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mardi 10 janvier 2012

La mise en oeuvre des réformes politiques: mirage ou réalité?

Внутреннюю политику отпускают на перемену
Кадровые решения уже приняты, содержательные только готовятся


Les principaux axes de la réforme politique annoncée par D. Medvedev dans son message annuel au Parlement le 22 décembre 2011 doivent être fixés avant les élections présidentielles du 4 mars 2012. En ce sens, trois projets de lois fondamentaux doivent être analysés par la Douma en février:



  • la réforme de l'élection des gouverneurs, élections directes avec "filtre présidentiel" des candidatures;


  • la modification du régime de la formation de la Douma, avec l'instauration dans 225 circonscriptions électorales d'une élection directe des députés à la proportionnelle ;


  • la création d'une chaîne de télévision "de la société", sur le réseau public de télévision, mais dont il n'est pas encore très claire en quoi elle doit consister.

La question de la simplification du régime d'enregistrement des partis politiques n'a pas été oubliée, mais le pouvoir a peur de voir l'émergence de partis virtuels, "d'un jour", créés pour les circonstances, qui destabiliseraient le jeu politique normal. Par ailleurs, les dirigeants avancent la question de l'extrême droite et le risque de voir émerger des partis radicaux de droite, extrêmement dangereux pour l'harmonie sociale. Toujours en raison de l'harmonie sociale et de la nécessité de protéger la Russie contre et l'extrémisme et le séparatisme, le Président garde et le contrôle en matière de candidature et le droit de mettre fin aux fonctions de gouverneur. Selon la version officielle, les manifestations de décembre ne sont pour rien dans ces réformes, simplement les gouverneurs eux-mêmes les ont appelé de leurs voeux, la population étant prête pour cela.


La mise en place de la réforme fondamentale du système politique russe laisse perplexe. La raison de cette urgence est évidente: il faut calmer la population. Toutefois regardons de plus près ces quatres axes pour comprendre en quoi cette réforme n'a rien de fondamental. Elle n'est qu'une réponse urgente aux circonstances. Donner le minimum pour ne pas tout perdre.


Les gouverneurs doivent être élus. Mais le Président garde de toute manière le contrôle et le vote ne sert qu'à entériner une décision qui n'appartient pas à la population. De plus, en se préservant le droit de démettre les gouverneurs de leur fonction, le Président les maintient dans un système de logique hiérarchique qui n'est pas compatible avec le fédéralisme. En effet, le fédéralisme, dont les gouverneurs devraient être le symbole, demande une pluralité des centres politiques de décision. Or, ic,i il n'y a qu'un découpage administratif du territoire, sans répartition du pouvoir politique.


La soudaine urgence de modifier le régime de formation de la Douma fait, quant à lui, sourir. Tant qu'il fallait renforcer Edinaya Rossiya, puis lui donner les moyens juridiques de son pouvoir, la logique du "tout parti" était en vigueur pour la formation de la Douma. Ce qui permettait évidemment de renforcer encore le poids du parti dominant. Maintenant que le parti est en chute, qu'il perd chaque jour un peu plus de sa légitimité, il ne peut plus servir d'unique plateforme d'exercice du pouvoir pour le Kremlin. L'émergence du Front populaire, qui permet de brouiller les cartes, pourra prendre enfin sa place dans le système par l'intermédiaire de ces élections directes de personnalités à la porportionnelle. Cette "rénovation" du système représentatif est donc également instauré dans le but de soutenir le pouvoir en place.


La création d'une télévision "de la société", où l'opposition aura libre accès et pourra s'exprimer est, quant à elle, un excellent moyen de marginaliser encore plus cette opposition. Si cette chaîne est censée transmettre les préoccupations de la société, ne serait-il pas plus efficace d'arrêter de museler les chaînes publiques - et privées - qui doivent elles aussi retransmettre les préoccupations sociales ? Ici, l'on hésite entre la mauvaise foi et le cynisme.


Quant au problème clé de toute cette turbulence, la question de l'enregistrement des partis politiques, le pouvoir a réellement un problème. Il essaie, certes, de diminuer l'importance de la question en la noyant dans des considérations plus générales, mais cela reste néanmoins la clef de voûte de la charpente politique. Sans partis, pas de pluralisme. Avec le pluralisme, plus de domination. Pourtant il faut agir, mais ils ne veulent absolument pas perdre le contrôle ni du pays, ni de la situation, trop d'intérêts sont en jeu ... qui n'ont rien à voir avec l'avenir de la Russie.


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