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lundi 23 mai 2016

Le miracle des primaires aura-t-il lieu? Edinaya Rossiya mais pas seulement ...


Les primaires sont devenues extrêmement à la mode. Elles seraient même le remède miracle venu d'Outre Atlantique pour parer la crise de défiance qui touche la classe politique dans son ensemble, que ce soit en France ou en Russie. Car, pour garder l'exemple russe, la côte de popularité du Président, si haute soit-elle, n'a que peu de retombée sur le parti Edinaya Rossiya. Les grands moyens s'imposent. Hier pour ces primaires au parti gouvernant Edinaya Rossiya, plus de 19 000 bureaux de vote dans toute la Russie pour 2 862 candidats à la candidature.

vendredi 25 octobre 2013

Reprise du conflict annuel sur l'idéologie du budget: entre libéralisme et social

Voir: http://izvestia.ru/news/559478

Chaque année, la discussion autour du budget relance les mêmes questions: le Fond de stabilisation est-il nécessaire? Comment estimer le prix du barile de pétrole, dont dépendent largment les ressources publiques? Quels secteurs financer sur quels secteurs économiser? De ces questions va dépendre la politique réelle mise en place par le Gouvernement.
 
Le budget proposé par Edinaya Rossiya, qui est actuellement à l'étude au Parlement, est loin de faire l'unanimité. Selon la fraction Spravedlivaya Rossiya, il ne permettrait pas de réaliser les grands axes de la politique présidentielle, tant en matière sociale, qu'en matière de relance de l'économie.
 
En effet, dans les grandes lignes, ce budget revoie à la baisse le prix du barile de pétrole, qu'il fixe à 101$, ce qui entraîne une perte pour le budget et oblige à déterminer des priorités. Dans l'ensemble, les dépenses budgétaires vont augmenter de 4,3%, par rapport au budget adopté l'année dernière. Ces augmentations vont concerner la défense (+ 18,7%), la culture physique et le sport (+26%), le paiement de la dette publique (+10%). Pour autant, le financement de la politique sociale est sérieusement revu à la baisse: santé (-8,6%), éducation (-12,9%), entretient des lieux d'habitation (-23,8%), politique sociale (-8,5%). Toutefois, afin de préserver le calme dans la population, les salaires et les retraites seront soutenus: 5% pour les médecins, 8-10% pour les enseignants, 5-10% pour les autres fonctionnaires, 8% pour les pensions. Cela permettra de compenser l'augmentation du coût de la vie et notamment des tarifs régulés: + 4,2% pour les tarifs des chemins de fer, 7,14% pour le chauffage, 8,1% pour l'électricité et 10,2% pour le gaz.
 
De cette manière, le budget prévoit des rentrées pour un montant de 13,57 trillions de roubles et des dépenses à hauteur de 13,96 trillions de roubles. Le déficit de 390 milliards de roubles peut être couvert par le Gouvernement à l'aide d'un emprunt et de privatisations. Le Fond de stabilisation, qui s'élève aujourd'hui à 2,807 trillions de roubles, recevra 344 milliards de roubles pour atteindre 3,191 trilliards de roubles. Le déficit public atteint alors 13,2% du PIB.
 
Spravedlivaya Rossiya estime que ce budget ne permettra pas d'atteindre les 3% de croissance attendus pour 2014, mais au plus 1-1,15%, car il ne permet pas de relancer l'économie, étouffe le social et bloque une partie des recettes dans le Fond de stabilisation. Pour leur part, ils proposent plusieurs mesures dans leur projet alternatif de budget. Si le prix du barile de pétrole est estimé à 110$, car en fait tout se base pour eux aussi sur le prix du barile, dans ce cas l'Etat augmente ses recettes et le budget s'équilibre. Ils proposent également d'utiliser les fonds du Fond de stabilisation pour financer le social en général. Enfin, des mesures fiscales sont proposées, comme l'introduction de paliers d'imposition, d'un impôt spécial sur les biens immobiliers de luxe, et d'une période de non imposition pour les petites et moyennes entreprises. De cette manière, ils estiment pouvoir atteindre les 3% de croissance visés.
 
Le budget est bien l'acte qui dévoile la réelle tendance idéologique d'un régime. Ici, le virage libéral, dans le sens d'une réduction du social est visible, même si les salaires sont préservés pour garder la paix sociale. L'absence d'une politique fiscale de relance de l'économie, à juste titre soulignée par Spravedlivaya Rossiya risque d'être dommageable. La paix pourra-t-elle s'acheter si facilement? Les hésitations sont toujours perceptibles.

mardi 9 juillet 2013

Edinaya Rossiya soutient les candidats d'opposition aux élections locales

Voir: http://izvestia.ru/news/553303
http://izvestia.ru/news/553343
http://www.zaks.ru/new/archive/view/112381

Pour éviter les candidatures fantaisistes, la législation électorale prévoit un "filtre local", autrement dit la nécessité de réunir un certain nombre de signatures. A Moscou, il est de 6% des élus locaux, soit 110 signatures.
 
Aux élections de Moscou, en plus de l'ancien maire S. Sobianine, le communiste I. Melnikov et le candidat de Spravedlivaya Rossiya N. Levitchev ont réuni les signatures nécessaires. Maintenant, le candidat de Iabloko, S. Mitrokhine vient d'annoncer avoir le nombre de signatures suffisant pour déposer sa candidature aux élections. Pour ces candidats venant de partis reconnus, l'opération n'a pas présenté de difficultés particulières. Celles-ci apparaissent pour les candidats plus "particuliers", les candidats dont la réputation a été entâché, ce qui est le cas dans tout système électoral.
 
Il est alors intéressant de souligner les cas de Guénnady Gudkov (qui a dû quitter la Douma après un scandale) et de Alekseï Navalny.
 
G. Gudkov, qui se plaignait du blocage d'Edinaya Rossiya l'empêchant de réunir les signatures nécessaires, les députés étant soi-disant apeurés, n'a pas pensé au fait que ces députés n'avaient peut être pas confiance en lui, ou qu'ils ne voyaient pas l'intérêt de donner leur signature à un opposant politique. Pour éviter les scandales habituels qui entourrent les élections, le gouverneur de la région de Moscou, également candidat à sa succession, a dû intervenir pour enjoindre les députés à donner leur signature à Gudkov, soutenant ainsi le pluralisme politique. Ce sera également un bon moyen de montrer la popularité réelle de G. Gudkov.
 
Quant à A. Navalny, la situation est tout simplement ubuesque. Actuellement sous le coup d'une possible peine de prison de 6 ans pour des traffics liés à l'exploitation du bois à l'époque où le combat contre la corruption n'occupait pas tout son temps, l'association des assemblées locales, sous l'impulsion du parti Edinaya Rossiya, lui a trouvé le nombre de signatures nécessaires, sans qu'il n'ait besoin de s'en occuper. Et malgrè son combat contre ce parti, qu'il appelle le parti des voleurs et des escrocs, il a déjà déclaré accepter les signatures de ces députés, donc, de voleurs et d'escrocs. C'est effectivement ce qui s'appelle avoir des convictions.
 
Indépendamment de l'absurdité de ces tractations, leur existence même montre la défaillance du système politique russe. Quant à la logique de ses mécanismes juridiques électoraux. Et quant à la légitimité des partis politiques.
 
Chaque mécanisme juridique a une logique systémique, il a un sens au regard du système juridique dans son ensemble. En l'occurrence, l'existence d'un "filtre local" doit permettre l'accès aux élections des candidats représentatifs d'un certain électorat et donc d'évincer les candidats peu sérieux. Mais en contournant la règle, il permet de désigner un cercle de candidats acceptables, une sorte de club de politiciens qui décide qui a le droit ou non de jouer.
 
Et cela met en péril la logique partisane de l'organisation juridico-politique. Théoriquement, un parti doit, ou devrait, être composé de personnes partageant une même vision politique de développement de la communauté. Ces personnes doivent donc concentrer leur force pour faire gagner leur vision et donc affaiblir les autres visions possibles. C'est le jeu, c'est normal. Or, ici, en accordant leur signature en soutien à des candidats d'opposition, ils dévoient cette logique. Soit ils n'ont pas particulièrement de vision politique, mais entretiennent une relation clanique qui les conduit à simplement exécuter les ordres quels qu'ils soient, soit les candidats d'opposition ne sont pas réellement d'opposition. Chacun a donc le même but et peut importe les moyens. Quels est alors le sens des partis politiques?
 
Dans tous les cas, recourir à ces tractations, même pour renforcer artificiellement le pluralisme politique, ne peut avoir qu'un effet destructeur.

mercredi 22 mai 2013

Après beaucoup d'autres, A. Tchesnakov quitte Edinaya Rossya

Voir: http://kommersant.ru/doc/2194051

Le parti Edinaya Rossiya ne fait plus l'unanimité, même à l'intérieur. Hier, c'est l'un de ses membres dirigeants, Alekseï Tchesnakov, qui a rendu sa carte.
 
Après sept années à l'administration présidentielle, en compagnie de V. Surkov, A. Tchesnakov entre à Edinaya Rossiya, où il devient l'un des membres dirigeants. Mais les divergences commencent il y a à peu près un an et les critiques se sont multipliées.
 
Selon lui, il quitte le parti pour raison de divergence d'opinion. Par ailleurs, il estime nécessaire, pour le développement du paysage politique russe, de pouvoir mener une analyse indépendante, non partisane, de la situation, et va donc se concentrer sur des projets analytiques. Rappelons qu'il dirige le Centre d'analyse politique conjoncturelle.
 
Le parti tente de minimiser l'impact en rappelant que son investissement dans l'activité d'Edinaya Rossiya avait beaucoup diminuée ces derniers temps, donc finalement son départ ne changera pas fondamentalement la donne.
 
Pour d'autres, son départ est lié à celui de V. Surkov, dont le clan politique s'est fortement affaibli ces derniers temps, au profit de celui de Volodine, premier vice-président de l'Administration présidentielle et une des personnalités centrales du Front populaire de V. Poutine.
 
Toujours est-il que ce départ intervient après de nombreux autres. Cette dernière année, non seulement de simples militants ont quitté, parfois massivement, Edinaya Rossya, mais aussi des figures-clées, comme A. Vorobev (qui dirigeait l'organe exécutif du Parti), A. Ilnitsky (le vice-directeur de l'organe exécutif) ou encore O. Krychtanovskaya, proche du pouvoir et sociologue de renom.
 
A la proposition de V. Surkov de créer un parti alternatif à Edinaya Rossiya, A. Tchesnakov a réagi avec ironie: le pouvoir n'a pas les ressources intellectuelles pour réaliser un tel projet. Toujours est-il que la refonte de l'espace politique russe devient inévitable.

jeudi 2 mai 2013

Comment créer un concurrent à Edinaya Rossiya? L'idée de Surkov

Voir: http://www.gazeta.ru/politics/news/2013/05/02/n_2887297.shtml

Selon les propos de Surkov, formulés à Londres jeudi dernier, il serait bon pour Edinaya Rossiya de se retrouver en concurrence réelle avec un parti à sa taille. Mais comme ce parti n'existe pas encore, il faudrait, sinon le créer, tout au moins en favoriser l'émergence.
 
Sur le fond l'idée est bonne. Seule une réelle concurrence peut "normaliser" le fonctionnement de la vie politique russe. Mais, justement, pour que cette concurrence soit réelle, est-il possible de "créer" ou "favoriser" la création d'un parti politique?
 
Quelques remarques.
 
S'il ne peut pas "émerger" naturellement, deux causes principales sont en jeu, juridiques ou politiques. Soit le système normatif ne permet pas l'émergence de ce parti, ce qui serait la raison juridique. Pourtant, les dernières réformes simplifiant au possible l'enregistrement des partis politiques laissent douter de la valeur d'un tel argument.
 
Soit, il faut analyser la question sur le plan politique. Et là on se trouve confronté à deux axes possibles: la question du leader et la question de l'électorat. Ce parti peut-il avoir un leader? Pourquoi pas, les technologies politiques aujourd'hui sont capables de le créer. Mais existe-t-il un électorat? Et c'est bien là que le bas blesse.
 
Le problème vient, bien sûr, du positionnement politique du parti Edinaya Rossiya, qui couvre différents courants, du libéral au patriotique et monopolise l'électorat. C'est surtout un parti "pragmatique", souvent qualifié de parti de fonctionnaires. Mais il commence à se politiser par la force des choses et les courants internes deviennent source de tensions internes. Pour laisser la place à un véritable parti faisant face à la machine Edinaya Rossiya, il faudrait tout d'abord que celui-ci finisse par définir son positionnement idéologique et précise sa ligne politique. Tant que cela n'est pas fait, le reste n'est que chastes paroles. Qui ne coûtent pas cher et n'engagent en rien.

mercredi 20 mars 2013

Douma v. Moskovsky Komsomolets: question de principe ou question de pouvoir?

Voir: http://kommersant.ru/doc/2150123?fp=32
http://www.mk.ru/specprojects/free-theme/article/2013/03/15/826727-politicheskaya-prostitutsiya-smenila-pol.html

Le 16 mars, le journal Moskovsky Komsomolets publie un article au vitriol concernant trois députés-femmes, posant la question de la prostitution politique.  Mais de trois députés Edinaya Rossiya. Et là la Douma s'emballe. Issaev, une des figures clés du Parti, prévient que la vengeance sera terrible. Jirinovsky, qui a du oublier que LDPR est indépendant d'Edinaya Rossiya, joue l'esprit de corps et demande presque l'expropriation du journal et le banissement de son rédacteur en chef. Oubliant au passage le droit de propriété et les domaines de compétence.
 
L'article frappe fort. Mais c'est aussi le risque encouru par les personnes publiques, de voir leurs prises de position et leurs propos disséqués, et pas forcément objectivement. Ces trois députés ont eu des parcours politiques atypiques, plein de rebondissements, ont soutenu ou initié les projets de lois les plus contestés ces derniers temps. Le journal les attaque.
 
Mais les députés de poser la question de l'abus du droit de parole. L'article est-il insultant? Non. Satyrique? Oui. En quoi y a-t-il abus alors? La requête a été transmise à l'organe compétent et sa réponse est très attendue.
 
En attendant, le rédacteur en chef, Pavel Gusev devrait quitter le Journal, pour que la politique rédactionnelle puisse être totalement repensée, selon Jirinovsky. Il doit également quitter ses fonctions à la Chambre civique, où il a été nommé par le Président et non par la Douma. Il doit quitter la présidence de l'association des journalistes, mais la décision dépend de l'assemblée générale. Bref, en fait, la Douma n'a pas de moyens d'action légaux, s'énerve, crie fort et veut faire peur.
 
Le porte parole du Président a précisé que Poutine est au courant de la situation, mais qu'il n'intervient pas dans l'affaire.
 
Comme le souligne un autre membre de la Chambre civique, ces députés ont le droit de s'adresser à la justice, si elles estiment que leurs droits ont été bafoués. Par ailleurs, la Cour suprême satisfait plus de 60% des recours visant à la défense de la réputation. Alors, pourquoi attendre?
 
Bref, Edinaya Rossiya ne supporte toujours pas la critique. Il faut dire que les députés se sentent très mal à l'aise ces derniers temps, avec tous les scandales concernant leur étrange richesse. Car personne n'explique d'où vient tout cet argent. Et dans ce contexte, Jirinovsky, très en verve, a déclaré hier qu'il vaudrait mieux annoncer une amnestie générale pour les députés en ce qui concerne la déclaration de leurs biens, sinon le système va s'écrouler. Mais ... l'amnestie doit-elle également concerner les moyens par lesquels ils ont acquis cette richesse?
 
Déclaration révélatrice s'il en fallait. Ainsi, la question ici est effectivement une question de principe: il ne sert à rien de fouiller, car vous allez trouver. Mais comme tout le monde le sait, ça ne sert à rien. Tout le monde est comme ça.
 
En fait, ces charmants députés sembleraient avoir peur. Tous ces individus, arrivistes et résidus des années 90, n'osent pas imaginer que les choses puissent fonctionner autrement. Car quelle serait leur place dans cette nouvelle société?
 
C'est bien une question de principe, car c'est la question du pouvoir.
 

jeudi 21 février 2013

Vers la fin de la Douma? Du parti Edinaya Rossiya? ou instauration de nouvelles règles du jeu?

Voir: http://www.kommersant.ru/doc/2131916?fp=13
 
Trois députés du parti Edinaya Rossiya quittent volontairement la Douma et les médias s'emballent. Il est vrai que c'est une première. Que cela signifie-t-il?
 
V. Pekhtine, à la tête du Comité d'éthique, fait une grande déclaration sur les implications de l'éthique professionnelle, après qu'un blogger lui ait trouvé des biens immobiliers à Miami pour un montant supérieur à 1 milliard de dollars, non déclarés bien sûr ... puisqu'ils appartenaient à son fils. Mais la signature sur les actes de propriété ressemble beaucoup à la sienne. Sans parler des biens de sa femme, également oubliés. Sans parler de terrains à Saint Pétersbourg, qui refont étrangement surface. Bref, il quitte le parti la tête haute, pour que ces affaires ne salissent pas l'image du bien commun... et part vers les Etats Unis ... chercher des preuves de son innocence.
 
Dans la foulée, le nouveau député/milliardaire/homme d'affaires A. Lomakine rend également son mandat. Il faut dire que son absence dans l'émiscicle ne se fera pas trop remarqué, il n'était pas célèbre pour son activité parlementaire. Mais plutôt pour sa fortune, qui, selon le journal Forbes, s'élève à 1,2 milliards de dollars. Bref, il retourne aux affaires. Exemple suivi par V. Tolstopiatov, séduit par une place dans une filiale de Gazprom.
 
Pour tous, le signal du nettoyage a été donné par le Kremlin, ce que confirme l'Administration présidentielle: pas de place pour les hommes d'affaires à la Douma, à chacun son travail.
 
Certains y voient la fin du parti Edinaya Rossiya, tel que nous le connaissons actuellement. Il pourrait se faire en partie phagocyter par le Front national de Poutine et, ainsi, les deux axes contradictoires pourraient enfin faire sission.
 
Mais d'autres ont encore plus peur d'une dissolution anticipée de la Douma, surtout que les démissions risquent de se poursuivre. Si le projet de loi interdisant aux députés d'avoir des comptes bancaires à l'étrangers et les obligeant à déclarer leurs biens immobiliers et, surtout, à justifier de la provenance des fonds utilisés pour les acquérir est adopté, le travail de député risque de ne plus être aussi attractif. Ce qui serait plutôt une bonne chose.
 
Pour d'autres, les règles du jeu sont en train de changer. Alors que les députés russes avaient la furieuse tendance de s'accrocher à leur mandat jusqu'au boût (l'arrestation), certains affirment qu'ils commencent à suivre l'exemple européen, selon lequel un simple scandale est suffisant pour amener les hommes politiques à rendre leur mandat.
 
A suivre ...

mardi 30 octobre 2012

Edinaya Rossiya : discussion sur un grand nettoyage dans ses rangs

Voir: http://izvestia.ru/news/535560

La discussion sur la nécessité de retirer les mandats parlementaires aux députés exerçant une activité commerciale se cristallise au sein de Edinaya Rossiya, au moment où l'opposition publie de plus en plus de matériel contre certains députés. Pour autant, un accord au sein du parti, concernant la conduite à tenir, n'est pas trouvé. La direction du parti est pour une sanction de ces députés, le président de la fraction à la Douma tend plutôt à défendre ses collègues.
 
Selon Vorobyev, les informations diffusées par Spravedlivaya Rossiya ne constituent pas une preuve de l'activité commerciale des députés Edinaya Rossiya. Et tant qu'il n'y a pas de preuve, il n'y a pas de raison de sanctionner un député. Pourtant, certains députés ont déjà rendu leur mandat, volontairement, sans attendre qu'une procédure ne soit ouverte à leur encontre.
 
Pour sa part, le secrétaire conseil général du parti Edinaya Rossiya, S. Neverov, estime qu'il ne doit pas y avoir de compromis, la loi est la même pour tous. Retirer leur mandat aux députés ayant une activité commerciale est dans l'intérêt et de la Douma et du pays.
 
Les représentants des autres partis sont plus divisés sur la question. Selon le président de la fraction parlementaire Spravedlivaya Rossiya, pour raison d'activités commerciales, il est possible de mettre à la porte la moitié de la Douma. Pour les communistes, ce combat à Edinaya Rossiya entre les plus radicaux et les timorés n'est qu'une façade, ils jouent pour le public. De toute manière, ils prendront la décision qui sera demandée par le Kremlin. Pour le LDPR, la loi est la même pour tous, mais le plus important est la volonté politique de la mettre en oeuvre. Selon Neverov, la position de V. Poutine et de D. Medvedev est claire: s'il y a des éléments prouvés d'activités commerciales, le mandat doit être retiré, sans exception possible.
 
A suivre ...

lundi 15 octobre 2012

Victoire d'Edinaya Rossiya aux élections locales

Voir: http://www.gazeta.ru/politics/2012/10/13_a_4811365.shtml

Dans les cinq régions où les gouverneurs ont été élus selon la nouvelle législation, les candidats Edinaya Rossiya ont gagné. Et dans les élections locales, le parti est également en tête.
 
Mis à part la région de Briansk où les élections n'ont pu se passer de scandales, les élections des gouverneurs furent plutôt calmes, sans violations significatives et avec un taux de participation en hausse autour de 40-45%. Dans la région d'Amour, le gouverneur O. Kogemiako a été réélu avec 77,28% des voix. Dans la région de Belgorod, E. Savtchenko, gouverneur en place depuis plus de 20 ans a été réélu avec plus de 80% des voix, alors que la candidate LDPR, sa principale opposante, n'obtient que 10%. Dans la région de Novgorod, le gouverneur S. Mitine obtient environ 76%, quand ses opposants de LDPR Patrioty Rossii tournent autour de 10%.
 
Dans les régions de Briansk et de Riazian, des infractions ont été signalées. A Briansk, les chiffres officiels sont diamétralement opposés aux estimations faites à la sortie des bureaux de vote. La commission électorale décompte pour l'instant environ 66% pour le gouverneur-candidat N. Denine et 29% pour son opposant communiste V. Potomsky. Selon les estimations, les résultats sont inverses. Pour arranger le tout, des protocoles se contredisent et les résultats notés par les observateurs ne correspondent pas du tout aux données de la commission électorale. Il se pourrait que les résultats ne soient pas reconnus. A Riazian, de nombreuses violations ont été signalées, bourrage d'urne, caroussel, etc. Selon les données de la commission électorale, le gouverneur par interim O. Kovalev obtiendrait 66,76%, le candidat communiste V. Fedotkine 20,16%, le candidat LDPR A. Cherine 8,48% et la candidate Pravoe delo A. Perekhvatova 2,98%.
 
Pour les élections locales, le taux de participation est autour de 30%. En ce qui concerne les élections à Khimki, le maire par interim de la ville O. Chakhov a remporté les élections avec 47,7%, son opposante principale, l'activiste E. Tchirikova a obtenu 17,05% des voix. Ces élections ont battu le record d'observateurs. On en comptait 15 à 17 par bureau de vote.
 
Ces élections ont donc confirmé la domination de Edinaya Rossiya dans le paysage politique russe, ce qui n'est pas une surprise. Et ce qui ne doit pas décourager les autres partis, notamment nouveaux, de participer aux cycles électoraux, travailler leur réthorique politique et se faire une expérience. C'est le seul moyen - pacifique - de faire évoluer à terme la carte politique.

vendredi 5 octobre 2012

Renforcement du combat aux élections des députés de Tver

Voir: http://www.kommersant.ru/doc/2037270

Le secrétaire du PC, député à la Douma de Tver, V. Soloviev, s'est adressé au Président V. Poutine et au Procureur général G. Tchaïka, afin qu'ils vérifient les allégations du Gouverneur de Tver à l'encontre des communistes du point de vue de l'incitation à la haine sociale.
 
Le Gouverneur A. Chevelev, en s'adressant aux électeurs au nom du parti Edinaya Rossiya qu'il dirige dans la région, a, en substance, appelé les communistes et leurs candidats ennemis de la Russie en général et de Tver en particulier. Des ennemis qu'ils faudraient couler dans l'asphalte, ce qui règlerait tous les problèmes de la région.
 
Selon A. Chevelev, les communistes sont actuellement en situation délicate, et ils veulent ainsi se faire de la publicité.
 
Il faut rappeler que les élections à Tver sont celles qui concentrent le plus de candidats par siège. Pour 33 mandats, il y a 706 candidats. 610 d'entre eux sont portés par 12 partis politiques, sachant que 17 sur les 33 sièges sont attribués sur listes présentées par les partis). En dehors des partis de la Douma d'Etat, on retrouve également Iabloko, le parti des femmes de Russie, les patriotes de Russie ...
 
Deux partis, selon le PC, ont été mis en course pour porter préjudice aux communistes et induire les électeurs en erreur. Il s'agit du parti Les communistes de Russie et du Parti communiste de la justice sociale, dont les dénominations sont suffisamment proches pour permettre la confusion.
 
Le combat est d'autant plus important pour Edinaya Rossiya que la région pose problème, sur le plan politique. Les communistes font généralement un score supérieur à celui d'Edinaya Rossiya, ce qui explique l'intensification du combat.

mardi 18 septembre 2012

Dans le sillage de l'affaire Gudkov, Edinaya Rossiya aura-t-elle le courage de faire le nettoyage dans ses rangs?

Voir: http://izvestia.ru/news/535448

A la suite de l'affaire Gudkov, le clan Edinaya Rossiya se divise. En effet, le fils de l'ancien député a publié toute une liste de députés continuant à exercer une activité commerciale. Que faire de ces informations?
 
Une partie des députés refusent qu'il soit donner suite à ces informations pour la simple - et pas forcément - bonne raison que l'on ne trahie pas les siens. D'autres, soutenus par l'administration présidentielle, estiment qu'il est temps de faire le ménage dans leur propre rang, afin de conduire au départ les députés Edinaya Rossiya qui continuent à exercer, comme Gudkov, une activité commerciale. Cette position est officiellement soutenue par V. Volodine, vice-directeur de l'Administration présidentielle.
 
Cet élan est confirmé depuis la Douma elle-même, où sont repris les mots du Président V. Poutine, selon lequel, il n'y aurait pas de place à la Douma pour des "commerçants-députés", quel que soit le parti auquel ils appartiennent.
 
Le premier député Edinaya Rossiya à être sur la touche est A. Knychov, suite aux révélations des députés Spravedlivaya selon lesquelles il n'avait pas déclaré un bien aux Etats Unis et la possession d'une compagnie en Slovaquie.
 
Il faut rappeler que si A. Knychov est sorti du conseil de direction de la compagnie en Slovaquie, avec V. Kirsanov, il dirige également plusieurs compagnies en Russie, particulièrement rentables, qui s'occupent de construction et des routes. Alors que parallèlement à ces activités, il fait partie du comité de la Douma en charge des questions de propriété foncière et des routes... Cela donne un fondement aux députés Spravedlivaya Rossiya Gudkov-fils et Ponomarev pour espérer qu'il y soit trouvé un conflit d'intérêt.
 
Les députés Spravedlivaya Rossiya ont déjà envoyé une requête à la Prokurature et au Comité d'enquête, ainsi qu'au président de la Douma, pour éclaircir ces faits. Pour sa part, A. Knychov affirme que son unique appartement aux Etats Unis est déclaré et que la firme en Slovaquie n'a pas fonctionnée de facto. A suivre ...

lundi 10 septembre 2012

Le Parlement n'est pas une affaire de famille

Voir: http://pravo.ru/news/view/77096/

Le parti Edinaya Rossiya, en la personne de A. Issaev, est en mesure de présenter un projet de loi visant à interdire à des proches de siéger ensemble au Parlement.
 
Plus concrètement, si le projet est adopté tel quel, il interdit non aux seulement aux frêres et soeurs, aux parents de l'élu, au conjoint et  aux enfants du couple d'être membre du Parlement, mais également aux parents, frêres et soeurs du conjoint et à ses propres enfants.
 
Si le projet de loi est adopté, les parlementaires concernés auront 30 jours pour remettre leur mandat de leur propre initiative et la nouvelle réglementation pourrait entrer en vigueur à compter du 1er janvier 2013.
 
Certains analystes y voient une attaque directe contre les Gudkov père et fils, dont l'immunité parlementaire du père est en jeu en raison de ses activités commerciales, ce qui contrevient au statut des parlementaires. Même si cette infraction est apparu incompatible après ses prises de positions publiques en faveur de l'opposition...
 
Dans sa verve habituelle, Jirinovsky a déjà proclammé ne pas attendre l'entrée en vigueur de cette loi pour remettre son mandat, mais démonstrativement le faire dès le début des débats (son fils est également parlementaire). Ensuite, il menace de se battre pour qu'une loi similaire interdise l'activité des proches dans tous les services d'Etat.
 
Les débats promettent d'être intéressants ...

mardi 4 septembre 2012

Edinaya Rossiya affirme vouloir lutter contre le lobbyisme

Voir: http://www.gazeta.ru/politics/2012/09/03_a_4750129.shtml

Dans la foulée de l'affaire du député Gudkov (qui risque de perdre son immunité parlementaire en raison de ses activités commerciales), le président du présidium du conseil général du parti Edinaya Rossiya, S. Neverov, déclare important de prendre des mesures législatives pour lutter contre le lobbying à la Douma.
 
Il s'agirait, tout d'abord, de prévoir dans une loi la procédure de cession des actions des entreprises qui sont dans la propriété des députés à d'autres personnes lorsqu'ils entrent en fonction, puisque l'activité commerciale et la députation sont incompatibles. Ensuite, afin d'éviter tout conflit d'intérêt, il est nécessaire de prévoir une interdiction légale de participation des députés, ayant été soit actionnaire majoritaire, soir ayant fait partie des organes de direction d'une entreprise, dans les comités de la Douma traitant des questions entrant dans le domaine de leur activité commerciale.
 
Cette dernière disposition, si le texte est réellement proposé à la Douma et voté, risque de mettre en difficulté un bon nombre de députés, notamment du parti Edinaya Rossiya lui-même. Par exemple, le député A. Petrov est membre du comité pour la santé et il était directeur général de l'usine pharmaceutique "Medcintez". Ou encore, A. Profev, également membre de ce comité, à qui appartiennent 75% des actions de la chaîne de pharmacie "Evalar". Le problème va également se poser pour le comité de l'agriculture. Ainsi, le député A. Khaïrulline, prioriétaire de 60% des actions de la société "Firma Guiatsine" et détenant des actions dans 107 autres compagnies. Mais la question va se poser pour nombre de députés de différents comités comme celui de la culture, qui est essentiellement composé de professionnels du milieu culturel, sans oublier le comité de la propriété, des transports, de la construction ...
 
Cette question sera d'autant plus délicate si aucun délai n'est prévu, et pour l'instant aucune précision n'a été apportée sur ce point. Toutefois, toute une part des députés ne seront pas concernés, puisque en général, ils ne sont que des actionnaires minoritaires, même si cela concerne une dizaine d'entreprises différentes ...
 
Certains experts sont plutôt sceptiques quant à l'efficacité de cette mesure. Comme le souligne à juste titre le président du comité national de lutte contre la corruption, K. Kabanov, il eut été plus judicieux tout d'abord de réfléchir et d'adopter une législation posant le cadre juridique du lobbying, puisqu'il est inévitable, et ensuite seulement de prévoir des sanctions.

lundi 27 août 2012

La désacralisation de l'image du Chef de l'Etat en Russie

Voir: http://www.kommersant.ru/doc/2009258

Pendant longtemps, dans la consience populaire, s'opérait un découpage très net: les bienfaits politiques reviennent au mérite du Chef de l'Etat, les problèmes sont liés à l'incapacité de ses subordonnés. Il était donc couvert de lauriers et n'encourrait pas de responsabilité politique pour les problèmes ou les erreurs commises. Cette tendance vient enfin de s'inverser et un rééquilibrage s'est mis en place: si le Chef de l'Etat est à l'origine des bienfaits, il l'est également des problèmes. Ceci démontre un mûrissement de la consience politique et la fin des cultes possibles de la personnalité. Le Chef de l'Etat est désacralisé, il redevient un homme ... et un homme politique, bientôt espérons, parmis d'autres.
 
Ces conclusions s'appuient sur les dernières données du sondage effectué par le Centre Levada. Comme le montrent les résultats habituels de ce sondage annuel, jusqu'à présent, les réussites sont tout d'abord attribuées à V. Poutine (de 42 à 62% selon les années), ensuite au Gouvernement (de 12 à 30%), aux gouverneurs (de 2 à 11%) et ces dernières années à D. Medvedev (de 11 à 33%). Mais la responsabilité pour les problèmes et la hausse du coût de la vie étaient principalement imputées, lors de la présidence Poutine, au Gouvernement (de 30 à 49%) puis seulement au Chef de l'Etat (18 à 31%) et aux pouvoirs locaux (de 7 à 19%).
 
Cette "déresponsabilisation" du Chef de l'Etat a pris fin avec les résultats du sondage effectué en ce mois d'août. Pour la première fois, il est considéré comme également responsable des problèmes du pays à 51%. Ensuite seulement viennent le Gouvernement avec 31%, D. Medevedev avec 19% et les gouverneurs et les pouvoirs locaux avec 12%. Les analystes du centre Leveda soulignent donc, qu'à l'avenir, le Président sera tenu pour personnellement responsable de la politique mise en oeuvre et la société appréciera cette politique d'un oeil plus critique.
 
D. Orlov, membre de la Chambre sociale et président de l'Agence des communications politiques et économiques, souligne que le pouvoir a reçu le message et prépare des mécanismes de redistribution des responsabilités (et donc des pouvoirs), notamment à travers les processus de décentralisation ou d'élection des gouverneurs. Il s'adapte logiquement au nouveau contexte politico-social.
 
Les difficultés pour le pouvoir et la nécessité absolue d'une diffusion des mécanismes de prise de décision sont parallèlement renforcées par l'affaiblissement de la position du parti du pouvoir Edinaya Rossiya, en raison de l'érosion profonde de son image dans la population. Si en décembre 2011, au début des mouvements de protestation, seulement 31% des personnes interrogées reprenaient à leur compte le slogan "parti des voleurs et des truands", contre 47% qui n'étaient pas d'accord, en juin de cette année la tendance s'est inversée avec 42% contre 40%. Aujourd'hui, la tendance se confirme. En août, 45% reprennent à leur compte ce slogan (15% sont absolument d'accord et 30% sont plutôt d'accord) et 42% ne sont pas d'accord (12 ne sont pas du tout d'accord et 30% ne sont pas tout à fait d'accord). On peut même se demander s'il ne serait pas salutaire de dissoudre ce parti avant qu'il ne s'écroule totalement pour en fonder un autre et en profiter ainsi pour faire une peu de "ménage".
 
Ce sondage marque un tournant dans l'évolution de la culture politique russe. L'augmentation du mouvement protestataire a eu pour effet bénéfique de faire prendre consience à la population de la nécessité de l'existence d'un réel jeu politique, qui pour l'instant a du mal à se mettre en place. Le pouvoir a réagi, en ouvrant les portes aux partis politiques, en remettant en place les élections des gouverneurs (même si les nombreux filtres risquent de les rendre encore hypothétiques). Ces avancées sont prudentes, mais elles existent. Maintenant c'est à l'opposition de se structurer en partis politiques et d'entrer dans le jeu. Les victoires ne seront certainement pas immédiates, mais le jeu politique est un jeu à long terme, dans lequel il faut gagner la confiance des électeurs. Les élections à Khimki seront un bon début, quel que soit le résultat. Car, dans aucun pays, le fait de participer à des élections n'est une garantie de les remporter, l'important est qu'elles soient honnêtes.

mardi 26 juin 2012

Les élections des gouverneurs se passeront selon le scénario prévu: sans alternative

Voir: http://www.kommersant.ru/doc/1966431

Malgré l'adoption de la loi sur les partis politiques, malgré la réforme des élections des gouverneurs au suffrage universel direct, rien de fondamental ne changera. Et c'est bien ce qui était prévu, si l'on oublie un instant la démagogie ambiante.

Dans les régions où ces élections doivent avoir lieu, seul le parti communiste est à même de promouvoir parfois des candidatures autonomes, Spravedlivaya Rossiya doit conclure des accords de coalition, LDPR refuse de se prononcer, quant aux partis libéraux, il n'est même pas nécessaire d'en parler. Bien sûr, Edinaya Rossiya avance la possibilité pour ces partis de contacter les députés indépendants, mais qui sont, comme chacun le sait parfaitement, sous contrôle des administrations locales. Résultats, les candidats aux élections des postes de gouverneur ne peuvent être présentés sans la signature de députés d'Edinaya Rossiya, donc sans l'accord du pouvoir.

Belle avancée en matière de démocratie locale!

La raison principale de ce blocage vient de l'existence des filtres locaux, obligeant les candidats potentiels à réunir un certain pourcentage de signatures d'élus locaux. Dans l'Oblast de Novgorod, il est de 10%, dans celui d'Amourskaya il est de 7% et de 5% à Belgorod. Or, en moyenne, Edinaya Rossiya a environ 62% d'élus locaux, pour 30% d'indépendants et 6-7% pour l'opposition prise dans sa totalité. Selon les données du parti communiste, en Russie, il y a à présent environ 141,3 milles élus locaux, dont 7067 communistes, soit 5%. Le débat électoral risque ainsi de se réduire à une opposition Edinaya Rossiya / Parti communiste, si le parti au pouvoir ne décide pas dans certaines régions de soutenir d'autres partis pour donner une impression de pluralisme.

La réforme politique obtient ainsi l'effet escompté. Il est possible de créer des partis politiques sans problèmes majeurs, mais leurs membres ne peuvent pas participer à la vie politique, c'est-à-dire aux élections. Ils sont donc condamnés à disparaître rapidement, après avoir suffisamment désorganisé le paysage politique, dispersé les voix d'opposition, le tout profitant aux partis déjà installés, et principalement au pouvoir qui va ainsi très facilement pouvoir renforcer sa position dans les régions, tout en bénéficiant d'une certaine légitimité électorale. Il est dommage que les représentants de l'opposition et les différents organes, conseils, chambre etc n'aient pas réellement analysé les conséquences des réformes qu'ils appelaient de leurs voeux ...

jeudi 31 mai 2012

Les députés de Moscou préparent l'élection du Maire


Afin de mettre en conformité la législation de Moscou avec la législation fédérale, les députés de la Douma de la ville analysent les modifications permettant la mise en oeuvre de l'élection du maire de la ville de Moscou au suffrage universel direct par les habitants.

Jusqu'à présent, les députés votaient pour l'élection du Maire, en fonction des candidatures présentées par le Président de la Fédération. Désormais, ce droit appartient aux citoyens.

Le candidat à la mairie doit avoir plus de trente ans. Il ne peut pas être de nationalité étrangère ni résider en Russie en vertu d'un titre de séjour, autrement dit il doit posséder la nationalité russe. Jusque là, rien d'extraordinaire.

En ce qui concerne les marges de manoeuvre laissées par la législation fédérale aux Sujets de la Fédération, la ville de Moscou, comme la plupart des Sujets, a eu recours au maximum de filtres.

Ainsi, il ne peut y avoir de candidats indépendants, mais uniquement des candidats présentés par un parti national. Ce qui exclu également la possibilité pour les petits partis de présenter des candidats. Ce mécanisme va très certainement bloquer le développement de la vie politique, car sans élections locales auxquelles les petits partis peuvent participer ils ne peuvent se développer et mourront tout naturellement. Ce qui fausse sinon la lettre, du moins l'esprit de la réforme des partis politiques et la rend particulièrement formelle.

Deuxième filtre, alors que les candidats pouvaient avoir de 5 à 10% de soutien des élus locaux, les députés moscovites se protègent et prévoient l'instauration de la barrière maximale: 10%.

Selon les députés communistes moscovites, l'instauration de ces deux filtres dénature complètement la notion d'élection directe du maire. Ce n'est qu'une parodie permettant l'instauration de mécanismes devant conserver la situation actuelle en l'état, au profit d'un seul parti.

Aujourd'hui, la Douma de Moscou est composée de 30% de députés du parti Edinaya Rossiya, de 13% de députés communistes, de 8% de députés du parti Spravedlivaya Rossiya, de 2% de députés Iabloko et de quelques indépendants. Ainsi, seuls Edinaya Rossiya et les communistes ont à ce jour la possibilité de présenter des candidatures qu'ils peuvent librement choisir. Spravedlivaya Rossiya est obligé d'entrer dans une logique de coalition, Iabloko n'a aucun chance de même participer aux élections - ce qui annonce sa destruction rapide. Quant aux indépendants ... c'est le dernier chant du cygne.

 Voici comment on peut très efficacement et très légalement dévoyer une réforme pourtant nécessaire ...

mercredi 25 avril 2012

Edinaya Rossiya va changer de maître: de Poutine à Medvedev?

Le couple Medvedev/Poutine continue son installation. Il était déjà clair que Poutine-Président proposait le poste de Premier ministre à Medvedev. Mais se posait alors la question de la direction du parti du pouvoir, Edinaya Rossiya.
La chose se clarifie. Selon V. Poutine, la fonction présidentielle implique d'être au-dessus des partis politiques. Il est vrai que le Président doit être un garant des institutions. Donc, Poutine-Président ne peut plus diriger le parti. Or, Medvedev, futur Premier ministre est "orphelin", il lui faut un parti pour assurer le lien entre le Gouvernement et le Parlement.
V. Poutine lui offre alors sur un plateau le parti Edinaya Rossiya. Sans surprise, les cadres du Parti soutiennent la proposition. Mais Medvedev n'a pas encore répondu. Toutefois, peu de surprises sont à attendre de ce côté, la logique de clan ne lui laissant qu'une très faible marge de manoeuvre.
Car la situation est délicate. S'il a en effet besoin du Parti pour assurer son action, la direction formelle n'implique pas forcément la direction réelle. Et comme il fut un Président "à la solde" de Poutine, il devient un chef de Parti dans l'ombre d'un autre. Ce qui est loin de redorer son image. Et de renforcer son autorité.
Situation également délicate en raison du parti lui-même. Medvedev a souvent critiqué le fonctionnement d'Edinaya Rossiya. Or, il va devoir s'appuyer sur une structure qui, encore puissante, est largement discréditée dans l'opinion publique.
La question qui se pose est de savoir s'il aura le courage et les moyens politiques de réformer en profondeur ce mutant d'un autre temps.

mercredi 21 mars 2012

Moscou: les députés locaux apprennent les règles du pluralisme

Кризис на районе
Оппозиция мешает единороссам выбрать лояльных председателей


Parallèlement aux élections présidentielles, le 4 mars ont égalementdes eu lieu des élections locales dans plusieurs régions de Russie, notamment dans la ville de Moscou. A cette occasion, l'opposition - dont les députés indépendants - ont obtenu en moyenne un tiers des sièges dans les arrondissements de la ville. Ce qui pose des difficultés au pouvoir et au parti Edinaya Rossiya, habitués à décider seul des présidents de conseils municipaux.

Dans les arrondissements où l'opposition a eu soit la moitié des sièges, soit au moins un tiers, le parti au pouvoir ne peut faire passer ses candidatures. Cette situation conerne un bon nombre des arrondissements de Moscou, comme par exemple Julebino, Dorogomilovo, Tropalevo-Nikulino, etc.

Les députés d'opposition font front et refusent de soutenir le candidat soutenu par le pour et l'Administration locale. Quand ils ont les deux tiers des sièges, ils peuvent faire passer leur candidat, puisque c'est la majorité qualifiée retenue. Mais quand ils ne sont pas en situation majoritaire, la situation est bloquée: ils bloquent le candidat "officiel" et le pouvoir bloque leur candidat. Les députés d'opposition refusent de céder à la pression dont ils affirment faire l'objet, comprenant parfaitement que s'ils cèdent maintenant, leur voix n'aura plus de poids ensuite.

Ce cycle électoral a décidemment renouvelé les règles du jeu politique, introduisant avec le pluralisme la nécessité du dialogue. Ce à quoi les participants ne sont pas habitués. Le microcosme moscovite sera un bon laboratoire d'analyse pour voir ce qui est faisable à l'échelle du pays tout entier.

jeudi 15 mars 2012

La Douma deviendrait-elle un lieu de discussion?

Сергей Нарышкин объявил дискуссии открытыми
Спикер призвал Госдуму работать по-новому


Hier, 14 mars, le nouveau président de la Douma, chambre basse du Parlement, a présenté sa nouvelle vision de la "politique maison". Dialogue, respect des points de vue et ouverture.

Selon S. Narychkine, les résultats auxquels peut prétendre la 6e Douma "vont dépendre de la capacité des différentes forces politiques au dialogue". En ce sens, "le rôle et l'autorité de la Douma dans le système des organes du pouvoir démocratique doivent augmenter". Pour cela, "la Douma doit être considérée dans la société comme une autorité en matière de dialogue compétent et respecteux sur toutes les questions de bases". Selon ses paroles, "dans un contexte politico-social radicalement différent, la production normative sera un facteur déterminant d'évolution". C'est pourquoi il est important "de défendre son point de vue dans un dialogue au maximum ouvert avec les représentants de différents courants politiques".

Le président de la Douma a porté une attention particulière au principe de séparation des pouvoirs, selon lequel "la Douma doit prendre en toute indépendance les décisions ressortant de sa sphère de compétence". Toutefois, "cela ne doit pas conduire à un conflit entre les branches de pouvoirs". C'est pourquoi, il invite les députés "à se débarrasser des faux stéréotypes hérités des débuts du parlementarisme russe". A la place de cela, S. narychkine préconise d'utiliser avec plus d'efficacité le mécanisme des auditions parlementaires.

Si ce discours a fait l'unanimité, l'opposition reste sur ses gardes. Rappelant que ces préconisations au discours et à l'ouverture doivent surtout être adressées à Edinaya rossiya, qui a toujours l'habitude de décider seule, d'écarter les projets de lois des autres partis sans explication et de ne pas permettre aux autres fractions d'influer sur la prise de décision. D'autres rappelleront aussi que beaucoup de jolis discours ont résonné dans les murs de la Douma sans que rien ne change derrière.

La baisse des résultats électoraux du parti Edinaya rossiya, les mouvements citoyens entre les deux élections ouvrent une nouvelle voie. Celle de la mise en place d'un réel parlementarisme équilibré. Le parti du pouvoir doit comprendre que le temps n'est plus à la gestion autocratique des questions sociales et politiques, mais réellement au dialogue. Ce qui n'implique pas seulement de laisser parler les gens, mais de prendre en compte leur parole.

mardi 17 janvier 2012

Poutine se distencie d'Edinaya Rossiya

Партия ошибок
Станислав Говорухин раскритиковал «Единую Россию», обвинив ее в ошибках


Le directeur du comité de campagne de V. Poutine, S. Govorukhine, a pour la première fois déclaré officiellement que Vladimir Poutine ne s'appuiera pas sur Edinaya Rossiya pour sa campagne des présidentielles, mais sur le Front populaire.

En effet, selon ses propres termes, Edinaya Rossiya aurait commis trop d'erreurs lors des législatives. Ce qu'il n'a pas voulu commenter plus en détails.

Par ailleurs, Edinaya Rossiya ne représente qu'une partie de la population, alors que le Front populaire, c'est tout le pays. Il ne renie pas Edinaya Rossiya pour autant. Et cette ambivalence a été précisée par le porte-parole du Premier ministre, D. Peskov. Si Edinaya Rossiya fait organiquement partie du Front populaire, celui-ci donne à Poutine une plus large plateforme d'action, puisqu'il regroupe également des gens qui ne sont pas engagés dans l'idéologie du parti, mais partagent des buts communs.

Malgrè les critiques à l'encontre de Edinaya Rossiya, il n'est pas question de rupture formelle, la candidature de V. Poutine ayant été lancée par le parti, qu'il ne renie pas. et pour relativiser encore plus, D. Peskov rappelle que seul celui qui ne fait rien ne commet pas d'erreurs.

Pour certains analystes, comme S. Belkovsky, le projet "Edinaya Rossiya" n'arrive pas à sa fin, il ne s'agit que d'une opération de comm.

Qu'il s'agisse d'une opération de PR ou d'une prise de consience de l'échec à long terme d'un parti en situation de monopole, la posture que veut prendre Poutine est celle d'un Président pour le pays et non d'un représentant du "groupe" Edinaya Rossiya. Mais comment le dirigeant d'une "entreprise" peut-il ne pas être entâché par la réputation de celle-ci? C'est tout simplement impossible.