Le financement de la campagne d'E. Macron semble inquiéter tout le monde, sauf les organes publics chargés d'en vérifier la régularité. Entre les mensonges volontaires sur les montants perçus, l'opacité des sources et les soupçons d'implication de personnages très marqués, comme Soros, le temps n'est-il pas venu pour une réelle enquête indépendante? C'est quand même l'intérêt de l'Etat qui est en jeu, son indépendance et sa souveraineté.
Je vous souhaite la bienvenue sur ce blog où nous allons tenter de décrypter l'actualité politique russe, donner la dimension de toute sa richesse et sa complexité. Sans clichés et sans partis pris. Sans vouloir plaire à tout le monde.
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lundi 25 juin 2018
mardi 14 avril 2015
Les Etats Unis: la guerre de l'information contre la Russie est une question de survie
Selon le budget prévisionnel du Conseil de diffusion américain, organe publique, la lutte contre "la revanche de la Russie" sera chiffrée à hauteur de 15,6 millions de dollars alors que la lutte contre la propagande de l'Etat islamique entraînera un budget de 6,1 millions. Les Etats Unis ont clairement défini où était l'ennemi et d'où venait pour eux le danger. Ce qui, d'une certaine manière, n'est pas tout à fait faux. Pour mener cette guerre, le commandement se trouvera dans les bureaux de Radio Liberté à Prague. Car l'Europe, comme cela est affirmé, est un axe vital des intérêts américains.
mercredi 7 mars 2012
durcissement du contrôle financier des organes de la société civile
Ужесточение мониторинга финансовой деятельности НКО
Dans cette période trouble - pour le pouvoir - où le poids de la société civile a largement augmenté, notamment depuis les élections parlementaires de décembre 2011, la question de son financement est une question-clé. Financement des associations, fondations, des filiales étrangères, mais également comme à l'époque en France, question très sensible du financement des partis politiques.
Comme l'indique l'article, le département du monitoring financier a modifié son arrêté du 8 mai 2009 par un arrêté du 14 février 2012 enjoignant les structures responsables à préciser les critères concernant les opérations inhabituelles permettant le blanchiement de l'argent obtenu de manière illégale ou pouvant servir au financement du terrorisme.
Dans cette catégorie entrent les opérations financières des organes précités de la société civile qui ne correspondent pas aux buts de l'activité fixés par les statuts, les opérations financières des organismes étrangers et les opérations réalisées par les dirigeants, fondateurs ou collaborateurs des organes de la société civile. Les banques sont alors appelées à les indiquer au département du monitoring.
Mais comment apprécier la conformité aux statuts, le document ne le précise pas.
Selon le directeur de l'association Agora, sur le fondement de ce document, les banques préparent un système de contrôle qui permettra d'informer automatiquement le département de ces opérations. Si les banques ne le font pas, elles risquent de perdre leur licence et elles n'ont pas le droit d'informer leurs clients des modalités internes de ce contrôle.
Autrement dit, il ne s'agit pas de la prévision d'enquêtes individuelles, au cas par cas, qui permettraient effectivement de mettre en place un réel contrôle sur le financement des organes de la société civile, ce qui serait bénéfique et à l'Etat et à la société civile elle-même. Comme cela fut le cas pour les partis politiques en France et les syndicats, notamment étudiants. Mais d'une démarche automatique qui rejoint le fantasme de pouvoir tout régler par la technologie, fantasme couvert par l'ombre du terrorisme rampant. A quand le remplacement des juges par une "technojustice"?
mercredi 19 octobre 2011
Le budget fédéral pourra bientôt financer "Nachi" ... un grand pas pour la société civile russe ...
Прямое финансирование «Наших»
Депутаты предлагают молодежным движениям регистрироваться ради получения господдержки
Депутаты предлагают молодежным движениям регистрироваться ради получения господдержки
Un groupe de députés, appartenant à plusieurs fractions, a déposé à la Douma un projet de loi selon lequel les associations des jeunesses politiques pourraient percevoir un financement direct du budget fédéral, mais selon quels mécanismes et à quelles conditions, rien n’est encore précisé.
Les membres du comité de la Douma pour les affaires de la jeunesse, essentiellement composé de députés Edinaya Rossiya et d’anciens membres d’associations de jeunesse politique pro-pouvoirs, ont déposé un projet de loi pour le soutien des organisations sociales de jeunesse et d’enfance, avec, il semblerait, les signatures de la fraction communiste et de la fraction LDPR (le parti de Jirinovsky).
Les auteurs du projet expliquent leur inquiétude quant à la question du financement de ces associations, qui, en l’absence de mécanismes de collaboration avec le pouvoir, sont obligées de recourir à des financements étrangers, ce qui renforce le sentiment extrémiste.
Ainsi, les organisations enregistrées doivent avoir la possibilité de demander aux structures de pouvoir de tous les niveaux un soutien financier ou un apport matériel. Concrètement, pour pouvoir bénéficier d’un financement fédéral, les associations doivent compter au moins 500 membres et 200 en régions. Ces organisations devront organiser leur action en fonction des nécessités posées par la loi, ce qui ne concerne ni l’activité politique, ni la lutte conter les excès de pouvoir des fonctionnaires ou des forces de l’ordre.
Elles doivent s’occuper des questions sociales, du renforcement de la consience de la nécessité d’avoir un bon équilibre de vie, du renforcement du sentiment patriotique, de la morale, de la lutte contre l’extrémisme, des valeurs familiales ....
Les auteurs du projet considèrent également que la barrière d’âge minimal de 8 ans pour pouvoir participer à ces organisations viole les droits des enfants de moins de 7ans. Ils proposent donc d’ôter tout barrière d’âge.
Ce projet a un arrière-goût très désagréable d’enrôlement de la jeunesse, mécanismes très au point dans les pays totalitaires. Sans même parler des valeurs qui rappellent – en pire – « travail, famille, patrie ». L’effectivité est doublement garantie. La question quantitative des membres, tout d’abord, permet de limiter grandement le nombre des organisations pouvant bénéficier du financement public. Il n’y a donc pas de doute : le projet n’a pas pour but de stimuler le développement de la société civile. Ensuite la question de l’âge démontre la volonté très claire de manipulation mentale des jeunes. Un enfant de moins de 7 ans est très influençable et n’est pas apte à garder le recul nécessaire face à ce qu’il entend et voit. Bref ce projet de loi présente un danger réel pour la société civile et justement pour la morale publique. Son retrait est une question prioritaire d’odre public.
lundi 17 octobre 2011
50 millions de dollars en soutien à la société civile russe et la peur chronique des révolutions revient
Les Etats Unis sont prêts à débloquer une aide étalée sur trois ans d’environ 50 millions de dollars afin de favoriser en Russie le développement des moyens informatiques et l’effectivité de leur utilisation.
Cette aide est destinée autant aux organes de la société civile qu’aux fonctionnaires et concerne non seulement internet en tant que tel, mais également le soutien technique.
Evidemment, les voix pro-kremlins hurlent à l’incitation à la révolution. USAID, pour sa part, répond qu’il ne s’agit que d’un partenariat russo-américain, tant étatique que privé, qui vise également à faciliter le développement des petites et moyennes entreprises.
Il faut rappeler que les Etats Unis, sous différentes formes, investissent déjà en Russie dans le cadre de programmes de soutien aux institutions démocratiques et au domaine de la santé en moyenne 70 millions de dollars par an ces dernière années. (Voir à ce sujet l'article sur gazeta.ru ici).
Cette aide est destinée autant aux organes de la société civile qu’aux fonctionnaires et concerne non seulement internet en tant que tel, mais également le soutien technique.
Evidemment, les voix pro-kremlins hurlent à l’incitation à la révolution. USAID, pour sa part, répond qu’il ne s’agit que d’un partenariat russo-américain, tant étatique que privé, qui vise également à faciliter le développement des petites et moyennes entreprises.
Il faut rappeler que les Etats Unis, sous différentes formes, investissent déjà en Russie dans le cadre de programmes de soutien aux institutions démocratiques et au domaine de la santé en moyenne 70 millions de dollars par an ces dernière années. (Voir à ce sujet l'article sur gazeta.ru ici).
Il existe en Russie aujourd’hui environ 360 000 organes de la société civile qui fonctionnent réellement. La moitié d’entre eux sont des organisations sociales, dont la majorité travaille dans le domaine de l’aide sociale, de la culture et de la défense des droits. La moitié des organisations sociales fonctionnent dans le cadre territorial d’une auto-administration locale ou dans des municipalités. Ils entretiennent en générale de bonnes relations avec les autorités locales, meilleurs qu’avec les autorités fédérales. Mais en raison des difficultés financières liées au manque de financement, la majeure partie des ces organisations sont contraintes à élaborer des partenariats avec les autorités. Ces relations de collaborations peuvent être bénéfiques, du point de vue de l’effectivité, quand elles sont fondées sur un réel rapport d’égalité, mais quand elles deviennent une obligation de survie, elles remettent en question l’indépendance de ces organisations. Or, l’indépendance est une condition essentielle pour la société civile, si elle ne veut pas que les organisations sociales deviennent des structures quasi-étatiques sociales au rabais.
Ce programme américain peut donc apporter une bouffée d’oxygène dans les milieux de la société civile, tout en restant dans la ligne de modernisation lancée par le Président. Comme l’affirme un des acteurs de la société civile russe, Anton Burkov, « Les appels récurrents du Président russe, formulés il y a quelques années, visant à développer l’utilisation par les fonctionnaires russes des moyens informatiques et d’internet se réalisent. Il ne reste qu’à s’en réjouir et à espérer que le bisness russe de l’informatique va également procéder à des investissements dans la société civile et dans le processus d’augmentation du niveau de connaissance informatique parmis les fonctionnaires, permettant en même temps de développer leur propre production informatique. »
jeudi 13 octobre 2011
Coût prévu de la campagne électorale pour Edinaya Rossiya: environ 3 milliards de roubles
Полмиллиарда «Единой России»
Партия власти планирует потратить на предвыборную кампанию в 2011 году на четверть больше, чем в 2007-м
Партия власти планирует потратить на предвыборную кампанию в 2011 году на четверть больше, чем в 2007-м
La campagne 2011 coûtera à Edinaya Rossiya plus cher qu'en 2007. Rien qu'au niveau fédéral, le budget prévu est de 500 millions de roubles, ce qui dépasse de 25% le budget des précédentes élections. Toutefois cette estimation est sous-estimée, car à ce prix il est impossible de financer l'ensemble de la campagne électorale.
La part fédérale du financement est prévue pour les bandes annonces à la télévision et à la radio. Les tarifs à la télévision pour la période pré-électorale allant du 5 novembre au 2 décembre pour une bande de 30 secondes en prime time va de 1,21 millions de roubles sur Rossiya-1 à 1, 38 millions de roubles sur Pervyi kanal. Lors de la dernière semaine avant les élections, les tarifs vont encore augmenter de 8 à 10% selon les chaînes. Autrement dit, en prime time le budget annoncé permet simplement de financer environ 400 bandes annonces.
Selon la législation, le fond de campagne fédérale, par parti, est limité à 700 millions de roubles. Mais les partis peuvent également ouvrir des comptes dans chaque région. Le montant autorisé va alors dépendre du nombre d'électeurs dans la région. Concrètement, cela va de 15 millions à 55 millions de roubles par région.
Le budget légal maximal d'Edinaya Rossiya est alors de 3 milliards 370 millions de roubles. Dans la réalité, bien sûr, une somme inférieure sera dépensée. En 2007, par exemple, en plus du budget fédéral, les régions ont financé la campagne à hauteur de 800 millions de roubles. Ce qui a permis de chiffrer le montant total de la campagne à 1milliard 200 millions de roubles. Edinaya Rossiya affirme aujourd'hui que la campagne actuelle lui coûtera plus cher, surtout en raison de la hausse des prix dans tous les secteurs. Mais ils ont pour l'instant des difficultés à chiffrer le budget global.
Edinaya Rossiya a 2 sources de financement. Le budget étatique finance le parti en raison de sa représentation au Parlement à hauteur de 900 millions de roubles par an. Le montant dépend du nombre de voix attribuées au parti: 20 roubles par voix. En 2007, Edinaya Rossiya a obtenu 44 714 241 voix. La seconde source de financement vient du privé, des entreprises essentiellement.
Les sociétés de consultants politiques estiment que Edinaya Rossiya peut effectivement faire des économies par rapports aux autres partis politiques, dans la mesure où elle peut utiliser de très grandes "ressources administratives" dont l'effet est plus que direct sur les résultats électoraux. Quelques exemples. En Tchouvachi, des employés municipaux chargés de l'entretien des routes sont sortis faire leur travail en portant une veste avec le slogan "Edinaya Rossiya" sur le dos. Et cela aux frais de la commune et non du parti. A Mourmansk, sur demande d'Edinaya Rossiya une entreprise de publicité a retiré du marché des emplacements publicitaires bien situés et déjà octroyés à une entreprise de téléphonie, pour les revendre à un tarif "social" pour la campagne du parti.
La campagne de 2011 ne va en rien innover par rapport à la précedente, les mécanismes sont déjà bien rodés. Les ressources vont déterminer les élections plus que les voix des électeurs. Comme précédemment. Edinaya Rossiya ne fait que repousser la question de sa légitimité, question à laquelle le parti sera un jour confronté.
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