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lundi 14 mai 2018

Khamzat Azimov ou pourquoi les attentats sont inévitables en Europe



La France a encore été victime d'un attentat. D'un attentat sauvage, au couteau, par un homme qui s'en est pris devant l'Opéra aux passants. Faisant un mort et quatre blessés. Un attentat de plus. Et toujours sans réelles mesures. Il ne s'agit de demander le risque zéro, il n'existe pas, c'est du populisme. Mais un minimum de logique dans la politique de l'Etat - qui doit protéger autant que possible sa population (telle est la mission de l'Etat, sinon il ne présente aucun intérêt) et savoir écarter les intérêts partisans, les partis-pris idéologiques qui mettent en péril la sécurité publique. C'est justement ce que l'on peut reprocher aux derniers Gouvernements, qui sur ce plan se sont surpassés les uns les autres. Et la présentation de ce tchétchène-franaçais-russe donc victime et bourreau montre à quel point notre pays s'est enfferré dans sa myopie politique.


Khamzat Azimov est né dans la République de Tchétchénie en 1997, il est arrivé en France en 2000. Autrement dit, il avait trois ans. Sa famille faisait partie du lot des "réfugiés tchétchènes", puisqu'en 1999 la "deuxième guerre de Tchétchénie" avait commencé et que pour la France les Tchétchènes étaient du côté du Bien et les Russes incarnaient le Mal. Comme l'affirme avec justesse l'ambassadeur russe en France, celle-ci a toujours eu une politique très favorable par rapport aux Tchétchènes.


Comment expliquer cette sympathie? Très simplement: les ennemis de mes ennemis sont mes amis. Une fois encore, l'expérience montre à quel point la sentence est fausse. Mais la France se trouve dans une situation plus que délicate. Ainsi, ce charmant Tchétchène est montré comme ... russe - la Russie étant l'ennemi, c'est plus logique:



Les Tchétchènes, dans la fantasmagorie française, sont des combattants pour la liberté qui ont été vaincus par le régime russe sanguinaire, qu'ils ont dû fuir et qu'il est alors impératif de recueillir les bras ouverts. Amen. Puisque c'est suite aux sanglants combats menés par l'armée russe que des groupes radicaux se sont formés. Autre explication:



Retour sur quelques faits du conflit tchétchène, qui semblent dépasser l'entendement de nos journalistes, tout autant que de nos politiques.

Le conflit entre la Russie et la Tchétchénie a été découpée en deux périodes et a débuté avec la chute de l'URSS, suite à laquelle la République tchétchène a déclaré sa souveraineté en 1991 et s'est déclarée République tchétchène d'Itchkerie. Les premières années suite à la chute de l'Union soviétique furent difficiles pour le pouvoir central russe qui a eu des sursauts jusqu'en 1993, lorsque le très démocrate Eltsine a envoyé en plein Moscou les chars contre le Parlement, où des insoumis, un peu tremblotants, résistaient à l'inévitable chute. Question réglée, avec le consentement de l'Occident. Mais la situation en Tchétchénie ne se calme pas pour autant (surtout avec la politique de Eltsine qui s'était appuyée sur les revendications locales pour faire exploser l'URSS), des soutiens extérieurs venant de groupes radicaux étrangers sont de plus en plus forts, notamment des Frères musulmans ou encore Al Haramein, qui est un Fonds basé en Arabie Saoudite proche d'Al Quaida, qui a participé au financement de la guerre en Tchétchénie jusqu'en 2005 au minimum à hauteur de 150 000 $.

Le 9 décembre 1994, le Président Eltsine adopte un oukase ouvrant la voie juridique à une intervention militaire en Tchétchénie. Le 11 décembre, les troupes sont envoyées. Mais l'armée russe est faible, désorganisée, démoralisée et perd beaucoup d'hommes dans un combat où pourtant elle est formellement supérieure en nombre. Du 28 avril au 12 mai 1995, un cessez-le-feu est conclu, immédiatement violé par les groupes terroristes, qui en profitent pour regrouper leurs forces, remplir leurs rangs et repartent à l'attaque. Les postes-frontières sont attaqués, des attentats sont commis dans plusieurs villes. En août 1996, l'armée russe laisse Grozny après d'énormes pertes humaines et matérielles. Finalement, la Russie conclut un accord de coopération avec la République tchétchène d'Itchkerie le 12 août 1996, la reconnaissant par la même.

Le 29 février 1997, Maskhadov s'était fait élire Président d'Itchkerie (il sera tué en 2005 par les services spéciaux russes). Après le retrait des forces militaires russes, il introduit la charia en février 1999 et prépare son grand projet: les Emirats du Caucase. Ce qui donnera lieu à la deuxième campagne russe en Tchétchénie. Le 7 août 1999, les forces armées de Maskhadov, dirigée par Bassaev et le terroriste arabe Khatab. Leur groupe comprenait un bon nombre de mercenaires étrangers.

Ces figures sont intéressantes. Khatab a participé de côté des talibans aux combats en Afghanistan contre les Soviétiques en 1987, en 1990 il participe aux combats dans le Karabakh du côté des azéris et on le retrouve du côté de Maskhadov en Tchétchénie. Quant à Bassaev, après avoir tenté d'être président de Tchétchénie en 1991, il s'est plus occupé du terrorisme, en commençant par un  détournement d'avion en Turquie en novembre 1991. En 1992, il est nommé comme commandant des forces confédérées des peuples du Caucase et fait la guerre en Abkhazie, où il dirigera un bataillon tchétchène. En 1996, après la mort de Doudaev qui dirigeait la première campagne, il est nommé petit à petit à la tête des forces armées d'Itchkerie. En 1999, il est à l'origine des nombreux actes terroristes qui ont touché Moscou et d'autres villes russes (explosion des immeubles). Quant à Maskhadov, en 1992 il quitte l'armée russe pour rejoindre Doudaev et être en charge de la défense de Grozny. On le retrouve ensuite à l'origine de nombreux attentats en Russie, notamment celui de Beslan. Elu en 1997 à la tête de la République d'Itchkerie, il fera de nombreux voyages aux Etats-Unis ou en Angleterre, notamment pour recevoir des financements.

Ce sont donc ces gens que nos politiques soutiennent ...

La question qui se pose au Gouvernement français est celle de la logique de sa politique. Et cette question fait mal. Les Tchétchènes ont combattu les Russes - du côté des terroristes qui se battent aujourd'hui pour l'Etat islamique. Ce que démontre, s'il en est encore besoin, cet attentat de l'Opéra. Face à cet inconfort, les journalistes français bottent en touche, surtout lorsque Kadirov leur rappelle que le charmant petit a grandi en France - la Tchétchénie d'aujourd'hui n'y est pour rien. Il est le résultat de la Tchétchénie d'Itchkerie, celle qui était tant aimée par l'Occident, celle qui a produit ces individus, venus en France et ailleurs en Europe. Ces individus que la Russie est partie combattre justement en Syrie. Comme Assad. Assad et la Russie que l'Occident accuse de massacrer des "pauvres civils".

Mais la vision de notre pays est beaucoup plus simple - simpliste: ils détestent Poutine et sont partis le combattre. Bref, Poutine est coupable. Voici la profondeur de l'analyse de la DST:
"Une mouvance tchétchène est séduite par le discours jihadiste. Certains nourrissent une telle détestation de Vladimir Poutine et de la Russie que tous les ennemis de ce pays sont les bienvenus", analysait ainsi dès 2015 pour franceinfo Louis Caprioli, ancien sous-directeur chargé de la lutte contre le terrorisme à la Direction de la surveillance du territoire (DST).

Nos politiques sont incapables d'ouvrir les yeux. Car ils ne veulent pas voir leur propre veulerie. Donc nous aurons encore beaucoup d'attentats.



5 commentaires:

  1. je partage totalement votre point de vue, au passage parler des "oligarques" qui ont financé ce fiasco et confortablement hébérgé...en GB ou USA, parler également des manipulations de la CIA aux forts relents de pétrole, rappeler que le père de Kadyrov a été assassiné par les terroristes et que son irréductible engagement avec Poutine vient beaucoup du fait que dans la tradition Tchétchène ce dernier lui a sauvé la vie, parler aussi des fonds russes à la reconstruction de Grozny, etc etc , bref tout ce que nos "merdias" englués dans une logique russophobe destinée à nous pousser de plus en plus dans les bras des vrais terroristes que sont les USA sont incapables de voir.

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    1. Vous avez raison!
      Le plus triste est que toutes les personnes de bonne volonté, et grâce à Dieu elles sont nombreuses en Occident, n'ont pas le temps, ou l'idée, de s'informer ailleurs que dans leurs presses locales.
      Et nous savons que ces médias sont complètement tenus et soutenus financièrement par nos Etats respectifs.
      Nous sommes semblables aux moutons menés à l'abattoir.
      Et les charmeurs, qui nous entraînent vers la W W III, ne sont autres que des marchands d'armes

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  2. Aucune décision n'a été prise pour faire arrêter les massacres, donc, ils continueront.

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  3. Edifiant. Merci pour cette mise au point.

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  4. La presse française n'a aucune vergogne: "république musulmane russe du Caucase"; guerres dévastatrices qui "ont donné naissance à une rébellion islamiste jusque là peu active dans les pays occidentaux"! Comment oser écrire des choses pareilles et pouvoir se regarder encore dans une glace? Quand tous ces gens soutenaient le terrorisme islamiste tchétchène, jusque dans ses plus affreux attentats sur le sol russe, quand ce terrorisme était soutenu de l'extérieur, comme en Syrie, et par qui? Nous avons affaire à des gens d'une vilenie absolument abyssale. Mais comme le dit Marie Genko, beaucoup de gens avalent ça comme pain bénit, j'en ai un exemple ici même...

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