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Affichage des articles dont le libellé est élections du maire. Afficher tous les articles
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lundi 7 avril 2014

Novossibirsk, la 3e ville russe passe dans l'opposition

 

Voir: http://lenta.ru/news/2014/04/06/novosib/
http://www.gazeta.ru/politics/2014/04/07_a_5982605.shtml


Анатолий Локоть
Anatoly Lokot, nouveau maire de Novossibirsk

Le 9 janvier 2014, l'ancien maire de Novossibirsk, "capitale" de la Sibérie et 3e ville du pays, démissionne de la mairie en devenant vice-gouverneur de la région. Après de nombreuses péripéties médiatiques, une grande hésitation quant aux résultats définitifs, le candidat communiste de l'opposition, A. Lokot, gagne de justesse avec 43,75% des voix contre 39,57% pour le candidat Edinaya Rossiya, V. Znatkov.
 
Il est intéressant de souligner la prise de consience politique, dans le bon sens du terme, de l'opposition en la circonstance. Au départ, 35 prétendants avaient déposé leur candidature, 17 furent enregistrés. Si l'on ne tient pas compte des candidats fantaisistes, l'éclatement du nombre des candidats provoque également l'éclatement des résultats. Après un sondage d'opinion, montrant que le candidat communiste était le mieux placé pour gagner les élections face au candidat de la majorité, 5 opposants se sont retirés et lui ont exprimé leur soutien, dont le député Ponomariev, et un a tout simplement retiré sa candidature.
 
Les réusultats des élections dans cette ville importante montrent deux chosent. Tout d'abord, que malgrè la loi populiste lancée par Medvedev pour contenter une opposition naïve, ce n'est pas la multiplication infinie des partis politiques qui garantie la victoire de l'opposition. Cette loi ne permet que de renforcer, dans les faits, la position des partis classiques. Ce qui est somme toute normale, les citoyens sont avant tout intéressés à une gestion sérieuse de leur ville et pas à de grands slogans politiques. Ensuite, seule la coalition des opposants, ouvrant la voie à celui qui a le plus de chance, est un gage de victoire. Une victoire tout à fait possible, réaliste et réalisée. Ce qui montre que la faiblesse de l'opposition en Russie tient plus à des facteurs intérieurs qu'à la rigidité d'un système qui lui fermerait la porte au nez.

jeudi 20 mars 2014

I. Ponomarev se croit persécuté et obligé de retirer sa candidature aux élections du maire de Novossibirsk

Voir: http://izvestia.ru/news/567789

I. Ponomarev est cadidat aux futures élections du maire de Novossibirsk. Pourtant, il envisage de retirer sa candidature. Pourquoi me direz-vous? Evidemment, pas parce qu'il risque de faire un résultat ridicule, mais parce qu'il est persécuté par le Kremlin. Le fil est un peu gros? Non, ça marche toujours.
 
Donc, I. Ponomarev dépose sa candidature aux élections du maire de Novossibirsk. Et que se passe-t-il? Le célèbre ancien rocker Paouk, également candidat (fantaisiste), s'adresse à la justice pour que sa candidature soit retirée sur le motif qu'il a acheté des voix. De son côté, Ponomarev reconnaît avoir fait quelques cadeaux, mais sans importances. Bref, le recours de Paouk est aussi fantaisiste que sa candidature.
 
Pourtant, I. Ponomarev se saisit de l'occasion pour y voir la main du Kremlin lui faisant passer un message par l'intermédiaire de son concurrent. Non, ce n'est pas un mauvais film d'espionnage, c'est ce qui se passe dans la tête de Ponomarev, en tout cas ce qu'il affirme le plus sérieusement du monde.
 
Et de continuer à analyser la situation. L'audience doit se tenir le 30 mars, jours important également à la Douma où il est député, car il doit s'y tenir un vote sur la Crimée. Donc, soit il ne va pas au tribunal et perdra le recours (il n'a pas d'avocat pour le représenter?), soit il ne peut pas participer à cette cession importante à la Douma et garder ses chances d'être candidat. Soit dit en passant, il n'avait pas assisté à la cession précédente sur la Crimée, ce qui ne lui avait posé aucun cas de consience, mais peu importe.
 
Selon l'administration de la région, la version est totalement différente. I. Ponomarev aurait passé un accord avec l'ancien gouverneur, celui vient d'être démis de ses fonctions pour perte de confiance et qui va devoir répondre devant la justice pour corruption. Il devait lui permettre de récupérer une partie de l'électorat d'un concurrent. Il n'aurait pas gagné les élections, mais aurait fait un score honorable et se serait vu proposé un poste intéressant.
 
Maintenant, sans soutien aucun, son avenir politique dans la région est plus que compromis et ses résultats attendus sont extrêmement faibles. Pour lui, faire ce type de déclaration est un moyen d'assurer sa comm, sortir de ce bourbier sans perdre la face et continuer à enrichir son image d'opposant intraitable.
 
Du côté des réactions à la publication sur Izvestia, il s'agit d'une avalanche d'humour. Certains se rappellent le coût effarant de ses leçons pour Skolkovo, coût qui n'est pas dans les moyens du budget local. D'autres demandent de qui il s'agit? D'un politicien? Un commentaire amusant remercie le journal d'informer les habitants de Novossibirsk que I. Ponomarev est candidat à la mairie de leur ville.
 
Humour, certes. Mais le procédé utilisé par I. Ponomarev est tellement usé, qu'il serait bon au moins de faire prenve d'un esprit créatif, faute d'avoir une vision politique pour le pays.

lundi 2 septembre 2013

Elections du maire de Moscou: combat pour la deuxième place

Voir: http://izvestia.ru/news/556369

Les analystes n'arrivent pas à tomber d'accord sur la place potentielle de Navalny aux élections du maire de Moscou. Et les prognostics les plus optimistes viennent du Kremlin.
 
Selon les cas, Navalny arriverait en deuxième ou en troisième place, derrière Sobianine, dont la victoire est incontestée, mais en litige avec le candidat communiste.
 
Au plus bas, Navalny est crédité de 11% des voix, toutefois les analystes du Kremlin estiment que l'activité dont il bénéficie dans les réseaux sociaux peuvent l'amener à un pic de 22% d'ici les élections.
 
A l'inverse, la cote de popularité de Sobianine s'est stabilisée autour de 54%, mais elle peut baisser en raison de ces mêmes réseaux sociaux. Si le centre d'analyse VTsIOM estime à 52% le résultat possible du maire par interim Sobianine, l'administration présidentielle pousse elle à une possibilité de résultats entre 59 et 64%. Les résultats des autres candidats, à l'exception de Navalny, n'étant pas significatifs.
 
Pour l'instant, la victoire de Sobianine a l'air incontestable. Mais les chiffres sont à prendre avec des pincettes.

vendredi 19 juillet 2013

Affaire Navalny: oui il y a eu des pressions sur la justice, mais pas comme on vous le fait penser

Voir: http://www.gazeta.ru/politics/2013/07/19_a_5441677.shtml
http://www.newsru.com/finance/24jun2013/navlnybonus.html
http://1prime.ru/finance/20130717/764956759.html
http://www.gazeta.ru/politics/news/2013/07/17/n_3048333.shtml

Au théatre de l'absurde, les manipulés sont roi. Sur cette scène règne l'indépendance de la justice. Hier, Navalny a été condamné, avec son complice, à 5 ans de réclusion (non, pas dans un camp, il faut quand même savoir un peu de quoi l'on parle) et à 500 000 roubles d'amendes. Et ceci pour une bagatelle bien sûr. Le Navalny-Businessman, celui d'avant le blogger/défenseur des droits de l'homme/futur candidat aux élections présidentielles, avait juste organisé le vol de 10 000 m3 de bois, s'enrichissant illégalement au passage d'un peu plus de 16 millions de roubles.
 
Suite au verdict, une manifestation est organisée, Koudrine décrie même l'injustice, les Etats Unis oubliant un instant Snowden, peuvent revenir à la charge et parlent de procès politique. Certains commentateurs de s'écrier au nouveau Mandela (et oui, cela fait trop longtemps que l'on parle de Khodorkovsky, qui en plus, décidemment, n'arrive pas à être populaire). En plus hier, Oh cynisme, c'est le Mandela Day, le Day-D de la lutte pour la justice sociale. Et la Russie fait exprès (mais si, je vous l'assure) de rendre un verdict de condamnation ce jour-là. En l'honneur de la justice, tous les tribunaux du monde auraient donc dû suspendre leurs audiences hier ... Bref, tous les journaux libéraux, c'est-à-dire en fait toute la presse sur internet, lance d'une voix d'une seule ce cri déchirant: Procès politique, prisonnier politique. 
 
Sur le fond de l'affaire, autrement dit de savoir si les faits sont avérés ou non, peu importe, cela est de toute manière trop techique, il faudrait avoir suivi tout le procès, lire des comptes rendus d'audience, lire les dossiers ... quelle importance. L'opposition occidentale-libérale au grand méchant loup a besoin d'un leader crédible, ce dont elle manque cruellement aujourd'hui, alors on le fabrique, quitte à rogner les angles pour faire tomber en dehors du champs médiatique ce qui fait mal.
 
Bref, la machine libérale, qui lutte tant pour l'indépendance de la justice, fait plier la procuratura. Et ce procureur qui argumentait encore hier pour l'arrestation et la culpabilité de Navailny se voit contraint de déposer un recours pour qu'il soit libéré et bénéficie d'une liberté de circulation limitée en attendant que le jugement ne devienne définitif. Et ça marche. Les pressions permettent de faire libérer Navalny ce matin, sur décision du juge et sur la demande de ce même procureur. Les libéraux de tous poils, et pas uniquement russes, ont donc conduit le procureur à nier le droit. Comment? Très simplement. Ils déclarent, et le procureur obligé de reprendre cette argumentation stupide, que le juge n'avait pas le droit de décider de la détention provisoire de Navalny hier, car il était avant en liberté surveillée. C'est complètement faux. Non seulement, dans le système russe en particulier, et dans le système continental en général, le juge a le droit de se prononcer sur les mesures de contrainte concernant la période allant du prononcé de la décision de justice sur le fond au moment où elle deviendra définitive (art. 97 du Code de procédure pénale), mais il a également le droit de modifier ou annuler ces mesures de contraintes (art. 299 al. 1 point 17 CPP), c'est-à-dire de laisser la personne condamnée en liberté ou de le placer en détention provisoire. Donc, ici, très concrètement, la justice a subi des pressions de la part des libéraux, ceux-là mêmes qui veulent tant défendre son "indépendance". En cela, ils ont conduit à politiser le procès.
 
Mais qui est Navalny, que représente-t-il pour provoquer tant d'intérêts claniques?
 
On nous présente souvent Navalny comme un preux chevalier sans peurs et sans reproches, partant au combat contre l'iniquité, la corruption, prenant le parti des faibles contre les forts. Cet être blanc et désintéressé oeuvrant pour le bien de tous. Cet opposant de premier ordre qui fait trembler le Kremlin et serait devenu le meilleur cauchemar de Vladimir Poutine.
 
Très belle histoire, qui n'a pourtant, et malheureusement, rien à voir avec la réalité. Allons y par étape.
 
Navalny, homme politique, a eu besoin des voix d'Edinaya Rossiya, qu'il décrie tant, pour pouvoir être candidat aux élections du maire de Moscou. Voix qu'il a accepté, simplement parce qu'il ne peut lui-même les réunir. Selon un dernier sondage, 63% des russes ne savent pas qui est Navalny. Sans oublier qu'il était alors pourvu d'environ 8% des intentions de vote ... Un peu léger pour gagner, même avec l'appui impressionnant d'Edinaya Rossiya. Le monde des bloggers ne se recoupe pas du tout avec celui de la vie réelle. Donc pour en faire la figure de proue de l'opposition qui va faire tomber V. Poutine, les médias occidentaux et libéraux russes qui relaient, obéissant, les messages de leurs sponsors, vont un peu vite en besogne. Les élections se passent en Russie, pas en France ou aux Etats Unis, où l'opinion publique est mieux préparée, pour le grand dam de ces libéraux.
 
Avant d'être un défenseur des droits de l'homme, ce militant désintéressé est un businessman. Pour exemple, grâce à l'appui du milliardaire Lebedev, qui lui ouvre de nombreuses portes particulièrement rentables, Navanly est entré au Conseil d'administration d'Aéroflot. Pas mal quand même. D'une manière générale, l'année dernière il a gagné 9,299 millions de roubles (1 euro = 42 roubles), dont 7,482 millions grâce à son activité d'avocat (qui a défendu ce défenseur des droits de l'homme??? Nous n'en avons jamais entendu parlé ...). Par ailleurs, son activité contre la curruption et le détournement de fonds publics (Rospil) lui a rapporté 8,521 millions de roubles. Il possède également des actions dans différentes compagnies: Barnaulskaya Gueneratsia, Sberbank (banque de Russie) et dans de nombreuses compagnies liées à l'énergie à savoir l'équivalent de l'EDF russe, Lukoil, Gazprom, Rosneft etc. La liste est longue ... et significative. Autrement dit, c'est un businessman très bien intégré dans le système et dans le clan libéral au pouvoir.
 
Alors que signifie tout cela?
 
Quand Navalny a commencé à s'empêtrer dans des affaires judiciaires, autrement dit quand il a été rattrapé par son passé, il s'est soudain senti pousser des ailes politiques et a déclaré vouloir être Président. C'est son droit. Quel était l'intérêt de Edinaya Rossiya à soutenir cette personne qui les critique si vertement? Souvenez-vous des élections à Khimky. Qu'est devenue Tchirikova, l'égérie d'opposition qui allait révolutionner la vie politique par sa puissance de réflexion? Elle a perdu, on pouvait s'y attendre, et l'on n'en entend plus parler. L'opération élection-Navalny était du même acabit. Mais soutenir aussi ouvertement l'opposant alors que son procès était en cours était également une pression très forte sur la justice, qui a su louvoyer entre les vagues. Donc le clan libéral s'est mis en branle. Comme cela n'a pas été suffisant, l'arrière-garde est entrée en jeu et la justice a plié. Vu le nombre de fois où Navalny répète remercier tous ceux qui sont intervenus pour le soutenir, et vu ses liens d'affaires il ne manque pas de soutien (je ne parle pas des manifestations qui ne sont que les décors du théatre), ce sont bien tous ces libéraux qui ont fait pression sur la justice.
 
Maintenant comment croire des gens qui manipulent la justice pour obtenir ce qui est dans leur intérêt? S'il utilisent les moyens qu'ils attribuent à leurs adversaires, que pourraient-ils apporter de plus en étant au pouvoir?
 
Enfin, cette affaire révèle un problème beaucoup plus profond, qui ne touche malheureusement pas que la Russie. La justice ne peut être indépendante que lorsqu'elle est sereine. Obama obligé d'intervenir pour calmer les foules après la décision d'un jury. Un procureur russe doit se ridiculiser en public pour satisfaire l'idéologie libérale. L'indépendance de la justice devient une farce gigantesque de part le monde. Elle a toujours été un mythe, mais accepté comme tel. Car parler de l'indépendance de la justice, c'est avant tou choisir la moindre dépendance. Le système anglo-saxon a choisi la dépendance partisane, électorale, donc celle qui vient du bas. Le système continental a choisi la dépendance systèmique, par la nomination, celle qui vient de l'Etat. Les deux systèmes se valent, chacun a sa logique. Mais l'intensification de la lutte pour l'indépendance de la justice dévoie la justice, la politise, la destabilise. Car la justice est devenue indépendante lorsqu'elle rend les décisions qui sont attendue sur un plan politique. C'est l'équilibre de nos systèmes qui est en jeu.
 
 

lundi 17 juin 2013

Dépeçage tout en charme de M. Prokhorov par les "dames de fer"

Voir: http://www.ntv.ru/peredacha/Jeleznie_ledi/

La télévision est une arme redoutable, personne n'en doute. Mais, pour autant, tous les politiciens, surtout les néophytes, ne sont pas toujours correctement préparés à cette épreuve. Tel fut le cas hier soir, sur NTV, lors de l'émission "Les dames de fer", présentée par Margarita Simonyan et Tina Kandelaki, de la mise à mort politique et médiatique de M. Prokhorov. Tout en sourire. Tout en charme. Jusqu'à ce que mort s'en suive. (Voir l'émission dans le lien)
 
Un des évènements marquant de la politique russe de la semaine dernière, comme nous l'avons écrit sur ce blog, est le désistement de M. Prokhorov des élections pour la mairie de Moscou. D'où le thème de l'émission d'hier: "Pourquoi M. Prokhorov s'est désisté, quelles seront les conséquences sur la carrière politique de ce bisnessman politicien et où va-t-il investir son capital politique?". Sauf à la première question (il lui a fallu préserver ses actifs), pour le reste nous restons sur notre faim.
 
L'émission commence par la question posée par Tina Kandelaki: mais pourquoi avez-vous décidé de faire de la politique??? Et la suite de l'émission reste dans ce registre, sur une tonalité toujours (faussement et dangereusement) amicale, deux fois déjà vous vous êtes désisté, on commence à vous comparer à Iavlinsky, toujours des promesses et pas de résultats. Vous comprenez qu'il ne vous reste qu'une seule chance (non, il ne le comprend pas d'ailleurs): si vous vous désistez aux élections de la Douma de la ville de Moscou, vous êtes fini. Et de répéter, toutes les deux, tout au long de l'émission, qu'il s'agit déjà de son deuxième désistement.
 
Mais quel était le premier? Pas de précision. Certainement lors de son échec avec le parti Pravoe Delo, lorsqu'il en est parti. Mais pourtant il s'est présenté aux présidentielles et a fait un score honorable pour un premier essai. Mais de cela, pas un mot. Il y a donc une volonté marquée de le rabaisser politiquement, de montrer qu'il n'est pas sérieux, pas fiable. Ainsi est-il mis à peu près au même niveau que Navalny, également néophyte en politique.
 
Intéressant aussi, lorsqu'elle le font s'expliquer sur les raisons de ce désistement. La question du rapatriement de ses actifs en Russie. Et là plusieurs questions se posent, dont personne ne parle, mais pourtant aucun doute. Prokhorov avait déclaré il y a qualques jours que le rapatriement de ses actifs ne poserait aucun problème, c'est une affaire de quelques jours. Hier, il déclare avoir commencé à s'en occupé dès le début des débats parlementaires de la loi interdisant d'avoir un compte et des actifs à l'étranger. Donc il y a plusieurs mois. Ensuite, autre question logique, et sa soeur? elle ne pouvait pas être candidate? Prokhorov dément les rumeurs, il n'en a jamais été question. Donc à par Prokhorov, personne dans ce parti ne peut se présenter. Est-ce un parti politique ou fan-club???
 
Malgrè l'absence totale de concrétisation de ses visions et ambitions politiques, M. Prokhorov a une très haute opinion de lui-même, qui frise le ridicule. Et les deux présentatrices le conduisent gentillement par la main vers ses délires mégalomanes et paranoïaques. Il peut ainsi déclarer, sans sourire ni sourciller, que cette loi sur les actifs a été adoptée dans l'urgence pour bloquer son ascension politique et même que Sobianine doit remettre son mandat aussi vite devant les électeurs car tout le monde au Kremlin a peur de lui, M. Prokhorov. Seulement ... un sondage a été présenté juste avant l'émission, selon lequel il y a des chances que Sobianine passe au permier tour avec 60% des voix, Prokhorov n'en obtenant que 18% ... De quoi faire peur en effet....
 
Le reste de l'émission a permis de mettre en avant la tendance profondément atlantiste/mondialiste de la vision politique de Prokhorov, ce qu'il assimile à une vision moderne, à laquelle, recourrant à un parallèle passablement usé, il ne peut opposer que le retranchement derrière un mur - de Berlin? Sa vision de Moscou, qui ne serait aujourd'hui qu'une capitale provinciale ...  Le tout avec des sursauts de politiquement correct un peu troublés. Il est évidemment contre la loi sur l'interdiction des comptes et actifs à l'étrangers pour les candidats, mais on ne sait toujours pas s'il est pour ou contre les gays parades par exemple, ou en ce qui concerne l'interdiction de l'adoption par les familles américaines. Il ne veut déplaire à personne, il ne peut prendre position, il se perd dans des explications emberlificotées. En revanche, nous avons pu apprendre un élément important de sa vision politique pour Moscou - et peut être pour toute la Russie - la population de chaque quartier doit pouvoir choisir quels seront les jeux installés sur les espaces de jeu pour enfants. C'est important.
 
Mais pourquoi Prokhorov fait-il de la politique??? Pour l'instant, c'est encore une énigme. Peut être pour lui aussi?

vendredi 14 juin 2013

Prokhorov ne sera pas candidat aux élections du maire de Moscou

Voir: http://vz.ru/politics/2013/6/13/636992.html

Après ses nombreuses déclarations, selon lesquelles il sera candidat aux élections de Moscou, Prokhorov s'est désisté hier soir, lors d'une conférence de presse.
 
Le ton de l'ex-candidat potentiel était passablement aigri. Il a déclaré, en substance, ne pas vouloir participer à la procédure de prolongation du mandat du fonctionnaire actuellement en charge de Moscou. Il n'a évidemment pas voulu employer le terme d'élections, afin de déligitimer la procédure, qui le donnait perdant dans tous les cas de figure. La logique est simple: comme il ne peut pas gagner, il ne s'agit pas de véritables élections, mais d'une farce servant à légitimer S. Sobianine.
 
En effet, S. Sobianine est donné gagnant, peut être même au premier tour. Mais pas en raison de trucages, simplement car, dans l'ensemble, la population soutient sa politique. Par ailleurs, des candidats sérieux se présentent, notamment au nom du Parti communiste, ce qui ne laissait aucune chance à Prokhorov.
 
Un autre élément est à prendre en compte, l'interdiction pour les candidats d'avoir des comptes ouverts et des actifs à l'étranger, ce qui constitue l'essentiel de la fortune de M. Prokhorov. C'est pourquoi certains journaux ont pu titrer: Prokhorov choisit son bisness.
 
L'un dans l'autre, les avis sont partagés. Pour les représentants des partis parlementaires, Pokhorov s'est décrédibilisé comme politicien. Soit sa méconnaissance de la réalité politique l'a fait reculer face à la procédure contraignate du filtre local, des signatures, des actifs, etc. Soit toute cette opération n'est qu'une opération de communication et son parti n'est qu'une coquille vide.
 
Pour d'autres analystes, il a suivi les conseils des bureaux de technologie politique, qui ont pu lui recommander de ne pas participer aux élections de Moscou, puisqu'il ne pourrait que baisser les résultats qu'il y avait fait lors des présidentielles et laisserait derrière lui une forte impression d'échec qui lui porterait préjudice lors des parlementaires. Mais à quoi servent ces résultats obtenus lors des présidentielles, que représentent-ils? En fait, rien. Ils ne peuvent être capitalisés. D'autant plus que la logique d'une élection présidentielle est totalement différente de celle de l'élection d'un maire, même de celui de la capitale. Il semblerait que Prokhorov ait simplement peur de perdre. Symboliquement il a cette image du bisnesman accompli, de celui qui réussit. L'image pourrait être touchée. Financièrement, pour participer aux élections à la Douma, il devra de toute manière rapatrier ses capitaux en Russie, le fera-t-il vraiment? Sans aucun doutes si la victoire lui est garantie. Mais comment une victoire peut-elle être garantie en politique? M. Prokhorov devrait apprendre les règles du jeu politique. 

mardi 4 juin 2013

Le maire de Moscou va remettre son mandat en jeu devant les électeurs

Voir: http://kommersant.ru/doc/2204356

Le maire de Moscou, S. Sobianine, pourrait démissioner de ses fonctions rapidement, ce qui permettrait de remettre son mandat en jeu devant les électeurs.
 
Entré en fonction en 2010 suite au départ de Y. Lujkov, vétéran de la politique moscovite, S. Sobianine s'est petit à petit imposé comme une figure forte du parti Edinaya Rossiya, malgrè une allure de haut fonctionnaire. Se confronter à des élections, depuis la réforme des élections locales, ne sera pas pour lui une opération facile. Pourtant elle est essentielle.
 
Alors que son mandat court jusqu'en 2015, comment expliquer cette urgence démocratique? D'un point de vue électoral, simplement. Au niveau local et au niveau national.
 
Au niveau local, il est risqué d'attendre 2015. L'opposant le plus sérieux est Prokhorov, qui avait fait de bons résultats à Moscou aux présidentielles. Le temps pourrait jouer pour l'opposant et de toute manière personne ne connaît la configuration politique qui existera alors. Il est donc plus intéressant pour Sobianine de provoquer le processus électoral maintenant et de concourrir lors des élections locales organisées sur tout le territoire le 8 septembre.
 
Au niveau national également, l'enjeu est de taille. Les prochaines élections présidentielles auront lieu en 2018. Si Sobianine attend 2015, et s'il perd, le contrôle politique de la ville de Moscou peut passer entre les mains des opposants. Et vu les risques toujours présents de manifestations, il est dangereux de ne pas tenir la capitale. Cela pour éviter la tentation des révolutions en couleur, qui ne sont pas qu'un fantasme de conspirologue en mal d'évènements.
 
 
 
 
 
 

mercredi 10 octobre 2012

Les élections du maire de Khimky: les retraits de candidature

Voir: http://www.vedomosti.ru/politics/news/4831451/pomosch_shahovu

Le candidat de Spravedlivaya Rossiya A. Romanovitch, le leader du parti Les villes de Russie I. Babak et l'ancien membre de Iabloko I. Beloussov ont retiré leurs candidatures pour les élections du maire de la ville de Khimky. Il reste maintenant 10 candidats en course. La question qui se pose est de savoir comment vont se reporter les voix.
 
Romanovitch n'a pas précisé quel candidat il soutenait, Babak et Beloussov recommandent de soutenir le candidat du pouvoir, le maire par intérim de la ville, O. Chakhov, qui bénéficie du soutien du gouverneur si influent de la région de Moscou, S. Choïgu. Selon leurs dires, celui qui bénéficie du soutien du Gouverneur est le seul à pouvoir le plus efficacement gérer la ville. Il faut rappeler que Beloussov était arrivé deuxième aux élections de 2009 avec 22% et prétendait à la quatrième place à ces élections.
 
Il y a des chances que l'électorat de Beloussov ne se reporte pas vers Chakhov, son image est trop contestataire pour que ses électeurs puissent soutenir le candidat du pouvoir. Il peut vraissemblablement se retourner vers Tchirikova, qui bénéficie du soutien de Iabloko et très récemment de Prokhorov.
 
Les intrigues se poursuivent.
 
 

mardi 21 août 2012

Election du maire de Khimki: l'opposition entre dans le jeu politique

Voir: http://www.kommersant.ru/doc/2005161

Suite à la démission du maire de la petite ville de Khimki, aux portes de Moscou, célèbre pour le combat mené par les habitants contre le tracé d'une voie rapide reliant Moscou à Saint Petersbourg, traversant la forêt et portant un préjudice certain à l'environnement, de nouvelles élections doivent être organisées le 14 octobre.

En dehors du candidat Edinaya Rossiya, la surprise vient de l'opposition. Personnalité forte de la société civile, à la tête du mouvement de contestation du tracé, fortement active lors des manifestations de cette année, Evguénia Tchirikova présente finalement sa candidature après de nombreuses hésitations. Elle avait tout d'abord ne pas vouloir se présenter, préférant s'occuper des différents programmes écologiques, mais suite aux demandes d'un grand nombre de ses partisans, elle a changé d'avis. Il faut rappeler que E. Tchirikova avait déjà participé aux élections municipales de 2009, où elle était arrivée en troisième position avec un score honorable de 15%. Ceci lui garantie une certaine expérience et permettra d'apprécier son évolution.

Sa décision de participer aux élections municipales est un très bon signe. Cela montre l'évolution du mouvement contestataire, qui, en entrant dans le jeu politique par l'intermédiaire des élections, fait preuve d'une volonté constructive de changement, ce qui devrait avoir une répercussion positive sur son image dans l'électorat et, avec le temps, permettra de normaliser la situation: voter pour un candidat de l'opposition alors "dure" peut devenir un acte normal. Sur cette voie peut se construire un réel pluralisme politique.

Il est a souhaiter également que l'opposition ait tiré les leçons de l'échec du bloggeur Varlamov aux élections de Omsk cette année. En tête des blogs, il était arrivé en vainqueur dans la ville ... et n'avait pu réunir les 10 000 signatures nécessaires pour l'enregistrement de sa candidature, faute d'un soutien réel de la population, dans cette ville de plus d'un million d'habitants. Ce qui a illustré tout l'espace qui existe entre "le monde" d'internet, avec ses figures de proue, et le "monde" réel, avec ses besoins très concrets.

En ce qui concerne les élections de Khimki, l'opposition réagit de manière différente, selon sa nature, à la cadidature de E. Tchirikova. Les mouvements, qui ne sont pas des partis politiques, et des représentants de la société civile, comme l'organisation de Koudrine ou le bloggeur Navalny, les mouvements politiques qui savent ne pouvoir remporter ces élections, comme le mouvement de Udaltsov, toute cette partie de la société civile soutient la cadidature de E. Tchirikova, car c'est une candidature réelle qui a une chance de succès. Mais les partis d'opposition qui voient bien en elle une cadidature réelle, voient également en elle une concurrente. Les communistes pensent présenter leur propre candidat. Le parti républicain PARNAS ou encore Iabloko, sont également plus froids, rappelant que Tchirikova n'avait pas mené de consultation au sein du mouvement des partis d'opposition avant de présenter sa candidature, ils peuvent donc difficilement maintenant la soutenir car ils pensaient présenter également leur candidat.

Bref, la vie politique s'anime. Chacun veut présenter des candidats, ce qui est un excellent signe. L'idée d'une candidature unique pour toute l'opposition n'est pas réaliste, et le petit exemple de Khimki le montre. Et tant mieux, car la vie politique n'a pas besoin qu'un groupe réduit choisisse qui doit être candidat ou élu, c'est aux électeurs de faire de choix.

Pour sa part, le gouverneur Choïgu, qui a plutôt bonne réputation dans la population, a promis de garantir des élections nettes. Et c'est effectivement l'intérêt du pouvoir. Si E. Tchirikova gagne, elle entre dans les mécanismes d'Etats, elle est obligée de normaliser ses relations avec la région et avec le Centre pour des raisons budgétaires, elle devient une figure "normale" de la politique, doit s'occuper de différentes questions et pas seulement d'écologie et des manifestations. Bref, elle devient moins "opposante radicale" pour se transformer en un élément du système d'Etat, ce qui n'enlève rien à sa liberté de penser, de s'opposer, mais les moyens changent. Elle-même affirme vouloir montrer ce qu'est une politique "normale" de la ville.

Décidément, en Russie comme en France, nous entrons dans l'ère de la normalité politique!

jeudi 31 mai 2012

Les députés de Moscou préparent l'élection du Maire


Afin de mettre en conformité la législation de Moscou avec la législation fédérale, les députés de la Douma de la ville analysent les modifications permettant la mise en oeuvre de l'élection du maire de la ville de Moscou au suffrage universel direct par les habitants.

Jusqu'à présent, les députés votaient pour l'élection du Maire, en fonction des candidatures présentées par le Président de la Fédération. Désormais, ce droit appartient aux citoyens.

Le candidat à la mairie doit avoir plus de trente ans. Il ne peut pas être de nationalité étrangère ni résider en Russie en vertu d'un titre de séjour, autrement dit il doit posséder la nationalité russe. Jusque là, rien d'extraordinaire.

En ce qui concerne les marges de manoeuvre laissées par la législation fédérale aux Sujets de la Fédération, la ville de Moscou, comme la plupart des Sujets, a eu recours au maximum de filtres.

Ainsi, il ne peut y avoir de candidats indépendants, mais uniquement des candidats présentés par un parti national. Ce qui exclu également la possibilité pour les petits partis de présenter des candidats. Ce mécanisme va très certainement bloquer le développement de la vie politique, car sans élections locales auxquelles les petits partis peuvent participer ils ne peuvent se développer et mourront tout naturellement. Ce qui fausse sinon la lettre, du moins l'esprit de la réforme des partis politiques et la rend particulièrement formelle.

Deuxième filtre, alors que les candidats pouvaient avoir de 5 à 10% de soutien des élus locaux, les députés moscovites se protègent et prévoient l'instauration de la barrière maximale: 10%.

Selon les députés communistes moscovites, l'instauration de ces deux filtres dénature complètement la notion d'élection directe du maire. Ce n'est qu'une parodie permettant l'instauration de mécanismes devant conserver la situation actuelle en l'état, au profit d'un seul parti.

Aujourd'hui, la Douma de Moscou est composée de 30% de députés du parti Edinaya Rossiya, de 13% de députés communistes, de 8% de députés du parti Spravedlivaya Rossiya, de 2% de députés Iabloko et de quelques indépendants. Ainsi, seuls Edinaya Rossiya et les communistes ont à ce jour la possibilité de présenter des candidatures qu'ils peuvent librement choisir. Spravedlivaya Rossiya est obligé d'entrer dans une logique de coalition, Iabloko n'a aucun chance de même participer aux élections - ce qui annonce sa destruction rapide. Quant aux indépendants ... c'est le dernier chant du cygne.

 Voici comment on peut très efficacement et très légalement dévoyer une réforme pourtant nécessaire ...