Quand un groupe nationaliste s'attaque à un bus d'opposants, il n'y a de silence dans les médias main stream que si cela se passe où cela doit se passer. Car toutes les oppositions ne se valent pas, seules celles permettant, sous couvert de faux nationalisme, l'avènement de la globalisation sont sacralisées. Comme en Biélorussie. Or, en Ukraine, quand des membres du "Corpus national" de Biletsky, protégé par l'indéboulonnable ministre de l'Intérieur Avakov, tirent sur un bus d'opposants des "Patriotes pour la vie", en pleine rue, et les poursuit une batte de base ball à la main, rien. Pas d'indignation internationale, pas de grandes déclarations pour protéger la liberté d'expression. Rien. Silence, on frappe. Silence, on terrorise. Et c'est bien. La gouvernance par la peur, faute de ne plus pouvoir convaincre. L'Ukraine est décidément l'avenir de l'Europe.
Je vous souhaite la bienvenue sur ce blog où nous allons tenter de décrypter l'actualité politique russe, donner la dimension de toute sa richesse et sa complexité. Sans clichés et sans partis pris. Sans vouloir plaire à tout le monde.
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samedi 29 août 2020
Ukraine : quand les nationalistes attaquent l'opposition, la communauté internationale se tait
Quand un groupe nationaliste s'attaque à un bus d'opposants, il n'y a de silence dans les médias main stream que si cela se passe où cela doit se passer. Car toutes les oppositions ne se valent pas, seules celles permettant, sous couvert de faux nationalisme, l'avènement de la globalisation sont sacralisées. Comme en Biélorussie. Or, en Ukraine, quand des membres du "Corpus national" de Biletsky, protégé par l'indéboulonnable ministre de l'Intérieur Avakov, tirent sur un bus d'opposants des "Patriotes pour la vie", en pleine rue, et les poursuit une batte de base ball à la main, rien. Pas d'indignation internationale, pas de grandes déclarations pour protéger la liberté d'expression. Rien. Silence, on frappe. Silence, on terrorise. Et c'est bien. La gouvernance par la peur, faute de ne plus pouvoir convaincre. L'Ukraine est décidément l'avenir de l'Europe.
jeudi 27 février 2014
Ukraine: et où sont les nationalistes russes?
Voir: http://www.nr2.ru/kiev/485876.html
http://krylov.livejournal.com/3219503.html
http://www.amic.ru/news/254440
http://comments.ua/politics/448938-navalniy-podderzhal-maydan-osudil.html
http://rusnat.com/lidery.html
http://krylov.livejournal.com/3219503.html
http://www.amic.ru/news/254440
http://comments.ua/politics/448938-navalniy-podderzhal-maydan-osudil.html
http://rusnat.com/lidery.html
Beaucoup d'encre a coulé sur la montée du nationalisme en Russie, et à juste titre. Etrangement, ou peut être pas, il est question des nationalistes russes lorsqu'éclate un conflit entre ethnies à l'intérieur de la Russie. Ils semblent alors tellement pressés de défendre les intérêts des russes ethniques, sur les marchés, dans les stades ... Mais il semblerait que les russes en Ukraine ne les intéressent pas autant. Etrange non? Pourquoi pas de grandes déclarations pour Sébastopol? Pourquoi juste quelques mots mal à l'aise suite à la mise en place de la politique russophobe du pouvoir révolutionnaire ukrainien.
Le malaise est double.
Tout d'abord nos gentils nationalistes russes étaient représentés en Ukraine, évidemment, mais sur Maïdan. Navalny et son nouveau parti, différents mouvements comme le parti national démocrate, Russkie, l'orgnisation Initiative nationale-socialiste (Bobrov) ... On y trouve également de simples contestataires professionnels: Drugaya Rossiya (de Kasparov), Femen, Golos, la ligue LGBT, Russ Sidiachia (pour les prisonniers) ... On y trouve des "libéraux" bon ton, comme Nemtsov. Et, il ne faut pas oublier, les supporters de foot, en l'occurence Yaroslavka. Bref, tout le gratin était sur Maïdan.
Russkie explique sur la page officielle de son site, qu'ils condamnent le régime de Yanukovych, qu'ils soutiennent le droit à l'autodétermination des ukrainiens et des russes, qui doivent pouvoir faire leur choix sans les pressions russes ou européennes. Il semblerait que les pressions américaines soient autorisées - je plaisante. Simple oubli.
On y a vu également le leader de l'organisation Initiative nationale-socialiste, D. Bobrov, qui affirme avoir contacté les mouvements nationalistes, participé aux émeutes et a cherché à profiter de l'expérience réussie de ces mouvements pour l'importer en Russie. En effet, dès son retour, il a organisé quelques "séminaires" pour mieux former ses sympathisants.
Pourquoi des organisations nationalistes russes soutiennent-elles, même indirectement, des partis comme Svoboda, ou des organisations nationalistes ukrainiennes qui sont contre, non seulement la Russie en tant que telle, mais les russes ukrainiens? C'est un non sens. C'est un non sens s'ils sont réellement nationalistes.
Ensuite, une fois que le feu a été allumé, ils demandent évidemment aux autorités de venir défendre les droits des russes. Comment faire autrement, leur crédibilité pourrait être sérieusement mise en cause.
Et l'on en arrive à l'autre aspect du problème des nationalistes russes. Sont-ils nationalistes, dans le sens où ils devraient défendre les intérêts de leur pays et des individus ethniquement russes, ce qu'affirme par ailleurs le site de Russkie. Ce qu'ils ont fait, s'ils s'agissaient réellement de nationalites, serait une trahison. Mais en est-ce une?
L'on peut réellement se poser la question. Sommes nous face à des individus ayant des convictions ou face à des individus qui remplissent une fonction? Malheureusement, on ne peut que se souvenir de la thèse de Z. Brzezinski mettant l'accent sur l'importance du facteur ethnique dans un conflit national intérieur. Donc quel est le véritable visage de ce "nationalisme" russe?
lundi 11 novembre 2013
Regards Croisés Russie-UE, la chronique de Caroline Voos pour Russie Politics : « au delà de la Marche russe », prolongement de la chronique précédente sur les émeutes de Birioulevo.
Elle souligne, ensuite, l’inquiétude des experts russes face à la hausse des
crimes racistes et des confrontations interethniques de ces deux dernières
années.
Et de conclure que l’absence de réaction des autorités joue comme un signal
permettant à l’extrême droite d’agir en toute impunité.
Yaroslava, ne cache pas que son groupe pratiquait du nettoyage ethnique de
masse mais qu’avec le temps elle a compris que le radicalisme ne menait à rien.
Andreï, lui, est parti en croisade pour défendre la race slave et les
valeurs qu’elle incarne au moyen de méthodes pacifiques.
Il est indéniable que partout en Europe le nationalisme est une aubaine
pour les partis politiques et trouve un
écho favorable parmi la population sur fond de crise économique et
d’incertitude quant à l’avenir.
Si certains pays se prétendent exceptionnels, force est de reconnaître que
la Russie est très particulière.
Elle est une fédération
multinationale, multiethnique (d’où la distinction entre « rousski »
russes ethniques, et « rassiani», citoyens de Russie) et
multiconfessionnelle, secouée donc par des forces centrifuges illustrées par les
conflits du Caucase du nord.
Dans ce contexte la question de « l’idée nationale » se pose avec
plus d’acuité que pour nous autres pays européens.
La société russe entretient une conception contradictoire par rapport à
l’immigration.
D’un côté, elle a conscience d’être un ancien empire composé de plusieurs
peuples, et de l’autre elle redoute la poussée démographique des peuples
caucasiens ou d’Asie centrale.
Il faut se rappeler aussi que les Russes ont été violemment chassés de
certaines de ses anciennes républiques à la chute de l’URSS.
Les Russes ont donc du mal à admettre aujourd’hui que ces peuples viennent
coloniser leurs grandes villes avec l’insécurité qui s’en suit.
C’est donc bien le débat sur l’identité nationale qui est relancé suite aux
émeutes de Birioulevo et de la Marche russe.
Vladimir Poutine l’a bien perçu, lorsqu’au Club Valdaï, en septembre
dernier, il estimait nécessaire de poursuive ce débat avec la nouvelle génération
russe. « L’idée nationale n’apparaîtra pas si l’Etat ne travaille pas dans
ce sens » déclarait-il alors.
En fait la question à se poser paraît de prime abord toute simple !
Quel est « ce quelque chose » qui nous unit aujourd’hui et qui nous permettra de se projeter
dans l’avenir ?
Il ne m’appartient pas d’y répondre, c’est aux Russes qu’il faut la poser.
Tout en sachant, que pour chaque société donnée, il n’existe aucun modèle
de développement prêt à l’emploi.
jeudi 27 décembre 2012
L'affaire Pozner: tentation de censure ou mauvais goût?
Voir: http://www.kommersant.ru/doc/2100406
Tout d'abord, il y a eu des rumeurs sur le départ précipité de Pozner, journaliste animateur d'une émission politique, hésitant entre complaisance et critique plutôt timorée somme toute. Ce journaliste, de nationalité russe, française et américaine, ayant vécu dans ces trois pas, cosmopolite par excellence serait allé trop loin en critiquant l'adoption de la loi réponse à la Liste Mgnitsky.
Les députés de toutes fractions s'énervent, s'en prennent à ses paroles, à son lapsus sur ce parlement d'un autre pays, en appellent au patriotisme bon ton. Le préviennent du prochain dpôt d'un projet de loi ayant pour but d'interdir l'accès aux chaînes publiques nationales aux journalistes étrangers ou financés par l'étranger critiquant la Russie. Ici la Douma hésite entre la censure facile et le mauvais goût tout simplement.
Et l'on en revient au rôle du journaliste. Un journaliste a -t-il le droit de donner librement son opinion ou doit-il présenter objectivement une information? Et l'objectivité est-elle possible?
L'émission présentée par Pozner est une émission politiqe engagée, raisonnablement critique. On pourrait presque dire du journalisme d'opinion. On peut partager ses prises de position ou pas, là n'est pas le problème. Toute opinion a le droit d'exister et le plus grand danger du journalisme est l'autocensure. Ce type de projet de loi tend à renforcer l'autocensure, ce qui est suicidaire, non seulement pour la professsion, mais également pour le pouvoir.
Le journaliste est le meilleur allié de l'équilibre des pouvoirs, le représentant principal du contre pouvoir. Il est cet enfant qui se doit de dire que le roi est nu. Si le journaliste ne peut le dire, plus personne n'osera. Cela n'implique pas qu'il ait raison dans ses opinions, ce ne sont que des opinions. Mais il a non seulement le droit d'exprimer son opnion, il en a surtout le devoir. Et si une loi doit être adoptée, elle doit garatir le pluralisme d'opinion.
Et il est trop facile d'en appeler au patriotisme, de demander à un individu de choisir son clan, de rappeler que ses nombreuses nationalités lui permettront de toute manière de trouver du travail ailleurs. Mais la question est de savoir, pourquoi ailleurs? Pour certains, le patriotisme passe par la critique, lorsqu'elle est constructive. Ce patriotisme au rabais ressort plus du mavais goût que de la censure.
jeudi 15 novembre 2012
Préparation d'un projet de loi contre l'apologie du nazisme
Voir: http://izvestia.ru/news/539651
Réagissant à la confusion grandissante entre nazisme et nationalisme, le Conseil de la Fédération prépare un projet de loi visant à interdire le recours à la symbolique nazie et la propagade de l'idéologie nazie, la sanction pouvant aller jusqu'à la privation de liberté.
Jugeant la réhabilitation du nazisme et l'héroïsation des criminels nazis inacceptables, la Chambre haute du Parlement veut sanctionner dans un seul texte législatif le recours non seulement à la symbolique "classique" nazie, mais également à la symbolique dérivée, l'utilisation de laquelle donne pour l'instant à leurs utilisateurs une totale impunité juridique. L'amende prévue pourrait être supérieure à 300 000 roubles, accompagnée soit d'une peine alternative soit d'une privation de liberté allant jusqu'à deux ans.
Les auteurs du projet de loi préviennent que les sanctions ne concerneront en aucun cas les domaines scientifiques, artistiques ou la littérature. En ce qui concerne les publications nazies, comme Mein kampf, elles doivent être interdites au grand public, mais l'accès doit être réservé sans restriction aux chercheurs, comme les historiens.
La question du durcissement de la réglementation existante est à nouveau d'actualité après la Marche Russe (nationaliste) de novembre dernier, lors de laquelle une quizaine de personnes furent arrêtées en raison du port de l'uniforme SS et puisqu'ils scandaient des slogans nazis et faisaient le salut. Cette assimilation entre nazisme et nationalisme est particulièrement dangereux et destructeur. Sans intervention forte, des jeunes qui ont besoin de s'affirmer pourront penser que le salut nazie, par exemple, peut être un moyen de montrer son amour à la patrie. ce qui se passe et ce qui est inadmissible pour les auteurs du projet de loi. La Nation russe ne peut s'enliser dans le nazisme, sauf à se discréditer elle-même.
Pourtant, cette position est loin d'être partagée par le dirigeant du mouvement nationaliste "Russkie" (russes ethniques), D. Demuchkine. Selon lui, le salut du coeur vers le soleil, tout autant que la croix gammée sont des symboles ancestraux. Hitler est mort depuis longtemps et ces symboles, toujours selon Demuchkine, sont utilisés partout et par tous. Or, quand un régime commence à vouloir interdir des publications et des comportements, c'est mauvais signe. Cette loi ne va finalement que permettre au pouvoir de se débarrasser des nationalistes qui le dérangent.
Deux remarques. Tout d'abord, la position de Demuchkine souligne le lien réel entre "ces" nationalistes et une sympathie, pour le moins, envers l'idéologie nazie. Ensuite, le même argument est toujours utilisé: le projet de loi va servir le pouvoir. On pourrait se demander si D. Demouchkine considère normal que des personnes se promènent en uniforme SS, après tout Hitler est mort depuis longtemps et beaucoup de personnes portent l'uniforme ... Et l'on aurait pu lui demander aussi, à part dans certains pays baltes - pourtant membres de l'UE - et d'Europe de l'Est où l'idéologie nazie est presque réhabilitée, a même ses héros nationaux décorés par les gouvernements en place, voire ses statuts, où peut-on voir dans la rue des gens faire impunément le salut nazie et porter l'uniforme? Mais il ne nous aurait pas répondu de toute manière.
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