L'un des anciens députés de Timoshenko vient de ressortir une idée qui traîne quelque peu dans les couloirs ukrainiens, censée permettre de sauver l'unité du pays en dehors des accords de Minsk: les habitants de Crimée et du Donbass devront, dès la "libération" du territoire de l"occupation" russe, demander pardon aux Ukrainiens devant la justice. Ainsi tout sera pardonné, tout sera oublié, et l'Ukraine pourra vivre unie - comme par le passé, avant le Maïdan. Il semblerait que la politique ukrainienne, incapable de construire la réalité voulue, entre totalement dans le déni.
Je vous souhaite la bienvenue sur ce blog où nous allons tenter de décrypter l'actualité politique russe, donner la dimension de toute sa richesse et sa complexité. Sans clichés et sans partis pris. Sans vouloir plaire à tout le monde.
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lundi 12 mars 2018
mercredi 25 janvier 2017
Non, la Russie ne légalise pas la violence familiale
La Russie est en train d'adopter un texte de loi dépénalisant les voies de fait sans préjudices. Pour mettre immédiatement les points sur les i, quelques remarques préliminaires:
- Les coups et blessures ou toute autre voie de fait entraînant même un léger préjudice restent pénalisés aux articles 115 et 117 du Code pénal;
- Les voies de faits sans préjudice (petite fessée ou petite giffle, bousculade) sont pénalisées en cas de récidive;
- Les voies de faits sans préjudices ne sont pas légalisées, puisqu'elles sont transférées vers le Code des infractions administratives et sanctionnées par des amendes et des peines alternatives.
Donc, pour remettre les choses en place suite à la vague de propagande qui s'est emparée de la question, notamment dans la presse française.
mardi 5 janvier 2016
Le Kazakhstan place sa finance sous juridiction anglosaxonne

Le 7 décembre 2015, le Kazakhstan a adopté une loi constitutionnelle créant une justice parallèle, indépendante du système judiciaire étatique kazakh, qui applique le droit de la common law. Voici donc quel était le prix de la réélection du Président Nazarbaïev. Voilà ce qui se passe dans un pays qui n'a aucune tradition étatique.
mardi 15 décembre 2015
La Russie conditionne l'exécution des décisions de la CEDH à leur conformité à la Constitution

La Cour constitutionnelle russe va être en mesure, sur le fondement de la loi du 14 décembre 2015, que le Président vient juste de signer, de conditionner l'exécution des décisions des juridictions internationales à leur conformité à la Constitution russe. Autrement dit, la Russie met en place un mécanisme juridique de sauvegarde de la souveraineté nationale.
jeudi 21 mai 2015
La Rada met l'Ukraine "hors la loi"

Ces derniers jours, le Parlement ukrainien, la Rada, adopte des textes plus étranges les uns que les autres. En substance, ils permettent de rejeter au loin les obligations internationales que l'Ukraine s'était engagée à remplir, qu'il s'agisse du domaine des droits de l'homme ou du paiement de la dette souveraine, pour lesquels elle adopte un "moratoire". Bref, le Parlement donne le droit au Gouvernement de ne pas suivre les règles de droit international. De manière sélective. En fonction de ses propres intérêts uniquement.
Un nouveau pas est franchi.
jeudi 2 avril 2015
Les étrangers, silence et dans le rang!
La folie législative s'empare de la Douma où certains députés semblent confondre patriotisme et populisme. Bref: les étrangers ne devront pas être trop critiques envers la Russie s'ils veulent pouvoir y travailler. Compris? Tous à vos gommes.
vendredi 16 mai 2014
Le modèle turc pour l'internet russe? L'autre visage de la loi des Bloggers
Voir: http://izvestia.ru/news/570863
Сурковъ @SurkovRussia Follow
Сурковъ @SurkovRussia Follow
Почитал интервью "Известиям" зам. главы Роскомнадзора какого-то ксензова... Захотелось вступить в "Правый сектор".
Twit de Surkov: "J'ai lu l'interview à Izvestia du vice-directeur de Roskomnadzor, un certain ksenov ... J'ai eu envie d'entrer dans Secteur droit."
Internet est devenu le lieu de tous les fantasmes et de toutes les peurs. Chacun y écrit sa vie, ou celle qu'il aimerait avoir. Il peut virtuellement devenir une autre personne, même incognito, avoir des amis virtuels, vivre des aventures virtuelles, bref vivre dans notre monde moderne ... virtuellement. Chacun ses choix et cela a peu d'importance. Mais internet est aussi un moyen de faire passer des informations en masse, donc d'avoir une influence sur le mode de penser, la manière de voir le monde, la manière de le concevoir. Il a une influence directe sur notre comportement et la diffusion d'un système de valeurs. Il peut avoir une incidence directe sur la vie d'individus très concrets.
Or, dans notre société mondialisée, les valeurs et le modèle est avant tout américanisé. Cela ne pose pas de problèmes fondamentaux en Europe, le processus est depuis longtemps à l'oeuvre, il fut indolore et à dose homéopathique. Et vus les résultats, il est possible désormais d'affirmer que l'homéopathie est très efficace.
Mais en dehors du bloc Etats-Unis Europe, il existe encore des pays qui veulent défendre leur culture nationale, à une autre dimension que "l'exception culturelle" à la française. La Russie en fait partie, la Chine ou la Turquie d'une certaine manière aussi et leurs modèles sont très critiquables.
Lorsque l'on regarde l'internet chinois ou turc, le premier qualificatif qui vient à l'esprit est la fermeture. L'internet est "filtré", certaines ressources comme Facebook, Youtube, Twitter ou Google peuvent être selon le pays soit simplement interdit, soit d'accès restreint car ces ressources sont considérées comme un élément de l'américanisation des sociétés. L'efficacité à court terme est incontestable, l'efficacité "retour" à long terme également: l'interdiction générale provoquant l'envie, ces pays cultivent très activement la radicalisation de leur opposition et l'amour irréfléchi pour une Amérique qui redevient idéalisée et donc idéale.
Entre le laisser tout faire et le tout interdit, la Russie tente de trouver sa voie, une voie qui lui permette de protéger la population contre les dangers réels d'internet: l'extrémisme, la pornographie, la pédophilie, l'incitation à la haine religieuse, l'incitation au suicide, ect. Ces problèmes existent dans tous les pays et une coopération entre les gouvernements et les entreprises du secteur virtuel est incontournable.
La Russie aussi a adopté ces mesures, mais elle se rend compte de la difficulté de les faire appliquer. Par exemple Twitter, entreprise totalement américaine, ne le fait quasiment jamais, Facebook et les autres, plus implantés dans différents pays, discutent, mais sont difficiles à convaincre. Et dans ce contexte de délicate coopération, une loi sur le statut des bloggers entrera en vigueur au 1er août et les obligera à s'enregistrer.
Cette loi concerne non pas tous les bloggers, mais certains, les plus célèbres, russes et russophones, ceux-qui ont plus de 3000 entrées par jour, donc ceux qui ont la possibilité d'influencer l'opinion publique. Ces bloggers, sans être totalement assimilés à des masses médias, en reprennent certains traits: l'obligation de vérifier la véracité de l'information publiée, le droit de diffuser des publicités, l'obligation de respecter la législation concernant l'extrémisme, la langue etc. A la différence, ils revêtiront une responsabilité personnelle quand la responsabilité des journalistes est souvent assumée par leur rédaction, ils ne bénéficieront pas des accréditations lors des conférences de presses, etc. Mais, ô bonheur, le concept de blogger sera fixé par la loi, ils auront le droit de chercher l'information, de la diffuser, notamment en ce qui concerne les organes publics.
Et là on voit à quel point le vice-directeur du département à peu près équivalent au CSA, se moque du monde dans l'interview qu'il donne à Izvestia en expliquant le plus sérieusement du monde toutes ces absurdités. D'un autre côté, il n'a pas le coix, la loi a été adoptée, il va devoir l'appliquer et manifestement ne sait pas du tout comment.
Bref, l'absurdité consiste en ce que la loi n'apporte rien en matière de droit pour les bloggers, qui, comme tout individu, avant l'adoption de cette loi, ont toujours eu le droit de communiquer avec les organes publics pour demander des informations. C'est déjà dans la législation, cela s'appelle le principe de transparence et l'administration est obligée de répondre à toutes les questions des administrés, en Russie aussi. Ensuite, les contenus publiés sur les plateformes, en russe ou en Russie, doivent être conformes à la législation russe. Et déjà aujourd'hui, si vous incitez les gens à la ségrégation raciale, au suicide, vous appelez à la pédophilie, votre publication doit être retirée et vous risquez une condamnation pénale. Si le contenu est faux, son auteur peut être attaqué en diffamation. Donc, rien de nouveau non plus ici. Les bloggers ne seront pas a priori accrédités comme journalistes pour les conférences de presse, donc la loi fixe la pratique et ne la modifie pas. Autrement dit, techniquement, elle n'apporte quasiment rien. Sauf l'obligation de vérifier la véracité de l'information, ce qui est plutôt flou.
Son apport est "politique". Elle fixe la politique du pays face aux bloggers russes et russophones et elle la place sur le terrain de la restriction, voire de la défensive. L'accent n'est pas mis sur la liberté de communication, d'expression, mais sur la restriction, la méfiance. Car reste vivante, et parfois non sans fondement, la peur des réseaux sociaux comme plateforme révolutionnaire. Dans le même temps, tout le monde comprend bien que le modèle chinois est trop radicale. Remarquez, la Russie veut développer un produit concurrent, nationale, mais de qualité équivalente pour attirer l'attention des utilisateurs. Pourquoi pas. Il y déjà des produits comme Vkontakte ou yandex etc. Ce qui n'ôte rien à la popularité des produits internationaux ou purement américains. L'intérêt est ailleurs, sans oublier l'habitude.
La fin de l'interview donne la réponse: avec cette loi, en cas de réel danger socio-politique, il y aura la base légale pour fermer les ressources comme Facebook ou Twitter afin d'éviter des désordres sociaux majeurs. Donc, faire légalement ce que la Turquie avait fait dans l'urgence.
Le but n'est pas de surveiller les bloggers: aucuns nouveaux moyens ne seront attribués à cet effet, ni en budget, ni en personnel. Il faudra se débrouiller avec les moyens existants. Les compagnies internationales ne coopéraient que du bout des doigts avant la loi, elles continueront après: pour elles rien n'a changé. Donc la loi "blogger" n'est pas une loi de situation normale, c'est une loi de situation d'urgence, une loi d'exception pourtant adoptée dans une situation ordinaire. C'est une loi qui est adoptée dans le contexte de la peur de la propagation des révolutions.
Mais juste pour finir un petit rappel. Si les révolutions de couleurs sont arrangées de l'extérieur, elles sont également, au début, soutenu à l'intérieur par une partie significative de la population, en raison principalement des problèmes de corruption de ces régimes, corruption qui met à mal leur légitimité. Or, s'il est possible à court terme de bloquer les discussions concernant les problèmes réels dans le pays, cela ne les règle pas. Et s'ils ne sont pas réglés dans le Parlement, dans le Gouvernement, dans les tribunaux, ils finissent par l'être dans la rue. Il est alors trop tard pour bloquer internet.
La loi "Blogger" est donc une loi inutile, qui ne fait que traduire la peur des parlementaires et d'une partie de la sphère gouvernante. Il serait préférable de donner des signaux forts de la lutte contre la corruption, pas seulement en paroles mais en actes. Et la possibilité d'appliquer l'amnestie à Serdiukov est un contre signal de poids qu'aucune loi ne fera digérer.
jeudi 6 février 2014
De la protection des minorités sexuelles au combat contre l'hétérosexualité? L'hystérie autour des JO de Sotchi
Voir: http://www.europarl.europa.eu/sides/getDoc.do?type=REPORT&reference=A7-2014-0009&language=FR&mode=XML
http://www.gazeta.ru/social/news/2014/02/06/n_5928529.shtml
http://www.gazeta.ru/social/news/2014/02/06/n_5928529.shtml
L'hystérie, qui se décuple autour de la Russie à l'occasion de l'ouverture des JO de Sotchi, hystérie qui n'a strictement aucun rapport avec le sport, dont tout ce monde semble se moquer comme de sa première couche culotte, concerne notamment la question de l'interdiction de la propagande homosexuelle chez les mineurs.
Pour ceux, nombreux, qui parleraient de cette loi sans l'avoir lue, faute de le pouvoir, faute de le vouloir, je précise encore une fois qu'il s'agit bien de l'interdiction de la propagande chez les mineurs et non d'une pénalisation de l'homosexualité.
Des prix nobels de la paix, qui n'ont certainement pas lu le texte de loi incriminés, envoient une lettre au Président russe pour qu'il revienne sur cette infamie, des artistes de différents pays feraient de même ... la lettre n'est simplement pas encore arrivée. Bref, quelle horreur, il faut se battre pour la propagande, surtout chez les mineurs. Cela semble donc être le message de paix de notre époque. A chaque époque ses combats.
Et l'enjeu est bien là. C'est bien ici la source de cette hystérie collective qui n'a rien à voir avec la défense des droits des homosexuels, puisque parallèlement, les réactions se radicalisent à leur égard et personne ne veut faire le lien entre les dérives du combat pour avoir le droit de vivre librement sa sexualité et le fait que la majorité, face aux dérives, ressente elle aussi une agression contre son mode de vie. Bref, ce n'est pas la recherche d'un consensus social, ce qui serait raisonnable, mais la recherche des moyens de modifier le vivre ensemble. Et ici, le choix politique fait par la Russie choque d'autant plus qu'il s'oppose frontalement à la méthode politique choisie par l'UE, et donc transmise à ses membres.
Pourquoi vouloir libéraliser la propagande chez les jeunes? Car l'école de la république forme les esprits des futurs adultes. Donc pour modeler une société, il faut s'attacher à la formation des esprits des plus jeunes. Le combat républicain français sous la Troisième République le savait parfaitement, l'Union soviétique faisait de même avec ses Oktiabriates.
Alors que la Russie veut sciemment protéger la jeunesse de la propagande, pour que l'image de la famille ne soit pas modifiée, l'UE adopte une feuille de route intéressante contre l'homophobie et les discriminations fondées sur l'orientation sexuelle et l'identité de genre, appelé par les médias Rapport Lunacek. Cette feuille de route ne contient évidemment aucun injonction qui puisse faire bondir, mais quelques remarques s'imposent.
Tout d'abord, l'utilisation de l'expression "les droits fondamentaux des LGBTI" fait sourire. Les juristes connaissent le terme de droits fondamentaux de l'homme, car ces droits sont attachés à la nature humaine. Les LGBTI, en tant qu'êtres humain, possèdent les mêmes droits que chacun. Stigmatiser de cette manière revient de facto à en faire une sous-catégorie, mais juridique ou humaine? D'un point de vue humaniste, la démarche est dérengeante. D'autant plus que la démarche ne s'arrête pas aux frontières de l'UE, mais l'attention doit être portée également en dehors de l'UE. Il y a donc bien une politique propagandiste, voire d'ingérence.
Ensuite, "la Commission devrait (...) contrôler les échanges de bonnes pratiques entre les Etats membres". Et la notion de contrôle et la notion imprécise de "bonnes pratiques" fait quelque peu réfléchir. N'y a-t-il pas atteinte à la souveraineté des Etats dans ce contrôle dont l'objet est on ne peut plus flou?
Passons sur beaucoup d'autres aspects intéressants, comme l'incitation des Etats à ne pas revenir sur leur législation garantissant les droits des LGBTI, incitation à la développer. Passons, pour s'arrêter sur un point, celui concernant l'éducation:
" i) la Commission devrait promouvoir l'égalité et la lutte contre les discriminations fondées sur l'orientation sexuelle et l'identité de genre dans l'ensemble de ses programmes destinés à la jeunesse et à l'éducation;
ii) la Commission devrait faciliter les échanges de bonnes pratiques entre les États membres en matière d'apprentissage formel, y compris pour ce qui concerne les supports d'enseignement et les politiques de lutte contre le harcèlement et la discrimination, par le biais de la méthode ouverte de coordination;
iii) la Commission devrait faciliter les échanges de bonnes pratiques entre les États membres à travers l'ensemble des politiques menées par ces derniers dans les domaines de l'éducation et de la jeunesse, y compris par les services d'aide sociale et d'aide sociale à l'enfance, par le biais de la méthode ouverte de coordination;"
Il s'agit bien de faire entrer la discussion sur l'homosexualité à l'école, dans les programmes, de pouvoir avoir recours aux services d'aide à l'enfance etc. C'est un choix politique, c'est un choix pour une autre société. Mais ce n'est qu'un choix, donc il est possible d'en faire un autre. ce n'est pas une Vérité incontestable. La Russie a fait un autre choix. Pas celui de la condamnation de l'homosexualité, mais celui du refus de la propagande. La loi qu'elle a adopté n'est pas une loi homophobe, mais une loi anti-propagande. Et en ce sens, sa démarche va à l'inverse de la démarche choisie par l'UE.
Il faut dire que la Russie a déjà connu l'Union soviétique et son idéologisation forcée, qu'elle en est revenue. Il parait que chacun doit faire ses propres erreurs pour apprendre, espèrons que cela ne coûtera pas trop cher aux nations européennes.
samedi 17 août 2013
La leçon de Y. Isinbayeva: le seul problème en Russie est la lutte contre la propagande homosexuelle
Chers lecteurs,
Je suis désolée de vous tirer de vos vacances bien méritées, mais l'information est de taille. En effet, lors des mondiaux d'athlétisme, une excellente nouvelle est apparue, je ne peux pas la taire. Accordez moi donc quelques minutes.
Vous avez tous, certainement, suivi l'emballement médiatique suite à la déclaration de Yelena Isinbayeva, se prononçant non pas contre l'homosexualité comme pratique individuelle, mais contre la propagande, soutenant en ce sens la loi récemment adoptée qui ne criminalise pas l'homosexualité, mais interdit la propagande à ce sujet. Elle rappelle par ailleurs la nécessité de respecter les lois du pays dans lequel vous vous trouvez. (voir l'article sur CNN, le maître à penser de nos médias http://edition.cnn.com/2013/08/15/sport/world-championships/?hpt=hp_bn2)
Cela semble être une aberration pour le "Monde libre". Mais c'est également une très bonne nouvelle. Ce Monde libre ne trouve donc plus rien d'autre à reprocher à la Russie que de refuser la propagande homosexuelle.
En effet, après les décisions de la CEDH, il est difficile de continuer de parler de la politisation du procès Khodorkovsky, personnage qu'il n'a pas été possible d'ériger en icône malgrè les milliards investis. D'autant plus que le fondement illégal de ses actions a été établi.
En effet, les excès de Femen, les scandales autours de l'incompétence des avocats de Pussy Riot, ont fait retomber la vague des punkettes manipulées, qui n'ont pu obtenir un véritable soutien dans la population.
En effet, l'opposition politique, de plus en plus radicale, a démontré sa capacité à organiser des manifestations, à les décrédibiliser en les monnayant, mais n'a toujours pas produit de programme politique alternatif, confondant encore à ce jour activisme et politique.
Alors que reste-t-il? La propagande homosexuelle. Et qu'importe qu'à l'époque soviétique on reprochait à l'Union soviétique de faire de la propagande et qu'auourd'hui on reproche à la Russie de ne pas faire de propagande. A chacun sa logique. Le problème n'est donc pas la propagande, manifestement acceptée en Occident, mais son objet.
Il reste donc la propagande homosexuelle, car c'est ce qu'il reste au Monde, autrefois, libre. La propagande comme mode de conditionnement des masses. La focalisation sur l'homosexualité non pas pour que chacun puisse vivre librement, cela intéresse peu. Non pas pour que tous puissent vivre en harmonie, cela n'intéresse absolument pas. Mais pour casser le carcan de ce qui est considéré comme des valeurs classiques. Bouhhh, quelle horreur. Rien que d'écrire ces mots, le clavier tremble et se révolte.
Comme notre société, qui se met à trembler et se révolte quand une jeune femme exemplaire et au sommet de sa gloire déclare qu'il ne s'agit pas d'une valeur universelle. Autrement dit que la propagande homosexuelle n'est pas une valeur fondatrice pour la société russe. Et le monde tremble. Car l'est-elle ou peut-elle l'être pour d'autres pays?
La reconnaissance, la légalisation de toute propagande va à l'encontre des valeurs de tolérance prônées, à une autre époque, notamment, par la France. Car faire de la propagande conduit à manipuler le système de valeurs, à stigmatiser les façons de penser, à provoquer des rejets. On coupe ainsi artificiellement les populations. Diviser pour mieux régner.
Et la réaction de Yelena Isinbayeva pose en filigrane toute une série de questions dont les réponses font peur:
La propagande homosexuelle sert-elle les intérêts de la communauté visée ou d'autres intérêts qui manipulent cette communauté?
Il est évident que ce ne sont pas les intérêts des homosexuels qui sont en cause. Les sondages montrent que les gens, en Russie, tolèrent de moins en moins les homosexuels à mesure que cette propagande s'intensifie. Donc l'intérêt est ailleurs. Il est politique: mettre en place une ligne de rupture dans une société moderne mais défendant des valeurs classiques - et après 70 ans de communisme, ne vous inquiétez pas pour le rôle des femmes dans la société.
Que cache la stigmatisation de la Russie sur la question de la propagande homosexuelle?
Tout d'abord que les autres tentatives n'ont pas fonctionnées.
Ensuite, quelle que soit l'évolution et la normalisation du pays, la Russie ne peut être un ami sur la scène géopolitique. Le rideau de fer est plus nécessaire à "l'Occident" qu'à la Russie.
Enfin, et le plus important, la Russie se développe sur une ligne idéologique alternative par rapport à celle choisie par l'Occident, ce qui pose problème, car si une alternative existe, il existe un choix. Or, le système politique occidental contemporain ne peut supporter l'alternative. Toute alternative est considérée a priori comme anti-démocratique et donc rejetée. Et sous ce terme aujourd'hui dévoyé on a introduit une connotation idéologique très forte. Il ne s'agit plus de la défense des mécanismes démocratiques permettant aux peuples d'exprimer leur choix, mais la défense des mécanismes idéologiques qui ont permis de remplacer imperceptiblement le souverain. Le peuple doit être d'accord, car il ne doit pas avoir le choix. Et pour cela la propagande doit fonctionner à plein régime.
Les JO promettent d'être très mouvementés et pleins de provocations...
jeudi 12 juillet 2012
Augmentation des amendes en matière électorale ... mais la pratique judiciaire?
Voir: http://izvestia.ru/news/530156
Un nouveau texte de loi vient d'augmenter les amendes intervenant en sanction de la violation de certains aspects de la matière électorale. Une arme pour des élections plus propres.
Pour la perturbation du fonctionnement des commissions électorales (et pour les referendums), ainsi que pour la violation du caractère secret du vote, l'amende est passée de 40 000 à 80 000 roubles. Pour la violation du régime de financement de la campagne électorale d'un parti ou d'un candidat, l'amende est de 200 000 à 500 000 roubles (avant, elle était de 100 000 à 300 000 roubles). L'amende pour la falsification des résultats du vote est maintenant comprise entre 300 000 et 500 000 roubles (avant, elle était de 100 000 à 300 000 roubles).
Si seulement il était possible de modifier aussi facilement la pratique judiciaire! L'arsenal législatif est en train de se constituer, espérons qu'un jour il pourra réellement servir à rendre les élections plus légitimes!
mercredi 4 juillet 2012
Une nouvelle Chambre sociale pour la ville de Moscou
Мосгордума приняла закон об Общественной палате Москвы, созданной для взаимодействия с оппозицией
La Douma de la ville de Moscou vient d'adopter une loi prévoyant la mise en place d'une Chambre sociale rattachée à la ville de Moscou. Le Conseil social auprès du maire sera alors dissout et elle fonctionnera en parallèle avec le Conseil consultatif des partis politiques auprès de la Douma, qui assure un lien fictif avec l'opposition.
S'il s'agit d'une nouvelle structure devant faire bonne figure et encore une fois assurer le lien avec l'opposition, mais sans avoir aucun moyen d'influence sur le cours des prises de décision, elle ne sera pas plus utile que son prédécesseur. Cette Chambre doit être composée de 64 membres, dont aucun ne peut être au service de l'Etat ou des différents services municipaux. 24 membres seront nommés par le Maire de Moscou, 24 seront des représentants des organes de la société civile travaillant à Moscou depuis au moins trois ans et 20 seront élus par les membres choisis.
S'il s'agit réellement d'établir un lien constructif de collaboration visant à faire remonter les besoins et les propositions de la population en ce qui concerne la gestion de la ville, ce sera un grand pas en matière de démocratie locale. Pour cela, il faut espérer que non seulement la ville, mais également les organes de la société civile sauront ne pas exégérément politiser le débat et enfin répondre aux attentes des personnes ... dont en fait ils sont au service ... la population de Moscou.
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