La vice-présidente de l'assemblée parlementaire de l'OSCE, la Suédoise Margarita Cedenfelt, a été lancée, à la demande de la fille de Nemtsov et de son avocat, pour ressortir des tiroirs l'affaire Nemtsov, afin de relancer dans le cadre de cette organisation internationale, les pressions contre la Russie en général et contre son système judiciaire en particulier. Que faire, faute de grives, l'on mange des merles. La Russie a immédiatement réagi en refusant, heureusement, toute enquête internationale sur son territoire, opposant ainsi à la politique internationale les limites de sa souveraineté.
Je vous souhaite la bienvenue sur ce blog où nous allons tenter de décrypter l'actualité politique russe, donner la dimension de toute sa richesse et sa complexité. Sans clichés et sans partis pris. Sans vouloir plaire à tout le monde.
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lundi 24 février 2020
lundi 27 février 2017
Nemtsov, la Marche et les combats d'hier
Le 27 février 2015, B. Nemtsov sortant d'un restaurant moscovite en compagnie d'un top modèle ukrainien a été assassiné. Deux ans plus tard, une marche a été organisée par l'opposition russe, avec tous les sortant (Kassianov, Iachine, Gudkov). Si vivant, le poids politique de B. Nemtsov était aussi bas que celui de ses "camarades" de marche, mort il est un symbole pouvant les rassembler sans danger, d'autant plus qu'il ne participera plus aux élections.
lundi 9 mars 2015
Assassinat de Nemtsov: des racines religieuses?

Suite à l'assassinat de Boris Nemtsov en face du Kremlin dans la nuit du 28 février, 5 suspects furent arrêtés et placés hier en détention préventive jusqu'au 28 avril par la justice. Deux d'entre eux reconnaissent leur cupabilité, trois invoquent leur innocence. Quant au motif, rien n'est encore claire, seules des "fuites" anonymes dans les milieux bien informés sous-entendent des motifs d'ordre religieux.
dimanche 1 mars 2015
Billet de retour perturbé par l'affaire Nemtsov

Après une si longue interruption pour des raisons - louables - mais indépendantes de ma volonté, j'envisageais différemment le retour de Russie Pollitics dans la blogoshère. Après trois semaines intensives de télévision française, sorte de thérapie de choc, j'avais envie de m'interroger avec vous sur le sens du glissement dictatoriale qui m'a quelque peu effrayé ces derniers jours. Parler d'influence sur un homme politique vous met au ban de la bonne société, lorsque vous osez, comme Roland Dumas, affirme que la religion de sa femme influence la politique et le discours du Premier ministre. Non, silence, vous êtes antisémite. Et si la femme avait été catholique ou hindouiste, comment le crime eût été qualifié? Lorsque des artistes osent dire aux jeunes de se bouger et de ne pas tomber dans la politique de l'attentisme et de l'assistanat, quelle honte ces réacs. Ces réacs avant ô combien fréquentables ont franchi la ligne rouge en disant aux hommes et aux femmes de moins de 20 ans de se comporter comme des hommes et commes des femmes, c'est-à-dire de faire leur choix, d'en assumer les conséquences, bref d'être indépendant.
Or l'indépendance est manifestement devenue un délit, elle a été déposée sur l'autel d'un républicanisme radical, sectaire et destructurant, au cri de l'esprit du 11 janvier. Tout le monde doit marcher au pas de l'oie, dont le rythme est donné par un apprenti dictateur au timbre de voix martelant ses propres évidences creuses, espèrant en faire un dogme, j' en appelle à notre très respecté Premier Ministre, cet homme providentiel qui a tant besoin du pouvoir et si peu des gens.
Mais tout cela finalement, n'est malheureusement qu'une conséquence. De la perte d'indépendance nationale. De la perte d'une Europe européenne. Qui ne peut et ne doit avoir de politique.
Je voulais parler de tout cela beaucoup plus longuement, car il y a beaucoup de choses à dire. Et puis Nemsov a été tué. Je ne le porte pas particulièrement dans mon coeur, mais sa mort fut quand même un choc. Comme quand tout être humain tombe un jour en pleine rue. Sa mort n'aura pas d'incidence particulière sur la politique intérieure de mon pays, la France. C'est en tout cas ce que je pensais, avant de lire la presse française, qui y voit évidemment la main du Kremlin qui se débarrasse d'un opposant à ce point effrayant et dangereux. C'est tellement stupide, que je m'attend maintenant au pire. Ces bonnes vieilles sanctions financières et bancaires que les Etats Unis veulent à tout prix faire adopter par l'UE.
Et son ami Gozman, libéral de premières heures, annonce, certes depuis Washington - ce n'est pas de sa faute il s'y trouve lui aussi souvent - qu'il s'agit d'un évènement qui doit entraîner un réel changement à l'intérieur du pays. Mais non, j'espère que cela n'est qu'un cauchemar. Pour autant cette mort est particulièrement suspecte.
lundi 23 septembre 2013
Pourquoi l'échec du Conseil de coordination de l'opposition?
Voir: http://www.kommersant.ru/doc/2302839
http://izvestia.ru/news/557480
http://izvestia.ru/news/557480
Arrivé à la fin de son mandat, le Conseil de coordination de l'opposition se pose la question de son avenir, voire tout simplement de l'existence de cet avenir. Les membres influents sont partis ou annoncent leur départ (Nemtsov, Iachine, Gudkov, Cheïn, Navalny ...), seuls la moitié ont participé à la réunion sur l'avenir du mouvement.
Qu'ils décident d'organiser de nouvelles élections est un risque car, si la dernière fois ils avaient pu mobiliser environ 85 000 votants (surtout par internet) en s'appuyant sur la vague contestataire, l'indice de participation sera un élément important pour apprécier la viabilité du projet. Le risque de décrédibilisation est d'autant plus réel, que cet organe n'a pu faire les preuves de son efficacité.
Dans un pays présenté comme tenu par une minorité autoritaire face à une majorité libérale d'opposition, comment un projet réunissant l'opposition pourrait-il être mort-né? Dans cet état d'esprit, il aurait du être un tsunami politique, dévastant sur son passage les ruines d'un modèle épuisé. Il semblerait donc que certains paramètres ne soient pas si évidents que cela.
Tout d'abord ce projet de coordination de l'opposition s'est consolidé dans la foulée de la grande vague des manifestations post électorales de l'automne 2012. Les slogans étaient simples: annulation des élections législatives, démission de Poutine, nouvelles élections. Le pays pourra alors partir sur des bases saines. Or, les députés sont restés en place après un nettoyage de printemps et la cote de popularité de Poutine ne cesse de monter, tant à l'intérieur, que, Oh surprise, à l'international. La fraction modérée du Conseil demandait des réformes en matière de justice et de la vie politique. Ils ont obtenu l'amestie des hommes d'affaires, la création d'un Ombudsman pour les entrepreneurs, la simplification extrême de l'enregistrement des partis politiques. Le premier mouvement a pris du plomb dans l'aile avec la décision de la CEDH remettant en cause le caractère politique de l'affaire Khodorkovsky et, parallèlement, l'affaire des experts de Novikova justement sur l'affaire Khodorkovsky , voir nos articles:
Quant à la réforme politique, elle a effectivement pu conduire à l'enregistrement d'un nombre impressionant de partis politiques, ce qui a eu pour effet collatéral de disséminer l'électorat contestataire, d'affaiblir les partis opposants à la Douma et proportionnellement de renforcer Edinaya Rossiya.
Autrement dit, sur le front des réformes structurelles, il est difficile de parler d'un grand succès du Conseil de coordination.
Sur le plan des élections, les résultats sont plus tangibles. Malgrè les échecs retentissant de Tchirikova à l'époque aux élections de Khimki et de Gudkov au poste de gouverneur de la région de Moscou, Nemtsov a pu se faire élire député à la Douma régionale de Iaroslav et Navalny a su mobiliser son électorat à Moscou. Passons sur le fait que Edinaya Rossiya les ait aidé à réunir les signatures nécessaires pour la présentation de leur candidature (pour Navalny et Gudkov). D'où la double crise.
La première crise est une crise de choix politique, voire de stratégie. Un groupe de personnes s'est soudé, non pas avec un programme constructif, positif, prônant une alternative concrète, mais ils se sont regroupés contre. Contre des processus électoraux, contre un homme, contre un système. Leurs différences idéologiques a rapidement paralysé le fonctionnement de l'organe et à conduit au départ d'un groupe de penseurs, comme Piontkovsky par exemple, transformant le mouvement en Club de discussion.
La deuxième crise est systémique. Ce groupe est composé tout à la fois d'activistes, de penseurs et de politiques. Quand certains font le choix de la politique, leur but est d'être élu, les autres peuvent rester satisfait de la discussion. Soit ils sont effectivement élus et leur présence dans le groupe n'a plus aucun sens. Soit ils ne le sont pas et ne le seront jamais grâce à ce groupe, qui par ailleurs ne leur permet pas une représentativité réelle et leur appartenance au groupe est naturellement remise en question. Soit ils ne sont pas encore élus, mais ont une chance de le devenir et ils leur faut dès lors entrer dans une voie politique normale, qui les conduit vers des partis politiques et non vers des structures para-politiques.
Une leçon évidente tirée de cet échec est qu'il n'est pas suffisant pour avoir du poids de regrouper des opposants. L'opposition est elle-même divisée, ce qui est par ailleurs normal dans un système politique normalisé. Et pour enfoncer des portes ouvertes, on peut également souligner qu'elle est justement opposition, car elle est objectivement minoritaire. La démocratie étant le gouvernement de la majorité, elle sera au pouvoir lorsqu'elle sera majoritaire et ne constitura donc plus l'opposition.
mercredi 5 septembre 2012
La Grande Marche en avant de la rentrée
Voir: http://www.gazeta.ru/politics/2012/09/04_a_4753841.shtml
La mairie de Moscou vient de refuser l'autorisation d'organiser la grande manifestation de rentrée de l'opposition, "La marche des millions", prévue pour 50 000 personnes.
Depuis l'entrée en vigueur de la nouvelle loi sur les manifestations, c'est la première demande posée par l'opposition. Et la mairie de Moscou a pu trouver dans la législation un fondement formel à son refus.
En effet, selon les nouvelles dispositions législatives, si un des organisateurs a été condamné au moins deux fois dans l'année précédant la demande pour violation des règles d'organisation des manifestations, il ne peut plus être organisateur pendant l'année qui suit. Si cette disposition est logique en théorie, car il faut un rapport de confiance entre l'Etat et les organisateurs pour s'assurer du bon déroulement des actions sur la voie publique, dans les faits cette règle est particulièrement sévère, puisque nombre d'organisateurs sont assez facilement condamnés devant les tribunaux pour les violations de l'ordre public qui entourrent ces évènements.
Or, S. Davidis, un des organisateurs de la Marche, a été condamné deux fois cette année sur ce fondement. Il conteste le bien-fondé de ces condamnations, mais elles existent. Il avait pleine connaissance des dispositions législatives, puisque sa seconde condamnation a été prise en raison d'un piquet illégal contre la nouvelle loi. Mais il s'est porté organisateur, "pour vérifier si la loi s'appliquerait", selon ses dires. La mairie a appliqué la loi et maintenant l'opposition a trouvé un nouveau scandale.
Cette attitude fait penser à celle d'un enfant qui provoque sciemment ses parents pour voir s'ils vont réagir ...
Quel était le but? Garantir l'organisation de la manifestation ou faire une opération de com qui permet de remobiliser les foules? Surtout si l"on tient compte du désaccord interne entre les organisateurs, le comité qui incite à une pluralité de manifestations dans différentes villes de province en parallèle aux évènements de Moscou et Nemtsov qui publiquement affirme qu'il faut concentrer les forces à Moscou, mais sans résoudre du coup la question de l'organisation du transport des gens. La rentrée s'annonce riche en surprises! Maintenant, ils doivent reconstituer le dossier de demande et la ville doit à nouveau statuer. Mais pendant ce temps, on en parle ...
mardi 12 juin 2012
Perquisition chez les leader de l'opposition: intéressantes découvertes
Voir: http://www.izvestia.ru/news/527197
http://lifenews.ru/news/94248
http://www.rosbalt.ru/moscow/2012/06/11/991672.html
http://www.newsru.com/russia/11jun2012/sobch.html
http://lifenews.ru/news/94248
http://www.rosbalt.ru/moscow/2012/06/11/991672.html
http://www.newsru.com/russia/11jun2012/sobch.html
Suite aux violences survenues lors de la manifestation du 6 mai, dans le cadre de l'enquête ouverte à ce sujet et sur le fondement de déclarations faites par les personnes déjà interpellées, certains leader de l'opposition ont eu la joie, hier matin, de voir les forces de l'ordre débarquer à leur domicile pour une perquisition dans les règles de l'art.
Prévenus à l'avance, certains ont préféré courageusement ne pas être présents à leur domicile, comme ce fut le cas de B. Nemtsov. Iachine était également absent de son domicile officiel, il était à son domicile de fait chez K. Sobtchak.
Lors de la perquisition chez Navalny, les forces de l'ordre ont récupéré tout le matériel informatique, pour ensuite continuer leur perquisition dans les locaux de Rospil, projet qui s'occupe des problèmes de détournements d'argent public.
Chez Udaltsov, ils ont récupéré une liste de nom de personnes soutenant le mouvement.
Mais chez Ksénia Sobtchak, la nouvelle égérie glamour de la révolution, d'étranges découvertes ont été faites. Réparties dans une centaine d'enveloppe avec des messages dont le sens n'a pas encore été éclairé, des coupures en dollar et en euro pour un montant d'environ un million et demi d'euro ont été trouvées. Par exemple, sur l'une des enveloppes était inscrit: "pour la manifestation de Kazan 32 000". Mais, pour l'instant les forces de l'ordre ne comprennent pas s'il s'agit d'une somme perçue pour cette manifestation ou d'une somme qui doit être transmise à d'autres personnes liées à cette manifestation. K. Sobtchak affirmait ne pas avoir confiance dans les banques russes et pour cette raison garder à son domicile une telle somme en liquide. Pourtant, elle a toute confiance dans les banques étrangères ... Toujours est-il que la présence d'une telle somme à la veille des manifestations prévues pour la fête nationale d'aujourd'hui, 12 juin, est assez suspecte.
Tous ont été convoqués aujourd'hui, avant le début de la manifestation prévue, pour répondre aux questions des enquêteurs. Notamment en ce qui concerne K. Sobtchak, les enquêteurs voudraient savoir pourquoi elle a écrit dans les réseaux sociaux qu'avec Iachine ils n'étaient pas allés à la manifestation du 6 mai parce qu'ils savaient comment cela allait se finir. Les suites de l'enquête permettront de savoir s'il s'agit d'un coup de bluff des enquêteurs ou s'ils ont réellement agis en fonction d'informations précises.
mardi 21 février 2012
Medvedev rencontre "son" opposition non systémique
Медведев пообщался с лидерами несистемных партий, большинство из которых широкой публике неизвестны
Владислав ПОЛЯНСКИЙ
Владислав ПОЛЯНСКИЙ
Voir également: http://www.gazeta.ru/politics/2012/02/20_a_4007729.shtml
D. Medvedev a rencontré lundi 20 février certains représentants de l'opposition non systémique. Le choix des personnalités est particulièrement surprenant, puisqu'il s'agit, en ce qui concerne réellement les politiques,de B. Nemtsov, S. Udaltsov et V. Ryjkov et juste sorti de sa naphtaline de S. Baburine. D'autres comme Kassianov ou Limonov n'ont pas été invité. Il y a donc ainsi au sein même de l'opposition non systémique, des opposants fréquentables et d'autres qui ne le sont toujours pas. Ce n'est donc pas une reconnaissance de l'opposition, mais encore l'utilisation classique de l'adage diviser pour mieux règner.
Avec ces représentants de l'opposition, Medvedev a parlé de l'idée de limiter à deux fois la possibilité d'exercer un mandat présidentiel, il a reconnu le caractère imparfait du système politique russe actuel, a promis que les affaires des prisonniers politiques seront analysées avec un soin tout particulier, il a promis de ne pas permettre que l'augmentation du nombre des membres pour enregistrer un parti politique dépasse 1000 personnes.
Bref, de belles paroles. Rappelons que Medvedev est un Président sortant et depuis longtemps sorti par son Premier ministre qui lui a offert à l'époque la place. Place qu'il va rendre dans quelques jours. Quelle est donc sa position pour promettre quelque chose? Pour certains politologues, il a même réussi à discréditer la fonction présidentielle. Ceux-là mêmes qui soulignent qu'une rencontre de ce type, mais avec V. Poutine, qui est appelé à reprendre officiellement le pouvoir, aurait eu une toute autre signification, même symbolique.
En ce qui concerne l'enregistrement des partis politiques, comme le souligne ces politologues, le plus souvent les partis politiques qui se sont vus refuser l'enregistrement avaient suffisamment de membres pour y prétendre. Le refus était basé sur des erreurs techniques, un statut qui n'est pas conforme, etc. L'abaissement mécanique du nombre de membres ne pourra pas permettre la libéralisation de la vie politique, s'il n'y a pas de réelle volonté politique de le faire.
Donc cette rencontre ne sert à rien, en tout cas pour l'opposition. Il n'y aura rien de concret à en attendre. Ce qui était évident dès le départ. Mais alors pourquoi jouer cette mascarade?
mercredi 15 février 2012
Les doutes sur le projet d'un "super-parti" démocratique
Сопредседатели ПАРНАСа намерены создать суперпартию с Кудриным, Навальным и Прохоровым
Антон ОРЕХ
Антон ОРЕХ
Suite aux manifestations, de nombreuses discussions sur la nécessité de réunir les démocrates et les libéraux ont vu le jour. Il s'agit de mettre en avant un candidat commun, à la tête d'un "super-parti".
En ce sens, Kassianov, Nemtsov et Ryjkov veulent créer un parti avec le concours de Navalny, Prokhorov et Koudrine. Curieux assemblage ...
La faisabilité théorique est relativement réaliste si la procédure d'enregistrement des partis est simplifiée prochainement. L'intérêt, le leur, est évident, éviter la division pour être plus fort. Mais ils avancent une estimation de 30%. Et là, des questions surgissent: d'où vient un tel chiffre de la part de personnalité dont la représentativité est particulièrement faible?
Certes des milliers de personnes sont descendues dans les rues, non seulement à Moscou, mais dans de nombreuses villes de Russie. Mais ces gens ne sont pas venus en soutien à Nemtsov, Kassianov ou Koudrine. Ils sont sortis dans le froid pour Eux-mêmes. Parce qu'ils veulent vivre dans un pays où la situation est normalisée.
Lors de la première manifestation, où tout l'appareillage technique ne permettait pas d'entendre ces discours inoubliables, les gens de toute manière ne se sont pas formalisés, ils savaient déjà en substance ce que chacun allait dire.
Et l'on rappellera que par la suite, quand les micros fonctionnaient particulièrement bien, la plupart des orateurs se sont fait sifflés.
Donc ces 30%, soit un tiers de l'électorat, laissent rêveur.
Si les gens votent pour des personnalités concrètes, ils seront très loin du compte. En plus il est surprenant d'imaginer dans un même parti des personnalités qui lors des manifestations font leurs déclarations séparément, indépendamment les uns des autres. S'il n'est pas possible de les réunir dans un contexte aussi informel, comment les réunir dans le cadre d'un parti?
Il y a peu de chance que cette idée grandiose apporte quelque chose de nouveaux, les idées autour desquelles les gens pourraient se fédérer étant toujours absentes, il n'y a pas de programme d'action, pas de plan de route. La demande du départ de Tchurov à la tête de la Commission centrale électorale ne peut faire sérieusement office de programme!
Cela donne la désagréable impression que chacun joue pour soi en utilisant le groupe.
jeudi 2 février 2012
La révolution télévisuelle a-t-elle eu lieu dimanche?
Voir: http://www.ej.ru/?a=note&id=11738 et
http://www.grani.ru/Society/Media/Television/m.195310.html
http://www.grani.ru/Society/Media/Television/m.195310.html
Dimanche soir, la télévision russe a rompu avec une tradition bien ancrée: des représentants de l'opposition "non systémique" ont été invités en prime time pour s'exprimer sur la politique du pays sur NTV et sur Pervyi kanal.
L'information n'a été reprise que par certains médias libéraux, comme le site d'opposition grani.ru ou Ejednevnyi journal. Posant plus de questions que n'apportant de réponses.
Et le plus intéressant est que cette opposition elle-même n'ose y croire. A du mal à comprendre ce qui se passe. Comme si elle était surprise de cette réussite. Comme si elle avait peur de ne savoir comment rentabiliser à long terme cette victoire, pour que ça ne finisse en feu de paille.
En effet, B. Nemtsov (PARNAS) et la journaliste de l'année O. Romanova dans l'émission "NTVchniki", cette même émission dont les journalistes avaient "attaqué" l'association Golos avant les législatives. V. Ryjkov sur Pervyi kanal, avec Jirinovsky et Gudkov, dans l'émission de Gordon.
Jusque là, depuis les manifestations, ils avaient pu faire quelques apparitions sur les grandes chaînes, un mot par-ci, une phrase par-là, mais pas d'accès suffisant pour faire passer des idées. Sauf pour O. Romanova que l'on voyait très souvent sur les chaînes.
Toutefois, le mouvement était lancé. La muraille s'est effritée, une brèche a été ouverte dimanche.
Comment comprendre ce fait constaté?
Tout d'abord, en ce qui concerne les personnes invitées. Les positions de Nemtsov sont connues, depuis longtemps et il a atteint le seuil de son potentiel politique. O. Romanova est plus dans l'activisme que dans le projet politique, dont la Russie a un urgent besoin aujourd'hui. Ryjkov, lui, partageant les mêmes idées que Nemtsov, les exprime avec plus de talent, mais les risques, pour les mêmes raisons, sont minimes pour le pouvoir. D'autant plus qu'il est mis aux côtés de Jirinovsky, personnage caricatural.
Ensuite, on remarquera des absents. Iachine qui développe un discours constructif d'opposition. Et Navalny représentant le nationalisme politique et le libéralisme économique. Ces deux personnages peuvent représenter un plus grand danger. Car ils ne sont pas caricaturaux. Et leur potentiel politique est difficile à estimer encore. Ils n'ont pas atteint leur seuil.
Mais quoi qu'il en soit, la porte a été ouverte. Et c'est une démarche très intelligente de la part du pouvoir. Tout d'abord, puisque depuis les manifestations, les positions de l'opposition sont connues, donc il n'y a pas de risque majeur à leur donner de l'audience. Ensuite, cela permet évidemment de faire sortir la vapeur avant les élections présidentielles. Mais surtout, l'opposition ayant eu accès aux grands médias nationaux, met son discours dans le débat public. Ce qui ouvre la porte également à la discussion ... et à la critique. Normaliser le discours d'opposition, c'est aussi normaliser la critique de ce discous. C'est éviter le risque d'une "dictature de la minorité".
Autre effet que l'on peut relever: s'il y a un espace d'expression, il faut le remplir. Et l'on sent ici la panique de certains opposants. On ne peut le remplir avec une critique constante, il faut aussi proposer, développer un discours positif, une Idée pour le pays. Si le pouvoir joue bien cette partie, il peut en sortir renforcé. Parce qu'il normalise les règles du jeu et que c'est à l'opposition maintenant de prendre ses responsabilités devant le peuple et plus seulement devant ses partisans. Les gens pourront alors vraiment juger sur pièce.
lundi 2 janvier 2012
Comment faire de l'argent sur le dos de l'opposition? Nemtsov a la réponse
Voir: http://compromat.ru/page_31624.htm
Beaucoup se sont étonnés de la liste des orateurs à la manifestation du 24 décembre. Des gens du show biz, plutôt bien implantés se découvrant tout à coup une vocation contestataire entre deux coktails et spectacles.
Sur le site Compromat un début de réponse est apparu.
Par exemple, Ksénia Sobtchak. Sifflée par la foule, qui n'était pas venue chercher du glamour, mais de l'espoir pour l'avenir. Il est certes devenu du dernier chic d'apparaître dans les manifestations. De se montrer contestataire, puisque le vent tourne ... il faut bien s'adapter. Comme le disait Dutronc, à force retourner sa veste, il a fallu retourner son pantalon.
Donc Ksénia Sobtchak. Produit et présente ses programmes grand public, émissions, télé-réalité, sur les chaînes nationales. Egérie du glamour russe mauvais goût. Quelques tentatives l'année dernière dans l'intellectuel bien pensant ... sans grand résultat. Maman sénateur. Papa fut maire de Saint Petersbourg, un des fondateurs du constitutionnalisme russe actuel. Son fiancé, chef du département de la culture à Moscou, S. Kapkov, est le bras droit de Abramovitch, qu'il n'est pas nécessaire de présenter. Malgrè tous les efforts de maman, Ksénia Sobtchak n'a pu être présente dans les listes Edinaya Rossiya à une place honorable, lui garantissant le succès aux dernières élections, contre lesquelles elle manifeste aujourd'hui. Sa vocation remonte donc à loin. Mais ne perdant pas espoir, son ami a trouvé une solution. L'argent. La corruption marche dans tous les domaines et n'est pas l'apanage du pouvoir. Il a payé 30 000 dollars pour le discours de quelques minutes de sa fiancée lors de la manifestation. Que ne ferait-on par amour ! Ainsi elle a pu prendre la parole, apparaître là où il fallait, être photographiée avec Navalny - très à la mode aussi - et être sifflée, mais quelle importance? Elle était là. On parle d'elle.
Pourtant, Ksénia Sobtchak n'a pas été un cas unique et ces revenus supplémentaires n'entrent pas dans le "budget" officiellement affiché par l'autre nouvelle égérie du libéralisme version russe, on comprendra Olga Romanova. Il semblerait pourtant que tous les organisateurs n'étaient pas au courant de cette "double comptabilité".
Ainsi, S. Parkhomenko (journaliste), apprenant d'un membre du Comité directeur de Solidarnost, que Kasparov ayant donné de l'argent va exiger la parole, répond que cela est impossible, puisque les gens votent en ce moment même sur facebook pour choisir les orateurs! Maintenant l'on sait que Kasparov est intervenu ...
Mais certaines conversations téléphoniques avec le grand opposant B. Nemtsov sont interceptées, notamment avec A. Rykline (rédacteur en chef de Ejednevny Journal - opposition libérale - et main droite non officielle de B. Nemtsov). Ils précisent que quelques personnes, sans préciser les noms, sont prêtes à payer 30 000 pour intervenir. Plutôt bonne nouvelle! Nemtsov est aux anges! Les affaires tournent.
Si c'est cela l'alternative à V. Poutine, la question se pose de savoir ce qui est le pire?
mercredi 24 août 2011
Kasparov et l'opposition "non systémique" proposent une action coordonnée
Октябрьский марш
На дебатах решили готовить марш "Нет незаконным выборам"
Софья Микитик
http://www.kasparov.ru/material.php?id=4E54A15BBFFAB
http://www.kasparov.ru/material.php?id=4E54A15BBFFAB
A nouveau dans le centre Sakharov, le 23 août, se sont tenus des débats sur le thème: "Elections 2011: boycott ou participation?". Lors de ces débats, un comité de coordination pour une action commune lors de la période pré-électorale a été constitué, et qui a prévu d'organiser en octobre une manifestation sous le slogan "Non aux élections illégales". L'idée de lancer des élections alternatives libres a également été envisagée.
Ces débats ont réunis une grande partie de l'opposition "libre" russe et sont intervenus G. Kasparov (Solidarnost), E. Limonov (Drugaya Rossiya), B. Nemtsov (Solidarnost), S. Udaltsov (Levuy front, Mossovet), E. Tchirikova (V zachitu Khimkinskogo lessa), K. Kociakine (Levuy front) ainsi que d'autres représentants de l'opposition "non systémique", des représentants du Parti communiste et du Parti Iabloko.
Un grand nombre de partis et mouvements se sont joints au comité de coordination qui va regrouper: ROT-front, PARNAS, Drugaya Rossiya, Rodina - zdravyï smysl, PZRK - Rus, Volia, Partia dela, Velikaya Rossiya, Levuy front, Solidarnost, Za otvetsvennuiou vlast, Trudovaya Rossiya, etc.
Quand l'opposition sort de la cuisine, elle peut devenir efficace. La coordination des mouvements et des actions dans cette période pré-électorale semble une idée plus sérieuse - et plus efficace - sur le plan politique que l'éruption d'un mouvement artistico-politique nuisible dans son idée même à l'image de l'opposition politique en Russie. Celle-ci a en effet besoin de se positionner dans la pensée collective comme une force politique alternative et non comme une farce politique.
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