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vendredi 4 octobre 2013

Les mystères du ministère de l'éducation s'élèvent à 300 millions

Voir: http://izvestia.ru/news/558122

Les scandales autour de l'examen d'Etat final du second dégrès n'en finissent pas de se ramifier. Le BAC russe avait fait parlé de lui lors de fuites massives de sujet. Le ministère insistait alors sur le fait que des hackers étaient à l'origine de ces fuites, l'enquête parlementaire avait prouvé qu'il s'agissait de fuites internes.

Alors que le Gouvernement accorde 300 millions de roubles au Ministère de l'éducation pour lutter contre les hackers, celui-ci reconnaît enfin que ceux-ci n'y sont pour rien. Ce qui tombe bien, car les 300 millions, eux, existent bien.

La grande question est alors de savoir comment utiliser ces fonds. Le Gouvernement estime que de toute manière il faut renforcer le système de sécurité du BAC. Pour leur part, les députés sont particulièrement sceptiques et veulent établir une commission mixte indépendante, composée et de parlementaires et de membres du ministère, afin d'éviter que les fonds ne soient gentillement répartis entre certains membres. 

Surtout que, à la source des fuites, il y a de forts soupçons que certains fonctionnaires les aient vendu ...

Moralité de l'histoire. Vous mentez, vous trichez, sur ce fondement vous touchez une somme importante d'argent public et, quand repoussé dans vos retranchements vous êtes bien obligé de reconnaître le mensonge, les fonds accordés pour régler un problème qui n'existe pas vous sont de toute manière acquis. Nous vivons une époque formidable!

mardi 27 août 2013

La corruption du ministère de l'éducation nationale responsable du scandale du BAC en Russie

Voir: http://izvestia.ru/news/556058

Souvenez-vous, le scandale autour du BAC avait commencé en mai, avant même que les épreuves ne débutent. Il s'agissait de fuites sur internet des sujets et des réponses. Et cela est d'autant plus facile à mettre en oeuvre que les épreuves ne comportent pas de dissertations, de commentaires ou autres formes d'examens qui obligent à personnaliser la copie, mais ils consistent simplement en un questionnaire.
 
Tout d'abord, le ministère avait dit qu'il ne s'agissait pas de fuites généralisées et que les informations diffusées n'étaient pas les véritables sujets et les bonnes réponses. Quelques jours plus tard, ils furent obligés de confirmer la fuite. D'autant plus que ces fuites concernaient 6 matières: les mathématiques, l'histoire, la chimie, l'informatique et les sciences sociales. Le problème fut d'autant plus grave que les informations étaient véritables et les fuites massives. Mi-juin, le vice ministre, avant de démissionner, avait déclaré que ces fuites étaient dues à des attaques contre la boîte mail du ministère.
 
Avant la fin de la session parlementaire, le ministre tant contesté de l'éducation nationale, D. Livanov, demande une enveloppe budgétaire de 300 millions de rouble pour lutter contre ces attaques en vue du BAC 2014. Surpris par ces déclarations, V. Burmatov, opposant au ministre, s'adresse au ministère de l'intérieur pour qu'il vérifie l'exactitude des faits avancés par le ministre. Et là, surprise ...
 
Après deux mois d'enquête, durant lesquels le ministère s'est informé auprès de toutes ses strustures régionales, le verdict est tombé: il n'y a pas eu de hacker, ce sont les membres corrompus du ministères qui eux-mêmes ont vendu les données.
 
L'attaque contre la boîte mail d'un ministère est une infraction pénale. Si de tels faits sont constatés, le ministère est obligé de porter plainte afin qu'une enquête pénale soit ouverte. Or, rien de tel n'a été fait. Manifestement, comprenant que les fuites venaient des services eux-mêmes, ils ont décidé de ne pas provoquer d'enquête pour éviter un nouveau scandale. Qui est de toute manière aujourd'hui révélé.

mercredi 5 juin 2013

Le ministère de l'éducation nationale encore aux prises avec le bac russe

Voir: http://newsru.com/russia/05jun2013/physics.html

Depuis l'introduction de cet examen final du secondaire, les scandales s'enchaînent et se ressemblent chaque année. Les tests, puisqu'il ne s'agit que de cela, ne permettent pas de sélectionner les élèves, ne sont pas une garantie. L'effet inverse est même à ce point catastrophique, qu'une exception a été faite pour les Universités d'Etat de Moscou et de Saint Petersbourg, afin qu'ils puissent mettre en place leur propre examen d'entrée. Le niveau réel des élèves pris sur résultats du bac russe ne correspondaient pas, et de loin, au niveau affiché par les résultats officiels. Comment cela est-il possible?
 
En fait c'est très simple. Les sujets sont disponibles sur le net, les réseaux sociaux, avant leur "ouverture" officielle. Parfois, les réponses sont même jointes. Ensuite, c'est un jeu d'enfant de réussir l'examen, sans rien comprendre à la matière: l'essentiel étant de mettre la croix au bon endroit.
 
On peut être surpris de la facilité avec laquelle ces informations sont diffusées. Selon un enseignant du secondaire interviewé sur une chaîne nationale, le problème est systémique. La carrière des enseignants dépend des résultats de leurs élèves, les écoles dépendent également de ces résultats, l'accès à l'Université va tout autant dépendre de ces résultats pour les élèves concernés et même le ministère de l'éducation en est dépendant.
 
Qui est donc intéressé par une épreuve objective? Il ne s'agit pas d'une condamnation individuelle, mais le système est construit pour entraîner les élèves à tricher et pour qu'ils considèrent cela comme normal. Et le système fonctionne à merveille. Vous retrouvez cette attitude ensuite chez les étudiants, qui ne comprennent pas et ne prennent pas au sérieux les remarques concernant le plagiat. Cet état d'esprit explique aussi l'ampleur du scandale sur les thèses.
 
Le problème est à ce point diffus, qu'il touche à l'état moral de la société. Quand la fin justifie les moyens, quand tout cela n'est qu'un jeu (puisqu'il n'y a presque pas de sanctions réelles lors de la tricherie, dans le meilleur des cas, il suffit de repasser l'examen), il n'existe plus de code moral. Et le résultat, nous le voyons tous les jours. Pas seulement nous les universitaires, mais tout un chacun. Car, en conséquence de cela la société regorge de pseudo-spécialistes incompétants. Et c'est toute la société qui en paie le prix.