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lundi 20 mai 2024

Yandex Russie, agent d'influence - globaliste


Certains affirment un peu vite que Yandex est russe. En tout cas depuis le début de la partition des actifs en décembre 2022, suite au lancement de l'Opération militaire, la question aurait dû être réglée. Un fond doit gérer la branche russe de l'entreprise enregistrée à Amsterdam, avec Koudrine dans le comité. Koudrine, le cardinal gris des globalistes russes. Ceci explique certainement le positionnement idéologique pro-américain et anti-russe de leur Chat, comme le soulève Dmitri Medvedev.

mercredi 30 novembre 2022

Russie : Quelle sera la nouvelle mission de l'agent d'influence Koudrine, libéré de la présidence de la Cour des comptes?


Alexeï Koudrine, l'un des fils légitimes du clan globaliste en Russie, descendant direct de Tchoubaïs et "papa" Sobtchak, constitue avec certains de ses camarades de jeu, comme Herman Gref à la direction de la Sberbank, l'un des pivots de la déstructuration globaliste de la Russie depuis la chute de l'Union soviétique. L'on soulignera la constance de son travail de sape, autant que la constance du soutien qu'il détient à l'extérieur du pays, mais aussi dans les plus hautes sphères de pouvoir. Koudrine, qui vient de quitter la direction de la Cour des comptes de Russie, devient un électron libre, parfaitement contrôlé de l'extérieur, en période de conflit armé. Quelle sera la nouvelle mission de cet Agent d'influence, dont il ne faut pas négliger la capacité de nuisance ?

mercredi 8 septembre 2021

Privatisation de masse en Russie : à qui Koudrine veut-il transférer le pouvoir dans le pays ?


Koudrine, l'un des maîtres à penser du néolibéralisme en Russie, actuellement à la tête de la Chambre des comptes, estime qu'il faut relancer un programme de privatisation en Russie - l'Etat n'a rien à faire dans l'économie. Toujours le même populisme avancé : ça évitera d'augmenter les impôts, quand c'est étatique c'est pas efficace, et surtout aux Etats-Unis ils ne font pas comme nous (ce qui est certes un argument de poids). La Russie a connu les mêmes arguments dans les années 90, avec pour résultat la désindustrialisation du pays, la crise socio-économique et les prises d'action étrangères sur l'économie russe. Faut-il toujours répéter les mêmes erreurs, l'idéologie est-elle tellement forte qu'elle empêche toute analyse objective, n'y a-t-il aucune force étatique ? Ou bien les mêmes causes produisent-elles les mêmes effets  - il faut créer une nouvelle élite, plus globaliste ? Le Kremlin a délicatement et fermement écarté la proposition, rappelant tout ce que la Russie a dû subir en raison des privatisations massives.

jeudi 25 juin 2020

Réforme constitutionnelle russe : l'ingérence occidentale dans le processus électoral chiffrée et démontrée



L'approche du vote populaire consultatif sur la réforme constitutionnelle en Russie déclenche une vague hystérique assez étrange à l'étranger, qui dirige patiemment l'opposition russe. Assez étrange, car la vie du pays ne va pas changer radicalement, parce que le texte constitutionnel aura ou non été modifié et les relations internationales n'en seront pas fondamentalement modifiées. Cela n'a rien de comparable avec le rattachement de la Crimée, par lequel la Russie a réellement affirmé sa souveraineté et bousculé l'agencement international. Toutes proportions gardées, l'enjeu ici est surtout symbolique. Pourtant, l'on retrouve des financements américain, polonais et allemand, transitant par des organismes bancaires ukrainiens et redistribués en Russie par une ONG soutenant et formant l'opposition russe, fondée en 2012 par ... Koudrine, actuellement, sans aucun problème, à la tête de la Cour des comptes russe. Une véritable campagne, et virtuelle, et dans la rue, financée et organisée  par l'intermédiaire de cette ONG, pour faire échouer et décrédibiliser le vote de la réforme constitutionnelle a été révélée. Un modèle d'ingérence sur le long terme, qui souligne surtout le degré d'implantation de ces forces subversives dans la vie publique russe, notamment au niveau local. 

mardi 14 janvier 2020

Pourquoi la proposition de Koudrine de renforcer le Parlement est dangereuse pour la Russie ?



L'après Poutine devient l'interrogation majeure en politique intérieure russe et chacun y va de son idée de réforme de la Constitution, qui risque d'être un peu lourde pour les épaules du prochain Président. Certes, d'ici 2024, il y a encore du temps. Mais il passe vite et un vent tournant, insistant et insidieux passe sur les institutions publiques. En Russie comme dans l'espace post-soviétique, le système des partis politiques est très faible, mais ici le pouvoir présidentiel est réel, alors que la plupart des autres pays de la zone, sous la dictée des organismes internationaux et des experts étrangers, ont mis en place des systèmes parlementaires. Cela ne veut pas pour autant dire que personne ne tente d'utiliser cette période d'hésitation pour transformer l'Etat russe, gonflant le culte de la personnalité pour pouvoir finalement affirmer que sans ce Chef d'Etat concret, la présidence ne pourra gouverner, il faut donc passer les manettes au Parlement. Une dangereuse tentation, notamment soutenue par l'incontournable Koudrine, aujourd'hui à la tête de la Cour des comptes, qui a la constance, quel que soit le poste qu'il occupe, de systématiquement traduire en russe les recommandations atlantistes.

lundi 24 décembre 2018

Russie : Koudrine et Gref à la recherche du bonheur, faute d'assumer la réalité



En cette période de Noel, chacun est sous l'influence de la magie de Noel. Mais il semblerait que certains n'en sortent pas - ou plus - de toute l'année, qu'ils s'y réfugient, qu'ils cherchent le magique faute de ne pouvoir assumer le réel. C'est déjà terrible, humainement, lorsque cet effondrement intérieur touche un individu, cela devient une question de sécurité nationale lorsqu'il s'agit du PDG de la Sberbank, H. Gref, qui est la plus grande banque publique du pays, et du gourou néolibéral A. Koudrine, à la tête de la Cour des comptes. Séminaires sur le bonheur, invitation de gourous pseudo-hindouistes, distribution d'ouvrages américains mormons, tout cela sur fond de grands shows primitifs sur le développement personnel allant jusqu'à un demi-million de roubles la place, une évolution inquiétante ... et dangereuse. L'impasse néolibérale, appuyée sur un management tout-puissant et primitif s'enfonce, comme l'on dit en Russie, dans son zastoï (impasse).

jeudi 15 novembre 2018

Quand Koudrine veut blanchir Serebrennikov aux frais de l'Etat : l'amitié, rien de tel !



Le très controversé Alexeï Koudrine, à la tête de la Cour des comptes russe, vient de faire une déclaration des plus étonnante, si l'on a à l'esprit qu'il n'est pas en train de faire ses premiers pas à Bolotnaya ou à une réunion de sa plateforme d'opposition néolibérale, mais qu'il s'agit bien d'un haut fonctionnaire chargé de la surveillance de la bonne utilisation des fonds publics. Ainsi, l'affaire Serebrennikov, dans laquelle le metteur en scène a été interpelé pour détournement de fonds publics à grande échelle, doit servir de base pour repenser le contrôle de l'utilisation des fonds publics - dans le domaine culturel. Certes ... Mais y aurait-il donc "détournement" inacceptable pour la masse et "détournement compréhensible" pour la bonne société culturelle ?

jeudi 30 août 2018

Billet d'humeur en retraite: les néolibéraux russes ont déclaré leur "zastoï"



La réforme des retraites en Russie est en train de couler le Gouvernement, mené par un Premier ministre dont le taux de confiance dans la population est déjà très bas, à moins de 8% en août. Ne pouvant assumer la charge politique de cette réforme globaliste, qui s'inscrit dans la logique de l'OCDE, menée parallèlement en Allemagne aussi, portée en Russie par le clan néolibéral, le Président Vladimir Poutine a dû sortir hier sur les écrans. Il ne peut sauver la réforme, mais il peut l'imposer. Les néolibéraux lui font ainsi payer le prix du soutien populaire. A chacun d'apprécier le fond de ces mouvements globalistes, le parti pris sera de toute manière idéologique. Ce qui nous intéresse ici concerne plus les implications sur la gouvernance en Russie, lors du dernier mandat d'un leader qu'il sera difficile de remplacer. Il semblerait que l'Occident aide à nouveaux ces "libéraux" à recréer artificiellement les conditions de la fin de l'URSS: impression de stagnation politique, désaveu social et mythologie économique. Un cocktail qui rappelle le "zastoï" (stagnation) de Brejnev, remis au goût du jour en "zastoï" néolibéral et qui nous a été bizarrement été servi hier surtoutes les chaînes et sur tous les tons. A quoi bon?

mercredi 23 mai 2018

Russie: Koudrine prend la direction de la Cour des comptes



Alexeï Koudrine est une personnalité idéologiquement très marquée - et très appréciée en Occident, qui vient du "Cercle de Saint-Pétersbourg" à l'époque de la chute de l'Union soviétique, à savoir des proches d'A. Sobtchak et de V. Poutine. Idéologue néolibéral, il fut ministre des finances de 2000 à 2011 et quitta son poste après un clash avec Medvedev. C'est alors que son parcours se radicalise et qu'il passe dans l'opposition avec le mouvement Bolotnaya, qui ne l'a pas adopté. A la tête de différentes ONG, notamment le Comité des initiatives citoyennes, il est l'une des courroies de transmission des recommandations internationales en Russie, en ce qui concerne des domaines aussi divers - mais cruciaux - que l'histoire, la réforme de justice, la police ou les ONG. "Projets" portant des dénominations bien connues comme "Open Police" ou "Open ONG". C'est cette personne qui vient d'être placée à la tête de la Cour des comptes. Ce qui soulève bien des questions ...

vendredi 1 décembre 2017

Sobianine et les 15 millions de russes inutiles ou lorsque les politiques ne peuvent dépasser leurs complexes



Le 26 novembre, lors du Forum organisé par Koudrine, le gourou néolibéral de la Russie postmoderne, le maire de Moscou, Sobianine, devenu connu en Occident pour son gigantesque programme de destruction d'immeubles à Moscou portant le nom de "Rénovation", annonce tranquillement que, d'une certaine manière, en Russie aujourd'hui 15 millions de personnes vivant dans les villages sont inutiles. Le silence de la classe politique suite à cette déclaration laisse songeur, surtout en période pré-électorale.

mercredi 10 août 2016

La préparation de l'affaire "Medvedev" et la question du choix politique

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Une campagne médiatique contre le Premier ministre russe D. Medvedev a été lancée début août. Il est vrai que l'intéressé est un habitué des petites phrases qu'il aurait mieux fallu éviter, comme chaque homme politique en compte à son actif. Mais tous ne bénéficient pas d'une campagne lancée par The Financial Times. Alors pourquoi? Ou ... Pour qui?

vendredi 20 mai 2016

Pourquoi Koudrine ne veut pas de la croissance économique en Russie

Алексей Кудрин не гонится за высокими темпами роста экономики

Quelle surprise! Alors que l'ancien ministre de l'économie russe et actuel conseiller du Président, A. Beloussov, annonce une possible reprise de l'économie dès 2018 à hauteur de 4%, Koudrine, à la tête du groupe de travail du Conseil économique auprès du Président s'y oppose immédiatement. La Russie n'a pas besoin d'une croisance économique de 4%, ce pourrait même être dangereux, elle doit abandonner la voie du soutien de l'économie nationale pour s'enliser dans celle des réformes institutionnelles éternelles. Le secteur réel de l'économie russe commence à montrer les dents. Ou quand le choix idéologique joue contre l'économie.

mardi 12 janvier 2016

Le retour de Koudrine reporté sine die

Алексей Кудрин стране нужен, но не ясно, в каком качестве

En fin d'année, nous avions écrit sur le risque - et les dangers - d'un retour du gourou néolibéral A. Koudrine aux commandes (voir ici). Des rendez-vous avaient été pris, des mots lancés, des portes-paroles s'étaient prononcés. Et la vague est retombée. Il semblerait que le clan néolibéral ait plus de difficultés que prévu pour obliger la Russie à remettre en cause sa politique. Ce qui est plutôt bon signe pour le pays.

mercredi 30 décembre 2015

Le gourou néolibéral Koudrine serait-il de retour au Gouvernement russe?



Depuis début décembre, l'espace politico-médiatique russe frissonne autour de rumeurs diverses et variées prévoyant le retour de A. Koudrine, ex-ministre des finances (2000-2011) et grand gourou du néolibéralisme russe, aux commandes. En cette période d'instabilité économique et financière, cette personnalité est contestable, sur le plan politique. Mais A. Koudrine-2 est-il apte à ne s'occuper "que" de questions techniques? L'on peut en douter.

vendredi 11 septembre 2015

Glazyev v. Koudrine: la souveraineté financière contre la reddition mondialiste

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Le rapport que doit remettre dans quelques jours S. Glazyev, conseiller du Président pour les questions économiques n'est pas encore sorti qu'il provoque déjà l'ire de la caste néolibérale influente. Car en effet, un crime risque d'être commis: proposer de réfléchir aux mécanismes d'une souveraineté financière à l'heure où il est évident que la Russie ne peut attendre aucune coopération profitable avec l'Occident. Il s'agit bien d'un crime. Un crime contre ces économistes intégrés dans les mécanismes globaux et off shores, mécanimes grâce auxquels ils vivent très bien, même si le pays, lui, le supporte moins bien.

mardi 23 juin 2015

Quand Koudrine se verrait bien au Kremlin


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Il était une fois ... Il était une fois un puissant calife, bien aimé de son peuple, Haroun El-Poussah, qui fit le désespoir de son pas si fidèle vizir, Iznogoud qui veut le pouvoir pour lui seul. Et le calife ne voit rien. Pourquoi je vous raconte cette histoire? Car le triste sir A. Koudrine vient de faire son coming out. Non, ses préférences sexuelles ne nous intéressent pas. Ce sont ses préférences politiques qui sont intéressantes. Et il vient de le crier haut et fort: il veut être calife à la place du calife. Sinon comment interpréter son insistance à provoquer, sans raison objective, des élections présidentielles anticipées en Russie?

jeudi 23 avril 2015

Russie: quand les néolibéraux s'attaquent à l'Etat

Jusqu'où va l'influence de Koudrine?

De l'étendue de la sphère d'influence de Koudrine, dépendra la capacité de la Russie à se renforcer dans cette phase de tension géopolitique. Non pas parce que Koudrine va aider la Russie à passer le cap, au contraire, mais parce que sa capacité de nuisance est très forte. Le Ministère des finances de la Fédération de Russie, dirigé par l'élève du chantre du néolibéralisme, a décidé de reprendre le programme de "rationalisation" des structures étatiques initié en 2010 par Koudrine lui-même et abandonné en 2012 car n'ayant produit aucun effet positif. Il s'agit d'une forte réduction de la fonction publique, d'une remise à plat du système de santé, d'enseignement et même de la culture. Tout doit être productif et rentable, rentrer dans les normes de l'OCDE. En cette période de fragilité sociale, le ministère des finances soit joue volontairement avec le feu, soit fait preuve d'une totale inconscience. Il n'en reste pas moins vrai que sa politique pousse au soulèvement social.

vendredi 28 février 2014

Koudrine prône l'Etat minimaliste au Forum économique de Krasnoïarsk

Voir: http://itar-tass.com/ekonomika/1010192

Au Forum économique de Krasnoïarsk, Koudrine, l'ancien ministre des finances, remet en cause les choix de politique économique fait par le pouvoir en insistant qur le rôle trop important et irréaliste attribué justement à l'Etat.
 
La position de Koudrine ressort du néolibéralisme classique. L'Etat ne peut intervenir de manière efficace dans l'économie, il faut bloquer les salaires et ne pas soutenir le fond de pension, mais augmenter l'âge de la retraite. Sans Etat, avec des salaires bas et de faibles pensions, la croissance économique devrait donc être au mieux. Pour qui? Peu importe.
 
Venant de sa part, on ne peut pas dire que ces propositions surprennent. Elles peuvent toutefois rendre sceptique quand on voit le rôle prépondérant de l'Etat, dans d'autres pays occidentaux, pour aider à sortir de la crise. Car la crise n'est pas venue de l'Etat, mais d'un manque de contrôle de sa part, d'un manque de régulation. Quant aux politiques d'austérité, partout où elles ont été employées, elles ont montré non seulement leur faiblesse, mais également leur contreproductivité. Mais qu'à cela ne tienne, le discours de l'ancien ministre des finances n'évolue pas.
 
Sur le plan politique, il est également intéressant de souligner qu'il attaque l'investissement prévu dans le domaine de l'armée, affirmant que cela va ralentir la croissance économique. C'est possible, pourquoi pas. Mais M. Koudrine semble oublier que la Russie n'est pas un protectorat, elle a besoin d'une armée forte, moderne et réactive, pour justement ne pas avoir à l'utiliser.
 
En d'autres termes, ce que propose M. Koudrine, c'est la remise en cause de la politique de souveraineté que défend la Russie. C'est pourquoi il arrive presque à faire l'unanimité contre lui. Le Gouvernement affirme que les choix politiques ne seront pas modifiés, position également soutenue par Edinaya Rossiya.

lundi 15 juillet 2013

Koudrine: le libéralisme contre la démocratie

Voir: http://komitetgi.ru/news/news/719/

Lors de la réunion du 11 juillet du Comité des intiatives citoyennes (Komitet grajdanskykh initsiativ), A. Koudrine a fait une déclaration très significative, et de sa position, et de la conception moderne de la vie politique.
 
En dressant le bilan de l'activité récente du Comité et en présentant les perspectives d'évolution, une ligne générale se dessine très clairement. La bulle libérale, en manque crucial de leader, se regroupe autour de Koudrine. Que cela concerne l'activité des ONG financées de l'étranger (et le rapport choc du procureur général démontrant l'ampleur du phénomène n'y change rien), le contrôle des élections (en récupérant l'activité de Golos) ou les questions touchant la réforme de la justice (justice administrative), la politique étatique de sécurité intérieure (réforme des forces de l'ordre), de la santé publique etc. Sur tous ces sujets, et sur bien d'autres encore, A. Koudrine prend la tête de ce qu'il est convenu d'appeler aujourd'hui le milieu libéral, de que l'on pourrait appeler les milieux atlantistes (si le politiquement correct n'avait déjà remisé ce terme aux calanques de la conspirologie). Puisque dans tous ces domaines, c'est bien la conception outre-atlantique qui, matériellement, domine. Sans aucune conspirologie.
 
Mais puisque toutes ces tendances politiques sont dans la nature sociale, ce n'est pas le plus important. Ce qui, en revanche, est significatif et destructeur pour le système et étatique et démocratique c'est la manière dont cela se passe. Hors système étatique, puisque hors partis politiques. Donc hors contrôle de la société, autrement dit des électeurs. Donc hors démocratie.
 
En effet, tout ce discours pourrait être formulé en programme politique. Et même en très bon, techniquement, programme politique, puisqu'il touche tous les domaines sensibles de la vie du pays: l'économie et les investissements, la sécurité, la justice, l'immigration, la santé, etc.
 
Alors pourquoi n'en est-il pas ainsi? Pourquoi ne pas créer un parti politique avec ce programme et le défendre lors d'élections? Pourquoi priver les électeurs du droit de s'exprimer et de choisir le cours des réformes de leur pays?
 
Pour une très simple raison: jamais ils ne pourraient arriver au pouvoir, en Russie, suite à des élections libres. Leur marge de manoeuvre est alors très limitée. Comme le rappelait par ailleurs Goldman Sachs dans leur dernier rapport, prônant la fin des régimes démocratiques, leur durcissement, pour faire passer de force les idéaux nécessaires, les masses électorales ne sont pas favorables à des réformes ultralibérales destructurantes. Donc, soit il faut supprimer les élections comme mode d'accès au pouvoir, soit il faut supprimer la masse électorale permettant l'accès au pouvoir. La deuxième branche de l'alternative étant quand même encore trop extrême (pour l'instant la manipulation des représentations est suffisante), la première a été choisie.
 
Et c'est ainsi que l'on remarque que toutes les questions importantes pour la société se discutent et se préparent en dehors du système des partis et donc de la vie politique normale, par des "groupes d'experts" qui ne sont ni indépendants ni objectifs, mais là justement pour argumenter en un sens très précis et ne prendront jamais le risque de passer devant les électeurs.
 
Leur accès au pouvoir est loin d'être négligeable, pourtant ils ne seront jamais élus. Ils passent par des mécanismes d'influence, par des analyses de projets de loi, par des propositions de réformes, le tout soupoudré de lobbyisme.
 
L'important est que l'électeur n'ait rien à dire, car ils agissent quel que soit le courant politique en place. Que ce soit le libéralisme basique et inefficace de Medvedev ou le léger conservatisme de Poutine, aucune importance. Ils peuvent aussi bien être dans le Gouvernement de Medvedev pour entrer ensuite dans le Front populaire de Poutine. Les partis politiques ne sont alors que des marionnettes entre leurs mains.
 
C'est ça la crise démocratique. N'est-ce le cas que de la Russie?

lundi 9 avril 2012

Le "Comité" Koudrine: un Comité pour quoi?

Voir: http://www.gazeta.ru/politics/2012/04/05_a_4129205.shtml
et http://ria.ru/politics/20120405/619068480.html

A. Koudrine, ancien ministre des finances - qui a quitté son poste suite à un conflit ouvert et public avec D. Medvedev - a mis en place un "Comité des initiatives sociétales". L'idée, pas très claire, serait de faire remonter et de traiter les besoin locaux concrets, en collaboration avec les pouvoirs locaux, quelle que soit leur couleur politique.

Ce Comité met en place plusieurs projets prioritaires, "l'école de l'auto-administration locale", "la transparence de la police", "la solidarité citoyenne", "la santé pour tous", etc. Qui peut être contre? Personne. Mais que signifient concrètement ces projets, personne non plus ne peut le dire. Poser une question aussi vague, ne préjuge pas de la manière de la règler.

Pourtant certains éléments laissent entendre le type de réponse qui peut leur être apportée.

Pour cela il est intéressant de regarder de plus près la personnalité des premiers membres de ce Comité. Des personnalités très marquée par le libéralisme ambiant "à la russe". E. Iacine, E. Gontmakher, A. Netchaev, M. Dmitriev ou encore I. Urgens. Ces personnalités, par leurs écrits, rapports, analyses, par les centres de réflexions qu'ils dirigent, dont ils font parti, avec lesquels ils collaborent, ont déjà plus ou moins traité ces questions. Du moins, leur position n'a rien d'inattendu.

Ce sont les égéries du libéralisme tout crin. La question qui se pose, sur le fond, est de savoir ce qu'ils pourront apporter de plus dans le cadre de ce Comité, qu'ils n'ont déjà apporté jusque là? Ce n'est pas clair.

L'autre aspect problématique de ce Comité, est sa forme. Ni parti politique - mais pourrait le devenir, ni Think Tank mais en revendique le mode de fonctionnement, association - mais pas enregistrée.

Autrement dit, A. Koudrine n'a pas fait de choix, il se ménage toutes les voies possibles. L'autonomie du projet est censée être garantie par le financement exclusivement russe et exclusivement en provenance du bisness - donc indépendance par rapport à l'Etat. Mais n'est-ce pas aussi une forme de lobbying caché? Cela renforce en tout cas l'encrage quasi "ultra" libéral du groupe.

Ce projet s'inscrit dans la situation politico-sociale résultant du cycle électoral passé. La droite a besoin d'une représentation populaire, mais n'arrive pas à la gagner, les gens étant encore très attachés aux réponses sociales - réflexe normal dans un contexte social délicat. Et les réponses apportées par la droite libérale ne sont ni comprises, ni acceptées par la population, dans sa majorité, à l'exception normale des hommes d'affaires.

En la matière, Koudrine ne propose rien de nouveau, il reprend les mêmes personnes, change simplement la forme, mais sans la préciser. Il semble surtout tâter le terrain pour voir s'il a des chances politiques dans l'avenir.