya s'est adressé au Procureur général pour vérifier l'utilisation des fonds déboursés par le budget fédéral lorsqu'il était recteur de son Université. La question se pose pour plus d'un milliard de roubles.
Un des effets secondaires du combat touche l'Université d'Etat de Moscou Lomonossov. A travers l'élection du doyen de la faculté de droit, qui n'a pu être validée hier, c'est le recteur Sadovnitchy qui est attaqué. Deux conceptions de l'enseignement et de la recherche. De projets de sociétés s'affrontent.
La cohabitation de fait entre Poutine et Medvedev montre des signes d'essouflement et de tensions. La normalisation du système est impérative pour éviter tout risque d'explosion.
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