L'ACTUALITE RUSSE EN FRANCAIS MISE AU POINT PAR RUSSIE POLITICS SUR Facebook ET Twitter!
Affichage des articles dont le libellé est spravedlivaya rossiya. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est spravedlivaya rossiya. Afficher tous les articles

lundi 21 avril 2014

Spravedlivaya Rossiya veut bâillonner les députés

Voir: http://izvestia.ru/news/569508




On en revient toujours à cette même question: un député élu au nom de son parti, représente-t-il les électeurs ou ce parti? Selon la réponse apportée, sa marge de manoeuvre subira de sérieuses variations.
 
Pour Spravedlivaya Rossiya, la situation est on ne peut plus simple. Il est vrai que S. Mironov n'est pas très doué en matière de finesse politique. Bref, un député est élu au nom d'un parti, il prête serment de tout faire pour réaliser le programme de ce parti et doit donc suivre la discipline du parti. En cas de velléité d'indépendance, il doit être possible de lui retirer son mandat. Simple, clair, une discipline toute militaire. C'est tellement plus simple.
 
Surtout quand les fidèles de Mironov continuent par une tirade patriotique: ce qui était possible dans les années 2000 ne l'est plus maintenant. La situation nécessite le regrouppement des élites autour du pouvoir, leur "consolidation", ce qui vaut également pour l'opposition. Heureusement que la Crimée est entrée dans le territoire de la Fédération de Russie, ça leur donne une excuse en or pour laisser libre cours à leur incompétence politique.
 
Mironov se croit donc en guerre? Ou est-il trop faible pour survivre politiquement en situation de paix et de pluralisme?
 
La source de tout ce remue-ménage est simple. Quelle horreur, le député Spravedlivaya Rossiya I. Ponomarev n'a pas voté pour le rattachement de la Crimée à la Russie, il n'a pas suivi les consignes de vote du parti. Il serait possible de le faire sortir du parti, comme cela avait été fait avec plusieurs députés avant, mais il leur reste déjà très peu de personnalités. Donc, il faut trouver une autre solution, une solution qui permette de faire peur en amont et de baillonner les députés en aval, les transformant ainsi en des machines à voter ce que le parti a décidé.
 
Déjà que la marge de manoeuvre des députés, et pas seulement en Russie, est très faible, ils seraient ainsi transformés en robot. Remarquez, on pourrait simplifier encore la procédure législative et donc le coût de fonctionnement du Parlement: seuls les chefs de partis seraient amenés à voter et ils auraient autant de voix que de députés, qui eux pourraient pendant ce temps faire autre chose.
 
Plus sérieusement, quelques remarques.
 
S. Mironov appelle cela un "mandat impératif", il oublie simplement que dans le cadre du madat impératif, ce sont les électeurs qui peuvent rappeler le député lorsqu'ils ne sont pas content de son travail, que cette institution ne fonctionne en général qu'en période révolutionnaire et qu'elle n'a aucune efficacité en terme de bonne gestion de l'Etat, elle a au contraire tendance à provoquer une instabilité institutionnelle.
 
S. Mironov semble oublier que les députés sont déjà responsables, que cette responsabilité est politique et qu'elle se réalise à chaques élections. Que justement, entre ces périodes électorales, un député ne peut être sanctionner pour ses prises de position dans l'hémicycle (tant que cela ne ressort pas du pénal), pour ses recommandations et ses votes, ce qui garantie sa liberté de parole, donc la qualité des débats parlementaires.
 
Enfin, il faudrait rappeler que l'opposition justement "s'oppose", c'est d'ailleurs en cela qu'elle est opposition, qu'elle est nécessaire pour éviter que le système ne se sclérose. Lorsqu'elle devient majoritaire, elle peut ainsi proposer un cours politique alternatif, ce qui n'implique pas d'ailleurs la remise en cause de tout ce qui a été fait avant. Sans opposition, le système explose car les personnes qui ne se retrouvent pas dans la politique menée par le Gouvernement, et elles existent toujours, auront tendance à radicaliser leur discours. Ce qui peut conduire non pas à une alternance, mais à un renversement de pouvoir. Juste un détail, normalement - enfin formellement - Spravedlivaya Rossiya n'est pas au pouvoir, n'est pas représenté au Gouvernement, c'est donc un parti d'opposition. S. Mironov pourrait s'en souvenir, ou peut être plus simplement entrer dans Edinaya Rossiya, ce temps-là aussi est certainement venu. Ce serait une manière honnête de réaliser sa conception de la "consolidation" des élites.
 

vendredi 25 octobre 2013

Reprise du conflict annuel sur l'idéologie du budget: entre libéralisme et social

Voir: http://izvestia.ru/news/559478

Chaque année, la discussion autour du budget relance les mêmes questions: le Fond de stabilisation est-il nécessaire? Comment estimer le prix du barile de pétrole, dont dépendent largment les ressources publiques? Quels secteurs financer sur quels secteurs économiser? De ces questions va dépendre la politique réelle mise en place par le Gouvernement.
 
Le budget proposé par Edinaya Rossiya, qui est actuellement à l'étude au Parlement, est loin de faire l'unanimité. Selon la fraction Spravedlivaya Rossiya, il ne permettrait pas de réaliser les grands axes de la politique présidentielle, tant en matière sociale, qu'en matière de relance de l'économie.
 
En effet, dans les grandes lignes, ce budget revoie à la baisse le prix du barile de pétrole, qu'il fixe à 101$, ce qui entraîne une perte pour le budget et oblige à déterminer des priorités. Dans l'ensemble, les dépenses budgétaires vont augmenter de 4,3%, par rapport au budget adopté l'année dernière. Ces augmentations vont concerner la défense (+ 18,7%), la culture physique et le sport (+26%), le paiement de la dette publique (+10%). Pour autant, le financement de la politique sociale est sérieusement revu à la baisse: santé (-8,6%), éducation (-12,9%), entretient des lieux d'habitation (-23,8%), politique sociale (-8,5%). Toutefois, afin de préserver le calme dans la population, les salaires et les retraites seront soutenus: 5% pour les médecins, 8-10% pour les enseignants, 5-10% pour les autres fonctionnaires, 8% pour les pensions. Cela permettra de compenser l'augmentation du coût de la vie et notamment des tarifs régulés: + 4,2% pour les tarifs des chemins de fer, 7,14% pour le chauffage, 8,1% pour l'électricité et 10,2% pour le gaz.
 
De cette manière, le budget prévoit des rentrées pour un montant de 13,57 trillions de roubles et des dépenses à hauteur de 13,96 trillions de roubles. Le déficit de 390 milliards de roubles peut être couvert par le Gouvernement à l'aide d'un emprunt et de privatisations. Le Fond de stabilisation, qui s'élève aujourd'hui à 2,807 trillions de roubles, recevra 344 milliards de roubles pour atteindre 3,191 trilliards de roubles. Le déficit public atteint alors 13,2% du PIB.
 
Spravedlivaya Rossiya estime que ce budget ne permettra pas d'atteindre les 3% de croissance attendus pour 2014, mais au plus 1-1,15%, car il ne permet pas de relancer l'économie, étouffe le social et bloque une partie des recettes dans le Fond de stabilisation. Pour leur part, ils proposent plusieurs mesures dans leur projet alternatif de budget. Si le prix du barile de pétrole est estimé à 110$, car en fait tout se base pour eux aussi sur le prix du barile, dans ce cas l'Etat augmente ses recettes et le budget s'équilibre. Ils proposent également d'utiliser les fonds du Fond de stabilisation pour financer le social en général. Enfin, des mesures fiscales sont proposées, comme l'introduction de paliers d'imposition, d'un impôt spécial sur les biens immobiliers de luxe, et d'une période de non imposition pour les petites et moyennes entreprises. De cette manière, ils estiment pouvoir atteindre les 3% de croissance visés.
 
Le budget est bien l'acte qui dévoile la réelle tendance idéologique d'un régime. Ici, le virage libéral, dans le sens d'une réduction du social est visible, même si les salaires sont préservés pour garder la paix sociale. L'absence d'une politique fiscale de relance de l'économie, à juste titre soulignée par Spravedlivaya Rossiya risque d'être dommageable. La paix pourra-t-elle s'acheter si facilement? Les hésitations sont toujours perceptibles.

mercredi 25 septembre 2013

2 millions de citoyens russes et une bonne centaine de députés veulent le départ du Gouvernement

Voir: http://izvestia.ru/news/557575

Les jours du Gouvernement sont-ils comptés? C'est à en douter, mais ils seront difficiles. Les communistes, avec le soutien d'autres députés, veulent initier un vote de confiance au Gouvernment. Ils peuvent obtenir le vote, mais pourront-ils provoquer la démission du Gouvernement, la question reste ouverte.
 
Même si certains analystes politiques estiment que la démarche du Parti communiste est uniquement une opération de communication, il faut rappeler que 2 millions de citoyens russes ont signé la pétition demandant le départ du Gouvernement (et les signatures continuent à affluer). Nous sommes dès lors très loin de faux-problèmes médiatisés.
 
Au départ, les communistes ne voulaient demander que le départ du ministre de l'enseignement et de la recherche, mais suite à la manière dont l'Académie des sciences a été traitée et face au projet de budget préparé par le Gouvernement, ils se sont décidés pour demander la démission du Gouvernement dans son ensemble.
 
Formellement, il suffit de 90 députés pour pouvoir inscrire ce vote à l'ordre du jour. A ce jour, 101 députés sont prêts à agir (92 communistes et 9 députés du parti Spravedlivaya Rossiya). Mais certains députés, même appartenant à Edinaya Rossiya (surtout les membres du Front populaire de Poutine) sont prêts à se joindre au mouvement, si le PC développe un programme d'action convainquant pour "l'après-Gouvernement". Dans l'ensemble, 120-130 signatures sont attendues, une grande partie des députés, toutes franctions confondues, étant d'accord sur le fait que le Gouvernement, dans sa composition actuelle, n'arrive pas à remplir correctement ses fonctions.
 
Il y a effectivement peu de chances que le vote aboutisse au départ du Gouvernement, mais si ce vote a lieu, ce sera un signal politique très fort, d'autant plus que le Gouvernement est souvent critiqué par la présidence. Serait-ce là le fondement tant attendu?

mercredi 12 décembre 2012

La Douma: grotesque ou impuissance?

Voir: http://sobesednik.ru/news/20121211-deputat-spravedlivoi-rossii-oleg-mikheev-predlozhil-kak-zashchitit-naselenie-ot-negati
http://www.gazeta.ru/politics/2012/12/11_a_4886913.shtml

Beau, beau et con à la fois! Pour la beauté, les députés ne peuvent pas beaucoup aider la population, mais pour le reste, ils ne manquent pas d'idée avant les fêtes de fin d'année. Tant d'énergie déployée pour régler des problèmes ... qu'ils ne peuvent pas régler.
 
Il faut protéger la population, pour qu'elle soit heureuse, pour qu'elle soit de bonne humeur, pour ne pas troubler son psychique. L'Homme doit le matin se lever en souriant, allumer sa radio et garder le sourire. Et là, ça se complique. Que de mauvaises nouvelles. Des guerres. Des crises. Des meurtres. De la corruption, peut être aussi? Bref, un petit déjeuner à vous retourner l'estomac.
 
Remédier à tous ces maux de la société contemporaine, les chers députés ne le peuvent pas. Ils ne peuvent pas prendre une loi pour arrêter la guerre en Syrie. Ils ne peuvent pas prendre une loi pour mettre un terme à la crise économique en Europe. Ni pour faire adopter le pacte fiscal américain et éviter une nouvelle crise financière. Mais ils peuvent demander à ce que l'on n'en parle plus. Disons, plus autant.
 
Un député du parti Spravedlivaya Rossiya a eu cette idée, aussi grandiose que grotesque. Cette pauvre population ne peut supporter plus de 30% de mauvaises nouvelles, sinon cela devient mauvais pour sa santé morale. Il faut donc restreindre les médias. Ils vont devoir parler d'autres choses. En un sens, ils pourraient prendre exemple sur les journaux télévisés français de 13h. Ainsi, ils auraient des idées fabuleuses: gros plan sur le maire d'une commune que personne ne connaît qui a planté un arbre dans la cour d'école, sur les enfants qui font un spectacle devant les personnes agées, sur la liste des achats pour Noel, sur les prix comparés des différents repas de fête ... De la grande info, en tout cas très bonne pour le morale des troupes. Et en plus, nous avons le don de le faire sans l'afficher, ça glisse tout seul entre le fromage et le dessert. Du grand art.
 
Peut-on lier cette absurdité à une autre nouvelle, la réponse à la Liste. Oui, certainement, car là aussi, la Douma est en réalité impuissante. Les Etats Unis ont adopté leur Liste, la Russie doit adopter la sienne. Bientôt chaque pays qui a un conflit avec un autre pays va adopter la sienne et on va faire une guerre des listes, un concours des listes, remettre un prix pour la liste la mieux formulée ... ou la plus secrète.
 
Bref, la Douma doit réagir. Réaction politiquement compréhensible. Mais adopter une liste, quand elle annonce vouloir donner une réponse proportionnée, fait sourire. Interdire l'entrée et bloquer les avoirs des citoyens américains ayant porté atteinte aux droits des citoyens russes. Et la liste peut porter le nom de cet enfant russe adopté mort par la faute de sa famille adoptive aux Etats Unis. Il est évident que ces gens ne viendront jamais sur le territoire russe. Les américains ne sont pas réputés pour ouvrir en grand nombre des comptes en banque en Russie, acheter des biens immobiliers à tous les coins de rue et venir en masse y passer leur vacances. Donc, pour l'effectivité, la Liste restera un document politique déclaratif.
 
Pourtant, la légalité de cette Liste américaine pose de sérieuses questions. Sur quels fondements interdire a priori des visas à des personnes qui n'ont pas fait l'objet d'une condamnation? Sur quels fondements porter atteinte à leurs biens? Et quand l'Europe docile va elle aussi "copier" la Liste, il sera intéressant de voir comment l'accès aux instances européennes sera réglé, notamment pour la CEDH. Mais sur ce terrain, ce n'est pas à la Douma de jouer.
 
 

vendredi 30 novembre 2012

Spravedlivaya Rossiya sous un feu croisé: vers la fin du parti?

Voir: http://www.specletter.com/politika/2012-11-29/sezdili-po-pervomu-litsu.html

Hier soir, toutes les chaînes nationales montraient des membres régionaux du parti Spravedlivaya Rossya en train de découper leur carte du parti et annoncer publiquement soit leur départ, soit le départ de la direction actuelle, incarnée par Mironov et Levitchev. Excellente analyse à ce sujet publiée sur le site Ossobaya Bukva (Особая буква).
 
Rappelons ce qui n'est un secret pour personne. Le parti Spravedlivaya Rossya est une création artificielle du Kremlin qui voulait mettre en place une force de centre gauche afin de centraliser le paysage politique autour d'un bipartisme de fait et en même temps affaiblir le parti communiste - lui véritable parti politique, donc trop indépendant du pouvoir à leur goût.
 
Pour ce faire, trois partis politiques sont regroupés, le parti Jizn (la vie), le parti Rodina (la patrie) et le parti Pensionnerov (les retraintés), trois partis faibles et hétéroclytes. Sur cette base, évidemment, les espoirs furent déçus. Le parti communiste a continué à se renforcer et Spravedlivaya Rossiya n'arrive pas à trouver sa place. Instrument du pouvoir, mais devant occuper un territoire bien à lui pour exister politiquement, le parti hésite longtemps entre la soumission et l'opposition. Et ce, jusqu'à la rupture provoquée par Mironov, mais trop tard. Spravedlivaya Rossiya gagne alors en terme d'image, mais perd le soutien du Kremlin, et la faiblesse de ses dirigeants se fait ressentir, surtout avec l'ouverture du paysage politique à la concurrence.
 
Ne servant plus à rien, le parti est lâché par le pouvoir, qui n'a qu'une envie, voir disparaître de la scène politique cet OVNI politique, si possible avant les prochaines législatives. Les espoirs sont alors reportés, pour jouer ce rôle, sur le parti Patriotov Rossii (les patriotes de Russie). Démarche qui, par allieurs, présente l'intérêt pour le pouvoir de suivre - et d'encourager - le mouvement de réveil national.
 
Or, Mironov n'a jamais bénéficié d'un réel soutien de la base du parti. Lâché par le pouvoir, concurrencé par de "vrais" partis d'opposition, les membres régionaux du parti se révoltent et commencent à regarder ailleurs. Ils organisent une assemblée parallèle - qui n'est pas reconnue par les instances du parti - demandent le départ des dirigeants actuels, une assemblée générale pour remettre le parti dans un "bon" courant politique, faute de quoi ils appelleront les membres à un départ en masse du parti. Cette résolution prise à la suite de l'assemblée parallèle a été envoyée aux deux dirigeants et à tous les députés du parti.
 
Les analystes politiques, comme Pavel Saline, estiment que le parti n'en a plus pour longtemps. Soit il va se désagréger, soit il va se scinder. Dans les deux cas, sa force politique en sortira affaiblie.

mardi 30 octobre 2012

Edinaya Rossiya : discussion sur un grand nettoyage dans ses rangs

Voir: http://izvestia.ru/news/535560

La discussion sur la nécessité de retirer les mandats parlementaires aux députés exerçant une activité commerciale se cristallise au sein de Edinaya Rossiya, au moment où l'opposition publie de plus en plus de matériel contre certains députés. Pour autant, un accord au sein du parti, concernant la conduite à tenir, n'est pas trouvé. La direction du parti est pour une sanction de ces députés, le président de la fraction à la Douma tend plutôt à défendre ses collègues.
 
Selon Vorobyev, les informations diffusées par Spravedlivaya Rossiya ne constituent pas une preuve de l'activité commerciale des députés Edinaya Rossiya. Et tant qu'il n'y a pas de preuve, il n'y a pas de raison de sanctionner un député. Pourtant, certains députés ont déjà rendu leur mandat, volontairement, sans attendre qu'une procédure ne soit ouverte à leur encontre.
 
Pour sa part, le secrétaire conseil général du parti Edinaya Rossiya, S. Neverov, estime qu'il ne doit pas y avoir de compromis, la loi est la même pour tous. Retirer leur mandat aux députés ayant une activité commerciale est dans l'intérêt et de la Douma et du pays.
 
Les représentants des autres partis sont plus divisés sur la question. Selon le président de la fraction parlementaire Spravedlivaya Rossiya, pour raison d'activités commerciales, il est possible de mettre à la porte la moitié de la Douma. Pour les communistes, ce combat à Edinaya Rossiya entre les plus radicaux et les timorés n'est qu'une façade, ils jouent pour le public. De toute manière, ils prendront la décision qui sera demandée par le Kremlin. Pour le LDPR, la loi est la même pour tous, mais le plus important est la volonté politique de la mettre en oeuvre. Selon Neverov, la position de V. Poutine et de D. Medvedev est claire: s'il y a des éléments prouvés d'activités commerciales, le mandat doit être retiré, sans exception possible.
 
A suivre ...

mardi 26 juin 2012

Les élections des gouverneurs se passeront selon le scénario prévu: sans alternative

Voir: http://www.kommersant.ru/doc/1966431

Malgré l'adoption de la loi sur les partis politiques, malgré la réforme des élections des gouverneurs au suffrage universel direct, rien de fondamental ne changera. Et c'est bien ce qui était prévu, si l'on oublie un instant la démagogie ambiante.

Dans les régions où ces élections doivent avoir lieu, seul le parti communiste est à même de promouvoir parfois des candidatures autonomes, Spravedlivaya Rossiya doit conclure des accords de coalition, LDPR refuse de se prononcer, quant aux partis libéraux, il n'est même pas nécessaire d'en parler. Bien sûr, Edinaya Rossiya avance la possibilité pour ces partis de contacter les députés indépendants, mais qui sont, comme chacun le sait parfaitement, sous contrôle des administrations locales. Résultats, les candidats aux élections des postes de gouverneur ne peuvent être présentés sans la signature de députés d'Edinaya Rossiya, donc sans l'accord du pouvoir.

Belle avancée en matière de démocratie locale!

La raison principale de ce blocage vient de l'existence des filtres locaux, obligeant les candidats potentiels à réunir un certain pourcentage de signatures d'élus locaux. Dans l'Oblast de Novgorod, il est de 10%, dans celui d'Amourskaya il est de 7% et de 5% à Belgorod. Or, en moyenne, Edinaya Rossiya a environ 62% d'élus locaux, pour 30% d'indépendants et 6-7% pour l'opposition prise dans sa totalité. Selon les données du parti communiste, en Russie, il y a à présent environ 141,3 milles élus locaux, dont 7067 communistes, soit 5%. Le débat électoral risque ainsi de se réduire à une opposition Edinaya Rossiya / Parti communiste, si le parti au pouvoir ne décide pas dans certaines régions de soutenir d'autres partis pour donner une impression de pluralisme.

La réforme politique obtient ainsi l'effet escompté. Il est possible de créer des partis politiques sans problèmes majeurs, mais leurs membres ne peuvent pas participer à la vie politique, c'est-à-dire aux élections. Ils sont donc condamnés à disparaître rapidement, après avoir suffisamment désorganisé le paysage politique, dispersé les voix d'opposition, le tout profitant aux partis déjà installés, et principalement au pouvoir qui va ainsi très facilement pouvoir renforcer sa position dans les régions, tout en bénéficiant d'une certaine légitimité électorale. Il est dommage que les représentants de l'opposition et les différents organes, conseils, chambre etc n'aient pas réellement analysé les conséquences des réformes qu'ils appelaient de leurs voeux ...

mardi 20 décembre 2011

L'opposition veut sa place à la Douma

Voir: http://www.kommersant.ru/doc/1842680 et http://www.kommersant.ru/doc/1842222

La répartition des postes de direction à la Douma ne se passe pas aussi bien que Edinaya Rossiya l'aurait voulu. Les partis d'opposition veulent rentabiliser leurs résultats électoraux et récupérer des directions de comité, ce qui n'a rien d'inattendu en fait.

Si Edinaya Rossiya a cédé certains comités, beaucoup estiment qu'elle garde le contrôle des aspects les plus importants de la vie politique russe, comme la sécurité ou le budget, et laisse uniquement ce qui aura peu d'influence sur le processus législatif.

Pour l'instant, un accord a été trouvé sur le nombre de comités (29 et non 32 comme avant), dont 15 seront dirigés par Edinaya Rossiya, 6 par les communistes, 4 par LDPR et 4 par Spravedlivaya Rossiya.

Et dans ce combat, Narychkine devient une monnaie d'échange. En d'autres termes, les fractions voterons pour lui, si elles obtiennent ce qu'elles veulent en matière de direction de comités. Après la réunion d'aujourd'hui, le représentant Edinaya Rossiya affirme qu'un accord a été trouvé. Mais les autres partis ne confirment pas. Bien au contraire et vont présenter leurs propres candidatures au vote.

Les communistes revendiquent différents comités comme l'éducation ou l'agriculture. LDPR veut notamment le comité international. Quant à Spravedlivaya Rossiya, ils estiment avoir beaucoup de professionnels et n'avoir pratiquement rien reçu.

Cet échange d'armes est le premier test pour Edinaya Rossiya. Sauront-ils négocier? Pour l'instant, le résultat n'est pas concluant. Mais d'ici peu, les cartes seront posées et alors un premier bilan pourra être tiré: le pouvoir a-t-il réellement pris consience de la montée en puissance des voix d'opposition? Aura-t-il l'intelligence - ou l'instinct de survie - de renforcer l'opposition systémique pour affaiblir l'opposition non systémique, plus virulente et dangereuse pour lui?

lundi 5 décembre 2011

La victoire relative d'Edinaya Rossiya

Ce dimanche se sont tenues les élections législatives en Russie, où la victoire du parti Edinaya Rossiya était attendue, mais la question était de savoir s'il pourrait obtenir la majorité qualifiée lui permettant, comme précédemment, de mener les réformes sans avoir besoin du soutien des autres partis représentés à la Douma.

Or, selon les premiers résultats, Edinaya Rossiya obtient autour de 49% des voix, contre 64,3% en 2007. Ces résultats vont obliger le parti à former des coalitions autour de certains de ses projets pour faire passer les textes. Ce à quoi ses membres ne sont pas habitués. L'opposition parlementaire va avoir la possibilité de démontrer sa volonté - ou non - de corriger le cours politique proposé par la majorité. Ils auront, en effet, soit la possibilité de continuer, comme par le passé, à soutenir sans mots dire les projets de loi du pouvoir, soit la possibilité et les moyens de s'autonomiser du pouvoir. La Douma va enfin pouvoir devenir un lieu de débat et de décision.

Autrement dit, ces élections donnent une chance unique au pays et aux partis politiques. Celle de développer enfin le parlementarisme. Celle de développer la vie politique. Celle d'avoir une opposition intégrée et constructive. Beaucoup va dépendre des représentants de l'opposition. Plus que de la volonté d'Edinaya Rossiya, qui elle n'a pas le choix. Mais vont-ils relever le défit?

Cette situation est d'autant plus favorable aux autres partis de la Douma qu'ils ont obtenus des résultats très appréciables. Le Parti communiste reste le deuxième parti de l'Assemblée et renforce sa position avec plus de 20% des voix contre 11,57% en 2007. De même, Spravedlivaya Rossiya fait un score étonnant. Il y a peu de temps de cela, les sondages d'opinion l'estimait autour de 6%, ce qui ne lui permettait pas d'être présent à la Douma. Juste avant les élections, il était donné à 8%. Hier, il a obtenu environ 13% des voix. Le parti de Jirinovsky, LDPR, obtient aussi un excellent résultat avec plus de 14% des voix contre 8,14% en 2007.

Les partis politiques ont désormais les moyens et la légitimité de mettre en place un véritable jeu politique pour que la politique du pays puisse représenter et répondre à toutes les attentes de la population.

La question sociale suite à la crise économique a certainement favorisé le vote de "gauche" (parti communiste et Spravedlivaya Rossiya), mais elle a également renforcé la tendance nationaliste que l'on voit avec l'augmentation des résultats du LDPR. La manière dont Edinaya Rossiya a mené la politique de gestion de crise, qui a permis de limiter les effets nocifs, mais de redonner de l'espoir dans une réelle sortie de crise explique aussi en partie la baisse de ses résultats. La lassitude de la population et le besoin normal et naturel de changement.

Les réflexes de pouvoir vont devoir s'adapter à cette nouvelle donne. Et répétons le, la Russie a une chance incroyable de pouvoir faire évoluer pacifiquement son régime politique vers une normalisation de la vie politique et une plus grande démocratisation. Espèrons que cette chance sera saisie!

mercredi 17 août 2011

Spravedlivaya Rossiya: les rats se préparent à quitter le navire

Левые эсеры
«Справедливую Россию» могут покинуть ключевые депутаты и спонсоры


Après l'exclusion du parti Spravedlivaya Rossiya des premiers membres à rejoindre le Front populaire de V. Poutine (le vice-président de la Douma fédérale Alexandre Babakov, l'ancienne députée Elena Vtoryguina et les députés Mikhail Starchinov et Vassili Chestakov), de nouvelles défections sont à attendre suite aux faibles perspectives qu'offre le parti aujourd'hui. Des figures importantes tant au plan fédéral que local tiendraient des pourparlers avec d'autres partis politiques. Les pourparlers sont menés en même temps avec plusieurs partis aussi différents que le Parti communiste, le front populaire ou Pravoe delo.

Les sponsors eux aussi s'interrogent et commencent à se retirer en douceur, puisque le parti ne peut plus maintenant garantir d'être représenté à la Douma.
On soulignera pour notre part que l'important pour certains députés est vraiment le fait d'être élu, peu importe par qui et pour quoi, mais ils ont besoin de garder leur immunité. Ainsi en est-il, comme le rappelle justement l'article, du député Mikheev qui se retrouve sous le coup d'un mandat international lancé par la Moldavie.

Evidemment, les députés n'affichent pas leur intention.

Etre député est donc un travil en soi. Peu importe le parti. Peu importe le programme. C'est un peu comme être chauffeur de bus: ce n'est pas la marque qui compte, ni la route à faire, mais le fait d'être assis au volant. Donc si les députés russes appartiennent à l'organe représentatif du pays, ils ne représentent essentiellement qu'eux-mêmes. Ce qui est rendu possible - et même normal - par l'absence d'un réel pluralisme politique, par l'absence d'une différenciation politique partisane.

lundi 15 août 2011

Sergueï Mironov cherche à se positionner dans l'opposition russe

"Им нужно занимать жесткую оппозиционную позицию" http://www.kommersant.ru/doc/1752358

Spravedlivaya Rossiya doit devenir de l'opposition dure. Sergueï Mironov tente de conduire ses codisciples sur cette voie. Il est même recommandé de renforcer la coopération avec les figures les plus connues de l'opposition actuelle, comme Boris Nemtsov, Vladimir Ryjkov et Igor Yourguens. Dans un inteview, Vladimir Ryjkov,co-fondateur du parti PARNAS, commente avec certains doutes la position de Spravedlivaya Rossiya.

Tout d'abord, V. Ryjkov rappelle que ce parti n'a pas défini clairement son positionnement politique et n'a pas pris de décision commune, ce qui exclu, contrairement aux rumeurs dans ce sens, toute possibilité de négociation notamment avec le PARNAS. Il hésite toujours à entrer réellement dans l'opposition ou à continuer à conduire sa politique de semi-opposition et de semi-loyauté au Parti du pouvoir.

Il est nécessaire de faire dès à présent une remarque quant à cet article de Kommersant, en itallyque pour la forme. En effet, Yourguens n'est pas dans l'opposition, il ne l'est en tout cas pas plus que Medvedev dont fait fonction de boîte à idées. En ce qui concerne plus précisément Sravedlivaya Rossiya, la période est bien évidemment propice à des rapprochements, les élections parlementaires approchent et il y a des risques à ce que Spravedlivaya Rossiya ne puisse plus bénéficier à l'avenir de ressources "technologiques", comme elles sont appelées ici, que lui garantissait son allégence à Edinaya Rossiya. De fait, comme le souligne V. Ryjkov dans son interview, les intentions de vote sont tombées à 3-4% et ne cessent de baisser - ce qui correspond déjà, à notre avis, plus au niveau réel de ce parti artificiel . C'est pourquoi il lui semble nécessaire que Spravedlivaya Rossiya détermine précisément ses intentions politiques et son programme, afin de pouvoir bénéficier du soutien des électeurs. En ce sens, toujours selon Ryjkov, si Pravoe delo et Spravedlivaya Rossiya occupent ce terrain de l'opposition, ils peuvent attendre de bons résultats électoraux.

On ajoutera encore pour notre part que le positionnement de Spravedlivaya Rossiya dans l'opposition va sembler, de toute manière, douteux à l'opinion publique. Tout d'abord parce que ce sursaut de conscience intervient après la disgrâce de Mironov, ce qui démontrerait plus le côté personnel d'une revanche d'amour propre que d'une vision politique mûrie et constante. Ensuite, il sera difficile de convaincre les électeurs qu'un parti qui n'a jamais voté contre un projet de loi Edinaya Rossiya, qui a toujours voté positivement le budget, qui n'a jamais présenté de candidat aux présidentielles contre les dauphins du pouvoir va défendre les intérêts de ces mêmes électeurs, au risque d'entrer dans un conflit direct inéluctable avec ses anciens "supérieurs". Enfin, et si la stratégie d'Edinaya Rossiya changeait en cours de route, Mironov résisterait-il longtemps au chant des sirènes?

Bref, pour réellement s'intéresser au développement d'une opposition politique russe digne de ce nom et constructive, il n'est pas nécessaire de perdre du temps à regarder en ce sens, sauf à vouloir brouiller les cartes avant les prochaines échéances électorales.