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mercredi 30 mai 2018

Mort à Kiev du journaliste A. Babchenko: assassinat ou victime sacrificielle?



Journaliste russe d'opposition (notamment à Novaya Gazeta), Arkady Babchenko a participé aux deux guerres de Tchétchénie (en se portant volontaire la deuxième fois), ce qui semble l'avoir beaucoup marqué. Habitué aux prises de positions radicales, évidemment antirusses, il est parti en Ukraine en 2017. Tué de trois balles dans le dos le 29 mai au soir alors qu'il rentrait chez lui, une enquête est ouverte. Sans aucune surprise, avant même qu'aucun élément n'ait été prouvé, les autorités ukrainiennes accusent les services spéciaux russes. 

vendredi 18 mai 2018

Kirill Vyshinsky, rédacteur en chef de RIA Novosti Ukraine arrêté pour trahison en raison de ses obligations professionnelles



L'odieuse arrestation du rédacteur en chef de RIA Novosti Ukraine, Kirill Vyshinsky et le silence qui entoure cette violation inacceptable des valeurs démocratiques dans la presse internationale montrent, s'il en est encore besoin, à quel point l'Occident a l'indignation sélective. Car ici un journaliste est arrêté en raison de ses articles, de ses publications dans les réseaux sociaux. Et aucune condamnation ferme de la communauté internationale, des milieux journalistiques. Mesdames et Messieurs les journalistes, avez-vous à ce point intégré la servitude qu'il vous soit devenu impossible d'envisager la liberté d'expression en dehors des opinions "qu'il se doit" de défendre?

jeudi 22 mars 2018

Billet du jour: Cachez-moi ce Sloutski que je ne saurais voir!



La vague anglo-saxonne du harcèlement sexuel est arrivée en Russie, néo-féministes du monde entier unissez-vous, le jour de gloire est arrivé! Mais comme les femmes russes sont depuis longtemps libres, considérées égales aux hommes et n'ont donc pas besoin d'être "libérées", il a bien fallu les aider à comprendre l'urgence de rejoindre la mode globale. Ici comme ailleurs, l'aide est venue de nos chers amis d'Outre-Atlantique en la personne de journalistes travaillant pour ou avec les médias anglo-saxons en Russie et ce contre le député Léonid Sloutski, celui-là même qui fait venir tant de politiciens européens en Crimée. Un scandale qui ne cesse de grandir, car la Russie ne joue pas le jeu. 

mercredi 25 octobre 2017

Russie: L'agression de T. Felguengauer et le syndrome du journalisme français



Pourquoi dès qu'un journaliste se fait agresser en Russie, de sous-entendus plus ou moins lourds en accusations à peine cachées, la presse française en arrive toujours à ce "régime de Poutine" qui ne tolèrerait aucune voix discordante. Il est vrai qu'ici comme sur d'autres thèmes, la diversité de la presse française est un délice, sans même soulever la question des publications d'usine non signées, qui remplissent les pages de ces informations prédigérées dont on nous abreuve.

mercredi 30 août 2017

Ukraine: Expulsion de deux journalistes espagnols dans l'indifférence générale



Deux journalistes espagnols ayant eu le malheur de ne pas colporter la propagande ukrainienne sur le grand renouveau d'un peuple libéré, à la différence d'une grande partie de leurs collègues européens et américains, viennent d'être expulsés d'Ukraine, justement en raison de leurs écrits. Quelques réactions formelles, mais où est l'indignation générale? Elle serait là, s'il s'agissait de la Russie. Mais l'Ukraine ... Laisser imposer le silence chez son voisin, c'est accepter qu'un jour il le soit chez nous. 

mercredi 20 juillet 2016

Le journaliste Pavel Cheremet victime d'un attentat à Kiev


Le journaliste russe, d'origine biélorusse, Pavel Cheremet est mort aujourd'hui 20 juillet suite à l'explosion du véhicule dans lequel il se trouvait en plein centre de Kiev. Les bruits commencent déjà à courir, il était dit-on "pro-occidental".

vendredi 11 mars 2016

Open Russia, Vilnius: quand l'opposition russe fuit devant les journalistes

Résultat de recherche d'images pour "депортация российских журналистов вильнюс"

L'opposition russe radicale, dont la plupart des membres ne vivent pas en Russie, mais soit dans l'UE soit aux Etats Unis, s'est réunie sous la bannière de Khodorkovsky et de son organisation Open Russia à Vilius. Etrangement, la discussion sur l'avenir politique de la Russie devait se dérouler à couvert, sans la participation de la presse russe. Voyons cette conception très particulière de la démocratie dans les faits.

lundi 31 août 2015

Répressions: le prix de la nouvelle démocratie ukrainienne




Aujourd'hui, sur le site du blogueur ukrainien dissident Colonnel Cassad est apparue une publication qui mérite toute l'attention possible. Il fait le point des répressions sous le nouveau régime démocratique ukrainien. En voici la traduction.

vendredi 20 mars 2015

La Moldavie de plus en plus européenne

Генеральный директор МИА Россия сегодня Дмитрий Киселев. Архивное фото

Après un long chemin controversé qui a conduit la Moldavie sur la voie de l'association avec l'UE, en même temps que la Géorgie et dans le modèle de l'Ukraine, ce petit pays de l'Est, qui affirme ainsi "être enfin rentré à la maison", fait preuve d'une grande servilité envers ses nouveaux maîtres, pardon, partenaires européens et se lance, à l'image de l'Ukraine, dans la restriction des médias en langue russe et l'interdiction de journalistes. Bref, la Moldavie a compris quelles sont les nouvelles valeurs européennes.

lundi 30 juin 2014

Ukraine: mort du 6e journaliste en 2014 et avenir de la liberté d'expression en Europe

Anatoly Klian
Cette nuit, le caméraman de Pervyi Kanal, Anatoly Klian est mort des suites de blessures par balles, dans le ventre, reçues des mains des militaires ukrainiens. Il a commis le crime de filmer à proximité d'une base militaire ukrainienne, à 15 km de Donetsk. Toutefois, A. Klian n'est pas le seul à avoir payé de sa vie la couverture médiatique des évènements en Ukraine. On compte déjà 6 morts, et la liste des journalistes arrêtés, violentés, voire torturés, augmente régulièrement.

vendredi 25 avril 2014

Journalisme: le prix du silence en Ukraine, le prix du sang

Voir: http://www.vesti.ru/doc.html?id=1513982
http://www.vesti.ru/videos?vid=594242

Международная и европейская федерации журналистов созывают встречу с участием союзов журналистов России и Украины
"Presse"


Les chars, les hélicoptères de guerre et l'armée ukrainienne attaquent et encerclent la ville de Slaviansk, on y compte déjà des morts - des civils sans armes; des snippers commencent à semer le trouble selon un scénario que l'on a déjà vu à Odessa; des soldats américains sont débarqués en Pologne et dans les pays baltes (?) et la Russie active des mouvements d'entraînements aux frontières ukrainiennes; la valse des dirigeants américains apportant les cartes de l'OTAN fait couler le sang à l'Est et Obama envisage de prendre des mesures directes contre Poutine.
Bref, pour ceux qui avaient encore un doute, non le monde n'est pas devenu fou, les dirigeants perdent simplement le sens des réalités car ils ont perdu toute responsabilité. A côté de l'armée officielle, des armées non officielles voient le jour et se substituent à l'Etat, les oligarques ukrainiens, au lieu d'investir dans l'économie nationale, lancent chacun leur armée privée et, contrairement à l'armée étatique, paient grassement les soldats. Si cela ne suffit pas, il y a toujours les contractuels étrangers que ces mêmes oligarques annoncent employer pour rétablir l'ordre en Ukraine, ces "soldats" n'ayant aucun risque de pactiser avec une population qu'ils ne comprennent pas.
Dans ce contexte, la politique de Kiev envers les journalistes est claire comme de l'eau de roche: à aucun prix l'information ne doit passer. Et la chasse aux journalistes russes s'intensifie: tout russe étant un espion potentiel.
Hier, des journalistes russes de NTV sont arrêtés. Selon les services de sécurité ukrainiens (SBU), ils tentaient de filmer des lieux stratégiques. Ils ont donc été arrêtés et son considérés comme des espions, comme l'affirment ces services. La preuve en est: lors du tournage, ils utilisaient des appareils camouflés. Voilà, chers concitoyens, votre conscience sera sauve, ce sont bien des espions, des russes.
Il faut dire aussi qu'une réelle chasse à l'espion russe est lancée en Ukraine, sur initiative de ces mêmes oligarques. Selon le cas, vous pouvez toucher jusqu'à 5000 dollars pour remise d'un espion terroriste russe, ce qui est synonyme, et si vous ramener son arme, on vous paie aussi.
Aujourd'hui, des journalistes, toujours russes mais l'OSCE vous dirait que c'est pure coïncidence, de la chaîne russe Life News ont également été arrêtés. Ils furent déportés car, je cite, leur présence sur le territoire de l'Ukraine présente un danger pour son intégrité territoriale et sa sécurité. Quand on vous disait que la parole est une arme, il ne fallait quand même pas prendre l'expression au pied de la lettre...
En d'autres termes, il faut que le pouvoir de Kiev puisse sans trop de bruits et d'images qui risqueraient de finir par passer à l'Ouest et feraient réfléchir la population européenne encore assoupie, il faut donc qu'ils puissent faire la guerre à ces terroristes-fédéralistes. Car oui, le fédéralisme est pénalement incriminée semble-t-il et assimilé au séparatisme. Ce qui permet d'ailleurs à ce même pouvoir d'ouvrir des enquêtes pénales contre les candidats à la présidentielle qui ne partagent pas leur point de vue. Oleg Tsarev en sait quelque chose. Candidat de l'Est à la présidentielle, il en est à sa troisième accusation pénale, la dernière ayant eu lieu après qu'il ait été passé à tabac par les anciens manifestant pacifiques de Maïdan, qui ont refusé de le laisser monter dans l'ambulance et finalement l'ont remis entre les mains du Procureur. Celui-ci, en toute logique, l'a accusé de fédéralisme. Vous ne voyez pas le rapport? Moi non plus. Mais il semblerait que nos voisins ukrainiens aient consommés Le Roi Ubu à excès.
Dans tout ce cirque, reste quand même une interrogation. A quoi sert-il d'aller aussi loin? Des opérations coup de poings ont lieu dans différentes villes de l'Est, le sang est versé, etc. Le pouvoir ukrainien semble s'être acculé dans une impasse: détruire son peuple ou s'autodétruire. Comment envisager des élections présidentielles, même si elles sont vitales pour le processus de légitimation, quand toute une partie du territoire ne veut pas les organiser, car estime que les circonstances ne permettent pas d'assurer la sérénité du scrutin.
 Est-ce de cette manière que le pouvoir compte finalement unifier son peuple? A moins d'imaginer le pire: ce pouvoir ne considère pas la population de l'est, russophone, comme une composante de son peuple, mais comme un groupe terroriste. Ce qui explique peut être cette décision inique d'encercler toute une ville. Prendre une population en otage, une population civile, de toute classe d'âge, de la maternelle à la retraite, rappelle les heures noires d'un autre régime, face à une autre population.
Mais à cette époque-là, la France, l'Angletterre, le Canada, les Etats Unis s'étaient alliés à la Russie soviétique pour combattre un mal plus grand que l'opposition idéologique entre le socialisme et le libéralisme, pour combattre l'extrémisme qui nie la valeur humaine à certaine catégorie d'hommes et de femmes. Aujourd'hui, l'Europe unie sous la banière américaine soutient un régime qui utilise l'armée contre son peuple, le Président américain justifie même cette décision en qualifiant d'action anti-terroriste.
Je ne me reconnais pas dans ces valeurs qui ne sont pas les valeurs européennes, libérales et humanistes. Quelle antinomie existe-t-il entre la Russie et les Etats Unis qui justifient pour ces derniers une politique négationniste?

jeudi 10 avril 2014

Ukraine: journalistes russes s'abstenir

Voir: http://www.rg.ru/2014/04/10/mkz-anons.html
http://www.rg.ru/2014/04/08/osce-anons.html

Dmitry Kisselev lors de son émission analytique de fin de semaine, tant décriée en Occident, lorsqu'il expliquait, en fait, que seuls les Etats Unis et la Russie étaient capables de se détruire mutuellement par des bombes atomiques, d'où le danger d'une escalade des tensions. Version quelle que peu différente de celle présentée par les médias européens.
 
L'OSCE et le Comité international pour la défense des journalistes s'inquiètent. C'est louable de leur part. Plus d'une vingtaine de journalistes russes, qu'ils viennent de la télévision ou de la presse écrite, se sont vu dernièrement refuser l'accès au territoire ukrainien, alors qu'ils venaient pour exercer leur profession. Et cela concerne des journalistes de tout bord politique, allant de Kommersant (presse libérale bien vue en Occident) à Rossiïskaya Gazeta (qui sert également de journal pour la publication des actes normatifs, comme le Journal officiel en France).
 
Donc, journalistes russes s'abstenir.
 
Et ces organisations d'exprimer leur profonde inquiétude pour la liberté d'expression en Ukraine, puisque aucun pays démocratique ne peut porter atteinte de cette manière et impunément à la liberté du journalisme. Chaque journaliste a le droit d'exprimer son point de vue, même s'il est différent de celui de ses confrères.
 
Hourra! Hourra! Hourra! Applaudissez en coeur mes bien chers frêres, mes bien chères soeures! D'aucuns dirait, c'est l'heure du Boogy Woogy. Laissez couler une larme au coin de l'oeil, qu'elle descende doucement, lentement, pour que chacun ait bien le temps de la voir. Ces organismes ne sont donc pas politisés, comme le pensent les mauvaises langues et les tenants de cette ridicule théorie du complot, ou de cette théorie du complot parfaitement ridiculisée. Non, cent fois non, que nenni bonnes gens, nous vivons dans une société démocratique qui sait défendre ses valeurs lorsqu'elles sont en péril.
 
C'est justement pour cette raison que les sanctions prises par l'UE à l'encontre, notamment, du journaliste Dmitri Kisselev, l'interdisant de séjour dans les pays de l'UE, en raison de son activité professionnelle, sont justifiées. Et elles le sont pour deux raisons:
  • L'UE n'est pas un pays, donc on ne peut pas lui reprocher d'être non démocratique. C'est un organisme international, supra-national, pré-fédéral, on ne sait plus très bien ce que c'est, mais ce n'est pas un Etat. Elle n'est donc pas obligée d'être démocratique, elle est composée d'Etats démocratiques. Et leur légitimité démocratique semble automatiquement teinter l'UE de démocratisme. Un peu comme le linge dans la machine, les couleurs déteignent.
  • Dmitry Kisselev n'est pas un journaliste mais un propagandiste, car il défend un point de vue différent de celui de ses confrères européens. Donc l'interdiction d'exercer son métier ne touchent pas le journalisme, il s'agit bien au contraire d'une saine protection contre la propagande, qui elle, on le sait bien, est interdite dans nos pays aux médias tant diversifiés.
Logique non? Bref,dormez bien bonnes gens, n'oubliez pas de prendre vos somnifères le soir, vos antidépresseurs le matin, de bien regardez les journaux TV, peu importe lequel ça ne change rien. Et vous vivrez heureux.
 
Bonne nuit!

jeudi 6 mars 2014

Russie, attention à la dérive sécuritaire

Voir: http://izvestia.ru/news/567042
http://izvestia.ru/news/567031

Actuellement, deux projets de loi sont dans l'air. L'un consisterait à étendre le statut d'agent étranger aux Instituts de recherche, d'analyse ou d'enseignement. L'autre envisage de mettre en place une responsabilité pénale pour les journalistes travaillant dans les médias russes en cas de diffusion volontaire de fausses informations portant préjudice à l'Etat russe.
Dans les deux cas, ces projets de loi sont la conséquence du coup d'Etat en Ukraine. Le premier est suscité par le fait que certains financements étrangers en Ukraine, officiellement pour le développement de la démocratie, ont participé à la préparation des évènements sanglants ayant débouché sur cette impasse, laissant la place à un pouvoir en manque de légitimité intérieure qui la cherche à l'extérieure. Cela a été réalisé, notamment, par un travail sur les élites, leur préparation et leur formation. Le second projet de loi vient de la couverture très orientée de l'information en Ukraine et dans les médias occidentaux, qui vise à une légitimation du pouvoir en place, malgrè les fuites dérangeantes, en tronquant l'information. Dans tous les cas, il s'agit de la formation de l'opinion publique dans un sens très précis, sans tenir compte des intérêts propres de l'Etat en question.
Et la Russie a des raisons de craindre que certaines recettes puissent être employées à son encontre. Pourtant, la méthode choisie est-elle la plus efficace?
Le problème de ces projet de loi est le renforcement du caractère répressif de la législation, sans pour autant travailler sur les fondements des problèmes. L'Etat se place en position défensive, ce qui n'est jamais très bien pris par la population. En dehors des pressions et manipulations faites par les Etats Unis et l'Union européenne, le conflit en Ukraine est sorti dans la rue, au début, par un mécontentement généralisé à l'encontre du "système" Yanukovych, qui a remplacé les "systèmes" précédents et semble avoir laissé la place à un nouveau "système". Dans le fond, rien n'a vraiment changé. C'est un changement de personnes, un changement d'oligarques, mais la logique reste fondamentalement la même, renforçant seulement la radicalité du discours et des actes face à l'impasse politique dans laquelle il se trouve. On ne dissout pas le Parlement, on revient à la Constitution de 2004, on envoie des oligarques (d'autres évidemment, les siens) dans les régions. Il ne s'agit pas de s'occuper enfin des intérêts de l'Ukraine, mais de la rapprocher de l'UE et de laisser la place à l'OTAN. Ce sénario à ses frontières fait peur à la Russie. Pourtant, c'est le travail qu'elle mène pour lutter contre la corruption, pour légitimer les processus électoraux, pour lutter contre l'impunité judiciaire qui sera sa meilleure arme. Ces projets de loi n'apporteront rien.
Tout d'abord, parce que l'extrémisme ou le mensonge sont déjà réprimés. Ensuite parce que la loi ne peut pas protéger de tout. Cela ne veut pas dire qu'il ne faille rien pénaliser, mais il est important de garder un équilibre entre la répression et la prévention d'un côté, et la liberté de l'autre. Sinon, les mesures deviennent contreproductives. En l'occurence, c'est le renforcement du soft power qui serait beaucoup plus efficace.

jeudi 30 janvier 2014

Kiev: La liberté de la presse selon Catherine Ashton

Voir: http://www.gazeta.ru/politics/news/2014/01/29/n_5910993.shtml
http://vz.ru/news/2014/1/29/670239.html
http://www.echo.msk.ru/news/1248076-echo.html
http://tvrain.ru/articles/rossijskih_zhurnalistov_ne_pustili_na_brifing_eshton_v_kieve-361627/

Mercredi, à Kiev, Catherine Ashton appelle à la fin des violences et des intimidations. L'UE organise une conférence de presse, en marge des rencontres avec les officiels et les représentants de l'opposition. Pourtant, aucun journaliste russe ne fut accrédité et leurs collègues occidentaux et ukrainiens se sont vu formellement interdire de partager avec eux toute information concernant la conférence de presse.
Etrange. La guerre froide est finie, l'UE n'est pas en conflit avec la Russie, la situation en Ukraine n'a rien à voir ni avec la politique de l'UE, ni la volonté des Etats Unis ou de la Russie. Les grandes puissances ne se font plus la guerre par pays interposés. Nous vivons dans un monde pacifié, ouvert, où l'information doit être disponible, toutes les informations - politiques, économiques, sociales - car nous respectons le principe de transparence qui est un des fondements de la démocratie moderne. Car nous respectons la liberté de la presse, ce vecteur de l'information, donc nous facilitons aux journalistes leur travail en leur donnant la possibilité d'accéder à toute information.
Enfin, à toute information jugée utile. Aux journalistes jugés utiles. Sachant que la transparence est surtout importante pour certains pays, qui doivent sans cesse démontrer leur caractère démocratique, ce qui n'est pas le cas ni des Etats Unis, ni des pays européens, qui ont déjà leur certificat en poche et décident de l'octroyer ou non aux autres.
Et ils n'ont plus besoin de se justifier. Pour preuve, quand les journalistes russes, qui avaient présenté dans les temps leur demande d'accréditation et se sont vus opposer une fin de non recevoir, ont demandé pourquoi, la réponse fut simple. Car la conférence de presse n'est pas publique, mais sur invitation, et nous décidons nous-mêmes de qui inviter (sic).
C'est le bon vouloir Roi, le fait du Prince. Ces principes, si loin des traditions démocratiques européennes, traditions que pourtant nous voulons exporter et porter à leur paroxysme chez nos voisins. Pourquoi donc cette transparence fondatrice de la démocratie est-elle foulée au pied par nos dirigeants? Pourquoi la presse est choisie sur des critères politiques - puisqu'il y a choix non motivé?
Pour une très simple et très saine raison. Si la transparence est nécessaire au fonctionnement démocratique de tout système, quand le principe est poussé à l'absolu, il est destructeur. Toute information n'est pas bonne à diffuser. La transparence n'est pas le voyeurisme. Tout Etat a besoin d'une part d'ombre pour fonctionner, négocier, et ensuite seulement rendre l'information par lui choisie publique. C'est normal. Mais il y a l'art et la manière. Cela s'appelle la culture politique. Car ces restrictions fonctionnent tant qu'elles ne sont pas affichées, qu'elles restent de l'ordre du non-dit. Et c'est l'erreur fondamentale que vient de commettre l'UE, une erreur liée à l'émergence d'une arrogance qui frise l'incompétence.
Il eût été mieux venu d'inviter quelques journalistes russes triés sur le volet, ce qui aurait permis au moins de sauver les apparences. De toute manière la pression exercée par l'UE et les Etats Unis (menaces officielles de sanctions contre le Gouvernement en place, soutient tout aussi officiel et inconditionnel aux opposants, demande de constituer un Gouvernement pro-européen) sur le régime en place est un secret de polinichinelle.
Et cela aurait également permis aux gentils médias pro-européens russes de se sentir moins mal à l'aise. Car sur les site comme celui de Dojd ou des Echos de Moscou, on n'a jamais vu un commentaire aussi laconique. En effet, comment réagir? Ces médias sont politiquement impliqués et ne peuvent se permettre une critique qui implique une atteinte portée par les hérauts de la liberté à ces mêmes droits et libertés. C'est une sorte de giffle magistrale et le message est clair: on vous utilise lorsque cela est nécessaire et l'on vous écarte également lorsque cela est nécessaire. Les serviteurs n'ont de toute manière qu'à se taire. Et ils se taisent. Difficile de se faire respecter lorque l'on accepte aussi facilement de s'humilier.
Mais l'Union Européenne devrait faire attention à ne pas se transformer en Union Soviétique moderne. La voie qu'elle choisie est glissante et ... peu européenne.

lundi 11 novembre 2013

L'affaire du sénateur Korovnikov et la question de la limite de l'immunité parlementaire

Voir: http://izvestia.ru/news/560408
http://lifenews.ru/#!news/122475

Les membres de l'Assemblée parlementaire bénéficient d'une immunité, dont le but est de garantir leur indépendance. Mais, pour autant, ce régime spécial ne peut en aucun cas être une garantie d'impunité. Ne peut et ne doit l'être, comme l'illustre l'affaire du membre du Conseil de la Fédération (chambre haute de l'Assemblée fédérale russe), Alexandre Korovnikov.
 
Soupçonné d'être un intermédiaire dans une affaire de corruption liée à la préparation des championnats du monde de 2018, des journalistes de Life News ont voulu poser quelques questions à ce sujet à A. Korovnikov, alors qu'il se préparait à prendre le train avec sa jeune assistante. En voyant les caméras, il menace les journalistes de les envoyer sous le train s'ils commencent à tourner, s'en prend à la caméra, quant à son assistante, elle bloque le passage pendant que lui se dirige vers le train et tente à plusieurs reprises de brûler le visage de la journaliste avec sa cigarette (voir la vidéo dans le lien de Life News).

Choqués par cette attitude, des membres de la Douma et du Front populaire de Poutine veulent renforcer la protection des journalistes en cas d'agression lors de l'exercice de leur métier de la part des élus et fonctionnaires, afin de ne pas faire de l'immunité une impunité.

Cela est évidemment nécessaire, pourtant au minimum deux questions se posent.

La première concerne la logique de l'immunité. Celle-ci se divise, théoriquement en deux parties. Il existe d'une part l'irresponsabilité, qui est absolue et garantie à tout parlementaire de ne pouvoir être poursuivi, pendant et après son mandat, pour les actes pris dans le cadre de l'exercice de ses fonctions parlementaires et pour les opinions qu'il a pu émettre dans l'hémicycle. D'autre part, il y a l'inviolabilité qui permet de ne pas bloquer le travail d'un parlementaire par le lancement d'affaires pénales "sur commande". Dans ce dernier cas, un parlementaire ne peut être soumis à des mesures privatives de liberté pour les actes délictuels et criminels commis en dehors de l'exercice de ses fonctions, pour la durée de son mandat. ce qui n'empêche pas les mesures d'enquête. (voir le système français ici http://www.assemblee-nationale.fr/connaissance/immunite.asp).

Mais la limite est ici double. D'une part, l'attitude de ce sénateur doit donner lieu à une enquête, car l'inviolabilité n'empêche pas théoriquement la sanction pour les actes délictuels avérés. D'autre part, il s'agit ici d'un délit flagrant commis devant les caméras, ce qui réduit d'autant le champ de l'inviolabilité.

La seconde question concerne la morale politique, ou la moralisation de la vie politique, slogan que nous avons souvent entendu à une période en France. Un tel comportement est-il a priori acceptable au regard de l'éthique de la profession? Non. Les parlementaires doivent comprendre que s'ils sont élus par le peuple, ce ne sont pas de Elus. Ils servent l'Etat et la Nation. Or, le corps des représentants de la Nation a-t-il besoin d'individus qui les discréditent à ce point? C'est à en douter.

Les scandales à répétition qui touchent les parlementaires, au niveau fédéral ou local, démontrent l'urgence de la mise en oeuvre d'une politique de moralisation, pour que le discrédit ne touche pas l'institution représentative dans son ensemble et n'affaiblisse d'autant l'Etat.
 
 
 

vendredi 3 mai 2013

L'étrange ratio du Comité américain pour la protection des journalistes

Voir: http://www.newsru.ru/world/03may2013/cpj.html

Le Comité pour la défense des journalistes, basé à New York, établie le pourcentage d'assassinats non élucidés de journalistes en rapport avec la population globale du pays. Il en exclue les meurtres de journalistes en situation de guerre ou encore les journalistes tués lors d'enquêtes de rues en situation difficile. De cette manière, l'Afganistan est une promenade de santé pour les journalistes depuis 2008, confortant ainsi la grande révolution démocratique du pays, alors que l'Irak entre en tête de liste et ne semble donc pas être en guerre et les rues y sont sûres.
 
Pour entrer dans la liste, il faut donc que l'assassinat du journaliste n'ait pas donné lieu à un jugement de condamnation. Autrement dit, il ne s'agit pas pour les autorités publiques de ne pas mener l'enquête, mais de ne pas déterminer le responsable. Mais là ne s'arrête pas l'analyse: le Comité doit encore être convaincu que tous les responsables ont été sanctionnés.  
 
Et l'on obtient alors ces chiffres du nombre de journalistes assissinés par rapport à la population globale, ce qui donne la liste des pays où le meurtre de journalistes n'entraînerait peu ou pas de responsabilité, autrement dit serait donc couvert par les autorités.
  1. Irak: 93 pour 33 millions = 2,218
  2. Somalie: 23 pour 9,6 millions = 2,396
  3. Phillipinnes: 55 pour 94,9 millions = 0,580
  4. Sri Lanka: 9 pour 20,9 millions = 0,431
  5. Colombie: 8 pour 46,9 millions = 0,171
  6. Afganistan: 5 pour 35,3 millions = 0,142
  7. Mexique: 15 pour 114,8 millions = 0,131
  8. Pakistant: 23 pour 176,7 millions = 0,130
  9. Russie: 14 pour 141,9 millions = 0,099
  10. Brésil:  9 pour 196,7 millions = 0,046
  11. Niger:  5 pour 162,5 millions = 0,031
  12. Inde: 6 pour 1241 millions = 0,005
Quel est le sens du rapport du nombre de journalistes assassinés par rapport à la population? Il serait intéressant de voir le rapport entre les meurtres de journalistes élucidés et non élucidés, ou avec le chiffre de la criminalité en général de ce pays. Mais ce rapport est surprenant, il semble induire que la vie d'un journaliste dans un pays surpeuplé est moins importante que dans un pays où la population est plus faible.